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MÉNINGITE SPINALE

feslalions motrices d'excitation et de faiblesse, rarement paralysie réelle et atrophie, anesthésie plus ou moins étendue, faiblesse de la vessie, etc., tous ces phénomènes peuvent être étrangement associés les uns aux autres, et ils se distinguent assez fréquemment par une certaine instabilité et de grandes oscillations. — L'excitabilité électrique ne présente pas d'état caractéristique ; ce n'est que quand les racines antérieures sont fortement lésées, atrophiées et dégénérées, qu'on en arrive à la diminution de l'excitabilité électrique et à la réaction de dégénérescence ; pourtant il est rare qu'on puisse tirer de là quelque chose de sûr pour le diagnostic principal.

Le traitement en principe devra être dirigé dans le sens des actions catalytiques ; on usera aussi des courants stables, traversant la moelle dorsale, autant que possible dans toute son étendue ! les deux pôles au dos, voyageant tous deux successivement d'une place à l'autre, de la nuque aux reins ! Lorsque apparaissent des manifestations d'excitation, vous donnerez à l'An une action prépondérante et vous prendrez surtout, le courant descendant, en plaçant aussi profondément que possible la Ka sur le sacrum. Cette action unipolaire sera encore plus sûre, quand la Ka sera placée sur la surface antérieure du tronc. Au début, des forces de courant modérées ; la durée de la séance peut être assez considérable, 4-10 minutes. — Les symptômes spéciaux demandent alors souvent des procédés encore plus spéciaux.

2. Dans V apoplexie méningée (apparition soudaine, sans fièvre, de manifestations méningées d'excitation, avec parésie paraplégique ou paralysie se développant rapidement, qui le plus souvent se met bientôt à rétrocéder), l'emploi du courant galvanique peut être d'une utilité manifeste, h' application se guide sur le siège de l'hémorragie et son étendue probable : l'action stable du courant, les deux pôles l'un après l'autre, aura sa raison d'être ici, pour obtenir les actions catalytiques destinées à produire la résorption et la nutrition. En outre le traitement périphérique de la partie peut-être paralysée, anesthésiée et même atrophiée.

3. Les maladies fonctionnelles de la moelle épinière paraissent a priori être au nombre des objectifs les plus favorables pour l'électrothérapie. Mais il n'est pas rare que les espérances dans ce sens soient complètement déçues et que l'on essaie inutilement de toutes les méthodes éleetrisantes possibles, afin de guérir une irritation spinale ou une oévrosthénie grave. Souvent cela peut tenir ace que ces affections se développent précisément sur un terrain névropathique grave, dont les effets ne peuvent naturellement, pas être facilement atténués; mais

il n'est pas rare de constater aussi des effets très favorables et heureux, spécialement dans la névrosthénie, les suites d'une simple commotion, etc. — L'exploration électrique ne fournit point, dans la plupart de ces cas, de résultats remarquables ; quelquefois, là où il s'agissait d'une commotion et de ses conséquences plus ou moins chroniques, j'ai constaté un affaiblissement, quelquefois aussi un accroissement de l'excitabilité électrique, que l'on ne pouvait démontrer qu'à l'aide d'une investigation très exacte ; dans un cas encore, je vis l'augmentation primitive se changer peu à peu en affaiblissement.

Dans la commotion de la moelle épinière, vous n'aurez généralement à traiter, que ses résultats, légers troubles fonctionnels, faiblesses, etc., résultant de troubles de nutrition plus délicats, ou bien des perturba-, tions fonctionnelles plus graves, plus tenaces et peut-être progressives, ayant pour base une myéloméningite (Raihvay-spine) se rattachant à la commotion. — Dans la dernière hypothèse, le traitement est identique à celui des cas de même nature, ayant une autre origine ; dans la première, il s'agit, d'une part, d'une excitation directe ou indirecte des fonctions de la moelle épinière, de l'autre, d'une influence directe ou indirecte exercée sur les phénomènes de nutrition et de circulation. Vous pouvez d'ailleurs appliquer des méthodes de traitement très diverses ; galvanisation de la colonne vertébrale, avec des courants stables, pas trop forts, montants et descendants; choix du pôle qui doit êtrele plusaetif, reposant sur des manifestations principales; en outre accidentellement, traitement symptomatique des troubles périphériques les plus apparents. — Ultérieurement, faradisation de la colonne vertébrale, conformément aux récentes recommandations de Lowenfeld ; ensuite également aussi, la faradisation générale, particulièrement dans la faiblesse, le défaut de résistance et de nutrition des femmes délicates, etc.; enfin peut-être aussi la faradisation cutanée, surtout dans les cas où des manifestations sensibles d'excitation, des névralgies se produisent, ou bien où existent des signes évidents d'hvperémie ou d'anémie de la moelle épinière.

L'irritation spinale proprement dite, celle caractérisée surtout par des phénomènes d'excitation, douleur dorsale, sensibilité des apophyses, névralgies, excitabilité vaso-motrice exagérée, signes de faiblesse motrice et de fatigue, insomnie, accidentellement aussi symptômes hystériques de tous genres, est certes la plus résistante au traitement électrique ; mais bien des fois on obtient là de brillants résultats. Le traitement appliqué peut être le même que pour la commotion, mais avec grande circonspection et courants très faibles, parce que toute action trop énergique nuit habituellement à ces malades. Dans bien des cas, il suffit d'un courant stable ascendant à travers la colonne vertébrale, depuis les reins jusqu'à la nuque, et appliqué de telle sorte

commotion; irritation spinale ; névrostrénie 347

que l'on prenne entre les deux pôles les parties spécialement douloureuses ; courants faibles ; séances de courte durée ! — Ensuite il serait indiqué de faire agir le pôle positif stable sur la vertèbre particulièrement douloureuse, au moyen d'un faible courant, durant quelques minutes (3-10) ; mais, dans bien des cas, le pôle négatif appliqué de même façon, réussit mieux. — Ultérieurement vous pouvez essayer, d'après Lôwenfeld, de la faradisation de la colonne vertébrale, directe, modérément énergique ; lorsqu'il existe des signes manifestes d'excitation, promenez le pinceau f ar ado cutané , à l'occasion, placez le pinceau faradique juste sur les apophyses douloureuses (comme contre-excitant) ; la faradlsation générale semble être aussi, clans bien des cas, d'un emploi excellent ; naturellement elle doit être essayée d'une façon soigneusement graduelle en ce qui concerne la quantité des courants et la durée des séances. La galvanisation centrale est peutêtre utile à tenter, dans maintes formes, notamment quand il existe conjointement des symptômes cérébraux. Précisément dans ces cas. souvent très tenaces et de longue durée, il faut faire un certain choix parmi les méthodes. Fréquemment, dans ces formes de maladies, on éprouve cette impression que là où le traitement électrique est possible, toutes les méthodes appliquées d'une façon judicieuse peuvent donner des résultats et que vice versa, là où une méthode n'est d'aucun secours, les autres habituellement vous sont également inutile^. De même pour les maladies fonctionnelles de la moelle épinière les plus fréquentes, la névrosthénie spinale, avec ses manifestations prépondérantes de faiblesse et l'épuisement qui l'accompagne dans toutes les régions possibles du système nervospinale (faiblesse motrice, paresthésies, épuisement sexuel, etc.), des méthodes de traitement électrique très diverses peuvent être employées ; deux d'entre elles pourtant méritent d'être essayées en première ligne, la galvanisation de la colonne vertébrale avec courants stables ascendants, à l'occasion celle du sympathique du cou, et la faradlsation générale dont les résultats sont, ajuste titre, prônés sur ce terrain. Même, pour ces malades, la circonspection et un accroissement très graduel de l'action sont de rigueur. Le traitement doit habituellement être poursuivi pendant assez longtemps. Si par lui vous n'atteignez pas le but, il faut essayer celui des points de pression douloureux sur la colonne vertébrale, le pinceau cutané, éventuellement encore la galvanisation centrale. En outre alors, dansdes cas convenables, le traitement périphérique des jambes, des parties génitales, également bien celui du sympathique du cou et celui de la tête (dans l'insomnie, les humeurs noires, etc).

Par suite de la grande incertitude qui règne encore sur le diagnostic de thyperémie et de V anémie de la moelle dorsale, on ne peut rien dire

de positif au sujet de leur traitement électrique. Vous appliquerez là, mutatis mutandis, les méthodes semblables à celles en usage pour l'hyperémie et l'anémie cérébrales. Pour l'hyperémie, je vous recommande fort, en première ligne, une tentative avec la méthode de Rumpf, du pinceau faradocutané ; pour l'anémie, j'essaierais tout d'abord le traitement galvanique, particulièrement l'action stable de l'anode.

i. Les hémorragies dans la moelle épinibre, qui certes en général sont des phénomènes rares, peuvent naturellement être traités absolument suivant les mêmes principes que les hémorragies dans le cerveau. Il s'agit bien là le plus souvent de paraplégies graves, d'un pronostic fâcheux, pour lesquelles on ne peut, quand la vie reste conservée et que les choses ont passé à l'état chronique, recourir au traitement électrique que quand les symptômes menaçants ont disparu. D'après le siège de l'épanchement sanguin, il s'agit de paraplégies avec anesthésie, de paralysie de la vessie, avec ou sans atrophie des muscles et par suite aussi avec ou sans réaction de dégénérescence ; la dernière se manifeste régulièrement, quand l'hémorragie a lieu dans le domaine du renflement cervical ou lombaire ; une paralysie atrophique plus ou moins étendue en est la suite régulière.

On ne saurait attendre, en de semblables cas, beaucoup de succès du traitement galvanique, les effets destructeurs de l'hémorragie étant habituellement si importants sur une région si étroite, que la plus grande partie du tissu nerveux atteint par lui est irrémédiablement perdue. On peut toujours espérer, dans ce sens, que ce qui n'est pas absolument détruit, ce qui n'est que matériellement lésé ou altéré par l'inflammation de réaction, pourra être préservé d'une destruction totale et recouvrer en partie ses fonctions. En tous cas, il y a lieu de faire des tentatives avec le traitement électrique. Le siège de la lésion est habituellement aisé à déterminer; de ce côté a lieu l'application d'une grande électrode bien fixée dessus, d'abord positive, ensuite négative, tandis que l'indifférente sera appliquée au-dessus ou au-dessous, au dos ou au sternum : courant stable durant plusieurs minutes. — Du courant faradique, on n'a pas ici beaucoup à attendre. — En outre, traitement syinptomatique périphérique de l'anesthésic, de la paralysie et de l'atrophie, de la paralysie delà vessie, atonie de l'intestin, etc.

Exactement de même opérerez-vous, pour les lésions traumaliques graves de la moelle épinibre (lésion par instruments piquants ou tranchants, coup de feu, écrasement par fracture ou luxations vertébrales, commotion grave, etc.), à moins que la vie ne reste maintenue dans ces

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cas et que les choses en arrivent à un état chronique de paraplégie ; vous ne pourrez pas non plus concevoir grand espoir en pareil cas; mais on ne peut pas de prime abord constater ces complications, comme nous l'apprend l'observation 22, citée plus haut et relative à une lésion de la colonne vertébrale par un coup d'arme à feu. Et même dans des cas plus graves et plus anciens, j'ai pourtant rendu service aux malades en rétablissant le fonctionnement de muscles isolés et autres choses semblables.

o.vLa myélite, dans ses diverses formes, fournit à l'électrothérapie les indications les plus diverses et nécessite les méthodes d'application les plus dissemblables. Naturellement il s'agira ici particulièrement des formes subaiguës et chroniques ; l'emploi du courant, dans la période initiale d'une myélite aiguë, doit être évité et réservé pour les suites et conséquences de celle-ci '.

Naturellement, le siège, le développement, l'intensité et la gravité du processus de la myélite chronique, vraisemblablement aussi l'étiologie (commotion, refroidissement, excès névropathiques, syphilis, etc.), produisent des différences extrêmement 'grandes, par rapport au but thérapeutique à atteindre.

Si nous négligeons les formes limitées à la substance grise antérieure (polyomyélite) et les dégénérescences localisées aux cordons (maladies systématiques, tabès, sclérose latérale), les formes habituelles de la myélite chronique (myélite transverse, sclérose multiple, myélite centrale, myélite de compression, myélite générale progressive, myéloméningite chronique, etc.) offrent, pour la plupart, très peu de chances favorables au traitement électrique. Toujours, pourtant, on se heurte de-çi et de-là à des cas dans lesquels le traitement électrique est d'une utilité tout à fait évidente, où, par le fait de la persévérance, on obtient une amélioration notable et même une guérison complète, ou tout au moins des rémissions de longue durée et satisfaisantes dans le cours de la maladie. J'ai constaté cela, à plusieurs reprises, pour la myélite transverse dorsale; la myélite de compression présente aussi des chances relativement favorables, dans le cas où il s'agit d'une cause de compression guérissable (mal de Pott) ; même dans la sclérose multiple, j'ai dû maintes fois assigner en partie l'amélioration qui apparaissait à l'action favorable du traitement électrique. On a par suite, le devoir de procéder en toutes circonstances de ce genre à une tentative systématique et suffisante de traitement électrique, parce qu'en

1. Dans le cas de Lewin, le diagnostic d'une myélite aiguë était pourtant trop incertain pour pouvoir servir de base à des indications déterminées.

étudiant les cas, ou ne peut prédire à l'avance s'ils donneront un pronostic favorable ou défavorable.

L'état de l excitabilité électrique se comporte naturellement très diversement, dans la myélite chronique, suivant le siège, l'étendue et la gravité de la lésion ; il y a dans bien des cas, des points d'appui très importants pour un diagnostic exact ; dans d'autres cas au contraire on ne peut obtenir aucune lumière digne d'être mentionnée. Dans le plus grand nombre de cas, l'excitabilité électrique quantitative et qualitative reste normale (ainsi par exemple dans la myélite transverse dorsale) ; ce n'est qu'exceptionnellement, que j'ai pu constater une évidente augmentation de l'excitabilité faradique et galvanique, dans les nerfs des membres paraplégiques ; on constate plus souvent, surtout quand la maladie est de longue durée, une légère décroissance quantitative ; dans des cas particuliers, on aurait aussi constaté une simple et grande décroissance sans anomalie qualitative ; le cas ne s'est pas encore présenté pour moi ; par contre, j'ai rencontré souvent la DR (tant partielle que complète) et à la vérité, partout où les colonnes antérieures grises du renflement cervical et lombaire étaient comprises dans le foyer de la maladie ; à cela se relie toujours une atrophie dégénérative manifeste des muscles et une disparition des réflexes et souvent on peut tirer delà des jalons importants pour la localisation exacte de l'affection.

Le courant électrique ne peut donner quelque résultat dans ces formes de maladie que par ses effets eatalytiques ; par suite, indubitablement, le traitement direct du foyer de la maladie, par le courant galvanique, est la méthode à appliquer avant toutes. Tous les modes d'application ci-dessus indiqués peuvent faire ligure ici ; pour les foyers plus circonscrits, l'application stable et successive des deux pôles avec une force de courant modérée et sans une trop longue durée d'application (4-5 minutes) ; pour des affections plus diffuses ou atteignant les cordons, le courant doit être dirigé en longueur, en changeant successivement les points d'application des pôles, éventuellement avec introduction du sympathique du cou. — Il faut en tout cas rechercher les points de pression douloureux, et quand on les trouve, il faut y appliquer le pôle positif stable. — Dans la myélite de compression avec cyphose, vous disposez les électrodes tout contre en dessus et en dessous d'elle. A cela s'ajoute encore le traitement sijmplomatiquc périphérique pour les troubles fonctionnels les plus importants. — On doit attendre aussi peu que rien d'un traitement faradique direct; par contre, diverses observations font regarder comme non impossible que l'action réflexe, par le pinceau faradocutané ou une faradisalion générale, agisse d'une manière favorable dans des cas semblable:».

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