‹ Traité d'électrothérapieChapitre 143 sur 290 · BASES PHYSIOLOGIQUES · texte numérisé non relu

BASES PHYSIOLOGIQUES

renfermait en lui des dangers particuliers. Depuis longtemps le contraire a été prouvé par des expériences faites sur des personnes saines et sur des malades et surtout par de nombreuses explorations et parle traitement de l'appareil auditif, à l'aide de courants galvaniques souvent très forts. L'application des courants électriques sur la tête est très bien supportée par toutes les personnes bien portantes ; mais pour un cerveau malade, il faut naturellement agir avec une certaine circonspection; quant aux histoires effrayantes d'e sérieuses perturbations du cerveau, d'apoplexies, d'amauroses, etc., par suite de la faradisation ou de la galvanisation de la tête, elles n'ont été aucunement confirmées d'une façon authentique. On pouvait donc risquer, avec quelque assurance, l'essai du traitement électrique sur les maladies du cerveau ; mais, avant toutes choses, on dut se demanderai et jusqu'à quel point, à propos de maladies du cerveau, on pouvait tenter l'emploi du courant électrique et en attendre une guérison plus ou moins certaine.

Une observation plus approfondie prouve qu'en réalité il existe différents points d'appui qui, dans une série de cas permettent d'espérer une influence favorable de l'électricité sur le cerveau malade. Assurément le simple fait que les courants électriques agissent généralement sur le cerveau, qu'ils provoquent du vertige, de l'étourdissement, du malaise, qu'ils influent favorablement sur le sommeil n'est qu'un motif peu déterminant en faveur de l'emploi thérapeutique des courants électriques ; mais celte base est souvent la première et la seule qui, pour beaucoup de remèdes de notre arsenal pharmaceutique, motive leur emploi dans différentes maladies organiques ! On pouvait toutefois en conclure que des actions excitantes et modifiantes sur la substance cérébrale sont possibles ; que peut-être il s'opère des changements dans les conditions moléculaires et nutritives les plus délicates, et ainsi s'ouvrait la perspective d'obtenir une influence favorable, sur des troubles fonctionnels du cerveau, sur des états de lassitude et d'épuisement et peut-être aussi sur des excitations morbides de ce cerveau, dans l'insomnie, dans les dérangements psychiques, etc.

Des arguments plus importants sont fournis par les données que nous possédons sur l'influence électropkysio logique éprouvée par les vais, seaux cérébraux ; en première ligne, leur modification directe •rétrécissement et élargissement), comme Luwenfeld le prouva expérimentalement. Ainsi j'ouvre au moins une possibilité plus nette d'accélérer nu de ralentir la circulation dans le crâne et le cerveau, d'agir comme modifiant sur les conditions de nutrition, peut-être d'effacer des phénomènes pathologiques tels qu'anémies, hypérémies tant primaires que secondaires avec leurs conséquences. D'après les expériences de Lowenfeld, ce serait possible parla voie directe; mais moins certaines son! les bases physiologiques pour l'action vaso-motrice indirecte sur le

cerveau, en agissant sur le sympathique du cou et la moelle cervicale, action dont nous avons déjà parlé (7e leçon p. 105 et suivantes).

Il y a de même peu de faits à l'appui d'une action indirecte, encore plus éloignée, sur la circulation du cerveau, exercée par desréflexes partant de la peau: toutefois les expériences récentes de Rumpf et les expériences thérapeutiques publiées par lui, laissent entrevoir la possibilité d'obtenir, dans cette direction aussi, des résultats favorables et cela par l'application faradique du pinceau sur la peau ivoir plus haut p. 240). C'est par des faits de ce genre que s'expliquent peut-être maintes guérisons d'affections cérébrales par le traitement électrique périphérique.

Encore moins claires sont les actions probablement moléculaires et dynamiques qui se produisent sur différentes fonctions du cerveau, sans doute aussi par par l'excitation de nerfs sensibles, mais peut-être sans l'intervention de la circulation. Je ne veux pas citer ici les expériences métalloscopiques, qui sont, certes, assez remarquables, mais seulement rappeler les résultats des expériences de Vulpian qui, par une faradisation locale, entièrement circonscrite, de différents points de la peau, sur l'avant-bras, vit disparaître des hémianesthésies cérébrales, provoquées sans doute en partie par des modifications anatomiques du cerveau.

Mais des espérances de bien plus longue portée sont éveillées par les actions cata/y tiques, des courants électriques, constatées seulement avec certitude sur d'autres parties du corps, et sur lesquelles je me ~uis déjà étendu (13e leçon, p. 235 et suivantes). La possibilité d'une action directe sur le cerveau et sur ses parties, étant admise, on est bien autorisé à admettreque ces actions ne feront pas défaut dans le cerveau, même en cas de certaines maladies et l'on entrevoit alors, d'une manière très probable, que les courants électriques produiront la résorption des extravasations sanguines, qu'ils faciliteront les conditions de circulation, le cours de la sève, qu'ils feront disparaître les œdèmes et les fluxions collatérale-;, qu'ils amélioreront la nutrition des parties et qu'ils élimineront ou du moins diminueront les états chronico-inflammatoires, sclérotiques, dégénératif's et autres semblables, et ainsi s'ouvre toute une série de possibilités thérapeutiques.

Vu les progrès remarquables, faits par la névropathologie moderne dans le diagnostic local des maladies cérébrales et vu la possibilité physique indubitable de diriger le courant électrique et spécialement le courant galvanique en droite ligne, et avec une assez grande densité sur n'importe quelle partie du cerveau ou à peu près, on a des raisons suffisante- puni- justifier des expériences thérapeutiques dans les maladies cérébrales.

Si maintenant nous regardons autour de non.-, pour apprendre quel

BASES PHYSIOLOGIQUES, BXl'ÉKIME NTALES ET THÉORIQUES -8'J

résultat ont eu ces expériences thérapeutiques faitesjusqu'ici eu grand nombre, quel bien elles ont fait aux malades, nous rencontrons l'accord presque unanime des savants sur ce point : dans beaucoup de maladies cérébrales, disent-ils. l'application des courants électriques et particulièrement galvaniques, à la tête ou même à des régions plus éloignées a eu, sans aucun doute, des résultats favorables, instanlanément ou plus tard. La stricte démonstration de celte théorie, qui est plus ou moins l'expression de la conviction personnelle des divers savants, puisée dans un grand nombre d'expériences, ne repose pas sur un grand nombre de faits dûment constatés; cependant on trouvera un assez grand nombre de cas que le thérapeutiste regardera comme suffisant pour expliquer les actions curatives de l'électricité. Citons-en rapidement quelques-uns, choisis parmi un grand nombre.

1° Observation de Neftel. Néoresthênie cérébrale, médecin à forte clientèle, âgé de 4'2 ans, tombé malade à la suite de travaux des plus accablants. Il souffre d'un manque d'énergie corporelle et intellectuelle. Son activité est fort diminuée; insomnie continucllr, tète embarrassée; accès de mélancolie.

Dégoût et incapacité de travailler el de lire ; épuisement facile ; faiblesse générale ; sensation de pesanteur aux reins. L'examen ne donna qu'un résultat négatif; un peu d'albumine dans l'urine; pas de produits morphologiques. Traitement galvanique : pôle négatif sur la nuque, pôle positif stable et lentement labile sur les paupières, le front, les tempes et la fosse auriculoniaxillaire des- deux eûtes. Même procédé en changeant les électrodes de place ; finalement galvanisation du sympathique du cou. Des la fin de la}première séance, soulagement, moins d'insomnies; amélioration progressive, guérison finale, plus d'albumine.

2° Observation personnelle. Névrose d'émotion. Hémiparésie du côté droit. Négociant âgé de 46 ans, a eu, il y a dix semaines, une forte émotion (par suite d'une injure qui lui fut faite) : immédiatement après, pesanteur à l'estomac, malaise, perte d'appétit, plus tard vertiges, marche chancelante, ensuite peu à peu, faiblesse croissante, tremblement de la main droite, à tel point qu'il ne pouvait plus écrire ; lassitude générale, marasme, tendance à pleurer, dépression morale, sommeil inquiet, souvent presque nul. La mémoire a souffert; quand il parle, il arrive souvent que ses idées lui échappent. Voici les résultats de l'examen : faible parésie du facial droit. — Lan- -iii', palais, mastication, déglutition normaux. 11 en est de même des mouvements des yeux et des pupilles. Le bras droit est notablement plus faible que le bras gauche; quand le malade étend la main, il tremble vivement; mouvements de la main un peu maladroits et faibles ; pression de la main droite beaucoup plus faible que celle de la main gauche (Dynamomètre dr. 26» — g. ;;i°). La sensibilité de l'extrémité droite supérieure est normale. Ses réflexes tendineux un peu exagérés. — Motilité et sensibilité de l'extrémité inférieure droite, normales ; les réflexes tendineux et celui de la plante, à celte extrémité, sont un peu exagérés. Traitement galvanique: six éléments pour la région comprise entre la nuque et le front; Huit élé-

Erb. — Électrothérapie, 19

ments. le sympathique du cou ; dix-huit éléments pôle négatif lahile, à travers les nerfs et les muscles du bras droit, quotidiennement.

26 juin 1879. Avant la première séance : Dynam. à dr. 26° à g. ;>1° id. Après id : » dr. 39° — g. 44°

Amélioration, sommeil meilleur ultérieurement. 29 juin : État variable : en somme amélioration.

Avant le traitement galv. : Dynam. à dr. 32° — g. 43° Après id. : » à dr. 42° — g. 41°

;> juillet. Douleurs de tète, vertige, sommeil meilleur.

Avant le traitement galv.: Dynam. à dr. 40° à g. 41° Après id. : » à dr. 40° à g. 43°

12 juillet. Le patient ressent une amélioration, spécialement pour la tète et le langage; il dort bien mieux en général. 11 se plaint encore de douleurs dans le bras, lequel est réellement plus fort, mais n'est pas encore toul à l'ait remis ; la légère différence persiste encore pour le visage. 11 est forcé de partir.

3° Observation personnelle. — Insomnie ; dépression psychique. — Veuve, de il ans ; depuis environ deux mois, à la suite d'affections morales, état de grande dépression d'esprit, sentiment d'angoisse précordiale très manifeste et perte de sommeil presque absolue (avec idées noires, inquiétudes dans les membres, etc.). — Un peu d'anémie. — Appétit et digestion bons.

Le chloral et la morphine ne sont pas supportés. — Ordon. : Soir, thé de valériane et traitement électrique.

Le 21 janv. Faradisation de la tête, à l'aide de la main.

22 janv.: Aucune amélioration encore ; forte angoisse; faradisation de Ja tète, et en outre depuis la nuque jusqu'à l'épigastre.

23 janv. : Sommeil d'une demi-heure ; angoisse bien moindre.

24 janv. : Insomnie par suite de douleurs abdominales et de diarrhées.

25 janv. : Sommeil de deux heures; coliques ont disparu.

26 janv. : Insomnie (était l'après-midi en compagnie).

27 janv. : Insomnie; angoisse disparue; mu traitement galvanique est main tenant établi ; quatre éléments depuis le front (-(-) jusqu'à la nuque, stable, 1 1/2 min.; six éléments, depuis la nuque jusqu'à l'épigastre, stable 1 1/2 min.

28 janv. : Sommeil de deux heures. Angoisse dissipée pour longtemps.

29 janv. ; Sommeil de 2 heures 1/2.

30 et 31 janv. : Pas dormi (Menstrues en imminence, approchantes), mais état moral très bon.

1er févr.: Sommeil de 3 heures.

2 févr. :. Sommeil de plus de ;; heures ; bien-être. Début des menstrues. Avec elles deux nuits presque sans sommeil ; migraine ; légère angoisse, point de traitement galvanique.

ii févr. : Nuit passée tout entière ci dormir, 7-8 heures. Depuis des mois, nulle nuit n'avait été aussi bonne, traitement galvanique.

6 févr.: ;>-6 heures de sommeil. Angoisse totalement passée.

7 févr. : 7 1/2 heures de sommeil sans interruption. Pas de maux de tète, pas d'angoisse ; se sent tout à fait bien. Elle part aujourd'hui en voyage ; une

communication ultérieure nous apprend que l'amélioration s'est maintenue; chaque nuit de 4 à ;J heures de sommeil.

4° Observation de Rumpf. — Hypérémie du cerveau (névrosthénie cérébrale). — Négociant, 47 ans, pas très nerveux s'êtant toujours bien porté. Par suite d'une grande tension d'esprit et d'excitation morale, d'abord sentiment désagréable de pression à la tête, puis le visage rougit facilement et sentiment de congestion à la tête. Pesanteur et lourdeur croissante de la tête ; de temps à autre, violente douleur de tête; sensation pénible de vertige, surtout en levant et en baissant la tête ; bourdonnements d'oreilles, diminution de l'activité, émotions même pour des causes futiles, sommeil très mauvais. — Fonctions spinales tout à fait normales. Objectivement tout est normal. Bromure de potassium sans succès. Traitement: Vigoureuses frictions faites avec le pinceau faradique sur le dos, la poitrine et les extrémités supérieures. Après cela besoin de dormir, tête plus dégagée. Après un deuxième traitement semblable, disparition de tous les phénomènes fâcheux.

o° Observation personnelle — Hémiplégie lat. droite (ex hœmorrhagia cérébrale) 25 ans, Ébéniste. Le 10 février 1872 (dans un bal) début subit de l'hémiplégie, sans perte de connaissance et sans aphasie, mais avec langage indistinct (anarthrie). Paralysie latérale droite complète, même pour le visage; fourmillements mais conservation de la sensibilité.

Amélioration lente et graduelle jusqu'à l'état normal. Auparavant tout à fait bien portant. État au 8 avril 1872 : Hémiplégie latérale droite.

Parésie des branches faciales inférieures. Langue obliquant un peu vers la droite. Luette rectiligne. Voile du palais normal. Avant-bras très peu mobile ; main et doigts pas mobiles du tout. Une certaine mobilité à l'articulation de l'épaule. Légère contracture des fléchisseurs au bras. Extrémités inférieure et supérieure parétiques et raides, mais le patient peut marcher. Sensibilité normale, léger sentiment d'engourdissement au bout des doigts. Pupilles et mouvements des yeux normaux. Pas d'aphasie. Cœur tout à fait normal.

Traitement galvanique. Longitudinalement à travers la moitié gauche du crâne, stable et transversal, à partir de la tempe gauche jusqu'au plexus bras chial droit; ensuite encore le pôle négatif labile au travers des nerfs du bras droit. Le jour suivant, le patient accuse une amélioration notable. Une observation plus exacte donne (le 9 avril), avant le traitement galvanique, une immobilité absolue des doigts ; la main ne peut être approchée que jusqu'à un pouce f du nez et des cheveux des tempes. Après le traitement (seulement sur la tête !), le patient porte aisément la main jusqu'au nez et jusqu'aux cheveux du front ; il peut un peu fléchir les doigts ; les mouvements de l'avant-bras s'effectuent un peu plus aisément. — 11 avril : le patient remarque, après chaque séance, une amélioration notable, même à la jambe qui jusque alors n'avait été ni examinée ni traitée ! — lo avril, amélioration croissante ; les mouvements du bras sont plus libres ; la flexion des doigts est possible, mais très faiblement. Le patient se louche aisément la tête et le nez ; la jambe notamment (qui n'a jamais été traitée) se meut, après chaque séance, plus facilement, et est plus vigoureuse. — 1 août 1872 : le malade, sort très amélioré. Sa marche est presque entièrement libre et légère. La

motilité du bras est bien meilleure ; elle est déjà 1res bonne même dans les extenseurs ; plus de contractures; il lui esl eucore impossible d'écrire à cause des difficultés de la pronation. La tête est libre. A partir de la lin de septembre, le patient peut de nouveau reprendre son métier.

6° Observation de Brcnner. Hémiplégie cérébrale. Amélioration notable et subite de la paralysie. 38 ans, négociant, est atteint de syphilis en 1863. Récidives fréquentes. Traitement irrégulier. Environ un an et demi après, le patient se réveille le matin avec hémiplégie complète du côté droit, déviation de la face et trouble de la parole. Quatre semaines après, paralysie complète des extrémités supérieure et inférieure de droite, avec une très faible contracture de flexion, parésie des brandies inférieures du facial, sans anesthésie cutanée. — Après environ | minute d'excitation faradique des muscles du haut du bras, le patient put subitement lever de nouveau le bras, détacher le bras du tronc et courber l'avant-bras : le résultat obtenu à la jambe fut encore plus remarquable. Quelques contractions ayant été opérées en prenant pour point de départ le nerf crural et le nerfpéronier, le malade se ieva et marcha, en traînant la jambe, mais sans appui, par la chambre. La continuation du traitement diminua la paralysie, mais pas beaucoup et iJ resta une bémiparésie durable avec contracture.

7° Observation personnelle. Hémiplégie latérale droite. Amélioration subite. — Fonctionnaire âgé de 53 ans, subitement paralysé, il y a 3 ans, sans attaque. D'abord paralysie complète. Maintenant le faciès est bien, la jambe est encore faible, avec de fortes contractures de Uexion. L'excitabilité électrique est normale. Immédiatement après la faradisation des nerfs et des muscles du bras, le patient peut remuer un peu mieux les doigts ; il en est de même après le passage d'un courant galvanique transversalement ou le long de la tète. Après cette première séance (explorative) s'était manifestée une notable amélioration. Le patient se trouvait plus agile et plus vigoureux.

11 pouvait se lever plus aisément de sa chaise et marcher sans canne ; mais le bras n'allait pas mieux ; d'ailleurs un traitement électrique prolongé ne put ajouter grand'chose à cette amélioration qui n'avait été que momentanée.

8° Observation de Hef tel. Hémiplégie latérale droite. Aphasie (par embolie ?) Homme de 38 ans. Le 23 février 1877, violente attaque d'apoplexie, suivie d'une hémiplégie du côté droit et d'une aphasie. Prompte amélioration, suivie d'une parésie del'extrémité inférieure et plus encore del'extrémité supérieure. Trouble de la vue et de l'ouïe au côté droit, mal de tète, accès de mélancolie, faiblesse générale, insomnies, bruit systolique, à la pointe du cœur. Parésie du muscle droit interne de l'œil, du côté droit. Défectuosité dans le champ visuel, de l'œil droit, sous forme d'une hémianopie nasale. — Traitement galvanique (à partir du 19 mars 1877): 1° pôle négatif sur la nuque. Pôle positif stable et lentement labile sur les paupières, le front, la tempe et la fos-e auriculo-maxillaire des deux côtés. De quatre à sept éléments de Siem. ; '2° même procédé avec placemeni des électrodes en sens inverse; 3° galvanisation du sympathique du cou (pôle négatif sur le ganglion). Amélioration immédiate : tète plis libre, sommeil moins souvent interrompu ; l'insuffisance du droit interne disparait, de même que la défec-

tuosité du champ visuel. La parésie des extrémités droites s'améliore aussi ; (elles ne furent traitées que deux fois, plus particulièrement dans un but de diagnostic). — Interruption de la cure, le 29 mars -après onze séances). — Quelques semaines après, recrudescence du mal, surtout maux de tète, vertiges, insomnies, douleurs au bras droit. -J9 mai, reprise du traitement (même procédé), maintenant encore amélioration notable, après huit séances seulement.

9° Observation de Mot Meyer. Hémiplégie, probablement à la suite d'une hémorragie. 26 ans, négociant, maladif, battements de cœur, hypertrophie du ventricule gauche, sans altérations des orifices ; vertiges, syncope quelque temps après, crampes, hémiplégie complète sensorielle et motrice du côté gauche, paralysie de la vessie. Amélioration très lente. Deux ans plus tard : le bras gauche peut à peine se soulever de manière à former un an»le de 70 degrés; il est maigre, froid, en partie anesthésié ; faible contracture, flexion, spasmes notables et pesanteur de la tète ; la vessie se remet de nouveau assez bien. Traitement: au début, simple galvanisation du sympathique du cou (pôle positif sur le ganglion supérieur gauche). Résultat très satisfaisant ; après douze séances, le bras peut se soulever et s'étendre ; sa sensibilité s'est améliorée; le malade traîne moins la jambe. Ajoutez-y encore des courants descendants des nerfs et des muscles. Après les quinze séances suivantes, les mouvements de la main et des doigts sont bien moins gênés ; température du bras est à peu près normale ; la sensibilité n'est pas encore complètement rétablie.

10° Observation de Vulpian. Monoplégie du bras droit avec complète anesthésié (probablement à la suite d'une hémorragie), 18 ans, ouvrier; attaque d'apoplexie. Perte de connaissance; à son réveil, on trouve l'extrémité supérieure droite complètement paralysée. A part une aphasie de très courte durée, la paralysie est limitée exclusivement sur le bras droit ; outre la paralysie complète du bras il existait encore une anesthésié complète. Différents traitements (nitrate d'argent, chlorure d'or, de sodium ; faradisation et galvanisation du bras paralysé), ce traitement n'amena qu'une amélioration très légère de la motilité et de la sensibilité. Au bout de cinq mois, le patient est soumis à la faradisation cutanée (le pinceau faradique est promené avec force sur une région très circonscrite de l'avant-bras droit). Amélioration rapide, dans la sensibilité comme dans la motilité. La sensibilité s'améliore de jour en jour de haut en bas, la motilité, au point que, vingt jours après, le dynamomètre indique à droite 8 degrés ; à gauche, o7. L'un des jours suivants, le dynamomètre indique 10 degrés à droite, avant la faradisation, et 17 après la faradisation. Cinq semaines après, la sensibilité est rétablie jusqu'au bout des doigts; tous les mouvements des bras s'effectuent sans effort spécial. Deux mois après, dynamomètre 3o degrés à droite; 60, à gauche. Le malade se sert de sa main droite aussi bien que de sa main gauche ; seulement la première est un peu plus faible.

14° Observation d'Althaus : hémiplégie du côté gauche (après hémorra-

Dame de o3 ans, a eu, il y a deux mois, une attaque d'apopiexie du

côté gauche. Maintenant elle recommence à marcher un peu ; mais le bras

reste privé de toute force. Le bras et la jambe sont plus chauds qu'à droite. Contracture de flexion, dont le malade ne vient à bout qu'avec beaucoup de souffrance. Augmentation de l'excitabilité faradique. Application du courant galvanique à la tempe droite, au ganglion supérieur sympathique et du dos jusqu'aux extrémités des nerfs, avec revirements du courant. Etfet remarquable produit sur les tensions musculaires. Bientôt après la séance, la patiente peut étendre son bras et ouvrir la main ; elle marche mieux aussi ; mais cette amélioration ne dura que quelques heures. Après douze séances et six semaines de traitement, la malade peut très bien marcher toute seule et elle a recouvré, en grande partie, l'usage de son bras, dont les contractions et les douleurs ont disparu.

12° Observation d'Althaus. Monoplégic du bras droit {par embolie?) Négociant âgé de 52 ans; est atteint subitement d'une syncope et de vertiges et perd immédiatement l'usage de son bras droit ; pas d'inconscience ni de trouble de la parole. La jambe et le visage sont libres, deux jours plus tard : paralysie complète de l'avant-bras et de la main et anesthésie presque complète de la main et des doigts. Application du courant galvanique sur l'hémisphère gauche, pendant une minute ; après cela, le patient peut lever la main et remuer un peu les doigts. Deux jours après, le mieux s'esl maintenu, mais sans faire de progrès. La galvanisation réitérée du cerveau provoque de nouveau une faible amélioration dans le mouvement de la main. L'addition de la galvanisation périphérique du radial et du médian amène un autre mieux, encore plus sensible. Une nouvelle séance de galvanisme aboutit à une guérison complète.

13° Observation de Rnmpf. Hémiparésie du côté droit (Diagnostic anatomique vague). Homme de 36 ans, malade depuis plusieurs années. Douleurs dans le dos, dans le bras droit et dans la hanche droite. Paresthésie et faiblesse de tout le côté droit. Incapacité de travail, perte de la mémoire, lourdeur de tête, insomnies, mauvaise humeur. A l'examen, légère parésie de tout le côté droit, y compris le facial inférieur ; médiocre ataxie des mouvements à droite ; sur tout le corps, analgésie évidente ; réflexes tendineux très forts des deux côtés. Au pariétal gauche, cicatrice osseuse un peu enfoncée et provenant d'une lésion antérieure. Traitement galvanique assez longtemps prolongé, mais en pure perte. Traitement avec le pinceau faradique (sur le tronc et aux extrémités) ; il produit rapidement une amélioration ; la douleur et les paresthésies disparaissent ; le sommeil est moins souvent interrompu ; au bout de six semaines, la maladie a disparu sans laisser de traces autres qu'une faible déviation de la bouche et une analgésie médiocre ; la parésie a disparu.

14° Observation personnelle : Tremblement de la tête, accès de vertige (Sclérose multiple au début? ) Cordonnier, âgé de 41 ans, bonne santé antérieure, non syphilitique. En mars 1877, subitement, violents accès de vertige ; ensuite perte de connaissance pendant deux jours; après cela, douleurs contusives de la tête ; douleurs de rein et tiraillements dans les jambes. A chaque tentative de mouvement se produit un violent tremblement de la tête, qui disparait quand le malade se couche pour se reposer. Les semaines et les mois suivants, lente décroissance du tremblement, ce qui permet au patient

de se remettre au travail. — Avril 1878: de nouveau, violent vertige, maux de tête, tiraillements dans les jambes ; douleurs lancinantes et bourdonnements dans l'oreille gauche ; pas de perte de connaissance, mais retour du tremblement avec une intensité bien plus grande. Amélioration à l'bospice. Le malade se porte assez bien, l'hiver suivant.

A la fin de mars 1879, par contre, accès de vertige avec de violents maux de tête, mais sans perte de connaissance ; nouveaux tiraillemeuts et nouvelles lourdeurs de jambes ; tremblement de la tète avec forte recrudescence et maintenant aussi tremblement des bras ; le patient s'énonce avec, difficulté, sa mémoire est ingrate ; diminution de la capacité intellectuelle, de temps à autre un peu de faiblesse de la vue. Le sommeil est inquiet ; la vessie et le rectum sont libres. État, le 7 juin 1879 ; au repos, rien d'anormal ; mais à chaque émotion et à chaque mouvement, tremblement vif et vacillations de la tète. Veux normaux, même à l'opbtalmoscope ; l'examen olologique (des oreilles) donne à gaucbe une affection invétérée du conduit auditif et de l'oreille moyenne. La langue, le palais, la mastication et la déglutition sont normaux. Le langage est un peu bégayé et quelque peu diffus. Aux extrémités supérieures, à part une certaine incertitude dans les mouvements et de faibles commotions à gaucbe, pas de perturbation sensible ; spécialement pas de tremblement visible, ni d'ataxie. — Aux extrémités inférieures, incertitude des mouvements un peu plus fortement accentuée, mais pas d'ataxie évidente, du reste, objectivement, absolument rien d'anormal. Traitement galvanique : en travers et longitudinalement à travers la tête, le sympathique du cou. — 16 juin : les tremblements ont visiblement diminué dans ces derniers jours. Aujourd'hui il n'y a plus de trace des mouvements d'oscillation antérieurs. Subjectivement aussi, le malade se sent mieux. Les maux de tête ont entièrement disparu ; par-ci par-là encore un peu de pression à la tête ; disposition d'esprit plus vive, sommeil meilleur. Le 2 juillet 1879, le malade est renvoyé complètement guéri. En octobre 1879, plus de phénomènes fâcheux pour la tête. Le trémor a disparu pour longtemps.

15° Observation de Mor. Meyer. — Hémiplégie gauche après une encéphalite aiguë. — Enfant mâle, de 8 ans, a eu, en 1863, une perte de connaissance avec crampes violentes et une paralysie totale de la moi Lié gauche du corps. Mai 1866, amélioration' de la jambe. Janvier 1867, le bras est encore corn" plètement impotent, froid, tiré vers le thorax, contracture légère. Région du deltoïde et du radial paralysée en partie, celle du cubital complètement. Conlractilité électro-musculaire intacte. Pas de trouble dans la sensibilité. Traitement : faradisation des muscles paralysés. Amélioration notable, dès la fin de la treizième séance. Après quarante-deux séances, la mobilité du bras et des doigts est presque normale.

16° Observation personnelle: paralysie d'un grand nombre de nerfs bulbaires. — Journalier, âgé de 48 ans, malade, depuis juin 1871 et souffrant aux extrémités supérieures, rigidité des lèvres, violent mal de tête, vue d'étincelles, parfois diplopie. Plus tard, souffrances à la nuque. La tête devient lourde et penche en avant ; difficultés croissantes de la mastication et de la -iutition. Durant l'automne de 1871, fortes douleurs dans les jambes,

en même temps, faiblesse dans les jambes el dans les bras. Vertige Ion? et violent, bourdonnement d'oreilles. La voix devient faible et enrouée ; la langue, lourde ; salivation abondante, sommeil mauvais, troublé par des douleurs et par des bourdonnements d'oreilles. — État au 30 janvier 1872: la difficulté delà parole s'accroît légèrement. Voix faible. Pupilles et mouvements des yeux normaux, pas de ptosis. — Ouïe éteinte à gauche, diminuée à droite, bourdonnements d'oreilles continuels des deux côtés. Muscles de la bouche raides et inertes, impossibilité de siffler. Le patient ne peut pas bien tirer la langue ; elle manifeste de nota- Ides contractions tibrillaires. — Voile du palais et luette rectilignes, ne pouvant que difficilement être excités d'une manière réflexe. — Douleurs dans la nuque et dans le dos. Attitude et mouvement de la tête sans anomalie. La déglutition est pénible ; la mastication l'est encore davantage. Sensibilité partout normale. Au bras droit, douleurs vives et lancinantes; sa force est un peu diminuée, les jambes se fatiguent vite, etc. Hyperesthésie galvanique des deux nerfs acoustiques ; polype dans le conduit de l'oreille gauche.

Traitement galvanique: huit éléments Stohr transversalement par les tempes les apop. mastoïdes ; dix à douze élém. par le sympatique du cou ; pôle positif stable avec échappées à chaque oreille. Amélioration notable après peu de jours. — Le 3 février, maux de tête faibles : jambes plus fortes ; la langue peut être plus aisément tirée ; le patient peut de nouveau si Cher. La mastication et la déglutition sont décidément meilleures. — Le 12 février, amélioration durable. Tête encore un peu lourde ; presque plus de douleurs aux extrémités ; le malade mâche, avale et siffle très bien. La langue sort facilement. Le cours ultérieur de la maladie, à part quelques fluctuations, est très satisfaisant. Le patient est renvoyé, le 27 mars (après cinquante-deux séances), guéri (à l'exception des phénomènes auditifs).

17° Observation "personnelle. Ensemble de symptômes bulbaires (Erb.j. Homme de oo ans, tombé malade en février 1868. Violentes douleurs à la nuque ; mal de tête léger ; plus tard, faiblesse dans les muscles de la nuque, de telle sorte que la tête ne peut plus être portée verticalement. Au commencement de juin, parésie croissante des muscles de la mastication et, en même temps, faiblesse des paupières supérieures, finalement un peu d'embarras dans la langue et quelque difficulté dans la déglutition. Le reste, normal. État à la tin de juin 1808 : Attitude particulière de la tête par l'effet de la parésie des muscles de la nuque, ptosis des deux côtés. Faiblesse potable des muscles de la mastication ; la bouche reste ordinairement ouverte à cause de cela. Motilité de la langue n'est pas notablement troublée ; elle manifeste des contractions tibrillaires. Aplatissement des muscles de la nuque. — Extrémités normales. — Hyperesthésie galvanique du nerf acoustique gauche.

Traitement galvanique : Dix éléments Stohr, transversalement par les processus mastoïdis stables; dix éléments, galvanisation du sympathique du cou et pôle négatif labile à travers les accessoires et les muscles de la nuque. Alors se manifesta une lente amélioration. Après soixante séances, le patient va infiniment mieux; il peut mieux tenir sa fête, la déglutition s'effectue sans obstacle. La mastication s'améliore. Renvoyé le 7 septembre,

Page 1