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MÉTHODE POLAIRE ET DE DIRECTION

Il semble, d'après cela, qu'il n'existe aucun motif pour faire de la direction des courants la base de notre méthode ; en tout cas, il n'existe pas pour cela de nécessité à base scientifique, tandis que les considérations d'utilité pratique et, dans quelques cas, sans doute aussi certaines conjectures, peuvent nous déterminer à employer une pareille méthode.

Par contre il faut maintenant placer dans la balance des arguments d'un grand poids pour la préférence de la méthode polaire ; arguments d'ordre physiologique et physico technique, mais aussi d'expérience thérapeutique.

En première ligne, les analyses physiologiques nous ont prouvé que tous les effets de courants, exactement connus jusqu'ici et thérapeutiquement utilisables, d'une façon consciente, sont comme je viens de le dire, des actions exclusivement polaires et paraissent se rattacher au voisinage de l'un ou de l'autre pôle, comme aussi, en général, toutes les actions du courant sont, surtout les plus intenses, dans le voisinage immédiat des pôles.

En deuxième ligne, il est bien plus facile techniquement, et bien plus BÛr de mettre des parties quelconques du corps, nerfs, muscles, etc., sous l'action aussi intense que possible d'un pôle ou de l'autre, que d'établir dans ces parties du corps une direction de courant déterminée et agissant avec une intensité uniforme. On peut presque toujours atteindre ce but avec facilité et certitude, à l'aide de connaissances anatomiques positives et de considérations physiques exactes, en choisissant convenablement l'électrode, différente et l'électrode indifférente. Il est vrai qu'ici on ne peut éviter une grave objection ; l'action exclusive d'un pùle sur une partie déterminée du corps comme nous l'avons vu antérieurement, n'est pas possible ; inévitablement, l'action de l'autre pôle doit se manifester en même temps. Mais si vous vous rappelez plus exactement comment se partagent les traînées de courant, le peu de densité et par conséquent d'énergie de ces traînées dans la plupart des cas, il ne vous sera pas difficile de croire que l'action du pôle différent doit être extraordinairement prépondérante, a tel point que l'action secondaire du pôle peut-être négligée dans la plupart des cas. Encore peut-on la diminuer par un certain procédé et l'on peut laisser agir l'action polaire primaire du pôle, d'une façon plus énergique sur toutes les sections de nerfs qu'il s'agit d'influencer.

Ce sont donc absolument les mêmes motifs, qui nous ont déterminés, dans le temps, à choisir la méthode polaire pour des explorations électriques destinées à établir un diagnostic sur l'homme vivant, et qui nous forcent maintenant d'en faire dans la plupart des cas, la base de la pratique thérapeutique.

Ajoutez à cela qu'en troisième ligne il existe déjà un certain nombre

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d'expériences thérapeutiques qui prouvent l exactitude et l'efficacité de ta méthode polaire. Les faits les plus frappants sont, en tout cas, ceux que l'on a notés à propos du bourdonnement nerveux d'oreilles, de l'hyperesthésie de l'acoustique, etc. (Brenner, Hagen, Erb, etc.). Ici ordinairement, le pôle indiqué, d'après la formule de réaction galvanique, est extrêmement efficace pour faire cesser les bourdonnements et diminuer l hyperesthésie, tandis que le pôle contraire est inerte ou même nuisible. Holst a imaginé, d'après les principes de la méthode polaire, un traitement galvanique de la migraine et il en a obtenu des résultats favorables, conformément à ses prévisions. 0. Berger attribue à l'emploi d'une méthode strictement polaire (action stable du pôle positif) des succès véritablement brillants dans le traitement de la névralgie faciale. Althaus a employé le même procédé dans le traitement des maux de dents. Dans d'autres névralgies aussi, la méthode polaire s'est montrée efficace et l'on pourrait bien ranger dans la catégorie qui nous occupe les courants « circulaires » employés par Bemak. Le traitement des points de compression douloureux, qui a, depuis quelque temps, recouvré son ancienne vogue, s'effectue en général strictement d'après la méthode polaire.

On a donc recueilli, de différents côtés, d'importants matériaux ; il en résulte un renfort de preuves en faveur de la préférence de l'emploi de la méthode polaire en thérapeutique.

Mais ce qui est décisif dans cette question ne peut être que ce qui, dans l'état actuel de nos connaissances, doit constituer notre premier but, dans toute espèce de traitement électrique, et c'est : de soumettre la partie malade, arec le plus de certitude et d'intensité possible, en évitant toutes les actions secondaires et nuisibles, à C action d'un courant électrique d'une densité suffisante. Arriver à ce résultat, au moyen d'un diagnos'lc solide et plus encore en l'appuyant sur des conceptions nettes et précises, de physique, est assurément la première et la plus importante condition imposée à notre méthode ; c'est en cela que consiste, à mon avis, le mérite principal du thérapeutisle.

Gomme malheureusement, dans la plupart des cas, nous ne savons pas encore comment agit le courant électrique, nous devons, au moins, prendre nos mesures pour qu'il agisse, en d'autres termes, pour qu'il agisse réellement.

Il est évident qu'à cet effet, en tant qu'il s'agit d'agir directement sur les petites parties distinctes de l'organisme, il faut employer de préférence la méthode polaire, parce qu'elle est la plus pratique, celle qui garantit le succès avec le plus de certitude. Pour des parties du corps plus grandes, pour de vastes troncs nerveux, pour la moelle épinière, etc., on peut déplacer à différentes reprises, le pôle différent (mais cela n'a rien de commun avec ce qu'on appelle le trai-

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