P0LY0MYEL1TE ANTÉRIEURE CHRONIQUE
une paralysie flasque avec une atrophie dégénérative des muscles, survenant brusquement et une réaction de dégénérescence, partielle ou totale. — Sa marche est le plus souvent bénigne, elle arrive bientôt à un état stationnaire, à la régression et même à une guérison complète de la paralysie. Il faut indubitablement chercher sa base anatomique dans un trouble inflammatoire de nutrition des colonnes grises antérieures, mais qui n'a évidemment pas l'apparence délétère de celle de la polyomyélite antérieure aiguë.
L'exploration électrique fournit, dans cette maladie, et c'est un de ses caractères essentiels, la DR dans toutes les phases possibles cle son développement et sans particularités quelconques, le plus souvent la forme complète ; il y a cependant des cas avec seulement la DR partielle, qui présentent alors un pronostic favorable. Cependant on peut voir aussi que la DR partielle existe seulement dans quelques régions nervo-musculaires à côté d'autres régions où la réaction de dégénérescence est complète. On voit même, dans une seule et même région nervo-musculaire, la réaction de dégénérescence initiale se convertir en réaction complète. — Quand la maladie est guérie, l'excitabilité électrique revient peu à peu à son état normal.
Le traitement électrique consiste dans l'emploi du courant galvanique sur le dos, d'après les méthodes que vous connaissez maintenant et qui sont déterminées chaque fois par la localisation actuelle et l'extension du processus. Comme ce sont particulièrement les renflements qui sont d'habitude les sièges du mal, vous les amènerez spécialement sous l'action des pôles, de chaque pôle l'un après l'autre, avec des courants stables d'une force suffisante. Vous y ajouterez le traitement périphérique des régions nervo-musculaires paralysées et atrophiées, avec le pôle négatif labile, des commutations de courant, etc., suivant les besoins. Dans cette maladie, vous pourrez, le plus souvent, vous passer du courant faradique ; cependant il pourra être employé, dans la réaction partielle de dégénérescence, pour l'irritation périphérique des nerfs et des muscles.
Les résultats sont d'ordinaire très satisfaisants ; à plusieurs reprises, dans des cas semblables, j'ai vu que l'emploi du courant galvanique était immédiatement suivi d'un mieux sensible, ce qui arrive ordinairement après un traitement de courte durée. (Voir plus haut, observation 33 et 34.) Cependant le mal peut quelquefois se prolonger et exiger un traitement plus prolongé. Le nombre de ces cas traités jusqu'ici est encore trop faible pour qu'on puisse décider à. quel moment précis doit commencer le traitement, si l'on veut qu'il soit efficace ; je dirais a priori : le plus tôt possible ! Seulement en cas de fièvre, mieux vaut attendre que la fièvre ait cessé.
10. V atrophie musculaire progressive qui, dans sa forme typique, doit être considérée indubitablement comme une maladie spinale et surtout comme une dégénérescence disséminée et progressive des colonnes grises antérieures, est caractérisée surtout par une atrophie dégénérative, continuellement progressive, partant de certains groupes de muscles et s'étendant lentement sur une grande partie des muscles libres et volontaires, avec des secousses fibrillaires et par une paralysie des muscles survenant seulement plus tard et les faisant complètement disparaître ; sans trouble de la sensibilité, des sphincters, de la nutrition de la peau, du cerveau et des nerfs cérébraux ; en outre, il arrive assez souvent, vers la fin, qu'elle se combine avec une paralysie bulbaire progressive. D'après cette définition, il est facile de distinguer cette maladie d'avec d'autres formes morbides semblables et analogues ; il est vrai que l'on confond encore toujours sous ce nom bien des affections qui ne rentrent pas dans cette catégorie.
Un puissant moyen d'opérer cette distinction nous est fourni, selon moi, \>-à.v Y exploration électrique. Sans doule, au début de la maladie, on ne peut pas constater d'anomalie évidente et, même quand la maladie dure longtemps, on ne trouve, dans beaucoup de nerfs et de muscles, qu'une simple diminution de l'excitabilité faradique et galvanique, correspondant au degré de l'atrophie. Mais plus tard, quand la dégénérescence progresse, on rencontre, surtout dans certains muscles, des indices de DR, qui deviennent de plus en plus visibles. C'est à quoi l'on pouvait s'attendre a priori, car les modifications anatomiques, sont complètement identiques avec celles des paralysies traumatiques ou de la paralysie spinale des enfants, avec cette seule différence qu'elles n'atteignent les muscles que d'une façon diffuse, fibre par fibre.
Tout d'abord ne se montre que la réaction partielle de dégénérescence, c'est-à-dire, que l'excitabilité faradique est diminuée, mais non supprimée ; mais l'excitabilité galvanique des muscles est modifiée d'une manière caractéristique, c'est-à-dire, que les secousses sont lentes, que l'AnFS est tardive ; mais ordinairement l'excitabilité a déjà bien diminué ; dans une phase ultérieure, quand l'atrophie a déjà fait de grands progrès, on arrive à une DR complète. Cette modification se trouve plus souvent et se constate le plus aisément d'ordinaire dans les petits muscles de la main, dans l'éminence thénar, dans l'hypothénar et dans les interosseux. Mais occasionnellement j'ai aussi pu la montrer sur d'autres muscles, sur les fléchisseurs de l'avantbras, le biceps, le deltoïde etc. et, en dépit des assertions contraires encore souvent admises, je dois considérer cette apparition de la DR, dans l'atrophie musculaire typique et progressive, comme un phénomène parfaitement régulier; du moins je l'ai toujours retrouvé