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METHODES DE TRAITEMENT DIRECT

jusqu'au côté opposé de la nuque el de l'occiput (et cela ensuite naturellement et successivement des deux cotés !). J'appliquais presque toujours le pôle positif par devant sur la tète ; d'après les travaux de Lôwenfeld, je pencherais assez maintenant à faire dorénavant mes expériences dans la direction opposée. Çà et là, j'ai aussi, dans le but d'une action plus unipolaire, sur le cerveau, appliqué une grande électrode à tète sur le vertex, en d'autres termes, je l'ai fait voyager lentement du front jusqu'au vertex, tandis que l'autre électrode était appliquée sur la nuque, sur le dos, sur le sternum, à une main ou aux pieds ; on peut recommander ce procédé, particulièrement pour obtenir des effets « modifiants ».

h) Pour agir sur un foyer local de maladie, j'emploie, en première ligne, la direction longitudinale depuis le front jusqu'à la nuque, sur le côté en question (le pôle positif étant appliqué sur le front) ; ensuite la direction transversale à travers la région correspondante du crâne, et cela, quand la lésion a son siège dans la fosse antérieure du crâne. Je dirige le courant transversalement à travers la région antérieure des tempes ; quand cette lésion doit être cherchée dans la fosse moyenne du crâne, je dirige le courant transversalement à travers les parties de la région temporale situées immédiatement devant l'oreille ; et, s'il faut chercher dans la fosse postérieure du crâne (moelle allongée, protubérance, cervelet, cerveau occipital), transversalement à travers la région postérieure de l'oreille (fosse auriculo-maxillaire, apophyse mastoïde, et un peu plus haut). Dans ces derniers temps, j'ai souvent aussi employé la direction oblique (particulièrement de la région des tempes, du front et du vertex, vers la région opposée de la nuque) et cela toujours de manière à ce que le foyer de la maladie se trouve, autant que possible, sur la ligne directe qui relie les deux électrodes. Cette application me parait surtout digne d'être recommandée, en même temps que « les grandes électrodes de tête », pour agir sur les régions motrices de l'écorce, et la conductibilité motrice jusqu'aux pyramides, pour des cas d'aphasie et aussi pour des lésions dans les grands ganglions du centre, dans la protubérance et la moelle allongée. Ici encore, j'ai l'habitude de poser toujours le pôle positif du côté de la lésion ; cependant, d'autres expériences, à l'aide du pôle négatif, paraissent avoir donné de bons résultats.

Pour des foyers de maladies tout à fait locauv, particulièrement superficiels (à l'écorce, dans des lésions crâniennes, etc.), c'est surtout I application, aussi directe que possible, d'un pôle sur ce point et de I autre pôle directement en face ou sur un point du corps éloigné, qui se recommande.

Des méthodes semblables ou peu différentes ont sans doute été utilisées par la plupart des savants ; Neftel a décrit spécialement la

sienne: il place une électrode d'une manière stable sur la nuque, tandis que L'autre est poussée lentement par dessus les yeux, le front, les tempes el la fosse auriculo-maxillaire, avec une direction de courant alternante et des courants faibles. Neftel trouve que le pôle positif appliqué par devant produit de meilleurs effets que le pôle négatif.

L'emploi du courant faradique, si, dans certains cas, vous voulez y recourir, s'effectue d'après les mêmes principes techniques, avec les mêmes électrodes et les mêmes points d'application. Dans les cas où vous voudrez agir le plus doucement possible, vous pourrez, pour le traitement de la tête, vous servir de ce qu'on appelle « la main faradique ». Vous emploierez alors votre propre main comme électrode (c'est ordinairement le pôle positif du courant secondaire) et, de l'autre main, vous saisirez l'électrode correspondante et vous ferez ainsi traverser votre propre corps par le courant. La main, servant à l'application, devra être bien humectée et pourra ensuite aisément être appliquée partout ; elle sert en même temps à contrôler commodément la force du courant, qui entre en action ; l'autre électrode sera appliquée quelque part sur le corps des malades (nuque, sternum, main). Lôwenfeld recommande de faibles courants à longue durée pour le traitement faradique de la tète.

Pour ce traitement direct du cerveau, vous ferez bien de vous rappeler, en général, les règles et précautions suivantes :

N'employez que des courants faibles ; en tous cas, ne commencez jamais qu'avec de très faibles courants ! Ne négligez pas de contrôler à l'aide du galvanomètre (courants de quinze à vingt-cinq degrés de déclinaison de l'aiguille, avec intercalation de cent cinquante degrés de résistance au courant). Faites attention comme mesure de la force du courant, au moins toujours aux éclairs de lumière et aux phénomènes de vertige qui peuvent survenir ! Gela concerne particulièrement le courant galvanique; avec le courant faradique, on peut s'élever à des courants plus forts ; le cerveau n'en sera pas compromis pour cela ; mais, par contre, on devra plutôt redouter les actions d'irritation sensibles qui se produiront alors. Ne faites pas de brusques fermetures ni ouvertures, encore moins de changements de courants! On se trouvera bien de faire glisser et descendre les électrodes pardessus les cheveux. Les courtes séances sont de rigueur ; elles dureront, à chaque place \ minute, 1 minute, 1 minute |, rarement plus longtemps.

Dans beaucoup de cas, il sera bon de faire quelques « séances d'épreuves » galvaniques, comme déjà Richter l'a proposé. Vous reconnaîtrez alors facilement si les malades peuvent supporter L'application et souvent aussi si elle doit cire nuisible ou utile.

Dieu des fois, vous pourrez, outre ce traitement direct, employer

GALVANISATION DU SYMPATHIQUE ; IRRITATION FARADOCUTAiNÉE 305

encore un traitement indirect, quand il s'agira d'affections cérébrales. Ici se présente, en première ligne, la question de la

Galvanisation du sympathique, si souvent recommandée et si rarement efficace. Il faudra cependant y recourir, toutes les fois que l'on aura l'espoir d'agir, dans cette voie, sur la circulation et sur la nutrition de certaines parties du cerveau ou de tout l'ensemble cérébral. Si la lésion est unilatérale, on se demande aussitôt s'il ne faut traiter qu'un sympathique et lequel? Celui cpii est du coté de la lésion ou celui qui est du côté de l'hémiplégie ou de toutes les autres perturbations? Au premier coup d'œil, on trouve que le plus simple et le plus urgent est de se borner à traiter le premier; mais il s'en faut de beaucoup que l'on ait toujours agi dans ce sens et nous ignorons encore de quel côté on a raison.

Ce qu'il y a de certain, c'est que l'on ne peut pas affirmer positivementque le sympathique de chaque côté n'influe que sur la circulation et la nutrition de la moitié du cerveau située de son côté et qu'il n'a pas aussi quelque relation avec l'autre partie du cerveau.

Il est d'ailleurs vraisemblable que ce qu'on appelle la galvanisation du sympathique agit encore sur d'autres parties du corps : base du crâne, pneumogastrique, moelle du cou où cependant la décussation est déjà en partie accomplie, qui peuvent avoir de l'importance. Ce qui donc paraît le mieux convenir, dans tous les cas, même quand il s'agit d'une maladie unilatérale, c'est de traiter les deux sympathiques ; pour les maladies doubles ou diffuses cela va de soi.

Sa méthode de la galvanisation du sympathique est la méthode ordinaire (voir p. 239). J'emploie habituellement celle de Mor Meyer, le pôle négatif au ganglion le plus élevé, au-dessous de l'angle de la mâchoire inférieure, le pôle positif sur la région opposée des sixième et septième vertèbres du cou. Des expériences ultérieures pourraient nous apprendre s'il ne faut pas, à l'occasion, préférer la position opposée des électrodes avec le pôle positif au ganglion.

Une autre méthode du traitement indirect du cerveau est l'action réflexe ayant la peau comme point de départ. On peut l'essayer, quand on veut obtenir une action déterminée sur la circulation du cerveau. Elle peut aussi être de quelque utilité contre toute sorte de troubles fonctionnels, contre les insomnies, les psychoses et enfin dans les dérangements de fonctions, spécialement des voies sensibles du cerveau (hémianesthésie). Vous pourrez agir alors en excitant de plus grandes parties de la surface de la peau (d'après Rumpf) ou seulement en excitant (d'après Vulpian) des portions de la peau tout à fait circonscrites et localisées avec précision.

Dans le premier cas, vous frottez avec le pinceau faradique, la force du courant étant suffisante pourprovoquer, à partir du médian, descom- Erb. — Électrothérapie. 20

motions au coude, vous frottez, dis-je, le dos, la poitrine et les extrémités supérieures, parfois même les extrémités inférieures, pendant quatre à six minutes. Si vous voulez de préférence provoquer une contraction des vaisseaux cérébraux, vous ferez bien, d'après les expériences physiologiques de Rumpf, d'employer des courants très faibles; mais, si vous désirez le contraire, si vous voulez obtenir l'élargissement des vaisseaux cérébraux, il faut employer des courants de très grande intensité : il faut toutefois une grande prudence, quand il s'agit de maladie- organique-; du cerveau. Nous ne sommes pas encore à même de provoquer, à notre volonté, avec une certaine certitude le rétrécissement ou la dilatation des vaisseaux du cerveau. Quand Lowenfeld émet cette hypothèse, assurément très commode, que l'action se règle chaque fois d'après l'état actuel des vaisseaux du cerveau, que dans leur rétrécissement pathologique l'élargissement s'obtient au moyen de la farad isat ion cutanée, tandis que dans leur dilatation pathologique leur rétrécissement s'obtient par le même procédé, il ne manque rien à cette hypothèse si ce n'est sa confirmation par les faits.

Dans l'autre cas (Vulpian), passez le pinceau faradique sur la peau du coté anesthésié ou paralysé, à une place très petite, n'ayant que quelques centimètres carrés, au moyen de courants assez forts, de huit à dix minutes par jour. 11 faut, dans ce cas, préférer l'extrémité supérieure (la face externe de l'avant-hras), vu qu'elle paraît avoir sur lecerveau une action réflexe plus forte que celle de l'extrémité inférieure. Ce procédé doit agir d'une façon très favorable, dans beaucoup de cas, sans anesthésié.

A tout cela s'ajoute finalement, dans un très grand nombre de cas, un traitement symptomatigue, c'est-à-dire un traitement périphérique et direct des principaux I roubles de fonctions (paralysie, contracture, anesthésié, aphasie, troubles de l'intelligence, etc.); ce traitement devra se conformer aux méthodes spéciales, dont je parlerai dans mes prochaines leçons et il peut s'accomplir soit avec le courant galvanique, soit avec le courant faradique. Jusqu'à l'époque où l'on entreprit de combattre directement la maladie cérébrale, ce fut, à vrai dire, la ,-eule méthode de traitement des lésions cérébrales. Spécialement, avec le courant faradique, on n'a, en réalité, jamais tenté autre chose que d'atteindre ces troubles périphériquemenL Dans les cas de paralysie, hémiplégies et contractures, on faradisait ou galvanisait les muscles et les nerfs moteurs périphériques; dans les anesthésies, la peau; dans l'aphasie et dans l'anarthrie, la langue et les lèvres, etc. Quelque étrange que cela puisse paraître au premier coup d'œil, iln'en est pas moins vrai que, même avec ce processus, on obtint toute une série de guérisons. Nous ne sommes d'ailleurs pas embarrassés au-

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