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DIX-SEPTIEME LEÇON

Sommaire: Développement des méthodes électrothérapeutiqu es. — Traitement direct du

cerveau : actions catalytiques et vaso-motrices et les méthodes pour les produire. — Effets excitants et modifiants. — Technique de l'emploi des courants galvanique et faradique dans le traitement des maladies cérébrales. — Traitement indirect du cerveau /galvanisation du sympathique; actions réflexes provenanl'de la peau. — Traitement symptomatique.

tllectro diagnostic dans les maladies cérébrales. — Êlectrothérapie des différentes formes morbides : névroslhênie cérébrale, insomnie, liypérémie, anémie, hémorragie cérébrale, ramolissement du cerveau, inflammation, dégénérescence, sclérose, etc. — Maladies bulbaires. — Affections incurables du cerveau.

Une réflexion plus approfondie nous apprend maintenant que, dans les formes morbides énumérées ci-dessus, nous pouvons compter en première ligne, sur les effets vaso-moteurs et catalytiques des courants électriques, mais que nous avons moins à espérer de leur action simplement excitante et modifiante. C'est-à-dire que, pour le courant galvanique, dans les maladies du cerveau, il s'ouvre une sphère d'action plus grande que pour le courant faradique, bien qu'à priori on ne puisse refuser à ce dernier toute activité. Lowenfeld ne va-t-il pas jusqu'à prétendre qu'en faradisant la tête, il a obtenu un élargissement des vaisseaux cérébraux !

Il résulte simplement de nos études antérieures sur la physiologie et la thérapeutique générale que, pour atteindre notre but, nous pouvons disposer de différentes voies et méthodes, dans l'électrothérapie des maladies cérébrales. Nous pouvons essayer d'agir sur ces affections par voie directe, par une application, autant que possible immédiate du courant, sur le foyer de la maladie; nous pouvons aussi tâcher d'atteindre le même bu I, par voie indirecte, à l'aide de l'action vasomotrice et principalement parla galvanisation du sympathique. Nous pouvons aussi amener une modification favorable, par voieréflexe, par l'excitation périphérique des voies centripètes. Finalement, une action par le traitement spécial des différentes parties périphériques, troublées dans leurs fonctions (nerfs sensibles, des sens, nerfs et muscles moteurs, etc.,) n'est pas interdite.

La méthode plus spéciale pour tous ces modes d'application est, san- doute, encore assez peu développée aujourd'hui. En général, on a procédé jusqu'ici d'une manière exclusivement empirique et ce n'est que depuis peu, qu'il semble possible de trouver, pour la science qui nous occupe, des bases physiologiques un peu plus solides. Mais, quand même la solidité de ces bases sérail suffisamment démontrée, assez pour y édifier une méthode rationnelle, on n'aurait pas encore beaucoup gagné à cela, tant nos connaissances sont encore défectueuses

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sur le processus intime dos différents phénomènes pathologiques «lu cerveau ; nous restons donc condamnés à un empirisme circonspect, malgré les méthodes plus récentes et plus claires.

En première ligne, j'ai à parler de l'action directe sur le cerveau. Spécialement en ce qui concerne les actions catalytiqu.es. et leur portée, l'essence des différents troubles pathologiques est, le plus souvent aussi peu connue de nous que les actions corrélatives des courants, dont nous attendons une guérison. C'est particulièrement sur le mode d'action de l'un ou de l'autre pôle ou l'action de telle ou telle direction de courant, que plane encore une déplorable ignorance. On ne peut donc rien savoir de positif ici cpie par l'essai thérapeutique.

Par contre, en ce qui regarde les actions vaso-motrices, la modification de la circulation du cerveau, lors de l'électrisation de la tôle, les indications et les expériences de Lôwenfeld paraissent du moins nous fournir quelques points d'arrêt. Mais il faut se rappeler qu'il n'a opéré que sur des lapins et que les résultats obtenus peuvent bien n'être pas les mêmes que chez l'homme ; encore ces résultats ne sont-ils ni constants ni indubitables et ne peuvent-ils être acceptés comme positifs et absolus. Avant tout, d'ailleurs, quand même nous serions certains de pouvoir amener à volonté telle ou telle modification (suractivité ou affaiblissement) de la circulation clans le cerveau, nous resterions encore souvent dans l'incertitude et nous nous demanderions ce qu'il faut désirer ou effectuer dans tel ou tel cas pathologique. Qui oserait certifier que, chez un hémiplégique, après une hémorragie cérébrale, ou une embolie, il vaut mieux provoquer une hypérémie ou une anémie de la moitié malade du cerveau ? Tant que la question ne sera pas complètement élucidée et, à mon avis, nous sommes encore loin de compte, surtout quand il s'agit de pareilles lésions cérébrales, nous ne devrons, malgré les indications de Lôwenfeld, pas aller plus loin que ne le permet une expérience prudente.

En tenant compte de ces difficultés et en ayant conscience des éventualités, nous pouvons, en marchant sur les traces de Lôwenfeld, choisir le mode de traitement pour agir sur la circulation dans le crâne et dans le cerveau :

Pour agir diffusément et uniformément sur l'ensemble du cerveau, vous ferez suivre au courant la direction longitudinale, avec de grandes et larges électrodes, en différentes directions, suivant le but qu'on se (impose. Si vous voulez augmenter V afflux du sang vers le cerveau, hâter la circulation, vous mettez le pôle positif sur la nuque, le pôle négatif sur le front ; mais si vous voulez diminuer cet afflux du sang et ralentir la circulation, vous appliquez le pôle positif sur le front et le pôle négatif sur la nuque.

Pour les foyers locaux de maladies, on recommande de préférence

la direction t?'ansversale (ou oblique) du courant, en choisissant convenablement les points d'application, de telle sorte que le foyer de la maladie se trouve sur la ligne qui relie les deux électrodes. Le choix du pùle, pour la partie malade, s'effectue d'après l'indication que voici: si vous voulez accélérer la circulation et élargir les vaisseaux, faites agir le pôle positif sur la partie malade ; si vous désirez le contraire, mettez le pùle négatif sur la partie malade !

Par rapport à l'action excitante et modifiante des courants électriques sur le cerveau, nous n'avons guère dépassé le terrain des conjectures et de faibles expériences ; ce que nous possédons de meilleur en ce genre a été découvert empiriquement. Qui peut en effet considérerles états du cerveau, dans les différentes névroses, comme résultant d'une excitation, d'une compression ou d'une paralysie? Qui peut les attribuer comme tels à une augmentation ou une diminution d'excitabilité? Qui oserait affirmer que, dans le cerveau, se manifeste aussi l'action anélectrotonisante des pôles et, dans ce cas, jusqu'à quel point elle se fait sentir ? Tant que nous n'aurons pas dépassé le point où nous en sommes aujourd'hui, les expériences thérapeutiques ne seront qu'un mélange de tâtonnement et de circonspection.

D'après ces considérations nous en sommes donc réduits à ces conclusions : que nous ferons agir le courant avec une intensité suffisante et une assez grande densité sur l" ensemble du cerveau, c'est-à-dire sur le foyer de la maladie, pour obtenir des résultats thérapeutiques. Lors du premier choix de l'application des pôles et des directions des courants, nous nous laisserons naturellement guider par nos conceptions théoriques, étayées sur un si petit nombre de faits positifs; quant au reste, notre tâche consiste à recueillir avec prudence les expériences dûment constatées, de développer ensuite peu à peu les différentes méthodes et de fixer ainsi lentement mais sûrement, le meilleur procédé à suivre dans chaque catégorie de maladies.

Le plus souvent il sera ici question du courant galvanique. Il faudra, en première ligne, choisir les électrodes les plus convenables et les points les plus avantageux pour l'application des pôles. En général, on fera bien d'employer de grandes électrodes, ce qui augmente la force des courants, sans accroître leur densité outre mesure. Pour la direction transversale, j'ai antérieurement toujours choisi les électrodes « moyennes », pour la direction longitudinale, le plus souvent, les « grandes » électrodes. Depuis peu, je me sers, presque exclusivement, des grandes électrodes à tête (voir pages 37-39), particulièrement [tour la direction oblique.

Les méthodes d'application, que j'ai suivies jusqu'ici, sont :

a) Pour agir sur V ensemble du cerveau ou bien depuis le front jusqu'à la nuque, ou bien obliquement depuis la tempe du front d'un côté,

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