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BOURDONNEMENTS DORE1LLE NERVEUX

à la perte de l'excitabilité. Ainsi s'expliqueraient aussi les anomalies, dontilseraquestionplus tard, de la réaction galvanique de l'acoustique.

Il est certain que cette jolie tentative d'explication ne peut avoir de valeur que pour les cas où l'hyperesthésie galvanique se rencontre simultanément avec des troubles de l'ouïe, avec des maladies de l'appareil conducteur du son, et ces cas forment certainement la majorité. Mais il existe sans aucun doute des cas d'hyperesthésie galvanique de l'acoustique (y compris ceux avec modification de la formule normale), dans lesquels on ne peut démontrer aucune trace de trouble de l'ouïe ; j'en ai vu plusieurs et je lésai fait contrôler par des médecins auristes ; à ceux-ci, il faut cependant concéder un autre mode d'origine de l'hyperesthésie. Il n'y a en effet aucun obstacle à ce qu'on cherche à se rendre compte pourquoi ce trouble de nutrition n'entrerait pas aussi primitivement par différentes voies dans le nerf auditif, trouble qui constitue l'essence de l'hyperesthésie, et que nous rencontrons si souvent dans différentes régions du système nerveux. Reste, il est vrai, à examiner quelles sont ces voies et ces troubles de nutrition,

On constate d'une façon très fréquente et comme un fait pratique, de la plus haute importance, la simultanéité de l'hyperesthésie simple avec le bourdonnement d'oreilles nerveux, souffrance des plus pénibles, qui brave si souvent toutes les tentatives de guérison des spécialistes et dont on ignore généralement l'exacte pathogénie : Brenner a traité ce point avec sa clarté et sa précision ordinaires. J'y reviendrai dans la partie thérapeutique de mon ouvrage. Disons seulement qu'une partie de ces bruits subjectifs, semble naître dans le nerf lui-même. Dans un grand nombre de ces cas, existe une simple hyperesthésie du nerf auditif et ils se distinguent particulièrement en ce que le courant électrique exerce une influence calmante sur les bourdonnements d'oreille. Ordinairement il arrive que, par l'AnF et l'AnD le bruit subjectif cesse immédiatement et complètement; mais à AnO, il revient avec sa force antérieure ou même avec une force encore plus grande. La KaF et KaD augmentent considérablement la bourdonnements, tandis que la KaO n'amène qu'une cessation momentanée. Mais bien des fois le bourdonnement n'est que diminué et non complètement supprimé par l'AnF ; cela se remarque surtout dans les revirements de Ka à An. — Enfin Brenner a trouvé des cas, dans lesquels les bourdonnements pouvaient être diminués par la KaF, KaD, et AnO, ainsi précisément par les excitants qui provoquent des sensations acoustiques.

Pour un autre groupe de bruits subjectifs, il faut chercher la cause de leur production complètement en dehors du nerf; ces bruits restent complètement insensibles au courant galvanique, quelles que soient sa direction et sa force.

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Il existe en outre un 3° groupe, dans lequel se trouvent simultanément des bruits différents, dont l'un obéit à l'influence calmante du courant, tandis que l'autre s'y montre complètement rebelle. Ici encore il y a ordinairement de l'hyperesthésie, bien que la forme n'en soit pas toujours pure. Le premier de ces bruits émane probablement des nerfs.

Nous possédons en conséquence, dans l'exploration galvanique de l'appareil auditif, d'une part dans la constatation de l'hyperesthésie galvanique de l'acoustique, d'autre part, dans l'examen de l'influence calmante ou surexcitante des différents agents galvaniques sur le bourdonnement nerveux des oreilles, un moyen de diagnostic très important, pour reconnaître la nature nerveuse de certaines formes de cette maladie importune et les séparer des autres. Vous apprendrez plus tard quels points d'appui importants, sous le rapport pronostique et thérapeutique fournit cette exploration.

Comme degrés de développement ultérieurs de l'hyperesthésie simple comme phénomènes généralement un peu plus rares, on doit signaler :

h. Les hyperesthésies galvaniques, avec anomalie et même changement de la formule normale.

Ici aux sensations normales de la sonorité, se joignent d'autres sensations pathologiques et d'abord ordinairement la sensation de l'AnF et de l'AnD plus tard la sensation de la KaO, tout cela avec les symtômes caractéristiques de l'hyperesthésie. Ici se présente presque exclusivement le phénomène, d'après lequel ces nouvelles sensations pathologiques de son diffèrent, parleur caractère et leur timbre, très nettement des sensations produites par les agents d'excitation normaux. Entre elles, les sensations pathologiques de son s'accordent aussi complètement que les sensations normales chez les personnes bien portantes, ou que les sensations de KaF et d'AnO dans l'hyperesthésie simple.

Prenons pour exemple le cas suivant : Homme de 54 ans, anciennr surdité incomplète, bourdonnement d'oreille, épaississement, rétrécissement du tympan.

Oreille gauche. Mode extérieur d'exploration : B sur la main 10 Kl.'m. KaFSÏ Sifflement haut, bruyant.

KaDSi -x. Sifflement prolongé.

KaO: br Bruit bref, bourdonnant.

AnFrBr" Bruit retentissant et bourdonnement.

AnD Br > Bruits s'éteignant peu à peu,

AnOSi Sifflement comme dans KaF.

Les sensations de son peuvent être, dans les différents cas, de nature

ACOUSTIQUE : HYPERESTUÉSIE GALVAN. AVEC ANOMALIE DE LA FORM. XORM. 217

très diverse : Siffler, sonner, bruire, bourdonner, frémir, sibiler, murmurer, etc., mais toujours la KaF et l'AnO et la KaO et l'AnF, produisent des sensations sonores égales entre elles mais différentes des autres.

Mais à présent on observe aussi que ces nouvelles sensations pathologiques deviennent de plus en plus fortes, nettes et claires: de plus elles se manifestent plus tôt et plus facilement que les sensations provoquées par les agents d'excitation normaux, sensations qui par contre diminuent de leur côté, s'affaiblissent et deviennent de plus en plus difficiles à provoquer. Il peut en résulter finalement que les sensations normales disparaissent complètement et qu'il ne reste plus que les sensations pathologiques, avec une excitabilité de plus en plus forte ; on est arrivé alors à l'hyperesthésie avec revirement complet de la formule normale.

Que l'exemple suivant emprunté à mes observations, serve d'exemple : Dame âgée de 60 ans, à droite, simple hyperesthésie ; à gauche hyperesthésie, avec revirement de la formule, surdité incomplète à droite ; surdité complète à l'oreille gauche. Bourdonnements d'oreille, particulièrement à gauche. — Mal d'oreille invétéré, auparavant écoulement d'oreilles considérable ; épaississement considérable et rétrécissement du tympan des deux côtés.

Mode extérieur d'exploration, B sur la main

Oreille D. 4. Elém. KaFSi Oreille G. 6. Élém. KaF —

KaDSi co KaD —

KaO — KaOSi >

AnF — AnFSi'

AnD — AnDSi oo

AnOSi > AnO -

Ainsi à gauche, strict renversement de la formule normale, à droite, hyperesthésie un peu moindre. A l'oreille gauche, le bourdonnement des oreilles disparaît par l'effet de la KaF, à FAnF le bourdonnement persiste insensiblement.

On peut ici signaler l'évidente analogie de la marche des modifications d'excitabilité galvanique dans le muscle, au moment de la réaction de dégénérescence, avec le cours des anomalies de l'acoustique.

La série des différents degrés de l'hyperesthésie simple jusqu'au renversement complet de la formule peut être, à l'exemple de Hagen, représentée dans la schéma abrégé suivant :

KaF:

Ti".

Ti'.

Ti

Ti.

ti.

KaD:

Ti oo

Ti oo

Ti

Ti>

ti >

KaO:

AnF:

218 ÉLECTK0D1AGN0STIC

AnD : s> S> S oo S so S oc

AnO: ti > ti> ti' ti — —

Ti signifie ici « tintement », S signifie « sifflement » qui peut finalement en augmentant d'intensité, se transformer en tintement ou sifflement aigu.

Naturellement ; on ne pourra pas démontrer, dans chaque cas distinct, toute la marche du développement ni en fixer chaque degré à un temps déterminé ; cependant il résulte de nombreuses observations que, du moins, dans une série de cas, la marche de ces modifications est celle qui est représentée ici.

Ces formes d'hyperesthésie, avec modification et revirement de la formule normale, ne se manifestent, à ce qu'il paraît, que dans les plus vieilles affections d'oreille, dans des destructions graves de l'oreille moyenne, dans des maladies du labyrinthe, etc. Il sera du devoir des spécialistes de déterminer les rapports plus intimes qui peuvent exister entre ces dernières et les différentes anomalies de la réaction galvanique.

Mais, dans de semblables cas, l'hyperesthésie peut aussi diminuer et disparaître ; il ne reste plus alors que des anomalies delà formule. On parle alors de

c. Anomalies qualitatives de la réaction galvanique de V acoustique, sans hyperesthésie.

A cette désignation appartiennent toutes les anomalies possibles, qui ne coïncident pas avec une facilité d'excitabilité particulière du nerf acoustique et pour lesquelles Brenner, Enlenburg, etc. ont fourni de nombreux exemples.

Depuis la réaction contre tous les six agents d'excitation jusqu'au simple revirement de la formule, tous les phénomènes possibles peuvent se manifester : apparition de telle ou telle réaction pathologique, absence de telle ou telle réaction normale, etc., de sorte qu'il se produit les formules les plus diverses, pour lesquelles il n'est pas nécessaire de citer d'autres exemples.

Mais il n'est nullement certain que toutes ces anomalies résultent d'une simple hyperesthésie antérieure ; cela n'est même pas probable ; bien au contraire une série entière d'observations (par exemple dans les paralysies rhumatismales de la face, dans les affections centrales, les lésion^ du cri ne, etc.) nous apprennent qu'à l'occasion, des troubles, des désordres de nutrition peuvent influersurlenerfacoustique directement, de telle sorte que celui-ci réagisse, sans plus de façon, d'une manière anormale. Enfin il ne faut point passer sous silence le fait que des modifications qualitatives de la formule peuvent être provoquées par des modifications anatomiques, dans les parties extérieures entourant le nerf auditif, de telle sorte que des traînées de courant (c'est-à-

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