CHOIX DES ELECTRODES. DURÉE DES APPLICATIONS
traitement du système nerveux central, dans la recherche d'actions catalytiques déterminées, quand il faudra traiter des névralgies, etc. Cette règle est violée fréquemment, au grand détriment des malades. Il y a des médecins qui croient n'avoir pas assez fait si, dans chaque séance, ils n'ont pas produit au moins deux fortes commotions, par des interruptions ou même des changements de courant et qui ont ainsi procuré aux malades et à eux-mêmes une preuve évidente de l'action énergique de ce remède. Assurément c'est là agir de travers dans bien des cas et « la marche anodyne » du courant électrique est bien préférable.
Nous touchons ici à une question d'une certaine importance et qui n'est pas encore complètement résolue, celle de la durée de chaque application et des séances? Jadis, et particulièrement sous l'influence de la faradisation localisée de Duchenne, qui faisait perdre beaucoup de temps, on faisait de longues séances, d'un quart d'heure, d'une demi-heure, d'une heure et plus encore. Moi-même n'étant encore que jeune assistant, j'ai dû faradiser tous les jours, pendant deux heures, une personne atteinte d'une atrophie musculaire étendue, progressive. Assurément, c'était le meilleur moyen de m'exercer à la faradisation locale. Depuis l'introduction du courant galvanique, les séances sont devenues peu à peu bien plus courtes ; mais évidemment ce n'est pas parce que le temps a manqué aux différents thérapeutisles par suite de l'augmentation de leurs malades. Non, mais on a évidemment compris, de tous cùtés, que de longues applications étaient superflues, dans presque tous les cas, même nuisibles daas quelques-uns, et qu'ils peuvent avoir parfois des conséquences pernicieuses. Aujourd'hui les thérapeutistes sont assez généralement d'accord sur ce point, qu'avec de courtes séances on peut arriver aussi loin et même plus loin qu'avec de longues séances. A cela, il y a naturellement de nombreuses exceptions: quand il s'agit du traitement local de rhumatismes articulaires chroniques, de l'obtention d'effets catalytiques énergiques, d'une électrisation générale, etc., oh sera obligé de prolonger longtemps la durée de chaque application. Toutefois, en général, adoptez l'excellente devise de Beard et Rockwell « il vaut mieux beaucoup trop peu qu'un peu trop ».
Pour la plupart des cas ordinaires, le mieux sera de faire durer, chaque application en particulier (c'est-à-dire l'application sur une partie déterminée) d'une demi-minute à 2 jusqu'à 8 minutes au plus; quant à une séance entière qui se compose de plusieurs applications distinctes, elle doit durer, selon le nombre des applications, de 2,5, 10 à 15 minutes au plus. Cela devra généralement vous suffire.
On ne peut établir de règle fixe relativement à la fréquence de ces séances. En général, on n'en tient qu'une par jour. On sera très rare-
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ment forcé d'en faire deux ou (rois par jour ; on peut cependant faire une exception, quand, par exemple, il s'agit de graves névralgies. Par contre, deux, trois ou quatre séances par semaines pourront vous suffire fréquemment, dans des cas qui restent longtemps en traitement, parce que le mal est chronique et que la guérison traîne en longueur. Ce sont là des questions individuelles, qui se règlent à l'amiable. On conçoit qu'il est encore plus difficile de fixer d'avance la durée totale d'un traitement. Il serait plus simple de dire : le traitement finira au jour de la guérison définitive, au bout de trois jours, trois mois, trois années ou plus encore.
Mais dans tous les cas chroniques, et particulièrement dans les formes incurables et si nombreuses, mais qui peuvent être soulagées momentanément, on pourra se demander si le traitement devra être continué ou non d'une manière uniforme. On ne peut cependant pas traiter éternellement de pareils malades (bien que plus d'un électrothérapeuliste fasse preuve à cet égard d'une constance inexprimable). Le plus souvent, il n'est pas possible de continuer le traitement à outrance, pour des motifs extra-médicaux, parce qu'on en est empêché par ses occupations et parce que la dépense devient excessive pour le patient. Dans de pareils cas posez-vous la règle suivante : poursuivre le traitement électrique tant (/non peut en espérer ou en attendre des résultats favorables. Si cela n'es! plus possible, interrompez la cure en vous réservant de la recommencer au bout de quelque temps. Vous verrez assez souvent qu'après de pareils intervalles, se manifeste une action plus prompte et plus énergique. (Les cas où l'on continue à traiter le malade pour le soulager ou pour acquiescer au désir qu'il en exprime, se dérobent naturellement à toute règle.)
On pourrait dune dire en général que, pour ces cas chroniques, vous traiterez le malade pendant deux, quatre ou six mois, puis vous interromprez Je traitement pendant un temps égal, qui pourra être rempli utilement par d'autres remèdes (bains d'eau, bains d'air, massage, etc.). Vous pouvez aussi faire tous les ans, deux ou trois fois, une série de 40, 50, 60 séances quotidiennes et vous pourrez de la sorte traiter avec avantage, pendant une série d'années, les nombreux cas de paralysie spinale infantile1, de tabès, de myélite chronique, de parai \ hc spinale spasniodique, d'hémiplégie, d'hystérie, névrosthénie, etc., invétérés. Naturellement toutes ces questions sont dominées par des circonstances extérieures, par La situation des malades, etc., plus encore que par le traitement el par le cours de la maladie.
Il faut enfin que je touche encore à un point, 1res simple en théorie, mai- agsez difficile en pratique et dont on nous demande très souvent la solution, Voici la question: qui doit exécuter le traitement électrique? qui aura assez de temps et de patience pour procéder à