TRAITEMENT DE LA NÉVRITE
travers la tête. — Amélioration progressive . Au bout de trois mois, Vue cinq ï, avec la même facilité qu'au commencement, vingt. Les résultats pouvaient journellement se constater après chaque galvanisation. Janvier 1872 : amélioration notable, même des lésions constatées à l'ophtalmoscope. Artères plus spacieuses ; veines plus étroites et moins tordues. L'amélioration fit encore des progrès.
Juste comme pour les maladies du cerveau et de la moelle épinière, nous sommes forcés, ici, de déduire des expériences thérapeutiques, comme de nos théories générales électro-thérapeutiques, que, dans les maladies des nerfs périphériques, en tant qu'il s'agit de produire des actions eatalytiques et vasomotrices, nous devons employer en première ligne et presque exclusivement le courant galvanique. On peut faire usage du courant faradique, comme du courant galvanique, pour obtenir des actions excitantes et modifiantes, et faire disparaître des troubles nutritifs moléculaires plus délicats.
Naturellement, il s'agira aussi, dans la plupart des cas, d'un traitetement, aussi direct que possible, de la partie morbide. Malgré cela, il ne faudra pas exclure une action indirecte, puisqu'il est bien possible de mettre en activité des actions vasomotrices et même trophiques, en prenant pour points de départ, les parties des nerfs périphériques, situées au-dessus, ou les voies sympathiques (sympathique du cou dans la névrite optique) ou même en partant de la moelle épinière et de ses centres ; enfin, dans beaucoup de cas aussi, une action réflexe, à partir de la peau (emploi du pinceau faradique, etc.), peut ne pas être infructueuse, surtout dans les états plutôt fonctionnels et principalement moléculaires (par exemple dans les névralgies). Dans tous les cas, où l'on ne saurait produire une action tout à fait directe sur le nerf malade (par exemple sur les nerfs de la base du crâne, sur le nerf optique, etc.), vous emploierez, de préférence, ces actions eatalytiques indirectes.
Pour les formes spéciales d'affections nerveuses périphériques, souvenez-vous toujours des modes d'application suivants :
Pour la névrite — du moins pour toutes les formes les plus récentes — l'action généralement la plus favorable est celle du pôle positif stable, le pôle négatif restant directement en face ou sur un point indifférent quelconque (sternum) ; mais je trouve qu'il vaudrait mieux appliquer, si c'était possible, le pôle négatif sur un segment plus central du nerf malade ou sur la région contiguë de la moelle épinière, sur le renflement cervical ou lombaire, pour agir simultanément sur les nerfs et centres vaso-moteurs (et trophiques?|. Vous userez, àcet effet, de courants de force modérée (de 2o à 40 degrés de déclinaison de l'aiguille, avec 150 de résistance au courant) et, suivant les circonstances, vous ferez agir le courant pendant 2, 5 et 10 minutes ; le plus souvent, le
résultat obtenu fournira un point d'appui pour la durée de la séance. Dan? des cas plus anciens, tout à fait chroniques (voir l'observation 37), où l'on peut admettre de l'induration conjonctive, de la cirrhose, de la sécheresse du tissu, où l'on a démontré la présence d'une atrophie dégénérative avancée, employez le pôle positif, alternativement avec le pùle négatif, parfois même ce dernier de préférence et avec une plus grande intensité. Vous emploierez exactement les mêmes procédés pour les hémorragies dans les gaines nerveuses, qui se produisent aussi rarement qu'elles sont difficiles à constater. Quant à l'anémie ou à l'hypérémie supposable des nerfs périphériques, — vous serez rarement à même de diagnostiquer ces choses d'une manière positive — les méthodes de traitement se présentent d'elles-mêmes : action sur les nerfs vaso-moteurs ; en cas d'anémie, action énergique et stable des deux pôles, au-dessus de la région malade, ou à la moelle épinière ou au sympathique ; en cas d'hypérémie, action plus courte et passagère de la Ka aux mêmes endroits.
Dans de faibles lésions mécaniques et traumatiques, où il ne s'agit guère que d'altérations moléculaires des libres nerveuses, susceptibles d'une prompte réparation, de refoulement de la gaine médullaire, peut-être aussi de faibles troubles circulatoires, il a été prouvé, jusqu'à l'évidence, qu'une action directe du courant galvanique sur la région lésée peut être utile, que souvent même directement ou immédiatement celte action amène une amélioration visible (sur les manifestations de paralysie qui peuvent exister). Remak père et fils ont constaté cela particulièrement dans les paralysies, par compression du nerf radial au haut du bras, qui sont si fréquentes, et je puis l'affirmer formellelement pour certaines phases et formes légères de cette paralysie. Il a été démontré que c'est particulièrement l'action stable du pùle négatif d'un faible courant galvanique qui produit ce résultat. S'il est immédiatement constatable, les malades peuvent, durant l'action du courant innerver, exercer plus nettement une innervation volontaire sur les muscles paralysés. Quoi qu'il en soit, cette méthode et parfois aussi l'action de l'An, dans ces cas et dans les cas semblables, doit être essayée en première ligne, sans exclure, le moins du monde, une action ultérieure et antiparalytique du courant. Ici encore, on peut essayer une action indirecte, vaso-motrice ou catalytique, en galvanisant le tronc nerveux central. Il est licite d'avoir recours, dans le même but, à l'action modérée des courants faradiques ; ceux-ci pourraient aussi être efficaces, par voie réflexe (emploi du pinceau faradique)r dans la même direction.
Lors de lésions traumatiques graves, le courant électriquene peut exercer naturellement une action bienfaisante que lorsque la cause a disparu ; or cela peut se faire, en partie, — dans des formations de cica-