VALEUR THERAPEUTIQUE DE L ÉLECTRICITÉ
peutique, qui ne le conduisent au but désiré que par des voies lentes et tardives.
En face de ces faits incontestables, on ne peut cependant point se dissimuler que nos connaissances théoriques, sur la façon exacte dont se produisent les phénomènes, sont bien arriérées, par rapport aux succès obtenus, sans aucune contestation, sur le terrain thérapeutique. En réalité* nous n'avons encore que des notions extraordinai rement peu positives sur les processus de guérison plus délicats qui se passent dans les actions électriques, et sur leur connexité avec les actions physiologiques des courants électriques que nous connaissons, jusqu'à un certain point.
Naturellement les tentatives diverses pour résoudre le problème et mettre en lumière les actions thérapeutiques n'ont point manqué. Chaque électrothérapeute, volontairement ou sans s'en rendre compte, s'est fait une idée plus ou moins logique du mode d'action thérapeutique de son remède ; les progrès éminents de Pélectrophysiologie, tout aussi bien que les théories névropathologiques que surgissaient de toute part, n'y invitaient certes que d'une façon trop pressante ! Quoi d'étonnant à ce que, pour la spécialité thérapeutique nouvellement éclose, la hâte juvénile de ses tuteurs et de ses élaborateurs, se soit hâtée de construire un système théorique artistiquement édifié ! nous avons tous aidé plus ou moins à le construire, les uns dans un sens, les autres dans un autre ; et je ne crois pas que nous ayons à déplorer ces péchés de jeunesse; comme conséquence, maints beaux travaux ont vu la lumière, bien des questions importantes ont été attaquées et élucidées, mais la clef du problème ne nous a malheureusement pas encore été livrée. Nous n'avons pas encore d'éclaircissements sur la façon et la manière exacte d'après laquelle se produisent les effets électricothérapeutiques.
Les difficultés capitales de ce problème reposent, à mon sens, actuellement encore, pour le terrain pathologique, notamment sur notre ignorance des changements délicats, nutritifs ou moléculaires, qui s'effectuent dans les nerfs, lors de maladies diverses. Nous savons à peine quelque chose de certain sur la nature propre, les causes dernières des troubles inflammatoires qui se produisent journellement dans tous les tissus, les dégénérations, les atrophies, etc., qui ont été, un nombre de fois incalculable, l'objet d'explorations expérimentales, de telle sorte qu'une théorie spéciale de ces processus n'existe point encore ! Et combien moins lumineux encore sont pour nous les processus plus délicats et théoriquemenf décisifs qui ont lieu lors des troubles variés du système nerveux, dans les névralgies, les crampes, les paralysies et autres névroses multiples ! Nous ignorons le plus souvi'nt si une excitation pathologique est causée par une irritation aug- Erb. — Électrothérapie, !S
220 ÉLECTROTHÉItAl'lE GÉNÉRALE
menlée ou par une excitabilité accrue, si l'inexcitabilité ou le manque de conductibilité des voies motrices est la cause d'une paralysie ou si cette dernière ne doit peut-être pas être attribuée à une action d'arrêt, sans compter les délicates modifications nutritives que nous devons en définitive considérer pourtant comme le principe de tous ces processus et de beaucoup d'autres. Nous sommes en tout cas habitués, et il serait fâcheux qu'il en fût autrement, à nous faire de "toutes ces choses une certaine conception qui répond à l'état actuel de notre science et satisfait notre besoin de courir après une interprétation d'élucidation mais, cela ne dit point encore que ces idées soient réellement exactes.
D'autre part nos connaissances au sujet des actions multiples de l'électricité, sont encore loin d'être aussi étendues qu'elles le parurent à beaucoup de gens, dans le premier enthousiasme des grandes découvertes physiologiques de 1850 à 1860.
En efi'et nous ne connaissons d'une manière exacte que les actions excitantes et modifiantes des courants électriques sur les nerfs et sur les muscles ; quant aux actions dites électrolytiques sur le corps d'un animal vivant, nous n'en connaissons pour ainsi dire rien ; il en est de même des actions dites cataphoriques ; quant aux actions « catalytiques», dont aujourd'hui on parle si souvent, on ne peut, en dire qu'une chose, c'est qu'elle sont presque entièrement hypothétiques ; cette dénomination n'est qu'un nom collectif pour une somme d'actions dont la nature, si on les prend une à une est presque entièrement inconnue et dont l'existence a besoin d'être démontrée, en partie, d'une manière plus positive.
Qui nous garantira qu'il n'y ait pas encore d'autres actions de l'électricité sur l'organisme vivant, encore in connues, comme par exemple sur l'échange moléculaire, l'état du calorique, les affinités élémentaires, les phénomènes osmotiques, etc., d'où proviennent précisément les résultats Les plus importants en thérapeutique?
Ces réflexions pourraient déjà suffire à réveiller en vous une idée approximative de la valeur réelle des théories éleetrothérapeutiqaes qui ont régné jusqu'ici; bornons-nous à exposer en peu de mot les plus importantes de ces théories.
Laplus grande vogue appartint naturellement, sons la haute pression des découvertes électrophysiologiques, à la théorie électrotonique, qui voulait féduire la plupart des effets cura tifs des courants électriques à leur action modifiante (réhaussant, rabaissant ou calmant toute l'excitabilité). Quoi de [dus naturel en apparence, que de vouloir traiter ou éliminer les névralgies el les crampes à l'aide de l'action «calmante» du pôle positif, par le transport de l'anéleclronus et au contraire les aneslhésies et les paralysies par l'action excitante du pôle négatif et
THÉORIE ÉLECTROTONIQUE 227
avec le ealélectrotonus thérapeuthique '! Mais quoique nous ne soyons nullement assurés que, dans un groupe de cas, il y ait réellement augmentation, dans un autre groupe, toujours diminution de l'excitabilité, quoique, dans beaucoup de cas, nous ne soyons autorisés à admettre ni l'un ni l'autre, on peut, avant toute chose, objecter à cette manière de voir que l'action électrotonique disparait promptement après la cessation du courant et même se renverse au pôle positif, tandis que les guérisons obtenues à l'aide des courants sont plus ou moins durables. D'ailleurs il s'agit le plus souvent, comme l'a reconnu déjà avec justesse R. Remak, non d'un rétablissement ou d'une modification feY excitabilité mais d'une amélioration de la conductibilité et de l'activité dans les nerfs malades. En outre la théorie électrotonique a contre elle, comme nous l'avons déjà vu souvent, un inconvénient: dans presque aucun nerf du corps (l'acoustique seul peut-être excepté), on ne peut établir une action polaire pure ; l'action opposée existe toujours simultanément, ce qui doit nécessairement rendre impossible l'exclusivité de l'effet. Sans doute on peut objecter que la modification positive, après la disparition de l'anéleclrotonus, peut être évitée et l'on peut renvoyer a toute la série des guérisons évidentes, obtenues surtout dans les maladies de l'acoustique, et qui se sont pourtant développées sur le terrain de la théorie électrotonique. Mais, dans aucune circonstance, ces faits peu nombreux — , quoique très frappants en partie, — ne peuvent devenir la base d'une large théorie électrothérapeutique ; on ne pourra jamais expliquer les diverses guérisons avec les actions électrotoniques seules, bien qu'on doive leur réserver une certaine place dans la thérapeutique.
Par suite de ces difficultés, on en est revenu en partie à l'ancienne et primitive théorie, d'après laquelle l'électricité n'agit que comme agent d excitation et que les différentes périodes de cette excitation amènent la guérison ; c'est là la théorie de l'excitation. Mais avec cela nous ne faisons pas un grand pas en avant ; en tout cas, ce n'est pas une raison suffisante d'admettre celle-ci, parce que la théorie électrotonique est inadmissible et que, à part les actions toniques, nous ne connaissons, avec une certaine certitude, que la propriété de l'électricité d'agir comme excitant sur les nerfs. Et comment la simple action excitalive du courant électrique pourrait-elle expliquer les guérisons si diverses, à la suite des troubles les plus variés, dans des troubles d'une nature diamétralement opposée ? Comment l'excitation électrique passagère d'un nerf ou d'un muscle périphérique peut-elle rendre possibles des actes volontaires plus énergiques ? Comment peut-elle faire disparaître une névralgie ou une crampe ? Comment peut-elle être active dans un cas de névrite, de tabès, de myélite, etc. ? Nous verrons plus tard qu'on peut s'expliquer simplement, de cette manière, une partie
228 ÉLECTROTHÉRAPIE GÉNÉRALE
des effets curatifs, mais pas tous, tant s'en faut. Aussi loin que s'étend ma vue, je n'aperçois, dans mon voisinage qu'une seule pensée, empiétant assurément beaucoup sur le terrain hypothétique qui rende peut-être possible une utilisation plus Large «les actions excitantes au profit de la théorie électrothérapeutique. Cette pensée est relative aux nerfs trophiques, dont aujourd'hui personne ne peut sérieusement contester l'existence, bien qu'elle ne puisse pas être démontrée anatomiquement. Chaque nerf renferme pourtant vraisemblablement des fibres trophiques el se trouve placé sous l'influence de centres trophiques et il y a tout lieu de croire qu'une excitation électrique de ces voies et centres trophiques agirait d'une manière modifiante sur les phénomènes de nutrition dans les nerfs, dans les muscles et dans d'autres organes, hâterait la régénération, ferait disparaître les troubles plus délicats de la nutrition et amènerait ainsi la guerison des cas morbides. Je ne crois pas qu'il soit impossible d'admettre que, par exemple, les effets incontestablement favorables de l'exercice méthodique (la gvmnastique et autres récréations corporelles) sur la nutrUion des muscles, peuvent se ramener à ce fait que toute excitation motrice est reliée à une excitation des fibres trophiques, et excite ainsi les processus nutritifs. De même, beaucoup d'actions curatives de l'électricité, ne pourraient-elles pas s'expliquer, jusqu'à un certain point, par une action indirecte et excitante des processus trophiques? Nous entrons, il est vrai, sur le terrain d'une autre théorie qui, autant que je le vois, est de nouveau en vogue, théorie à laquelle se rangent par résignation, la plupart des électrothérapeutes, par suite de l'insuffisance des autres théories : je veux parler delà théorie des arti<>n.< catahitiques. Elle cherche à ramener tous les résultats électrothérapeutiques à un somme d'actions de courants parmi lesquelles se trouvent aussi les actions trophiques précédemment indiquée-, mais auxquelles appartiennent encore les actions sur les vaisseaux sanguins et sur les nerfs vaso-moteurs, sur les phénomènes électrolytiques etosmotiques et les effets mécaniques du courant. Je vous ai expliqué dernièrement i~c leçon, p. 122) que ces effets « cataly tiques » sont encore bien hypothétiques ; que nous masquons sous un mot choisi par nécessité, notre ignorance d'un grand nombre d'actions de courants encore passablement inconnues ; il résulte déjà de cela que nous ne pouvons pas choisir ces effets comme base de notre théorie électrothérapeutique, mais tout au plus comme point de départ de recherches ultérieures. R. Remak a saisi avec une grande perspicacité la haute importance de ces actions ; mais jusqu'ici son ardeur générale a réussi, aussi peu que les efforts de ses successeurs, à bien faire comprendre ces actions, à les analvser dans leurs éléments et à expliquer parla les effets curatifs du courant, dans les différentes formes de maladies.
THÉORIE CATALYTIQUE. EMPIRISME 229
Nous >ummes donc forcés d'avouer franchement la défectuosité des bases théoriques de notre science et puissance électrothérapeutiques ; l'électrothérapie doit, encore, aujourd'hui, comme par le passé, être assise sur une base purement empirique ; c'est seulement par un grand nombre d'expériences ultérieures, que nous nous mettrons peu à peu en état d'établir une idée théoriquement exacte des effets curatifs de l'électricité.
Nous devons assurément dans ces efforts nous servir, comme d'un excellent fil d'Ariane, des faits physiologiques et des hypothèses qui en résultent. Elles nous fourniront les premiers jalons dans le choix des méthodes, les voies exactes pour l'interprétration et le contrôle de leurs résultats ; niais, en cela, nous ne devons pas perdre de vue que tout d'abord l'expérience, rien qu'une expérience accumulée et criliquement tamiséepourra seule prononcer le dernier mot dans toutes ces questions. Nous devons aussi nous dire que le résultat éventuel d'une méthode érigée sur une base physiologique ne garantit en aucune façon X exactitude de cette base théorique, mais que cette exactitude doit toujours être garantie par des expériences et, autant que possible*, par l'expérimention pathologique et thérapeutique.
Après ces considérations générales, je veux d'abord vous énumérer, en m' appuyant sur nos analyses précédentes, toutes les actions de courant qu'il est possible d'utiliser en thérapeutique ; je vous dirai en peu de mots dans quel but on peut les utiliser en thérapeutique et, avec quelles méthodes on peut le mieux les obtenir.
L'action de courant, indubitablement utilisée le plus souvent, capable de l'usage le plus multiple et de la graduation la plus délicate est l'action excitante et stimulante. Elle est indiquée sous des conditions très différentes dans les maladies périphériques et souvent aussi centrales : et d'abord partout où nous pouvons nous attendre à faire disparaître des états pathologiques par de fortes excitations ; partout où nous voudrons vaincre, par un acte vigoureux d'excitation, des résistances de conductibilité dans les voies nerveuses sensibles ou motrices, où nous voudrons, par une excitation plus fréquente, pour ainsi dire par l'exercice, ranimer l'excitabilité abattue, rouvrir des voies de conductibilité à moitié encombrées et devenues impraticables ; de plus là où nous désirons, par actions sur les nerfs trophiques, exciter la nutrition des parties et faciliter, par la production de contractions musculaires, le rétablissement de muscles atrophiés ; ou bien là où il s'agit pour nous de remplacer les exercices actifs ou passifs des muscles par une espèce de gymnastique électrique ; enfin là aussi où il faut agir d'une manière excitante ou modifiante, par voie réflexe, en partant des voies sensibles, sur les organes centraux et, par ceux-ci sur les organes périphériques les plus divers, sur les voies vaso-motrices, sur
230 ÉLECTR0T11ÉRAP1E GÉNÉRALE
les nerfs et muscles vaso-moteurs, sur la respiration et la circulation, etc.
C'est là un nombre très notable d'actions possibles ; les méthodes que nous pouvons employer pour y parvenir, se devinent sans peine d'après ce que je vous ai déjà dit ! elles introduisent dans le corps le courant faradique, au moyen d'électrodes humides, d'une forme et d'une grandeur convenables, quand elles veulent exciter des parties, situées au-dessous de la peau et plus profondément encore ; par contre avec des électrodes sèches et, de préférence, au moyen d'un pinceau nu d'une brosse métallique, quand vous ne voudrez exciter avec une grande énergie que les nerfs cutanés ou les autre- éléments de la peau ; cette dernière méthode se recommande surtout pour produire les actions réflexes.
Dans le courant galvanique, vous avez à votre disposition, pour l'excitation et l'irritation, des méthodes encore plus diverses; de la manière la plus simple, l'action irritante que possèdent les fermetures du pôle négatif, qui peuvent être répétées avec une force et une fréquence croissantes; bien moins efficaces sont, dans ce but, les fermetures et les ouvertures du pôle positif ; cependant ou peut aussi les employer à l'occasion. — Une excellente méthode pour obtenir des excitations est la forme labile du courant, pratiquée pour la première fois par R. Remak et spécialement la forme labile du pôle négatif. Cette action labile s'effectue de manière à ce que, avec la Ka bien humectée, on frotte en montant et en descendant, avec assez de rapidité et d'énergie, le tronc nerveux ou le muscle à exciter, avec une force de courant suffisante pour obtenir des contractions énergiques et ondulatoires (ordinairement on se contente de la force de courant qui, dans le même nerf, produit de réelles KaFS). L'action puissamment excitative de cette manipulation ne provient, en tout cas, point des fluctuations qui se manifestent dans la force du courant; car on peut, avec l'introduction d'un galvanomètre et avec l'exécution soigneuse du traitement « labile » voir que l'aiguille ne subit presque aucune déclinaison, malgré l'apparition des commotions les plus vives ; celte action est bien plutôt la conséquence exclusive du fait que, lors du frottement, de nouvelles parties du nerf ou du muscle entrent successivement dans le domaine de l'électrode et dans la plus grande densité du courant, et sont ainsi excitées. C'est là une excellente méthode pour exciter les nerfs et les muscles avec une intensité modérée et obtenir ainsi les résultats les plus favorables. On peut aussi procéder labitement à l'aide du pôle positif, mais avec un effet moins intense; les effets les plus actifs s'obtiennent sur les muscles qui se trouvent à un point très élevé de la réaction de dégénérescence; ils donnent aussi d'abondantes commotions labiles avec le pôle positif. Rémak désigne, sous le nom d' « excitation
ACTIONS UTILISABLES : ACTIONS ENCHANTES 2'.iî
labile terminale », le frottement avec la Ka sur les parties des muscles longs situées dans le voisinage de l'extrémité des tendons, tandis que le muscle est en même temps traversé, autant que possible dans toute son étendue longitudinale ; celle opération est aussi très eflicace, surtout sur différents longs muscles des extrémités.
Enfin le remède excitant le plus intense consiste dans les commutations rapidement exécutées du courant, particulièrement dans le revirement sur la Ka, après que le pôle positif a auparavant agi assez longtemps. La répétition fréquente de ces revirements de courant (ou alternatives voltaïques, comme on les appelle aussi) est souvent l'unique moyen de produire des commotions, sur des muscles atrophiés à un haut degré, et d'une excitabilité considérablement diminuée et de les rendre peu à peu plus accessibles à l'excitation électrique. Ces courants sont en conséquence utilisés d'une manière prépondérante, dans. des cas. de paralysie invétérée, avec atrophie étendue.
L'endroit où il faut appliquer ces différents procédés excitants, dépend naturellement tout à fait du siège et de la nature de la maladie, puis aussi du but. que l'on se propose spécialement d'atteindre. ,Tn ferai seulement remarquer ici en peu de mots que, quand il s'agit de vaincre les résistances de conductibilité, sur la voie nerveuse, l'excitation des nerfs sensibles doit partir périphériquement du siège de la lésion, tandis que celle des nerfs moteurs doit partir autant «pie possible du centre ; l'excitation de nerfs et de muscles en dégénérescence et s'alrophiant, doit tout d'abord se régler sur cette excitation même et pour obtenir des actions réflexes, il faut choisir soigneusement, dans chaque cas, la zone nerveuse sensible la plus favorable à l'excitation électrique.
En deuxième ligne, nous désirons très souvent nous servir des actions modifiantes, changeant ï excitabilité, du courant électrique. Il y a effectivement quantité de cas où l'on peut, en se basant sur des appréciations théoriques, espérer un résultat favorable de ces actions: partout où l'on admet une diminution de l'excitabilité des nerfs et des muscles. dans beaucoup de paralysies et d'anesthésies, dans certaines maladies vaso-motrices et même dans certains états de diminution de l'activité de la moelle épinière et du cerveau, on est en droit d'employer V action calélectrotonisante du courant (action excitante, fortifiante, antiparalytique, réfrigérante) ; tandis que là où l'on est en droit d'admettre une augmentation d'excitabilité des nerfs et des muscles, d'étals d'irritation sur les voies nerveuses sensibles, motrices et vaso-motrices, d'états anormaux d'excitation, même dans le système nerveux central, (ainsi par exemple dans les névralgies, les crampes, les points douloureux constants, l'irritation spinale, le mal de tète, l'insomnie, J'hyperesthésie de l'acoustique, les migraines angiospastiques, etc.) on a
232 ÉLECTROTflÉRAPlE GÉNÉRALE
en premier lieu à amener l'action anélectrotonisante du courant; (on peut aussi nommer cette action, suivant les cas particuliers, affaiblissante, calmante, lénitive, antinévralgique, antispastique).
Les méthodes, dont nous disposons pour atteindre ces effets sont très simples. Elles sont certainement moins sûres, quand on emploie le courant faradique, sur l'action modifiante duquel nous connaissons peu de chose ; on admet ordinairement que l'on détermine une augmention de l'excitabilité à l'aide des courants faradiques faibles, tandis que des courants faradiques très énergiques et très forts, diminueraient, assure-t-on, l'excitabilité. Cela a été déduit surtout de faits pathologiques et thérapeutiques ;mais je vous rappelle ce que j'ai déjà dit précédemment : quand même il serait certain qu'assez souvent une névralgie ou une crampe disparait. sous l'action de courants faradiques très énergiques, il ne s'en suit pas que cela soit arrivé par suite de la diminution de l'excitabilité ; car cela a encore besoin d'être démontré.
Pour amener la diminution de l'excitabilité, on se sert, dans beaucoup de cas, avec efficacité, des courants d'induction dénommés progressifs, adoptés en premier lieu par Frommhold ; si les électrodes sont bien fixées, larges et humides, on y introduit le courant faradique tout à l'ait faible ; ensuite, en tirant peu à peu le rouleau, ces courants augmentés, suivant les circonstances, jusqu'à une force aussi grande que possible et cependant encore supportable, restent pendant quelque temps maintenus â ce demi' d'énergie puis diminuent lentement ; on peut répéter plusieurs fois ce procédé dans le cours d'une -eance.
Je trouve encore plus sûres les méthodes, d'après lesquelles, des actions modifiantes peuvent être produites au moyen du courant galvanique; ici je n'ai besoin que de vous rappeler ce qui a été dit, en temps et lieu, à propos de l 'électrotonus. Si vous désirez amener une augmentation de l'excitabilité, vous n'avez qu'à appliquer le pôle négatif dune manière stable, avec une force et une durée de courant croissantes, afin d'obtenir les différents degrés de cette au gmenlion ; même après l'ouverture du courant, une forte modification positive de L'excitabilité se fait attendre pendant quelque temps. Voulez-vous par contre diminuer V excitabilité, le moyen à employer est l'action, stable du pôle positif ; ici encore la force et la durée du courant amènent une augmentation de l'effet désiré. Mais il se présente ici aussi une nouvelle et grande difficulté : à L'ouverture du courant, après la cessation 'h' L'anéleclrotonus, se manifeste, comme on le sait, immédiatement une notable modification positive, une augmentation de L'excitabilité, qui met en question tout Le résultat de l'application précédente. Voilà ce qu'il faut éviter en tout cas et cela se fait, à ce qu'il parait, avec une