‹ Traité d'électrothérapieChapitre 110 sur 290 · ÉLECTR0D1AGN0STIC · texte numérisé non relu

ÉLECTR0D1AGN0STIC

muscle oculaire, mydriase, parésie d'accommodation, etc.. à la suite de fractures du crâne et de maladies intra-cràniennes de différentes espèces. Il est certain que bien des fois ce n'est qu'une pure coïncidence ; mais, dans bien des cas, il existe aussi une corrélation directe, formée par une altération centrale servant de base aux deux perturbations.

Effectivement, on rencontre aussi çà et là et dans des maladies centrales (affection du cerveau et de la moelle épinière. tabès, myélite chronique et encéphalite, méningite cérébro-spinale, tumeurs, etc.). une hyperesthésie galvanique (et aussi d'autres anomalies) de l'acoustique. Les relations plus intimes de ces maladies avec l'altération centrale ne sont pas encore bien établies ; il serait possible que la maladie centrale modifiât directement l'excitabilité galvanique du nerf auditif, observation que l'on a faite souvent à propos des nerfs moteurs (dans le tétanos et le tabès) ; il se pourrait aussi que, comme dans la né vrorétinite et la papillite optique, des troubles trophiques se produisent dans le nerf auditif lui-même par suite de la maladie centrale, troubles qui causent les anomalies de la réaction; ou enfin il se pourrait que. par la même voie, des troubles fussent amenés dans l'oreille moyenne, troubles qui ne détermineraient que secondairement l'hyperesthésie du nerf auditif. Mais toutes ces possibilités réclament une étude plus approfondie. Très intéressante est finalement aussi la présence, plusieurs fois démontrée par Jolly, de l'hyperesthésie galvanique de l'acoustique (sans ou avec les anomalie- qualitatives de la formule, chez les hallucinés de l'ouïe).

Brenner a fait une tentative d'interprétation très attrayante pour l'apparition de l'hyperesthésie galvanique, chez les malades atteints d'affections de l'ouïe. Il prend pour point de départ le fait bien connu que nos nerfs cérébraux, quand on leur retire pour longtemps les excitations convenables, tombent dans un état d'excitabilité intense (ont faim d'excitation) ; voilà pourquoi nous apprenons, après avoir longtemps séjourné dans un endroit obscur, à distinguer peu à peu les objets qui nous entourent, nous sommes éblouis par la clarté ordinaire du jour, et nous reconnaissons des images lumineuses électriques dans l'obscurité plus nettement qu'en pleine lumière. Il en est de même du nerf auditif; si par des maladies de l'appareil conducteur des sons, les excitations ordinaires lui arrivent difficilement, ou lui sont retirées complètement, il tombe dans l'état de faim d'excitation, qui se décèle par une facilité de réaction plus grande pour l'excitabilité galvanique. Si cet état de choses dure un peu longtemps, d'autres modifications peuvent se produire dans le nerf auditif (troubles de nutrition), modifications qui s'expriment par une réaction tout à la fois augmentée et pervertie du nerf auditif, et qui peuvent peut-être finalement aboutir

Page 1