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RÉSULTATS DANS LES TROUBLES FONCTIONNELS

le malade revient le 30 octobre, après avoir fail usage d'iodure de potassium. Après son retour, amélioration visible; attitude de la tête essentiellement meilleure et plus ferme, ptosis plus faible, déglutition et mastication très lionnes. La bouche ne reste plus ouverte. Après vingt-trois séances nouvelles, le malade est renvoyé, le 7 décembre 1868, comme à peu près guéri. Tenue normale de la tète ; mastication et déglutition tout à fait normales, etc., etc.

Les observations que l'on vient d'entendre, mettent hors de doute que. dans différentes maladies eérébrables, on peut obtenir des guérisons à l'aide du courant électrique (en l'appliquant de manières très diverses); les succès peuvent être prompts et éclatants, même dans des cas où d'autres remèdes ont été employés et sont restés plus ou moins efficaces. Ainsi nos espérances conçues à priori, se sont réalisées dans une série de cas.

Mais n'allez pas croire, Messieurs, que ce soit toujours et même systématiquement le cas ; nous ne voulons ni ne pouvons passer sous silence, ce que tout thérapculiste et névropathologiste expérimenté attestera avec nous. C'est qu'en face de ces guërisons peu nombreuses, mais positives et éclatantes, on peut dresser une liste bien plus nombreuse de cas, où le résultat a été négatif. Bien des fuis, un emploi rationnel, et logique au plus haut point, du traitement par l'électricité reste infructueux: dans des maladies cérébrales, ce qui ne s'explique que trop souvent par la nature des maladies nerveuses, qui restent incurables, même pour tous les autres genres de médicaments.

Il y a, en outre, toute un série de cas, que l'on ne peut pas regarder comme des preuves péremptoires de l'efficacité de l'électricité, car les guérisons s'y font lentement, insensiblement, souvent même grâce à d'autres remèdes employés simultanément avec l'électricité ; toutefois, même dans cette série, l'efficacité de l'électricité n'est nullement contestable ; elle est très probable, mais on ne peut la démontrer victorieusement.

Il se présente finalement des cas, assez nombreux (voir plus haut les observations 6 et 7), où, immédiatement après l'emploi de l'électricité, une amélioration d'une rapidité surprenante se manifeste dans bien des sens, mais cette amélioration après quelques pas en avant, reste ensuite stationnaire et équivaut à une incurabilité. Ainsi, par exemple et notamment dans des cas de paralysies apoplectiques invétérés, on voit, dès la première ou plutôt dès les premières séances, apparaître une amélioration surprenante, presque subite, dans la motilité ; on voit reparaître des mouvements qui semblent tout à fail perdus. Les malades peuvent tout à coup mieux marcher, se servir plus facilement de leurs mains et permettent de croire, croient eux-mêmes, que leur guérison totale est imminente ; mais c'est une

espérance trompeuse ; bientôt après survient un point d'arrêt et le mieux ne fait plus que des progrès lents pour ne pas dire nuls. On peut aussi voir que les troubles de la sensibilité, concomitants de l'hémiplégie, les paresthésics, les désordres des organes cérébraux, l'aphasie, l'anarthrie, etc., disparaissent promptement, après un traitement électrique, sans que l'amélioration de la motilité fasse les mêmes progrès. Dans tous ces cas, on obtient, sans doute, d'une manière tout à fait surprenante, une amélioration partielle; mais, après cela, plus rien, malgré tous les efforts que l'on peut faire. Il s'agit sans doute ici comme Brenner l'a déjà très bien dit, simplement de disparition de troubles secondaires, de fonctions rendues difficiles par la pression exercée sur le voisinage d'un foyer apoplectique, par des troubles de circulation collatéraux, l'œdème, des phénomène de réaction inflammatoire, etc.; peut-être un certain rôle y est-il aussi joué par des troubles périphériques secondaires de la nutrition dans les nerfs et dans les muscles ; mais le rétablissement de l'activité des voies et centres nerveux, tout à fait détruits ou dégénérés est impossible ; il reste donc une limite infranchissable dans ces troubles de fonctionnement. Ici le trouble fonctionnel est ramené par le courant électrique, simplement à la grandeur déterminée par la perturbation pathologico-anatomique ; mais par cela même il y a souvent pour les malades un grand soulagement de gagné.

La possibilité d'une action favorable du courant électrique, sur de nombreuses maladies du cerveau, existe donc même là où une guérison complète ne peut être espérée, vu la nature du mal.

D'après tout ce que je viens de dire, on pourra avec plus ou moins de certitude espérer des résultats heureux du traitement électrique, dans les cas et catégories de maladies cérébrales, qui suivent : tout d'abord, dans ce qu'on appelle les troubles fonctionnels du cerveau, dans les différentes névroses cérébrales, pour lesquelles nous ne connaissons jusqu'ici pas de bases anatomiques; ce sont, en première ligne, les actions catalytiques du courant, son action sur les vaisseaux sanguins, sur les actes les plus délicats de l'échange moléculaire, que nous sommes forcés d'admettre tout d'abord ; mais peut-être qu'un certain rôle est ici joué par les actions excitantes et modifiantes du courant. Parlons aussi de la névrosthénie, des insomnies, des maux de tête, de la migraine, des formes les plus légères des troubles psychiques; de différentes formes cérébrale- de crampes, de la chorée, de l'épilepBie, des troubles cérébraux de l'hystérie, etc.

Mentionnons en outre les troubles de la circulation, où l'on peut utiliser les actions des courants électriques sur les vaisseaux sanguins du cerveau, devenues assez probables depuis les recherches de Lowenfeld, ainsi que l'action exercée par la galvanisation du sympathique,

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