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LÉSIONS TRAOMATIQUES ; ATROPHIE DÉGÉNÉRÂT. ; TROUBLES FONCTION

trices, des plaies par incision, etc., — à l'aide du courant lui-même,

par sa force résorbante, ramollissante, catalytique (voir plus haut, p. 233). Mais on peut songer aussi au traitement de la cicatrice nerveuse elle-même, à faciliter la réunion des deux extrémités des nerfs séparés. Il faut alors traiter le siège de la lésion avec des courants stables, par une action successive de l'An et de la Ka, longtemps et assez énergiquement; mais, dans des états plus cirrho tiques, vous emploierez de préférence la Ka stable et labile, même à l'extrémité centrale du nerf.

Occupons-nous immédiatement de Y atrophie, dégénérative des nerfs, qui se présente toujours en pareil cas. L'expérience cependant nous apprend qu'il n'y a ici espoir de succès que lorsque les influences trophiques centrales ne sont pas complètement supprimées ou du moins quand il en reste des traces ; car on a beau galvaniser ou faradiser régulièrement et de bonne heure, on ne réussit pas à empêcher ni même à retarder l'atrophie dans son développement. Toutefois, il n'est pas impossible que ce procédé soit en état de faciliter et même d'accélérer la restitution ultérieure avant le rétablissement de la conductibilité trophique. Mais, dans des cas pareils, vous ne pourrez guère compter sur un succès réel que lorsque la lésion primitive, dans le nerf, est assez atténuée pour qu'on puisse rétablir, ne fût-ce que faiblement, l'union du nerf périphérique avec le tronc nerveux central. Dans tous ces cas d'atrophie dégénérative secondaire (que l'on peut reconnaître grâce à la DR), le traitement du siège de la lésion sera la tâche principale, tandis que le traitement de l'atrophie dégénérative ne sera qu'une opération secondaire et ne pourra intervenir que lorsque l'amélioration commencera à devenircertaine. Par contre, s'il s'agit d'une atrophie dégénérative primaire (c'est-à-dire dans des cas de ce qu'on appelle névrite parenchymateuse chronique), ce traitement s'empare de la première place et peut donner immédiatement ses résultats.

Dans ces cas, notre tâche consiste à nous opposer à la destruction ultérieure des fibres et à. hâter leur régénération ; cela peut s'effectuer par une action nutritive énergique et aussi parla régularisation et l'intensité plus grande de l'afflux du sang. La méthode la plus efficace pour parvenir à ce but est la galvanisation énergique (le courant faradique n'obtient ici que des résultats secondaires, bien qu'il ne reste pas tout à fait stérile , du tronc nerveux dans toute son étendue. Je fais d'abord agir l'An d'une manière stable, mais ensuite la Ka, de préférence, en la promenant longtemps labilement sur le tronc nerveux ; courant ez fort (de 30 à 50 degrés de déclinaison de l'aiguille) sur chaque nerf, de 1 à -4 minutes par jour. (Le même procédé est naturellement employé pour les muscles qui sont sous l'influence des nerfs malades.)

Dès que cela sera possible, c'est-à-dire tout de suite pour les formes

primaires, et pour les secondaires, dès que Ton supposera le rétablissement de la conductibilité trophique, éventuellement même plus tôt, il sera bon d'attaquer simultanément le segment central du nerf, en d'autres termes les centra co?vespon4ants de la moelle épinière, même pour accélérer, par l'excitation des voies et centres vaso-moteurs et trophiques, le travail de la guérison dans le segment nerveux périphérique.

Pour les troubles, d'après nos connaissances actuelles, purement fonctionnels des nerfs périphériques (névralgies, anesthésies, crampes, certaines paralysies, etc.), vous pourrez employer les deux espèces de courants, d'après les indications énoncées plus haut ; suivant que vous désirerez obtenir les effets excitants ou modifiants, éventuellement aussi catalytiques et nutritifs du courant, vous aurez à choisir entre le courant faradique et le courant galvanique, entre telle ou telle méthode et point d'application. C'est ce qui nous occupe plus spécialement dans les prochaines leçons et cela constitue aussi en grande partie la teneur du traitement symptomatique, encore nécessaire, sous bien des rapports, pour les lésions cérébrales de la moelle épinière comme pour les affections des nerfs périphériques, outre le traitement du foyer propre de la maladie ; dans ce nombre se rangent l'anesthésie et la paralysie, les névralgies et les crampes, les perturbations vaso-motrices et trophiques de la périphérie, etc.

Je n'ai plus à faire que quelques observations sur l'excitabilité électrique, dans les lésions nerveuses périphériques. Les résultats de l'exploration électrique ne possèdent pas tout à fait ici la haute valeur diagnostique qu'on leur a pendant longtemps jadis accordée ; du moins ils ne la possèdent pas en ce qui concerne le siège de la lésion et spécialement quand il faut établir la distinction entre les lésions périphériques et les lésions centrales ; vous avez vu que, dans les affections épinières peuvent se produire exactement les mêmes modifications d'excitabilité que dans les affections périphériques; mais ce qui est souvent possible, à l'aide de l'exploration électrique, c'est de distinguer les lésions périphériques des nerfs moteurs du cerveau d'avec les troubles de fonction purement cérébraux. — Quant au siège spécial de la lésion, l'examen électrique a souvent une valeur décisive, surtout quand, avec son aide, on peut localiser exactement le siège de l'arrêt de conductibilité. Lorsque « dans des nerfs moteurs » l'excitabilité est conservée au-dessous du point de la lésion et éteinte (en apparence !) au-dessus de ce point, alors on peut aisément fixer le foyer de la maladie ; il en est de même lorsque, dans des nerfs sensibles, on ne peut obtenir de sensations excentriques au-dessous d'un point déterminé,

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tandis qu'elles se maintiennent bien au-dessus de ce point. Mais cela n'est possible, que dans un petit nombre de cas (encore est-ce le plus souvent sur les troncs nerveux des extrémités supérieures).

On voit, du reste, se manifester toutes les modifications possibles de l'excitabilité électrique, comme vous devez vous le rappeler, en vous reportant à l'électrodiagnostic général : exagération, diminution, DR partielle et complète ; ces dernières surtout sont de la plus haute importance, pour l'appréciation de la gravité de la lésion, la constatation du degré, de l'étendue, du stade de l'atrophie dégénérative dans le nerf et le muscle.

Dans des cas faibles de névrite, se produit une légère augmentation de l'excitabilité, suivie le plus souvent d'une faible diminution sur le même point ; mais si la maladie a pour résultat une lésion plus grave du nerf, on voit se manifester les différents degrés d'intensité de la réaction de dégénérescence, depuis la forme la plus faible et partielle jusqu'à la forme la plus complète.

Dans les lésions de nerfs traumaliques , comme dans la névrite, tout dépend delà gravité du traumatisme, de ce que les voies nerveuses n'ont été atteintes que légèrement et passagèrement, que leur conductibilité est interrompue complètement ou incomplètement, peut-être aussi de ce que les voies de conductibilité motrices ont été seules endommagées ou avec elles simultanément les voies trophiques dans leur faculté de conductibilité. Ainsi, dans une partie des cas, l'excitabilité électrique peut rester tout à fait normale, tandis que, dans une autre partie, elle diminuera légèrement; enfin, pour toute lésion un peu plus grave, la réaction de la dégénérescence peut se produire partielle ou complète. Cette dernière est aussi, dans toutes les circonstances, une preuve péremptoire de la présence de l'atrophie dégénérative. Ce qui importe le plus, dans ces phénomènes, c'est surtout leur signification prognostique ; car ici, clans les lésions des nerfs périphériques, nous avons tout particulièrement à tenir compte de la thèse, énoncée p. 191, c'est que, dans des circonstances presque identiques, c'est-à-dire, dans une seule et même forme ou cause de maladie, la lésion est d'autant plus grave et d'autant plus tenace, que les modifications de l'excitabilité sont plus importantes et que la réaction de dégénérescence se montre plus complète.

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