ACTIONS UTILISABLES : MODIFIANTE, RÉFRIGÉRANTE
assez grande certitude et d'une manière le plus souvent suffisante pour la pratique, par ce qu'on appelle esquivement du courant, c'est-àdire que l'on diminue la force du courant avec la plus grande précaution et insensiblement (à l'aide du compteur d'éléments, de la coulisse de fermeture ou d'un rhéostat), de degré en degré, jusqu'à ce qu'on arrive à zéro. Qu'en fait, ce procédé habilement conduit, soit suivi du résultat souhaité, c'est ce que beaucoup de cas d'hyperesthésie de l'acoustique, tendent à prouver d'une façon brillante, attendu que, dans ces cas, même quand l'excitabilité du nerf s'est élevée à un haut degré, on peut par ce procédé, éviter entièrement, la réaction de l'ouverture du pôle positif et faire disparaître, pour un temps plus ou moins long, les bruits subjectifs.
A propos des différentes formes de maladies, j'aurai à traiter de nouveau des modifications spéciales de ces méthodes de traitement et cela d'une manière plus détaillée. Parmi les effets modifiants, il faut compter indubitablement ce que Heidenhain a décrit, il y a longtemps, sous le nom d'action réfrigérante du courant galvanique. Elle est obtenue, avec le plus d'efficacité, par des courants stables et ascendants : mais il est probable qu'elle repose, pour la plus grande partie, sur l'action électrotonisante du pôle négatif et elle peut très bien trouver son application dans des cas où, par des efforts excessifs, par des excès, etc.. il s'est produit une espèce de lassitude ou d'épuisement des appareils moteurs.
Autant les actions catalytiques du courant peuvent être obscures, même dans leur nature la plus délicate, autant on s'accorde néanmoins sur leur existence et, ieur utilisation exlraordinairement multiple.
J'en ai parlé en détail antérieurement (7e leçon, page 123) et j'ai besoin, pour le moment, de répéter simplement ce qu'on entend par ces mots, depuis que R. Remak en a parlé pour la première fois ; ce sont les effets produits sur les nerfs vaso-constricteurs (que peut-être il faut diviser aujourd'hui en vaso-constricteurs et vaso-dilatateurs) et sur les vaisseaux sanguins, peut-être aussi sur les vaisseaux et sur le courant lymphatiques ; les actions sur les phénomènes osmotiques, sur les dispositions moléculaires, l'échange moléculaire et le mouvement du liquide dans les tissus, les actions éleclrolytiques et cataphoriques, peut-être aussi les effets produits sur les nerfs trophiques, bref les influences, résultant de tout cela, sur les phénomènes de résorption et de nutrition en général, il existe, effectivement, quantité d'actions qui doivent assurerai! courant électrique une influence extraordinairement puissante et multiple sur des phénomènes morbides très divers dans Le système nerveux, ainsi que dans les autres tissus du corps. Il en es! de même de toutes les perturbations inflammatoires possibles
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de nature aiguë et chronique (névrite, myélite, sclérose, etc. , dans les processus exsudatifsles plus divers, dans les rhumatismes articulaires, dans les muscles el les nerfs, dans les exlravasations sanguines, dantons les phénomènes de dégénérescence, dans les troubles palpables et impalpables de la nutrition du système nerveux ! On ne peut songer presque à aucune forme de troubles, pour laquelle on n'ait l'espoir d'une influence heureuse possible par l'action catalytique du courant.
En général, il «-si impossible de nier l'existence de ces actions, mais nous n'en sommes pas moins fort éloignée de les produire avec certitude, quand nous en avons le désir. Nous n'en sommes pas moins éloignés de pouvoir désigner, dès ce moment-ci, toutes les formes et tous les cas de maladie, dans lesquels on a quelque droit de faire appel avec un espoir fondé, à ces effets catalytiques.
Dans une leçon précédente (p. 124), j'ai recueilli le nombre toujours croissant des faits physiologiques que l'on peut regarder comme la base des effets catalytiques ou du moins comme le point de départ de recherches ultérieures dans ce sens; je vais maintenant réunir quelques expériences pathologiques et thérapeutiques, qui parlent en faveur de l'existence et de l'importance pathologique de ces effets catalytiques et qui offrent une base en quelque sorte certaine, pour l'appréciation et l'élaboration ultérieure de cette intéressante question. Ces faits ont été recueillis et décrits en grand nombre, et en pleine connaissance de cause par R. Remak.
Citons ici en première ligne les résultats du traitement galvanique dans les différentes formes de névrite. R. Remak nous communique lui-même plusieurs observations de névrite primaire el secondaire au plexus brachial et à d'autres zones nerveuses, ainsi que de névrite noueuse, dans lesquelles la douleur el l'enflure disparurent plus ou moins rapidement après l'emploi du courant galvanique. Mor Mever vit une névrite du médian disparaître très vite, malgré une enflure sensible, par l'emploi de l'aclion stable de l'An; il a publié récemment quelque chose de semblable, à proposde la névrite traumatique et autres. F. R. Fischer a décrit un cas indubitable de névrite du médian, émanant de mon service, dans lequel la douleur et l'enflure se dissipèrent sous l'acLion du même remède et j'ai pu, depuis, constater dans plusieurs cas, ce résultat favorable. Par contre, le cas communiqué par Althaus n'est pas péremptoire.
Plus nombreuses sont les observations d'arthrites de différentes espèces. Remak a publié quantité de guérisons remarquables d'affections articulaires aiguës et chroniques, rhumatismales et traumatiques, qui ne laissent guère de doute sur l'aclion réellement antiphlogislique du courant galvanique; entre autres guérisons, celle d'un hydarlhrose du genou gravement enflé, non moins que celle d'une coxalgie chronique. M. Rosenfhal vit disparaître, sous le traitement galvanique, plusieurs exsudations chroniques articulaires; Mor Meyer parle de différents cas, dans lesquels la faradisa-
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lion d'une part, la galvanisation de l'antre, furent employées avec succès. Gaheu a obtenu un bon résultat dans une arthrite vraie par un traitement logique, avec l'appareil de rotation. Chéron en dit autant du traitement galvanique appliqué logiquement au rhumatisme articulaire déformant. Weistlos' a vu. dans des inflammations traumatiques et scrofuleuses des articulations, des résultats notables dus à la. faradisation locale et il la déclare péremptoirement « l'antiphlogislique le plus énergique, le plus infaillible, le plus précieux contre toutes les inflammations traumatiques ». E. Remak employa le courant galvanique avec succès contre des rhumatismes monoarticulaires. Moi-même je puis semblablement parler de résultats excellents, dans des exsudations articulaires. Benedikt aussi raconte, dans son ouvrage, toute une série d'observations de cette nature couronnées de succès — Onimus et Legros décrivent aussi un cas très favorable, rentrant dans la présente question. Erdmann a traité avec un brillant succès, faradiquement et galvaniquement un cas sérieux d'inflammation articulaire, multiple et chronique.
On a de plus déterminé souvent la résolution, la diminution de tumeurs glandulaires par des courants électriques : Remak a fait résoudre avec le courant galvanique, des glandes lymphatiques dures et enflées (par dilatation des vaisseaux lymphatiques)'? et réduit une glande strumeuse. Mor Mever, se voyant en face de tumeurs lymphatiques multiples, grandes et dures, les a fondues et diminuées en employant des courants farad iques très forts et souvent interrompus. Chvostek a traité, au moyen des courants galvaniques stables, beaucoup de glandes strumeuses en partie anciennes, et en a obtenu souvent la diminution, avec une rapidité merveilleuse dans certains cas et un succès complet. 11 vit de même diminuer rapidement des bubons anodins, par le même procédé, et Seeger prétend avoir obtenu des résultats semblables dans des gonflements glanduleux inflammatoires. Onimus et Legros citent pareillement quelques exemples de tumeurs glanduleuses guéries par eux. L'une de ces guérisons est remarquable en ce qu'il s'agissait de deux tumeurs glanduleuses symétriques, dont une fut traitée seulement avec le pôle positif et l'autre avec le pôle négatif; la première fut guérie plus tôt que la seconde.
Non moins surprenants sont les résultats (pie quelques observateurs ont obtenus au moyen du courant galvanique, contre des cicatrices dures, la raideur des articulations et les périostoses par suite de blessures par armes à feu ; Mur Meyer vit des cicatrices profondes de muscles s'amollir et disparaître ; des périostoses produites par armes à feu, rétrocéder avec une surprenante rapidité. Les deux effets furent obtenus par l'emploi du pôle positif. D'autre part Chéron vit la rigidité des articulations et des exsudations plastiques, après des blessures par armes à feu, guérir principalement par l'action stable de la Ka.
Enfin nous possédons des observations sur l'action manifeste des courants dans des contusions, extravasations sanguines, des subluxations et inflammations, Remak en vit le brillant succès dans une foulure de l'articulation de la main : enflure et rigidité disparurent rapidement II en fut de même d'une distorsion du pied assez grave. Il fut aussi heureux dans des cas chroniques de la même espèce, et sut guérir, à l'aide du courant, la rigidité et l'épaississe-
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ment succédant à des inflammations articulaires. Chvostek triompha également au moyen de la galvanisation iabile des nerfs, d'une infiltration traumatique, chronico-inflammatoire de la jambe ; Sycianko veut avoir guéri à plusieurs reprises et avec une surprenante rapidité une gingivite aiguë, par l'application du pôle positif: Chéron et Moreau-Wolf affirment avoir eu beaucoup de succès dans des orchites hlennorhagiques et traumatiques et contre des hypertrophies chroniques de la prostate, grâce au courant galvanique.
Voilà des exemples en nombre suffisant! On pourrait aisément en augmenter le nombre, mais il y en a déjà assez pour démontrer que, sur plusieurs organes situés à la surface du corps, L'influence du courant électrique a guéri, d'une manière visible et palpable, de gravelésions ànatomiques. Nul doute que des résultats semblables, peut-être en moindre quantité, peuvent s'obtenir dans des parties d'organes et des tissus plus profondément placés; mais nous serions entraînés trop loin, si nous voulions citer toutes les observations de maladies palpables de la moelle épinière et du cerveau, dans lesquelles indubitablement on a obtenu des résultats heureux, au moyen du courant électrique, résultats que l'on ne peut guère expliquer autrement qu'en les appelant « catalytiques ».
En tout cas il est certain que ces résultats existent, quelle que soit notre ignorance sur leur nature, et leur mode d'action. Il faudra faire encore de nombreuses observations, exemptes de préventions et consciencieuses, pour amener à une solution finale, cette question, qui forme peut- être la pierre angulaire de l'électrothérapeutique.
Les actions catalytiques appartiennent, en première ligne, au courant galvanique. Avec cette thèse, concordent aussi a priori, d'après notre connaissance des actions de courants, les expériences pratiques el cela d'une manière suffisante. La plupart des résultats connus jusgu'ici sont dus sous ce rapport, au courant galvanique et c'est en cela que consiste aussi sans doute sa grande supériorité sur le courant faradique, surtout dans le traitement des organes placés profondément. Mais le courant faradique peut aussi revendiquer des succès notables, • 'oui me cela résulte des nombreuses citations que nous venons de l'aire.
Le meilleur moyen d'obtenir les actions catalytiques du courant galvanique, paraît être l'irrigation stable de la partie malade (quand le courant esl suffisamment fort et persistant). Il est probablement utile de faire alterner souvent la direction des deux courants, en d'autres termes, de changer de pôle, parce qu'ainsi les actions vaso-motrices, électrolytiques el eataphoriques du courant sont indubitablement augmentées. La position des électrodes dépend naturellement tout à fait de la situation, de la grandeur, et de la facilité d'atteindre la partie malade ; s'il s'agit d'un petit noyau névrotique, on peut le couvrir en-