DIX-NEUVIÈME LEÇON
Sommaire : Introduction. — Bases physiologiques et théoriques de l'électrothérapie de la moelle épinière. — Faits thérapeutiques. — Discussion de certains cas. — Conclusions à en déduire. — Insuccès thérapeutiques. — Formes d'affections médullaires dans lesquelles l'on peut espérer des succès électrothérapeutiques ? Méthodes et technique de l'électrothérapie de la moelle épinière. — Traitement direct: Action polaire et de direction. — Méthodes de l'application dans les maladies circonscrites et dans les maladies étendues. — Traitement indirect en prenant le sympathique pour point de départ ; traitement combiné du sympathique ; en prenant la peau pour point de départ; d'une manière réflexe. — Excitation diplégique. — Traitement des points de pression et de douleur. — Traitement sijmptomatique.
Arrivés à l'électrothérapie des maladies de la moelle épinière, nous nous trouvons sur un terrain plus solide que ne l'est celui des maladies mentales. Nous possédons ici des expériences bien plus nombreuses ; il y a déjà bien plus longtemps que les maladies de la moelle épinière sont l'objet d'études électrothérapeutiques plus approfondies et plus complexes ; d'ailleurs la pathologie de la moelle épinière s'est développée quelque temps plus tôt que la pathologie cérébrale.
Remak a eu le mérite d'avoir entrepris et développé le traitement électrique des maladies de la moelle épinière avec toute l'énergie de son talent. Ses efforts ne furent que médiocrement entravés par la croyance de savants distingués qui furent longtemps persuadés que la moelle épinière ne pouvait être atteinte par aucun courant électrique, quel qu'il fût, dirigé par la main de l'homme. Même sans la réfutation expérimentale de cette erreur, le poids des faits accumulés aurait suffi pour démontrer les succès évidents du traitement électrique, dans de nombreuses maladies de la moelle épinière, en dépit des sceptiques, obstinés sur ce point. De toutes parts, on a commencé à combaltre les maladies de la moelle épinière au moyen de courants électriques et surtout galvaniques et les différents thérapeutistes ont publié les heureux succès qu'ils ont dus à ce traitement. D'un autre côté, on
ne peut nier que ces réussites furent contrebalancées par un nombre d'insuccès égal et quelquefois même supérieur à celui des succès ; de plus, dans un grand nombre de pas, on n'a obtenu que des succès mesquins ou partiels. Malgré cela le nombre des faits positifs et permettant des conclusions ultérieures est si grand sur ce terrain que le courant électrique a conquis une place sûre et éminente dans la thérapeutique des maladies chroniques de l'épine dorsale. Or toute l'électrothérapie repose en général sur ces expériences cliniques et thérapeutiques.
Car ce que nous savons, d'après des expériences physiologiques, de l'action de l'électricité sur la moelle épinière, est très précaire et nullement propre à provoquer un jugement favorable en faveur de l'utilisation thérapeutique des courants électriques ou à fournir des renseignements sur le mode et la manière de les employer. Je vous renvoie au peu que je vous ai communiqué antérieurement (7e leçon, page Ho), à propos de l'électrophysiologie de la moelle épinière et vous avouerez que cela est insuffisant pour nous fournir des données positives sur l'usage thérapeutique des courant- électriques, dans les lésions de la moelle épinière.
Mais grâce à nos connaissances générales sur l'action des courants, à nos nombreuses expériences thérapeutiques sur les nerfs périphériques et sur d'autres organes du corps, nous avons été en droit de compter, comme nous l'avons dit (16e leçon), à propos des maladies cérébrales, sur toute une série d'actions curatives déterminées sur la moelle épinière malade, quoique nous eussions à notre disposition bien moins de bases expérimentales que pour le cerveau.
Ainsi nous avons pu, dans beaucoup de cas, espérer des actions catalytiques du courant une influence salutaire sur des troubles, plus ou moins grossiers, de la nutrition, sur les différentes formes et terminaisons de l'inflammation, sur les processus de dégénérescence chronique, sur ce qu'on appelle les maladies fonctionnelles de la moelle épinière, etc. ; les actions vaso-motrices des courants électriques paraissent non moins utiles dans des troubles de la circulation et dans le but de faire disparaître les troubles de la nutrition et cela d'autant plus que des expériences récentes prouvent d'une manière de plus en plus péremptoire que. par la voie indirecte aussi (moins par les voies vasomotrices, par le sympathique, que d'une manière réflexe, en partanf de la peau), une influence peut être exercée sur la circulation et l'afflux sanguin dans la moelle épinière aussi bien que dans le cerveau ; enfin il n'a pas été possible de nier l'ulilité des actions excitantes et modifiantes des courante électriques sur ia moelle épinière dans de certaines maladies (notamment dans des troubles fonctionnels, dans les états d'excitation ou de faiblesse, dans certaines formes de crampes,
FAITS ïHBRAPEimQUES :\±~
dans certaines formes fonctionnelles de paralysie), quelque peu transparents que soient ces effets au point de vue physiologique, quelque peu élucidée que peut être d'ailleurs la nature de la maladie au point de vue pathologique. A tout prendre, il est certain que l'on devait compter spécialement et à priori sur l'efficacité des effets dits catalvtiques (y compris les vaso-moteurs, comme l'a fait remarquer en premier lieu Remak ; de plus, la méthode, suivie par la plupart des observateurs, prouve que l'on comptait en première ligne sur ces effets.
Mais toutes ces considérations, émises à priori, ont dû rester dépures chimères, tant que leur exactitude n'a pas été démontrée par des expériences pratiques. La conviction n'a pu tout d'abord être entraînée que par des recherches thérapeutiques, par une large et multiple expérimentation. Et cette conviction est faite depuis longtemps; l'expérience pratique cite quantité de guérisons, positivesetincontestables, obtenues dans les affections les plus diverses de la moelle épinière ; elle nous a appris que, dans beaucoup de cas, nous pouvons aboutir à la guérison et par quelle voie ce résultat est possible et même par une voie qui n'avait pas été prévue à priori. Vous en trouverez la preuve dans les quelques observations péremptoires que nous publions ci-contr? (cette quantité pourrait être fort augmentée) :
18° Observ. de Hitzig. — Méningite spinale subaiguë, 33 ans, sergent; mars 1865, chute de cheval suivie de longues douleurs dans le dos.
— Mai 186o, inflammation de la poitrine et affection de l'estomac (ulcère ?).
— A partir de juillet 186.'», souffrances plus grandes, douleur dans le dos, souffrances excentriques aux extrémités, hyperesthésie générale de la peau ; fourmillement et sensation d'engourdissement dans les jambes ; secousses musculaires totales et partielles ; diminution de l'activité motrice ; incontinence d'urine. Plus tard, grande indécision dans les mouvements, surtout dans l'obscurité ; il ne peut marcher que courbé, à cause de douleurs intenses dans le dos. Longues insomnies. — État en janvier 1866 : grande faiblesse dans les mouvements ; attitude courbée ; le patient chancelle beaucoup quand il a les yeux fermés. — Pupilles normales ; sensibilité troublée à un haut degré ; la sensibilité au toucher est émoussée et il existe une hyperesthésie prononcée ; forte sensibilité de la colonne vertébrale à ia pression. — Traitement ultérieur (avec nitrate d'argent, iode, dérivation) sans succès. Traitement galvanique avec courants descendants stables, à travers le dos. Après huit séances, sommeil tranquille pendant sept heures ; presque plus de souffrances spontanées ; sensation de soulagement dans les jambes. Le traitement continuant, on constate que la galvanisation du sympathique a exercé une influence salutaire sur l'ensemble du corps. Ensuite, on traite les nerfs cruraux, aussi à l'aide de courants descendants. Après un traitement de 6 semaines, plus de symptômes nerveux ; il ne reste qu'une médiocre douleur lors d'une pression sur plusieurs espaces invertébraux.
Pendant 9 mois, le patient eut à faire des travaux pénibles ; puis, à la .>uite d'un effort et d'un refroidissement, il eut une rechute avec de nouveaux
symptômes très accentués et très graves, dont il fut débarrassé presque complètement par lemême traitement galvanique prolongé pendant 2 ou 3 mois.
19° Observ. personnelle. Méningite spinale chronique ('?). Hypérémie de la znoelle épinière (?). — Adolescent de Ici ans, fut atteint, en février 1870, d'une maladie que l'on prit pour une inflammation cérébrale (mal de tête, vertige, vomissements, syncopes d'une longue durée). Depuis ce temps, nombreux maux de tête, santé moins bonne qu'auparavant. Depuis août 1870, beaucoup de douleurs aux lombes et au côté gauche. A partir de décembre 1870, plus grande faiblesse dans les jambes; il se fatigue vite, sensation de fourmillement, d'endolorissement et de froid dans celles-ci. Extrémités supérieures normales, sommeil inquiet, parfois vertige.— État au 20 janvier 1871 : différentes vertèbres des reins très sensibles à la pression. Mouvements des extrémités inférieures possibles avec une force suffisante ; mais le patient se fatigue vite ; après avoir marché pendant dix minutes, il ne peut plus avancer à cause de la pesanteur et de la raideur des genoux et d'une grande faiblesse dans les jambes. Il ne chancelé pas après avoir fermé les yeux. La sensibilité est normale. Les réflexes n'ont pas augmenté. La vue est mauvaise, à cause des leucomes des deux côtés. Les deux oreilles fonctionnent bien. Toutefois, les bourdonnements d'oreilles sont fréquents depuis quels semaines (simple hyperesthésie bilatérale du nerf acoustique). — Traitement galvanique : 12 éléments Stohr, enmontant du dos vers le sympathique du cou, 16 éléments enmontant à travers la colonne vertébrale, lepôle négatif y étant promené lentement de haut en bas. 12 février 1871 : Amélioration extraordinaire. Maux de tête et bourdonnements entièrement disparus. Plus de douleurs lombaires. Paresthésies et faiblesse des jambes complètement disparues. Le 18 février, il sort guéri ; seule, la réaction anormale du nerf acoustique subsiste encore.
20° Observ. personnelle. — Commotion de la moelle épinière (apoplexie méningée '?) Journalier de oo ans, tombé il y a 4 semaines d'un arbre, sur ses pieds et sur son séant. Il fut immédiatement paralysé des jambes et il fallut le transporter chez lui. Douleurs vives et diffuses aux lombes et aux jambes. Les jambes furent, environ G jours, paralysées, ensuite il se manifesta peu à peu de nouveaux mouvements, de sorte que le malade put un peu marcher. Il n'y eut jamais d'anesthésie. La mixtion fut tout à fait normale. — Les douleurs disparurent peu à peu. — État : faiblesse évidente des jambes, marche hésitante, il traîne les pieds, pas d'ataxie. — Station sur les orteils ou sur un pied, difficile. Après avoir été longtemps debout, tremblement. Sensibilité normale. Réflexes de la peau et des tendons conservés; pas d'atrophie manifeste ; excitabilité électrique simplement diminuée. Sphincters et extrémités supérieures normaux. Pas de changement sur le dos ni sur la colonne vertébrale. — Traitement : galvanisation de la colonne vertébrale et des jambes. — Résultat frappant : après un petit nombre de séances, le patient peut très bien marcher ; au bout de 22 séances, il est renvoyé guéri.
21° observation de Lewin. — Paraplégie complète (à la suite de myélite aiguë). Guérison par le courant galvanique. Femme de 3ii ans non hystérique ; malade depuis 3 semaines environ. Fièvre, faiblesse et engourdissement des deux jambes: faibles douleurs tensives ; au bout de huit jours paralysie su-
faits thérapeutiques: observantions 329
bite et complète des jambes, vives douleurs lancinantes, douleur en ceinture, paralysie des sphincters. Réflexes normaux. La sensibilité n'est pas notablement troublée. Traitement avec des courants descendants et stables. Au bout de 5 jours, douleurs disparues. La jambe gauche peut être un peu soulevée. Au bout de 14 jours, la paralysie des sphincters ( a disparu. Au bout de 4 semaines la patiente peut lever les deux jambes et rester debout quelques instants ; la fièvre a diminué (cessé). Au bout de 7 semaines, la patiente peut circuler dans la chambre, mais en traînant un peu les jambes.
22° Observation personnelle. — Paraplégie traumatique. Soldat âgé de 23 ans, a reçu à Werth (6 août 1870) une blessure par arme à feu de la colonne vertébrale du co" (la balle a passé du milieu du muscle sterno-cleido gauche jusqu'à rextréinité postérieure de l'épine droite scapulaire, probablement en traversant la colonne vertébrale). Immédiatement après, paralysie complète et anesthésie des jambes et au-dessus, jusqu'à la poitrine ; rétention, et plus tard incontinence d'urine qui disparait au bout de 4 semaines. La sensibilité et la motilité s'améliorent peu à peu, surtout à la jambe gauche ; la plaie guérit sans incident. État au 20 octobre 4870 : épines des 6e et 7e vertèbres du cou un peu sensibles à la pression. Sensibilité assez bien rétablie ; elle n'est plus qu'émoussée un peu abjectivement ; tous les mouvements de la jambe gauche peuvent de nouveau s'effectuer, mais encore sans grande force ni sûreté ; par ce Ure, la jambe droite est encore fortement parésique ; les mouvements du pied et de^ orteils sont presque imperceptibles. Souvent tremblement clonique dans les jambes, surtout à droite (clonus du pied). Les bras sont libres. Les selles et la mixtion sont normales. Excitabilité électrique dans les extrémités supérieures, bien conservée. Traitement galvanique : courants stables à travers le dos, surtout en tenant compte de la région blessée ; puis le pôle positif sur la nuque et le pôle négatif labile à travers les nerfs des jambes. (Il faut, pour le traitement, porter le patient). Dès lors l'amélioration marche à grands pas ; après la 7e séance, le patient peut déjà se tenir debout, un peu sur la jambe gauche et remuer plus aisément et plus librement la jambe droite. Après la 10e séance, il peut faire à pied le tour de son lit. Après la 12e séance, il se tient debout ferme et seul, puis il fait quelques pas. Après la 16e, il vient seul au traitement appuyé sur un bâton. Après la 40e séance, il marche lestement, avec l'appui de sa canne; seulement il traine un peu la jambe droite.
23° Observation de Seeligmùller. — Myélopathie. Tabès dor salis? Maçon âgé de quarante-deux ans. Depuis deux ans, deuxième attaque d'une paralysie qui dure encore. Marche incertaine, vacillante, avec l'aide exclusive d'une canne. Il traine la jambe gauche, faiblesse dans le bras droit ; le patient chancelé fortement quand il a les yeux fermés. Impossibilité de monter sur une chaise. Douleurs à la nuque et aux lombes, paresthésies des mains et des pieds, douleurs à la ceinture, anesthésie des mains et zone anesthésique à la nuque, depuis la pointe de l'omoplate jusqu'au vertex. Impuissance, faiblesse de la vessie, constipation. Traitement galvanique : dix éléments, descendant à travers le dos (nuque-reins). Tous les jours dix minute-. — Résultat merveilleux . Dès la première séance douleur moindre, son-
sibililé améliorée. Pour la première fois depuis long-temps, le patient traverse la rue, sans canne. Après la cinquième séance, la marche est visiblement améliorée. Plus de sensation de lassitude. Bon sommeil. Sensibilité presque entièrement rétablie. Après quatorze séances, le patient est renvoyé comme guéri; il peut travailler comme maçon et comme allumeur de lanternes. Au bout de dix-huit mois, l'amélioration s'est maintenue complète.
•24° Observation de von Krafft-Ebing. — Tubes dorsalis. Boucher âgé de vingt-six ans, malade depuis un an. Paresthésies. sensations de coton et engourdissements des jambes, qui sont faibles et incertaines; douleurs en éclairs, térêbrantes des extrémités inférieures; incertitude dans l'obscurité, en gravissant des escaliers et en tournant ; marche de plus en plus difficile, possible seulement à l'aide d'une canne. Vessie et rectum intacts. Les frictions froides et le nitrate d'argent n'ont pas eu de résultat notable. Le patient présente une alaxie intense aux extrémités inférieures; la force est bien conservée : le patient ne peut marcher qu'environ cinq minutes et avec une canne. Il chancelle beaucoup quand il a les yeux fermés. Marche traînante, douleurs lancinantes, anesthésies circonscrites, particulièrement dans la partie inférieure de la cuisse droite et dans le pied. Traitement galvanique : courant stable le lona- de la colonne vertébrale, tous les jours quelques minutes, excitation labile du péronié. Dès la quatrième séance, amélioration visible. Après cinq semaines, le traitement dut être interrompu. Amélioration très notable ; disparition complète des troubles sensibles; plus de chancellement, les yeux fermés ; la vigueur, la sûreté et l'usage de ses jambes sont revenus ; il peut se promener pendant une ou deux heures et reprendre ses rudes fonctions de boucher.
2o° Observ. personnelle. — Tabos dorsalis. Tailleur âgé de 33 ans, a eu précédemment des chancres ; depuis 8 ans. il a des douleurs typiques lancinantes. Faiblesse excitable des organes sexuels, tremblement des jambes; depuis 3 ans, faiblesse des jambes ; démarche incertaine et traînante, paresthésies. 11 y a 3 ou 4 mois, le mal a promptement empiré. Grande incertitude dans l'obscurité ; jamais de diplopie. État : ataxie intense des jambes, il ne peut marcher ni rester debout que si on le soutient ; la force est un peu diminuée; ia sensibilité cutanée des jambes a fortement baissé, ralentissement accentué de la conductibilité de la douleur, souffrances avec retard de la sensation. Forte diminution de la sensibilité des muscles. Chutes quand les yeux sont fermés. Réflexes de la peau faibles. Absence de réflexes tendineux. Faiblesse de la vessie, impuissances. Extrémités supérieures, cerveau et nerfs du cerveau à l'état normal. Excitabilité électrique dans les péroniés simplement diminuée, dans les cubitaux anomalie qualitative de la loi de secousse AnFS < KaFS (voir plus haut page 499), Traitement galvanique: 12 éléments, en montant du dos au sympathique, en alternant la position des pôles positifs; 18 éléments, en montant à travers la colonne vertébrale, en alternant la position des pôles négatifs, tous les jours; tous les deux jouis en outre, pôle négatif labile, montant à travers les nerfs des jambes (En même temps, nitrate d'argent). Au bout de 8 jours déjà, le patient sent qu'ilpeut mieux remuer ses jambes et qu'il marche d'une manièreplus assurée.
faits thérapeutiques: observations 391
Au bout de quatre semaines, la marche est encore bien meilleure; les Couleurs lancinantes ontbeaucoup diminué. 6 semaines plus tard, il peut marcher seul, à l'aide d'une canne. Au bout de huit semaines, il monte et descend seul un escalier ; la sensibilité est aussi amélioréeohjectivement. Douze semaines plus tard, l'amélioration a fait des progrès ; la cure est interrompue Au bout de six mois, le mieux est complet; mais il n'est pas encore question de cure définitive. Le patient marche seul, sans bâton, avec prestesse, mais toujours encore d'une manière ataxique. Il peut rester debout, les pieds collés l'un contre l'autre ; le trouble de la sensibilité est moindre, mais peut encore se constater. Les réflexes des tendons font encore défaut. 26° Observ. personnelle. - Tabès dorsalis au début ?). Atrophie des nerfs, optiques. Femme de 37 ans, depuis quelques- mois, diminution de la faculté de la vue qui s'aggrave de plus en plus : en même temps, douleurs déchirantes et endolorissement des jambes ; fatigue rapide soit dans la station verticale ou la marche, surtout à la jambe droite, de là une certaine claudication. Depuis, aussi, les pieds toujours froids. Les sphincters à l'état normal. État, en janvier 1875 : Amblyopie intense, compte les doigts des deux côtés de 12 à 16 pieds. Cécité pour le rouge, limitation du champ visuel, avecangles rentrants aux deux yeux, ophthalmoscopiquement : atrophie du nerf optique. Faiblesse des jamhes, marche titubante. La malade traîne un peu le pied droit. Elle se tient bien debout sur le pied gauche, mais difficilement sur le pied droit. Les mouvements isolés sont aussi un peu plus difficiles à droite qu'à gauche. Elle ne chancelle pas, après avoir fermé les yeux. Au dos du pied droit et aux orteils, anesthésie locale ; à part cela, la sensibilité est normale, Les extrémités supérieures, le cerveau, etc. sont dans l'état normal. Simple diminution de l'excitabilité électrique dans les péroniés, Traitement galvanique: 14 éléments, du dos au sympathique des deux côtés. 18 éléments, en montant, stables et labiles, à travers la colonne vertébrale. 8 éléments stables, de la nuque aux paupières fermées. Après dix séances, amélioration notable ; douleurs bien moindres ; sensibilité visiblement augmentée. La patiente marche avec beaucoup plus d'assurance, les pieds redeviennent chauds. — Après 30 séances amélioration notable. La patiente monte deux escaliers, sans difficulté ; elle marche plus facilement, plus vite et plus sûrement. Objectivement aussi a augmenté la force de la jambe droite. Les douleurs et le fourmillement ont entièrement disparu. Objectivement en ne peut plus constater de trouble de la sensibilité. Les yeux mêmes vont mieux. Elle voit les doigts des deux côtés, de 16 à 18 pieds; avec le verre convexe, elle lit J. n° 7. — Après la 45e séance (juin 1874), continuation du mieux. Elle gravit les escaliers et marche d'une façon très satisfaisante. Plus de souffrances, plus de sensation de coton aux jambes. Les pieds ne sont plus froids. La sensibilité objective est tout à fait normale ; l'état des yeux aussi s'améliore peu à peu. Su 200 (A) est reconnu à 20 pieds et elle lit (avec le verre convexe) .), n° 7. Le résultat de l'examen ophthalmoscopique est le même.
27° Observ. de Mor Meyer. — Tabès dorsalis. — Traitement de points douloureuxde la colonne vertébrale. Lithographe, âgé de 41 ans, atteint d'ataxie. 11 ne peut ni se tenir debout ni marcher sans appui. Il a une parésie de la vessie
et du rectum, des pnresthésies et une faculté de localisation défectueuse aux deux jambes et aux plantes des pieds, trouble de la sensibilité dans les cubitaux, douleurs lancinantes dans les jambes, et souffrance lors de la pression exercée sur les 4e et 6e ver tèbres dorsales. Traitement galvanique de la région endolorie avec le pôle positif stable; il eut pour résultat qu'après 4 ou 5 semaines le patient put de nouveau circuler dans la ville pendant des heures entières sans rien qui l'en empêchât. Deux ans après, à la suite d'un refroidissement, rechute avec les mêmes phénomènes ; cette fois encore, le même traitement eut des résultats exactement semblables, mais plus lents; on n'obtint d'ailleurs pas une guérison complète ; il resta une série de manifestations, quoique le patient eut recouvré pleinement sa faculté motrice.
28° Observ. de Drissen (chez M. Meyer). Tabès dor salis. Traitement d'un point douloureux à la pression. Homme de o2ans; il souffre, depuis six ans, de douleurs lancinantes, d'ataxie progressive survenue à la suite d'un violent refroidissement ; sa marche est très peu assurée ; il ne peut guère se tenir debout. Il tombe quand il a les yeux fermés. Anesthésie de la plante des pieds, surtout ù droite. La première vertèbre des reins est sensible à la pression. Traitement : application du pôle positif sur cette vertèbre, du pôle négatif alternativement à droite et à gauche sur l'os de la hanche. Après la cinquième séance, il ne chancelle presque plus, quand ses yeux sont fermés. L'insensibilité de la plante des pieds a disparu. Le patient fait de longues marches sans canne et sans fatigue. Il se déclare guéri et repart.
29° Observ. de Brenner. — Tabès dor salis. — Traitement de points douloureux à la colonne vertébrale. 42 ans, fort de la halle. Depuis un an, tabès accentué, auparavant syphilis. Après une diplopie préalable, des douleurs lancinantes, de la lassitude et de l'incertitude des jambes, de la faiblesse de la vessie, etc., survinrent une ataxie manifeste, de l'analgésie, absence des réflexes tendineux etc. Douleur en ceinture très intense, et rien qu'en deux endroits : la ceinture supérieure enlace, avec une largeur égale à celle de la main, la poitrine des deux côtés ; l'inférieure enlace le ventre au-dessus et au-dessous du nombril. V examen g akoniqu* , avec la Ka indique une région très douloureuse correspondant aux 2e, 3e, 4e et Lie vertèbres dorsales et une 2e pareille, à la hauteur de la première jusqu'à la troisième vertèbre lombaire. Après deux semaines de traitement, (avec le pôle positif stable) le point douloureux d'en haut a disparu complètement ainsi que la ceinture de la poitrine ; trois semaines plus tard, avec le même traitement, le point douloureux, d'en bas s'est aussi considérablement amélioré. Pour les autres symptômes tabiques du patient, traités également à la périphérie (faradiquement, il s'est manifesté une amélioration considérable. (Le malade, que j'ai encore aujourd'hui en observation, ne subit depuis des années, aucun progrès dans sa maladie).
30° Observ.de Mor. Meyer. — Myélopathie (tabès ?). — Traitement avec le pinceau furudique. Savant âgé de .:>4 ans. 11 soutfre, depuis bien des années, de faiblesse dans les jambes, périodiquement de maux de tête violents, douleurs sensibles dans le dos et aux extrémités. Les mains et les pieds refusent presque tout service. Tout à coup survint uue insensibilité complète des jambes avec des douleurs a la vessie. Le patient ne pouvant plus ni se tenir
faits thérapeutiques: observations :j;j3
debout ni marcher sans appui. Il chancelle beaucoup quand les yeux sont fermas. Douleurs en ceinture; douleurs vives et lancinantes aux extrémités tant inférieures que supérieures ; elles sont en partie anesthésiées. Incontinance d'urine, pieds froids. Traitement: le pinceau faradique est promené sur les extrémités avec un courant nettement sensible. Après trois séances, soulagement notable. — Après vingt séances, la cure est terminée. Le patieut peut de nouveau faire de longues marches et se servir de ses mains pour écrire ; les douleurs sont bien moindre. Le mieux continue les années suivantes.
:U° Observ. de Rumpf. — Tabès dorsulis. — Traitement avec le pinceau faradique. — Journalier, âgé de 40 ans. Jamais de syphilis. Il a beaucoup travaillé sur le sable humide. Dans l'espace de 11 ans, durant lesquels il a éprouvé des douleurs lancinantes, il est devenu de plus en plus incapable de marcher; il s'y joignit une violente affection d'estomac (crise gastrique ?) puis une faiblesse intense des jambes, avec des sensations anormales dans les pieds et dans les mains, douleur en ceinture, faiblesse de la vessie, enfin augmentation des souffrances telle, que le patient ne peut faire que de petites courses à pied, encore est-ce à l'aide d'une canne. Objectivement se manifeste une indubitable ataxie des extrémités inférieures et supérieures, malgré la conservation de la force motrice ; analgésie de toute la surface du corps : diminution de la sensibilité au toucher et à la température ; forte sensation de lassitude, douleur en ceinture et faiblesse de la vessie; absence totale des réflexes tendineux. Le malade ne chancelle pas quand il a les yeux fermés, pas de contraction réflexe des pupilles.
Traitement avec le pinceau faradique : pôle positif sur le sternum; pinceau promené sur le dos, puis sur les extrémités, deux fois, pendant dix minutes environ, tous les deux jours. Après la faradisation, les douleurs ont presque disparu; la douleur en ceinture est moindre, la sensibilité s'est améliorée. Au bout de quatre semaines, mieux sensible sous tous les rapports : seules la lassitude des jambes durent encore. Alors galvanisation du dos alternant avec l'emploi du pinceau faradique ; cinq semaines plus tard, le patient est renvoyé guéri et capable de travailler. Objectivement, il n'y avait plus rien à constater que l'absence totale des réflexes tendineux et du réflexe de la plante des pieds. Au bout d'un an, la guérison est complète ; les réflexes patellaires font toujours défaut; mais les réflexes tendineux aux extrémités supérieures et le réflexe plantaire sont revenus.
'M0 Observation personnelle . — Paralysie spinale spastique. Myélite dorsale • 'nonique (?). — Femme de 30 ans, malade depuis cinq ans, faiblesse des jambes avec sensation de froid et engourdissement ; jamais de douleurs : le mal empire peu à peu. En dernier lieu, faiblesse des bras : depuis six mois, entière impossibilité de se tenir debout et de marcher. Sphincters normaux. — État: les deux extrémités inférieures sont très parésiques, les mouvements lents et peu assurés. Les jambes présentent une certaine rigidité ; lors des mouvements passifs, très vives tensions et contractures musculaires ; exagéralion des réflexes tendineux (clonus du pied). Sensibilité à peine troublée ; sensation subjective de fourmillement. Objectivement, la sensation de loucher et de douleur, le sens de l'espace est parfaitement normal ; dans quel-
ques endroits seulement, la sensation de la température est quelque peu émoussée. Réflexe de la peau un peu exagéré ; vessie normale. — Les extrémités supérieures ne sont pas notablement troublées. État tout à fait normal de la tête et des nerfs du cerveau. — Traitement galvanique du dos, y compris le sympathique du cou. Succès tout à fait surprenant. Au bout de cinq semaines, amélioration déjà très sensible ; jambes plus maniables, plus mobiles ; mouvements isolés plus énergiques et plus prompts ; les tensions des muscles ont presque disparu. La marche est raide et maladroite. Deux mois après, on voit que l'amélioration a continué, bien que lentement. La sensibilité est tout à fait normale. La motilité est bien meilleure, mais pas encore parfaite. La patiente ressent encore une grande faiblesse, mais elle peut marcher seule par la chambre et gravir seule l'escalier. 11 reste encore de faibles tensions des muscles et le clonus du pied. Elle est renvoyée.
33° Observation personnelle. — Poliomyélite antérieure subaiguè. — 47 ans, fumiste, éprouve depuis longtemps des sensations de fatigue dans les jambes. 11 tomba malade au commencement d'octobre 1878 et eut d'abord des accès de fièvre, avec une sensation de lourdeur et de légères douleurs aux extrémités; le lendemain, grande faiblesse, qui le force de marcher très lentement; le surlendemain, il s'affaissa sur lui-même, en sortant. Au bout de huit à dix jours, sa faiblesse s'était changée en une paralysie complète des jambes, qui ne dura toutefois qu'environ une semaine ; puis revinrent peu à peu quelques mouvements. Mais bientôt les douleurs devinrent plus vives pour redisparaître, quand la paralysie fut moins intense; mais point de paresthésies, point de trouble de la sensibilité. — Pas de crampes, vessie normale. — En .même temps un peu d'engourdissement dans les mains, et faible douleur dans les bras. — État à la fin de novembre 1878: tête et nerfs de la tête complètement libres. Muscles du cou, de la nuque et des épaules à l'état normal. — Extrémités supérieures tout à fait normales en ce qui concerne la motilité et la sensibilité ; seulement faible dépression du premier espace intercostal. Des deux côtés, existent des réflexes tendineux. — Muscles du ventre normaux. — Aux extrémités inférieures parésie accentuée de tout la zone crurale, des deux côtés; adducteurs également parésiques comme aussi la région du tibial. Dans la région du péroné seul, pas de parésie évidente. Sensibilité des extrémités inférieures parfaitement normale sous tous les rapports. Réflexes de la peau conservés. Les réflexes des tendons font défaut; seulement, à gauche, trace d'un réflexe patellaire. Les muscles parésiques sont tous plus ou moins atrophiés ; ils sont, à un haut degré, sensibles et endoloris, à la pression ou à la percussion (surtout la zone crurale et les mollets). L'examen électrique donne, dans tous, une DR complète ou partielle, comme aussi dans la région du péroné, des deux côtés. — Traitement gnlvu nique : 20 éléments, montants ou descendants sur le dos, principalement par. dessus le renflement lombaire. De 24 a 20 éléments, Ka labile et revirements du courant dans les nerfs et dans les muscles des jambes. — Déjà, après 0 jours, amélioration considérable. Le patient peut marcher sans canne. Après 10 jours, le patient est sorti de son lit et se promène beaucoup dans la chambre. Il se sent plus fort. Les muscles des jambes sont plus fermes et plus durs, bien moins endoloris lors d'une pression. Au bout de 4 semaines,
faits thérapeutiques: observations 335
amélioration notable; mais la réaction de dégénérescence subsiste encore et les réflexes des tendons font encore défaut. Pause dans Je traitement qui repris, ï semaines plus tard. Dans l'intervalle, le mieux fait des progrès et, le 6 février 1879, le patient est renvoyé comme presque guéri. La motilité es! excellente ; on ne peut plus constater de réaction de dégénérescence que dan? h) région du péroné. Les réflexes des tendons font encore défaut. La
circonférence des jambes s'est accrue considérablement. Plus tard °-ué-
rison complète et possibilité de travailler.
34° Observation personnelle. — Poliomyélite antérieure chronique [forme moyenne. — Mécanicien de chemin de fer, âgé de 36 ans. tombé malade en février 1877. Douleurs au bras gauche, diminution des forces, maigreur croissante. A la fin d'août, manifestations semblables, à l'extrémité inférieure de gauche et aussi de droite, à partir du 15 novembre. Douleurs profondes faiblesse et amaigrissement croissants. Sphincters normaux. — État à la fin de novembre 1877 : Parésie accentuée des deux jambes ; pas d'ataxie il ne chancelle pas, les yeux étant fermés. — Sensibilité normale dans toutes les directions. — Muscles très sensibles à la pression. Réflexes de la peau faibles. Réflexes des tendons très vifs. — Muscles du tronc et extrémité supérieure de droite, à l'état normal. Extrémité supérieure gauche, parésique et amaigrie. Leur sensibilité est normale. Muscles sensibles à la pression. Réfl.3xes des tendons vifs. Cerveau et nerfs du cerveau, colonne vertébrale vessie, etc., à l'état normal. Atrophie visible des deux jambes ; pas de contractions fibrillaires. — L'examen électrique donne très nettement la réac- I ion partielle de dégénérescence, surtout dans les jambes et dans la région radiale de l'extrémité supérieure de gauche. Traitement: courants galvaniques stables seulement sur le dos. — Au bout de 3 séances, amélioration notable ; cessation des douleurs, retour du sentiment de la force, les muscles nt de s'atrophier. L'amélioration augmente de plus en plus, la faiblesse disparait, la réaction de dégénérescence s'efface de plus en plus, les muscles deviennent plus élastiques et leurs mouvements plus- étendus, et, à la fin de mars 1878, on peut regarder le patient comme à peu près guéri.
35° Observation personnelle. — Atrophie musculaire progressive (forme typique). — Brasseur, âgé de 26 ans, libre de toute affection héréditaire, remarque, depuis l'hiver de 1872 à 1873, une légère faiblesse dans la main 'Iroile, jointe à un fourmillement et à des secousses passagères dans les petits muscles de la main. 11 éprouve aussi à l'épaule droite, une légère faise fonctionnelle : peu à peu s'affaissent les espaces interosseux de la main droite (particulièrement dans le premier espace inlerosseux) ; cette affection progresse lentement. Depuis 18 mois, cette atrophie s'est aussi manifestée à la main gauche : faiblesse, contractions fibrillaires et dépression des espaces interosseux. — Récemment aussi, dans les jambes, une certaine faiblesse, surtout à droite. A part cela, santé complète, aucune cause ne peut être invoquer ; pas de syphilis. — État au 1er mai 1879 : adroite, main légèrement iffes : espaces interosseux profondément déprimés, atrophie de l'hypothénar, bien moins, du thénar. — Mouvements des doigts défectueux et maladroits; cependant les interosseux ne sont pas tout à fait paralysés. Want-bras droit très maigre, dans son tiers inférieur. 11 montre de nom-
336 MALADIES DE LA MoELLE ÉPINIÈRE
breuses contractions fihrillaires, surtout dans les extenseurs. Muscles du haut du bras, un peu faibles ; ils présentent d'abondantes commotions iibrillaires, surtout dans le biceps. Le deltoïde est encore tout à fait normal. L'extrémité supérieure de gauche montre absolument les mêmes troubles, mais dans de moindres proportions. Le dynamomètre, à droite, 13°; à gauche, I90. — Sensibilité tout à fait normale. On n'aperçoit, aux jambes, rien d'anormal. Mais, sur le dos, atrophie de certaines parties musculaires (trapèze, sacro-lombaire). Pour le reste, tout est normal. L'examen électrique donne, dans les muscles de la main fort atrophiés, la réaction partielle de dégénérescence nettement accusée.
Traitement galvanique: galvanisation du sympathique ; puis le pôle positif stable sur le renflement cervical et lombaire, puis ensuite le pôle négatif stable. — Après, le pôle positif sur la nuque, le pôle labile à travers les nerfs et les muscles des extrémités supérieures, particulièrement sur l'avant-bras et la main. — Au 13 mai, dynam., à droite, 14°; à gauche, 19° Au 7 juin (après 26 séances), on a constaté un mieux sensible : dynam., à droite, 19°; a gauche, 33°. Les bras sont devenus visiblement plus forts. Le patient peut aussi se servir de ses mains mieux qu'auparavant ; il les meut avec plus de dextérité et de vigueur. Les paresthésies des bras ont disparu. Le patient est renvoyé dans son pays, pour y être traité ultérieurement.
Ce serait chose facile que d'augmenter considérablement Ja liste de ces observations ; mais on pourra se contenter de celles-ci. Dans le choix de ces exemples, il s'agirait surtout pour moi de trouver des cas où l'électricité avait indubitablement eu une action prompte et efficace et où elle avait été employée soit exclusivement soit à peu près seule. Il serait très difficile d'entasser les cas où l'électricité ne déploie son influence salutaire qu'après un emploi prolongé ou réitéré, ou peutêtre en alternant avec d'autres méthodes curatives, particulièrement dans les maladies graves et chroniques de la moelle épinière, clans le tabès, la myélite chronique, la paralysie spinale spastique, la paralysie spinale des enfants, etc. ainsi que dans les cas de névrosthénie prolongés et opiniâtres. Mais on n'a pas grand profit à utiliser ces cas comme arguments ; ils ne sont d'ailleurs guère plus instructifs que les autres. Us ne peuvent que servir de piédestal pour ce qu'il nous reste à dire sur les formes distinctes de maladies.
Naturellement, ici encore, il faut avouer que l'électrothérapie des maladies de la moelle épinière peut aussi compter un nombre extraordinaire d'insuccès, bien plus grand que celui des succès, et bien plus que cela ne serait à désirer pour l'intérêt des malades. En fin de compte, c'est un résultat inévitable, vu la nature des affections qu'il s'agit de traiter; mais ce n'est pas une raison pour nous faire renoncer aux études thérapeutiques.
Les observations, mentionnées plus haut et la somme de toutes les