MÉTHODE DE TRAITEMENT
commotion ; pratiquez la faradisation locale de tous les nerfs et muscles que vous pouvez atteindre sur votre propre corps ; étudiez toutes les sensations que produisent sur différentes parties de votre corps, les différentes forces de courant (déterminées par le nombre des éléments et la déviation de l'aiguille) voyez comment les sens, la peau, le cerveau, etc., réagissent contre le courant. C'est ainsi seulement que vous gagnerez le malade et qu'en face de ses indications souvent tout à fait exagérées ou erronées vous conquerrez la certitude et l'autorité nécessaires. Vous apprendrez alors tout particulièrement de quelle manière on doit s'y prendre pour obtenir les résultats désirés, avec les excitations les plus faibles !
Une règle dont, il ne faut jamais se départir est celle-ci : ne pas commence?* avec des courants trop mtenses! Le meilleur procédé, en pareil cas, est d'éprouver la force du courant, d'abord sur soi-même, sur le visage ou sur la main. Songez à la facilité avec laquelle on oublie de régler l'intensité du courant, quand on a à traiter des patients qui se succèdent rapidement les uns aux autres. Il peut se faire que les vingt éléments que l'on vient d'employer pour une sciatique restent encore intercalés, au moment où l'on doit galvaniser les yeux d'un malade. Contre ces petits oublis dangereux, le meilleur moyen est de faire l'épreuve sur sa propre joue ! Partez toujours de courants faibles, dans un cas distinct ; quand vous inondez tout d'abord un malade avec un courant très fort, avant de connaître son degré de résistance au courant, l'effet peut être très fâcheux et vous enlever toute la confiance du patient ; le résultat d'ailleurs peut être très nuisible. — Le meilleur procédé employé pour contrôler sans cesse l'intensité du courant employé est incontestablement d'avoir un galvanomètre dans le cercle du courant ; cela vous donne au moins une mesure suffisante pour votre jugement. Aussi me suis-je fait, depuis une longue série d'années, une règle d'agir toujours à l'aide d'un galvanomètre intercalé ; je me trouverais fort embarrassé sans cet instrument ; voilà pourquoi je vous recommande instamment de suivre mon exemple. Si vous n'avez pas de galvanomètre sous la main, vous pourrez avoir une appréciation approximative de l'intensité du courant, en étudiant l'intensité de la chaleur qui se manifeste sur votre peau ou bien en observant les commotions nettes mais pas trop fortes produites par la fermeture du pôle néga if ; mais ici encore il faut avoir fait quelque expérience, pour pouvoir porter un jugement.
Il est particulièrement important de n'employer pour la tête que des
courants toujours faibles (à moins que l'on n'ait des raisons décisives
pour l'emploi de courants plus forts, comme c'est bien souvent le cas,
dans le traitement de certaines maladies d'oreilles). Ainsi commencer
Ere. — Électrolhérapie. 13
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en tout cas avec des courants tout à fait faibles parce que rien n'effraie plus les malades que d'avoir à supporter subitement et sans préparation des phénomènes d'excitation d'une certaine force, du côté du siège de l'intelligence ou du cerveau (éclairs de lumière, vertiges). En toute circonstance, évitez autant que possible, quand vous opérez sur la tète, d'interrompre subitement le courant ou de lui faire éprouver des revirements, quand ce n'est pas absolument nécessaire ! Le mieux est, surtout quand on a affaire à des personnes délicates, à des gens qui ont des vaisseaux athéromateux, et ont eu déjà une ou plusieurs attaques d'apoplexie, de faire entrer et sortir doucement le courant électrique avec l'aide du rhéostat ou du moins en plaçant ou enlevant les électrodes, avec une grande circonspection (il faut les déplacer de haut en bas, lentement, jusqu'à la base du cuir chevelu). Vous épargnerez par là aux malades maintes surprises et à vousmêmes maints désagréments.
En employant le courant galvanique, vous pourrez d'après nos explications antérieures, adopter pour règle de choisir toujours les //lus grandes électrodes possibles, surtout quand vous voulez agir sur des parties profondément placées. Au commencement de mes études èlectrothérapeutiques, j'utilisais exclusivement les électrodes rondes, petites et ayant la forme de boutons, que l'on adjoignait aux appareils d'alors. Je me convainquis rapidement, comme Remak l'a déclaré à plusieurs reprises, qu'il vaut mieux employer les grandes électrodes, c'est ainsi que j'arrivai aux électrodes moyennes et aux -landes (troisième leçon, p. 37) ce sont celles que j'utilise maintenant presque exclusivement, bien que les formes « tout à fait grandes » trouvent souvent leur emploi. Que l'on choisisse donc, à moins que des motifs particuliers n'exigent l'emploi de petites électrodes, des électrodes aussi grandes que le permettent la forme anatomique des parties et la possibilité d'adapter. Pendant qu'on les emploie, les électrodes doivent être fréquemment humectées, sans quoi l'intensité du courant décroît rapidement ; c'est surtout avec de l'eau chaude qu'il faut les mouiller.
Faites-vous de plus un devoir de manier /es électrodes avec vigueur et dextérité. Posez-les surtout avec calme et adresse, quand vous opérez avec des courants intenses ! Il n'y a rien de plus désagréable pour le patient que de recevoir des coups électriques inattendus et répétés, produits par une pose incertaine et maladroite des électrodes (comme il arrive trop souvent aux débutants .
Un autre précepte, qui va de soi, est d'éviter, autant que possible, toute excitation inutile. Ainsi, quand ce ne sera pas nécessaire, pas d'interruptions, pas de changements du courant, pas de fermetures réitérées! Vous devrez vous conformer à cette règle surtout dans le