‹ Traité d'électrothérapieChapitre 19 sur 290 · TRAVAUX DES PÉRIODES RÉCENTES · texte numérisé non relu

TRAVAUX DES PÉRIODES RÉCENTES

nerveuses et musculaires. Mais les plus importantes et les plus fécondes de ces recherches concernent ce qu'on appelle la réaction de dégénérescence. Alors que les faits concomitants de certaines paralysies de l'homme, qui rentrent dans notre sujet, étaient connus depuis un certain nombre d'années (Baierlacher, -1859; Schulz, 1860; Brenner, Von Griinewaldt, 1802 ; Neumann, 1804; Eulenburg, Von Ziemssen, 1806 ; Erb, 1807, etc., c'est moi le premier (1807-1808) qui ai soumis la réaction de dégénérescence à une épreuve expérimentale, épreuve qui a fourni des notions étendues, encore en vogue aujourd'hui. Ces notions furent confirmées dans un écrit que publièrent presque simultanément Von Ziemssen et Weisz (1808) et, depuis cette époque-là, elles se sont toujours maintenues dans toutes les directions et dans les maladies les plus diverses comme un élément très utile de diagnostic (Brenner, 1808 ; Eulenburg, 1807-1808 ; Erb, 1874, 1870, 1878: Bernhardt, 1874, 1879 ; E. Remak, 1875, 18TO ; Goldschmidt, 1877 ; Leegaard, 1880 ; etc.)

L'épreuve de sensibilité électro-cutanée fut effectuée et expliquée dans différents ouvrages de Seyden, Bernhardt, Erb-Drosdorff, de Watteville-Tchirjew, etc., tandis que la constatation des modifications pathologiques de la réaction du nerf acoustique, fut reconnue et utilisée d'abord par Brenner (1808), dans son importance théorique et pratique ; ses successeurs (Hagen, 1808; Erb, 1808-1871 ; Eulenburg, 1872; Hedinger, 1870 ; etc., n'ont eu qu'à confirmer ses travaux.

Naturellement les efforts des électrothérapeutes se tournèrent ensuite en première ligne vers l'action thérapeutique des courants électriques. Ici il s'agissait, avant tout, de réaliser les hautes espérances que les travaux de Remak avaient fait concevoir ou bien d'examiner si elles pouvaient se réaliser. Après Remak, le courant électrique ne pouvait plus guère se frayer de nouvelles voies; il valait mieux faire un certain nombre de restrictions et soumettre les indications de Remak à un contrôle sévère. On a rassemblé un nombre incalculable de faits isolés. Le courant a paru efficace sur tous les terrains des maladies nerveuses et musculaires, dans beaucoup d'affections des articulations etc. ; il commence même, sur le domaine de la psychiatrie à conquérir du terrain, grâce aux efforts de quelques investigateurs. (Arndt, 1870-78. — Benedikt, 1870. — Tigges, 1873).

On était alors sur le point de se faire une idée nette de la théorie des effets thérapeutiques ; or c'est ce à quoi on n'a malheureusement pas encore abouti jusqu'à ce jour, et tous les travaux et discussions dirigés vers ce but n'ont pas encore donné de résultats satisfaisants. (Remak, 1858. — Brenner, 1863-68. — Benedikt, 1807-74. — Erb, 1872. — Holst, 1872. — Hitzig, 1873). Toutes les tentatives faites pour rattacher les effets du courant électrique aux actions physiologiques peu nombreuses que nous connaissons (action excitante et modifiante,

l(i HISTOIRE DE L ELECTROÏUEHAPIE

etc., électrotonus, électrolyse, etc.) doivent être considérées comme des échecs. La tendance très répandue d'attribuer une action prédominante, dans ces effets, aux influences vaso-motrices et à la galvanisation du sympathique, ne nous a nullement fait progresser au point de vue de nos connaissances théoriques. Sans cesse et toujours, nous sommes ramenés aux effets « catalytiques » déjà indiqués par Remak et dont nous nous occuperons plus tard en détail, mais, qui toutefois jusqu'ici, ne nous ont conduit en rien à une science effective.

Nous sommes donc, même dans ces derniers temps, de véritables empiriques, quand nous nous plaçons sur le terrain de la thérapeutique proprement dite; nous n'avons donc toujours qu'à accumuler des faits, donl le classement doit s'effectuer conformément à nos connaissances physiologiques, nos précédentes recherches et, suivant des méthodes scientifiques déterminées ; quant à leur interprétation théorique, nous devons toujours nous montrer d'une prudence extrême.

Tandis qu'en Allemagne régnait ainsi, dans le domaine de l'électrothérapie, une agitation des plus vives, cette science ne progressait dans les autres pays civilisés qu'à pas plus lents ; nous nous contenterons donc de tracer, à ce sujet, un court aperçu.

En France, sous l'influence toute puissante de Duchenne qui resta fidèle toute sa vie au courant faradique, de grandes difficultés s'opposèrent à l'introduction du courant galvanique et, même aujourd'hui, on ne peut dire que ce dernier ait été plus largement accepté et compris. A côté du livre de Tripier (1861), il nous faut surtout citer un ouvrage de Legroset Onimus (1872) qui a rendu les plus grands services à la science ; le point de départ de leurs recherches physiologiques et thérapeutiques ne nous paraît cependant pas heureux; enfin tout récemment parut un livre de Teissier (1878) qui est propre à donner aux Français un aperçu approximatif des travaux allemands et de l'état de l'électrothérapie scientifique.

lin Angleterre, il s'est passé un temps bien long, avant que, clans les eercles compétents, on se soit intéressé à ce sujet, et maintenant encore il n'existe que peu de véritables spécialistes pour électrothérapie. Longtemps, le livre de Althaus (18o9-1870) fut le seul cligne de mention. A ce traité sont venus récemment s'ajouter quelques mémoires de Russel-Reynolds, de Vivian-Poore, etc., et un excellent petit livre de de Watteville, qui renferme comme partie principale une introduction à l'électrothérapie. Des progrèsplus importants n'ont pas été réalisés, jusqu'à ce jour, en Angleterre, au point de vue de la science qui nous occupe.

On s'est occupé de cette étude avec une bien plus grande ardeur, en Améru/ue, où un assez grand nombre de médecins cultivent avec /.■■le l'électrothérapie. Il y parut plusieurs ouvrages utiles de Neftel, un

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