‹ Traité d'électrothérapieChapitre 117 sur 290 · ACTIONS CATALYTIQUES : EXEMPLES ; MÉTHODES · texte numérisé non relu

ACTIONS CATALYTIQUES : EXEMPLES ; MÉTHODES

tièrement avec l'une des électrodes, en plaçant l'autre éhctrode sur une partie indifférente du corps. S'il s'agit d'une articulation malade ou d'un foyer dans le cerveau, on dispose les deux électrodes de telle façon que la partie malade se trouve entre les deux et soit irriguée de la façon la plus directe et la plus intense. On peut procéder autrement dans d'autres formes morbides ; mais toujours de façon à ce que la partie malade soit atteinte le plus sûrement possible et par des traînées de courant suffisamment épaisses.

Naturellement, vous vous poserez ici la question suivante: les deux pôles ri ont-ils pas des actions différentes et l'un ne mérite-t-il pas la préférence dans un cas et l'autre pôle dans un autre cas? A priori la chose est assez probable, mais jusqu'ici nous n'avons aucune certitude à cet égard.

On admet ordinairement que partout où il s'agit de manifestations plus fortes d'excitation, de processus plus actifs, d'une accumulation plus abondante de liquide, d'une plus grande richesse de sève dans les tissus, d'affection très douloureuse, l'application du pôle positif sur la partie malade mérite la préférence, tandis qu'il faut appliquer le pôle négatif là où les processus sont plus torpides, plus lents à s'écouler, chroniques, partout où les tissus sont plus riches en sang et en lymphe, partout où on constate des indurations, des scléroses etc. Assurément il n'y a pas de fait péremptoire en faveur de chacune de ses opinions ; malgré cela on peut, toujours commencer ces opérations par le choix d'une de ces méthodes. Gomme des faits de nature diverse parlent en faveur d'une conception opposée ou du moins, comme il s'agit beaucoup moins ici de l'action des pôles que de l'irrigation directe et complète, j'ai ordinairement préféré placer les deux pôles sur la partie malade et changer souvent la direction des courants, ou bien en faisant agir un pôle seulement, j'employais d'abord l'un puis l'autre.

Chvostek, en se fondant sur des conceptions théoriques conclut, qu'il ne faut employer que des courants de courte durée et de force médiocre (total de 3 à 10 minutes, avec alternance des points d'application); il veut que les effets catalytiques proviennent principalement de l'excitation des nerfs vaso-moteurs et trophiques ; cependant il regarde comme plus avantageux de traiter la partie malade directement et non pas simplement les nerfs qui y appartiennent, pour utiliser aussi les actions électrolytiques du courant. Dans beaucoup de cas il parait en outre utile, à côté de traitement de la partie malade, de procéder encore à un traitement stable et labile des parties avoisinantes, vaisseaux, voies lymphatiques, muscles, peau, pour agir ainsi indirectement sur la circulation de la lymphe, la nutrition des parties malades. Des interruptions réitérées du courant et même des revirements peuvent

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être utiles, pour renforcer l'action isolée du courant, pour détendre les muscles tendus, pour activer la nutrition des muscles atrophiés, etc. Tout cela se recommande aussi pour le traitement des articulations malades et ce procédé est souvent d'une utilité évidente.

Pour obtenir tous ces effets catalytiques, le courant faradique est bien moins actif; le moyen de l'appliquer est simplement de diriger aussi droit que possible à travers la partie malade des courants plus ou moins forts et ondulatoires, comme on fait d'ordinaire pour les affections des articulations. Pour faire résoudre des tumeurs glanduleuses, M. Meyer a employé le courant faradique, de telle façon qu'il laissait agir en tout pendant quelques minutes, avec des électrodes humectées, le plus fort de tous les courants, mais en l'interrompant plusieurs fois ; ainsi se produit une division immédiatement sensible des tumeurs et les grosseurs se réduisent aussi peu à peu.

Se basant sur quelques observations faites sur des hommes, R. Remak a encore établi une catalyse indirecte. Elle consisterait en une modification de la circulation et de la nutrition des différents tissus qui serait amenée par la galvanisation des troncs nerveux qui les innervent. Remak prétend avoir vu que de cette manière, en galvanisant des parties nerveuses éloignées du foyer de la maladie, les extravasat ions sanguines se résorbaient plus rapidement, les gonflements d'articulation disparaissaient, les muscles atrophiés augmentaient de volume, etc. Il recommandait même comme remède particulier et sûr, pour calmer les douleurs dans les parties enflammées, les articulations l'action stable du pôle positif sur le tronc nerveux correspondant aussi loin que possible du foyer de la maladie. Il n'y a rien à dire en soi contre la possibilité de pareilles influences et cela d'autant moins que nous pouvons exercer indubitablement en agissant sur les fibres vaso-dilatatrices ou vaso-constrictrices qui parcourent les tronc nerveux, une influence sur la circulation départies éloignées. Cependant il serait à désirer au plus haut point, que ces observations isolées fusseot confirmées et multipliées et qu'ainsi la théorie de la catalyse indirecte pût être placée sur une base plus solide et plus large. Chvostek a publié, sous ce rapport, à ce qu'il me semble, des expériences très importantes : il vit disparaître en très pende temps une infiltration des deux jambes, inerte, chronique, provenant d'un traumatisme, le tout au moyen d'une galvanisation Jabile do<, nerfs péroniers ettibiaux •et il déclare avoir fait disparaître presque complètement un pannusde la cornée avec forte hypérémiede la conjonctive, par une galvanisation longtemps prolongée du sympathique.

Celte question a en effet acquis une importance inopinée et très considérable par une série d'affirmations et d'hypothèses qui se rattachaient, comme méthode thérapeutique, à la galvanisation du sympathique du

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cou. R. Remak lui-même et plus tard Bénédikt, en partie aussi M. Meyer Beard, Rockwell, etc. affirmèrent que ce mode d'application avait de l'influence sur les processus vaso-moteurs et trophiques du cerveau, de la moelle épinière, du visage, de l'œil, des muscles et articulations, même de la peau et de toutes les autres parties possibles du corps et que, par conséquent, on doit en attendre, en fait de pathologie, des avantages extraordinaires dans beaucoup de formes morbides peu accessible à un autre traitement, particulièrement, à un traitement direct. Effectivement, on prétend avoir vu de nombreuses guérisons dues à cette méthode clans certaines hémiplégies cérébrales, dans des névralgies du trijumeau, dans la migraine, dans les paralysies, des crampes de la région faciale, des muscles des yeux, dans les paralysies bulbaires ; de plus dans la névrorétinite et dans l'atrophie des nerfs de la vision, dans la maladie de Basedow, dans l'épilepsie, dans l'atrophie musculaire progressive, dans la paralysie saturnine, dans l'arthrite déformante, dans la sclérodermie et dans différentes autres maladies cutanées (prurigo, eczéma, etc.). Si toutes ces observations étaient exactes et confirmées ultérieurement, nous posséderions assurément dans cette méthode un des processus électrothérapeutiques les plus efficaces.

On ne peut douter de l'exactitude d'une partie des observations mentionnées ci-dessus ; mais il n'est pas dit pour cela qu'il faille attribuer au sympathique du cou tout le mérite des résultats obtenus; car, dans les méthodes usuelles de la galvanisation du sympathique que je vais bientôt mentionner, le sympathique n'est jamais atteint exclusivement par le courant, mais il est certain que de notables traînées de courant, aboutissent au pneumogastrique, à la carotide, aux nerfs de la base du crâne et au cerveau lui-même, au plexus brachial et cervical et particulièrement à la portion cervicale de la moelle épinière et de la moelle allongée avec ses centres nombreux et importants pour les vaisseaux, les pupilles, la respiration, le couir, la nutrition des muscles et des articulations, etc. On peut se demander si précisément ces parties ne sont pas plus importantes que le sympathique du cou.

Je ne veux pas attacher grande importance au fait que les nombreuses recherches physiologiques surle sympathique du cou, chez de> personnes bien portantes, dont j'ai déjà parlé précédemment (page I05i ont été sans résultat, en ce qui concerne l'utilisation thérapeutique de cette méthode. Gela ne prouve rien du tout et c'est une manie tout aussi peu scientifique qu'elle est, malheureusement, fréquente, de vouloir déduire de résultats négatifs, obtenus sur des nerfs sainsi des conclusions définitives pour des états et phénomènes pathologiques. Avons-nous pu obtenir un point d'arrêt sûr, des innombrables expériences physio-

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