ÉLECTR0THÉBAP1E GÉNÉRALE
logiques surles nerfs sensibles et moteurs et savons-nous que et comment on peut faire cesser une névralgie ou une crampe par voie électrothérapeutique? on, pour choisir un exemple encore plus frappant, les expériences électriques faites par les physiologistes sur la moelle épimère nous ont-elles fourni le poinl d'appui même le plus léger, pour la galvanisation thérapeutique de cet organe ? Les succès thérapeutiques obtenus dans le traitement de la moelle épinière sont-ils par hasard moins certains, parce que, dans les circonstances normales, nous ne pouvons pas exercer chez l'homme la moindre action visible, sur la moelle épinière, au moyen du courant? Ou, pour mentionner quelque chose d'analogue sur un autre terrain, l'étude physiologique du bromure de potassium nous a-t-elle fourni des points d'appui pour le traitement de l'épilepsie à l'aide de ce remède? Ou la physiologie nous a-t-elle appris quelque chose des propriétés de l'arsenic, qui nous fassent comprendre les guérisons indubitables qu'il procure dans la chorea minor et dans le tic douloureux ?
Dans des cas semblables, pour la pratique, l'expérience seule peut nous guider avec succès. Les résultats négatifs des études physiologiques ne peuvent donc nullement nous empêcher, en face des faits thérapeutiques positifs, d'employer, ultérieurement, ce qu'on appellela galvanisation du sympathique, comme une méthode thérapeutique et d'apprécier sa valeur. Ils ne nous obligent qu'à plus de circonspection dans l'explication de ces faits et nous font un devoir de ne pas attribuer au sympathique, sans des raisons décisives, des propriétés que peutètreilne possède pas. C'est pourquoi encore je souscris volontiers à la proposition de remplacer la dénomination préjudiciable île f/alvanisation du sympathique, jusqu'à nouvel ordre, par celle de « galvanisation du cou <>, bien qu'en tout cas cette dernière désignation précise moins nettement le lieu d'application des électrodes ; pour la même raison le terme de « galvanisation subaurale » proposée par de Watteville, punirait encore convenir.
La méthode la pius pratique y relative, est certainement celle qu'a indiquée Moi- Meyer ; un pôle (électrode moyenne) est introduite au coin de la mâchoire inférieure d'un côté, tout contre l'os hyoïde, en plein dans la direction postéro-supérieure vers la colonne vertébrale, l'autre pôle quelque peu plus grand (grande électrode) est placé sur le côté opposé de la nuque', tout près des o ou 7 épines vertébrales du cou. D'ordinaire, on met la Ka à la première place voisinage du ganglion cervical supérieur) : pourtant, on peutaussi, en cas de besoin, appliquer là le pôle positif. L'action modérée de forts courants (6-10 cléments Stohrer) suffit habituellement ; le plus souvent on emploie un courant stable, toutefois des courants labiles, des interruptions de courant, même des revirements peuvent être aussi maintes fois
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indiqués. La durée d'application n'a pas besoin, règle générale, d'aller au delà de 1 à 3 minutes. D'ailleurs suivant les circonstances du cas, elle aura lieu des deux côtés ou seulement sur un seul.
Une autre méthode a été employée de préférence par Benedikt ; il place le pôle positif, en forme de bouton, dans la fosse jugulaire, le négatif au ganglion supérieur ; pour des raisons anatomiques et physiques, cette méthode n'est pas aussi pratique que l'autre. Elle nous prive, plus que de raison, de la puissante action exercée sur la moelle cervicale .
Les modes d'application du courant sur les autres portions du sympathique (ganglions les plus inférieurs, du cou, de la poitrine et du ventre), en cas qu'on veuille les utiliser, à l'exemple de R. Remak, pour des besoins thérapeutiques, sont tout indiqués par les rapports anatomiques.
C'est ici le cas de rappeler encore très brièvement certaines actions réflexes des courants électriques, qui se rangent également au nombre des actions catalytiques, en tant qu'il s'agit de resserrement et d'élargissement des vaisseaux ; je veux parler des changements produits dans les vaisseaux du cerveau et de la moelle par une excitation faradique (et autre) de la peau et des troncs nerveux périphériques. Cet ordre de faits a tout récemment de nouveau attiré sur lui l'attention et ils méritent une certaine considération, car si les faits qui sont déjà connus sont ultérieurement confirmés, on pourra les utiliser en thérapeutique. Le resserrement et l'élargissement des vaisseaux de la piemère, on été observés, au cerveau et à la moelle (bien que d'une façon inconstante) par divers observateurs (Gallenfels, Xothnagel, Brown- Séquard, etc.), à la suite d'une excitation des nerfs et des organes périphériques. Nothnagel notamment a trouvé que, par une excitation delà peau, moins certainement par celle des troncs nerveux y afférents, il pourrait se produire un resserrement des vaisseaux du cerveau. Tout récemment Rumpf, à l'occasion d'expériences sur les réflexes vasculaires accompagnant le transfert de la sensibilité, a de nouveau constaté ces faits et trouvé que, par une faradisation énergique et longue delà peau, il se produisait unehypérémie de l'hémisphère du côté opposé, après une anémie préalable ; il propose d'utiliser ces modifications, d'origine périphérique, delà contraction vasculaire des organes centraux pour le traitement de leurs affections. Probablement on peut en réalité ramener à de pareilles actions une partie des résultats de l'électrisation périphérique, lors de maladies des organes centraux (dont nous parlerons dans une partie spéciale). Rumpf lui-même a décrit tout récemment quelques cas dans lesquels la faradisation cutanée périphérique a paru exercer une influence très favorable sur les hypérémies centrales, la névrite optique, le tabès dorsalis, etc. La méthode utilisée Erb, — Électrothérapie. 16
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dans cette circonstance consistait à promener le pinceau faradique sur la poitrine, le dos et les bras, d'une façon vigoureuse et lente, la force du courant étant moyenne et durant pendant 5 ou G minutes. En tout cas ces faits réclament des recherches ultérieures.
Vous déduirez facilement, des considérations que je viens de vous communiquer, la conviction que nos théories sur l'emploi thérapeutique de l'électricité sont encore très défectueuses et très insuffisantes. Les brillantes espérances que nous fondions sur les progrès de nos connaissances, ne se sont pas réalisées. Nous restons en face de quantité d'énigmes, pour la solution desquelles il n'a encore été fait qu'un pas; noire tâche la plus importante continue à être le développement de l'électvotherapie sur une voie empirique.
Nous sommes, avouons-le, consolés par des résultats pratiques, indubitables, superbes et satisfaisants. Chaque jour nous en apporte de pareils et nous apprend à jeter des regards de gratitude sur l'utilisation de ce puissant remède physique, surtout dans la thérapeutique des maladies nerveuses si nombreuses. Finalement, nous pouvons aussi nous consoler par un coup d'œil jeté' sur d'autres branches de la thérapeutique, sur notre ignorance du mode d'action des médicaments les plus vantés. Savons-nous bien de quelle manière la quinine fait disparaître la fièvre intermittente et l'acide salycilique, le rhumatisme articulaire aigu ; savons-nous de quelle manière l'arsenic agit dans les maladies de la peau et l'iodure de potassium sur la syphilis tertiaire? Et cependant nous aurions tort de troubler notre joie des guérisons ainsi obtenues, parles regrets que nous cause l'ignorance de leur manière d'agir. Et c'est ainsi que, dans l'électrothérapie, le nombre et la grandeur des résultats obtenus, doivent nous pousser à rapprocher de plus en plus d'une solution définitive les problèmes dont des recherches ultérieures, actives et réfléchies, nous feront triompher.