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SCLÉROSE MULTIPLE-TABES

Dans la sclérose multiple, à côté du traitement spinal, doit naturellement prendre place le traitement du cerveau, suivant les méthodes ci-dessus indiquées (transmission du courant longitudinal, transversal ou oblique à travers la tête, traitement du sympathique du cou, etc.).

6. Le tabès dorsalis, en réalité la plus importante et la plus fréquente de toutes les affections de la moelle, a depuis longtemps déjà été l'objet de tentatives électrothérapeutiques, et surtout depuis les rérésultats favorables obtenus par Remak, on les a entrepris avec un grand succès et le courant électrique est en tout cas aujourd'hui, un des remèdes les plus importants du tabès. A la vérité, les résultats curât ifs dans cette triste maladie ne sont pas brillants et je dois vous mettre en garde ici tout particulièrement contre des illusions par trop grandes. Ce n'est que dans une quotité très minime de cas que s'est produite une réelle guérison ou une amélioration voisine de la guérison ; dans la plus forte moitié des cas, vous obtiendrez une amélioraplus ou moins avancée, pour le reste, vos efforts resteront sans résultat et la maladie progressera sans temps d'arrêt. L'opinion qui se dégage de toutes les observations nouvelles exemptes de préjugés et cela avec une évidence toujours plus grande, est que le tabès, dans la majeure partie des cas, doit être rattaché à la syphilis, point de vue qui, contrairement à l'opinion soutenue avec leurs déplorables conséquences, par ses adversaires, gagne chaque jour davantage en certitude.

Mais ici encore, on ne peut dire à l'avance des cas, s'ils auront un pronostic favorable ou défavorable, les tentatives thérapeutiques et processus ultérieurs pouvant seuls décider la question. Bien des fois, l'affection progresse étonnemment vite, en dépit de toutes les tentatives de guérison, jusqu'au point le plus fâcheux ; d'autres fois sa marche est incomparablement plus lente, il y a des rémissions qui durent des années, des dizaines d'années. Naturellement vous attendrez d'autant moins du traitement électrique, que le mal aura déjà progressé davantage ; plus tôt aura commencé ce traitement et plus il sera avantageux. Les progrès les plus récents réalisés dans le diagnostic du tabès, nous permettent maintenant, de reconnaître positivement la maladie, même dans ses périodes très primitives, et ces adjuvants du diagnostic, 'insistent en symptômes initiaux très importants (douleurs lancinantes, paresthésies, fatigue dans les jambes, absence des réflexes tendineux, contraction réflexe des pupilles, analgésie et ralentissement dans la conductibilité de la douleur, station chancelante pendant l'occlusion des yeux, paralysie des muscles de la vision, faiblesse de la vessie et des organes génitaux, etc.), de telle sorte qu'on peut tout ni moins accorder à la plupart des malades, la chance d'un trai-

tement possible, dès la première heure : chance qui a toujours sa valeur, puisque, à cette période, on n"a pas à s'attaquer à des modifications anatomiques notables, mais seulement à des troubles de nutrition initiaux, dans les régions radiculaires postérieures.

Malgré tout, même dans des cas semblables, lorsqu'il est possible de commencer le traitement de bonne heure, le pronostic doit être considéré comme excessivement douteux et la thérapeutique seule peut jeter sur lui de la clarté. — Les cas accompagnés de douleurs lancinantes fortes, me paraissent toujours particulièrement défavorables, ainsi que ceux qui progressent rapidement vers une ataxie très développée ; ceux accompagnés de troubles sensibles, prédominants, faiblesse de la vessie et faiblesse motrice sont relativement plus favorables ; mais ce sont là de pures impressions.

V excitabilité électrique a été trouvée par moi, dans beaucoup de cas de tabès, tout à fait normale, ne présente du moins pas de transformations palpables, même avec des méthodes exactes d'exploration. Mais dans une série de tabétiques, j'ai constaté une faible élération de F excitabilité faradique et galvanique dans les péroniers, sans aucune variation qualitative ; ces cas me paraissent devoir être, en majeure partie, de fraiche date; enfin, dans une autre série de malades, j'ai trouvé une diminution modérée de F excitabilité faradique et galvanique dans les péroniers, également sans variation qualitative ; c'étaient là pour la plupart, quoique pas tous, des cas déjà plus anciens. J'ai déjà ci-dessus (V. p. 160, 163, 165 ) donné les exemples nécessaires, je n'ai pas besoin d'en augmenter le nombre, le fait n'ayant aucune valeur diagnostique. Des modifications quantitatives de la loi des secousses ne se présentent, dans les nerfs, que dans des eus tout à fait isolés (V. IIe leçon, p. 205) ; je n'ai jamais pu constater, dans le tabès, la prétendue tendance plus grande aux secousses d'ouverture ; la DR ne se présente que dans des cas très rares de complication avec affection des colonnes antérieures grises.

J'ai déjà indiqué et motivé plus haut (11e leçon, p. 205) l'opinion que, dans le tabès, l'examen de la sensibilité faradocutanée, est un excellent moyen de reconnaître les troubles de la sensibilité de la peau, et je vous ai donné en même temps un court exposé de mes observations à ce sujet.

Pour le traitement, il est naturel d'appliquer en première ligne, l'action directe du courant galvanique sur la moelle épinière. Les méthodes mises en pratique, à cet effet, par chaque auteur, ne sont que peu différentes entre elles. //. Remak traitait les parties de la moelle considérées par lui comme étant spécialement malades, à l'aide de courant< a-»ez torts, stables ; von Kraffi Ebing a conseillé de faire passer des courants simples, stables, n'importe dans quelle direction.

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