PARALYSIE DES MUSCLES DES YEUX
yeux, enfin une paralysie bilatérale de muscles associés et agissant dans un même sens (par exemple, des deux droits supérieurs, du droit interne d'un côté et du droit externe de l'autre, des deux internes, etc.). Ensuite, il faut encore distinguer la paralysie complète d'avec la simple parésie, ce qu'on appelle l'insuffisance des muscles des yeux.
De toutes ces conditions, des circonstances étiologiques, de faits d'expériences cliniques connus, il résulte ensuite, dans beaucoup de cas, pas toujours! que l'on trouve le siège exact de la lésion.
Cette lésion peut se trouver dans l'orbite (trois nerfs des muscles des yeux, l'optique, la première branche du trijumeau!) ou il faut la chercher dans la fosse moyenne du crâne (trois nerfs des muscles des yeux, tout le trijumeau !) ou dans la fosse postérieure du crâne (pathétique, moteur oculaire externe, facial, acoustique, etc.) ; ou bien elle peut exister dans la région à noyau bulbaire, la moelle allongée, la protubérance, le pédoncule (paralysie nucléaire des muscles des yeux, affection de muscles réunis fonctionnellement, incoordination des réflexes d'accomodation et des pupilles, participation d'autres nerfs bulbaires, paralysies alternantes, etc.!). Quant à des lésions situées plus loin au centre et considérées comme cause des paralysies des muscles des yeux, on n'en sait pas encore grand'chose ; d'après quelques observations, il pourrait se produire, après des lésions corticales, des paralysies des muscles des yeux, par exemple, une ptosis isolée, sur le côté opposé ; mais la localisation plus exacte est encore à faire ; il faudra pour cela tenir compte des autres phénomènes.
En outre, le diagnostic tendant à établir si de semblables paralysies doivent être considérées comme précurseur, ou manifestation partielle d'autres maladies, particulièrement du tabès, de la sclérose multiple, etc., est d'une très grande importance. Un examen exact de la maladie, dans ce sens, donne souvent à cet égard des éclaircissements surprenants. Naturellement, il est aussi désirable d'être éclairé sur le caractère de la lésion ; car, dans certains troubles (tumeur, syphilis, etc.), on ne pourra rien attendre du courant électrique, ou du moins peu de chose, même en le combinant à d'autres méthodes curatives.
Il n'existe pas d' électrodiagnostic des paralysies des muscles des yeux, ces muscles ne pouvant être excités électriquement. Nous sommes donc ici forcés de renoncer aux avantages que donne l'examen électrique pour le diagnostic de beaucoup de paralysies. J'ai souvent tenté d'obtenir des résultats ; mais le voisinage de la rétine et du cerveau nous impose pour le choix de la force du courant, des limites ijui rendront pour toujours impossible une exploration exacte de ces phénomènes.
Je commence par citer quelques faits comme exemples de résultats thérapeutiques :
51° 06s. •personnelle. — Paralysie rhumatismale du moteur oculaire externe. — 34 ans, mécanicien de chemin de fer ; il est depuis dix jours atteint de diplopie, probablement par suite d'un refroidissement. Il existe à droite une paralysie du moteur oculaire externe ; l'œil ne peut pas se mouvoir en dehors, au delà de la ligne médiane. Traitement galvanique: 8 éléments, stable, transversalement à travers les tempes, 'galvanisation du sympathique, Ka labile dans le voisinage de la région du droit externe (An au côté gauche de la nuque). — Immédiatement après, l'œil se meut un peu plus loin en dehors. — Après la quatrième séance, les images doubles se sont beaucoup rapprochées; l'œil est mobile jusqu'à l'angle externe. — Au bout de dix séances quotidiennes, le malade est guéri.
52° 06s. personnelle. — Paralysie droite du moteur oculaire commun. — 70 ans, homme; il remarque depuis deux mois, par intervalles, de la diplopie. Le 20 mars 1867, ptosis complète assez subite à l'œil droit, qui, depuis ce temps, est toujours resté fermé. Douleurs passagères au fond de la cavité oculaire et dans la moitié droite du front.
Le 1er avril, je constate une paralysie complète de tous les muscles des yeux innervés par l'oculo-moteur droit. Le moteur oculaire externe et le pathétique sont libres. A part cela, tout à fait bien portant (excepté un tremblement ancien du bras gauche). Traitement galvanique : 12 éléments, Ka labile par dessus l'œil ; An placée derrière l'oreille gauche. 12 avril, mieux visible, la paupière peut se soulever à moitié. Ensuite, retour lent delà motilité même dans les autres muscles. La guérison n'est complète que le 24 mai, après un traitement qui a duré 28 jours.
53° 06s. personnelle. — Paralysie du pathétique droit et insuffisance du droit interne. ■ — Homme de 52 ans, atteint depuis quatorze jours, probablement, à la suite d'un traumatisme de symptômes d'une parésie de l'oblique SBpérieur droit, avec insuffisance simultanée du droit interne. — Commencement du traitement le 19 octobre, de la façon habituelle. Succès momentané, très surprenant ici ; immédiatement après la séance la diplopie a disparu, mais elle revient le lendemain. Au 1er novembre, l'insuffisance du muscle interne a complètement disparu. — Du 3 au 8 novembre, interruption du traitement. — Le 8 novembre, la diplopie est redevenue un peu plus forte; mais elle disparaît après le traitement. Le la novembre, le patient est renvoyé guéri.
54° 06s. personnelle. — Parésie bilatérale du droit externe et du droit interne (paralysie nucléaire des muscles des yeux ? — Petit garçon de 12 ans, auparavant toujours bien portant; il remarque, depuis quatre semaines, qu'il est atteint de diplopie, survenue à la suite de deux jours de violente céphalalgie. Son regard morne frappa les assistants. L'examen donne: acuité de la vue tout à fait normale; l'accommodation n'est pas modifiée. Les deux externes aussi bien que les deux internes paraissent fortement parétiques (pour les distances, la diplopie persiste dans les moitiés externes de champ visuel, mais pour le voisinage, les images doubles sont croisées). Les autres muscles des yeux paraissent intacts ; tous les autres nerfs du cerveau sont aussi normaux. Plus de maux de tête, pas de vomissements, un peu d'élourdissement à la marche, extrémités libres.