‹ Traité d'électrothérapieChapitre 18 sur 290 · RÉINTÉGRATION DU GALVANISME PAR REMAK M · texte numérisé non relu

RÉINTÉGRATION DU GALVANISME PAR REMAK M

se trouvent sous ce point de vue élucidées par lui d'une façon très approfondie.

Ce livre qui contient les résultats d'observations innombrables et péniblement effectuées, quantité de faits et particularités du plus grand intérêt ; ce livre, qui a ouvert au courant galvanique une sphère d'activité presque illimitée, fut accueilli par le public "médical avec une défiance incompréhensible.

Le renom que Remak avait acquis sur différents autres terrains de la science médicale grâce à d'importants travaux, ne le préserva pas d'une désapprobation et d'un accueil qu'auraient dû lui éviter ses recherches antérieures en fait d'électrothérapie. Ce qu'il y a de certain, c'est que l'enthousiasme un peu excessif, auquel Remak s'était laissé entraîner, à la suite de ses brillants succès, l'invraisemblance apparente de beaucoup de ses résultats, les faits incroyables qu'il raconta, l'audace de ses essais d'explications physiologiques, enfin de ses hypothèses diagnostiques et thérapeutiques, contribuèrent beaucoup à diminuer la vogue de Remak et à susciter des obstacles à la science, dont il était le représentant.

Malheureusement, depuis la publication de ce livre, Remak n'a plus offert au public d'ouvrage considérable, bien qu'il se soit adonné avec constance et avec le plus grand zèle à la galvanothérapie ; de courtes communications sur cette science et de petites dissertations furent les seuls opuscules qu'il publia. En 1864, il lit des conférences à Paris qui parurent en français, et renfermaient les plus importantes de ses idées sous une forme brève, mais par trop fragmentaire ; on y trouve cependant le germe de maints faits importants et de conceptions nouvelles. Une mort prématurée enleva Remak à la science, dans l'année 1865. Une lui fut pas donné de vivre assez longtemps pour voir justice complète rendue à ses efforts et à ses services sur ce terrain. Toutefois, dansles dernières années de sa vie, il vit du moins une partie de ses assertions confirmée par d'autres investigateurs et s'évanouir peu à peu l'injuste prévention dont il avait été victime. Il lui fallut, il est vrai, pour arriver à ce résultat, un temps relativement long. Il n'y eut d'abord que quelques électrothérapeutes pur-sang, qui poursuivirent les travaux de Remak, si non sans défiance, du moins avec quelque intérêt, qui en firent des analyses et procédèrent même à quelques expériences originales. Tels furent Baierlacher, Mor, Meyer, Erdmann et Schulz.

D'une manière plus large et en se tenant entièrement sur le terrain de la doctrine de Remak, Benedikt, à Vienne, s'adonnait à l'emploi du courant galvanique ; ses premiers ouvrages parurent en 1861-1862. Plus tard, il déposa dans un gros volume le résumé de ses études (1868) ; ce livre était intitulé V Électrothérapie ; mais il contenait beaucoup de

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passages exclusivement névropathologiques. Ce livre a vivement ému le public par l'abondance extraordinaire des faits qu'il renferme, par ses hypothèses et assertions audacieuses et spirituelles, par la quantité des points de vue et des perspectives qu'il montrait : mais incontestablement il a fait du mal à l'électrothérapie par le nombre assez considérable d'erreurs et de contradictions qu'il renferme, par ses diagnostics souvent plus que téméraires, par ses récits très incomplets de maladies, par ses conclusions souvent très risquées et par ses assertions appuyées d'une manière insuffisante. Il a ainsi provoqué une critique sévère, mais juste, delà part de Brenner. Malgré cela, on ne peut pas lui refuser le mérite d'avoir quelque peu contribué au développement de l'électrothérapie.

A peu près vers le même temps, un médecin Saint-Pétersbourg. Brenner. savant indépendant, libre et original, s'est occupé du courant galvanique et de son utilisation thérapeutique ; il a publié une série d'ouvrages sur cette matière et ses écrits se distinguent par une rare fidélité d'observation, par la rigueur et la précision des conclusions qu'il en tire et par l'importance des résultats pratiques qu'il obtint.

En 18G2, Brenner publia une dissertation, qui fonda la méthode polaire d'investigation et de traitement et s'éleva victorieusement contre la méthode de direction, choisie principalement par Remak et adoptée par Benedikt ainsi que par d'autres ; Brenner prouva que sa théorie s'appuyait avec plus de certitude sur la physique et la physiologie et faisait faire à la nouvelle électrothérapie un progrès très réel. Il est vrai que les bases physiologiques de cette méthode avaient déjà été jetées, un peu plus tôt, par les travaux de Baierlacher et de Chauveau. Le premier s'était même déjà servi, sur un homme, de la méthode unipolaire de l'excitation galvanique et il en avait fixé les faits essentiels avec une parfaite clarté ; mais Brenner est le premier qui ait reconnu et apprécié exactement l'importance et la nécessité de cette méthode dans l'intérêt de la diagnose et de la thérapeutique. Dans l'année 1868-1869, Brenner publia un ouvrage volumineux et important sur différentes parties de l'électrothérapie qu'il avait élaboré avec une grande habileté et avec beaucoup de succès, un ouvrage qui apparlient aux publications les plus importantes de notre littérature, et qui est un modèle d'observation sagace et de valeur scientifique, comme d'une brillante exposition.

Mais ce qui a peut-être le plus contribué à la propagation du courant galvanique, c'est la constatation d'une série de faits intéressants, que l'on ohserva dans certaines paralysies phériphériques et qui provoquèrent à l'égard du courant galvanique un jugement favorable, non justifié en partie, comme on le constata plus tard, mais qui fit

BEiXEDIKT, BRENNER, ZIEMSSEN 13

croire à une grande supériorité du courant galvanique sur le courant faradique. Ce sont les phénomènes de la réaction de dégénérescence que vous apprendrez plus tard à connaître en détail à qui causèrent une sensation générale, lorsqu'ils furent publiés, pour la première fois, par Baierlacher 1859, Schulz, Brenner, Von Griinewaldt, Xeumann, Mur, Meyer, etc. La réunion et l'élucidation scrupuleuse de ces faits, ainsi que la juste et exacte appréciation du courant galvanique dans la troisième édition de l'ouvrage de Ziemssen, mentionné plus haut, n'ont pas peu contribué ensuite à exciter un intérêt général en faveur du courant galvanique et à déterminer toute une série d'observateurs à s'en occuper d'une manière expérimentale et thérapeutique.

Nous voyons donc, depuis 1865 environ, sur tous les points, de zélés disciples de l' électrothérapie occupés à en fonder et à en construire le naissant édifice. Moi-même, j'ai commencé, en 1865, à me livrer à ce travail, à peu près à la même époque que Hitzig, A. Eulenburg, Seeligmùller, et plus tard, Burckhardt, Filchne, 0. Berger, Bernhardt, E. Remak (61s), G. Fischer, etc., etc. De 1867 à 1876, c'est-à-dire dans l'espace de dix ans parurent de nombreux ouvrages relatifs à l'électrothérapie, les uns amples et volumineux, les autres constituant des éditions nouvelles et révisées d'ouvrages déjà publiés, d'autres enfin, résumant la question, comme les œuvres de M. Meyer, Benedikt, Erdmann, M. Rosenthal, etc., mes dissertations, celles de Seeligmiiller, Barwinkel, etc. Il y eut de plus un grand nombre d'écrits spéciaux, qui élargirent et approfondirent le domaine de l'électrothérapie, dans tous les sens. Ce que j'ai de mieux à faire, c'est de signaler et de grouper ces ouvrages spéciaux, que, pour le moment, je ne puis que mentionner brièvement.

Citons d'abord les notions physiques qui élucidèrent l'excitabilité, par le courant, des différentes parties du corps, notamment, celle dont on doutait, du cerveau et de la moelle épinière (Erb, 1867; Burckhardt, 1870; Ton Ziemssen, 1872); de plus, des ouvragesqui donnèrent de précieuses indications sur l'écoulement et la direction ainsi que sur la distribution du Courant dans le corps suivant les diverses applications des pôles (Helmholtz-Erb, 1867; Burckhardt, 1870; Filehne, 1870; Von Ziemssen, 1872). Parlons aussi, incidemment de l'introduction d'utiles appareils auxiliaires, aujourd'hui généralement employés, dans lapratique électrothérapeutique, par exemple: du commutateur de courants, du rhéostat, d'un galvanomètre exact et suffisamment sensible, de la construction et du perfectionnement des batteries galvaniques ; de la confection d'appareils faciles à transporter et donnant des indications précises, etc., section dans laquelle on a fait des progrès incroyables, depuis l'époque de Remak, qui était forcé de faire démonter et nettoyer tous les jours sa batterie Daniell.

li HISTOIRE bli L'ÉLEOTHUTJlÉHAl'Ii:

On entreprit avec une ardeur toute particulière des expériences préliminaires physiologiques sur l'homme vivant, pour contrôler les résultats des expériences faites surles animaux et pouren apprécier l'importance, en ce qui concerne le diagnostic et la pathologie du système nerveux. En premier lieu, on étudia la loi des secousses motrices ; on en établit une pour l'homme vivant et pour ses nerfs les plus divers et L'on en trouva une. en complet accord avec la loi des secousses de Pfliiger. (Baierlacher, 1859; Brenner, 1862 et 1869 ; Von Ziemssen, 1866 et 187-2; Erb, 1867; Benedikt, 1870; Filehne, 1870; Burekbard, 1873 etRumpf, 1878.

C'est de la même manière que l'on observa attentivement les phénomènes de l 'électrotonus sur l'homme vivant et, après maintes difficultés et contradictions, le tout fut néanmoins trouvé passablement d'accord avec les faits physiologiques (A. Eulenburg, 1867 ; Erb, 1867 ; Samt, 1868 ; Bruckner, 1868 ; Runge, 1870 ; E. Remak, 1876).

On fit une étude toute particulière du sympathique du cou, parce qu'on lui attribuait une grande influence thérapeutique, que l'on chercha ensuite à constater physiologiquement, quoique avec très peu de succès (Gerhard, 1864; Benedikt, 1867 ; Eulenburg et Schmidt, 1868 ; Beard et Rockwell, 1870 ; Otto, 1873; G. Fischer, 1875-1877).

On étudia, aussi, ardemment l'action des courants électriques sur les organes des se?is et l'on obtint parfois de grands résultats pratiques, tels que la réaction galvanique de la rétine et de l'optique, en «'appuyant sur les travaux de Rilter, Purkinye, Helmholtz et surtout de Brenner (1868), qui élucida aussi, finalement, la réaction galvanique du nerf acoustique et épuisa cette question dans un excellent travail (1868) (Hagen, 1869 ; Eulenburg, 1869 ; Erb, 1869-1871 ; Neftel, 1871, etc).

Il faut encore mentionner à côté d'autres recherches de moindre importance, les travaux concernant l'action des courants galvaniques sur le cerceau. (Brenner, 1868 ; Hitzig, 1870 et d'autres), ainsi que les recherches -ur la production de la chaleur dans le muscle, lors de l'élec- Irisation (Ziemssen, 1856 etAlthaus, 1868).

En outre de ces recherches se développèrent aussi des méthodes d'investigation plus commodes qui devaient être plus décisives dans Les épreuves d'excitabilité pathologique et physiologique. C'est ainsi que l'on discuta et élabora beaucoup les méthodes d'investigation polaire (Brenaer, 1862-1869 ; Erb, 1867-1872 ; Filehne, 1870 ; Burckhardt, 1870 : llilzig. 1873) ; de plus, une meilleur méthode se produisit pour l'examen de l'excitabilité quantitative I Erb, 1873 ; E. Remak. 1873.) A l'aide de ces méthodes, on observa avec plus de soin et d'une maaière plus approfondie les modifications pathologiques de t excitabilité \ et L'on plaça ainsi sur des bases plus Bolides ï électrodiagnostic, l'on mit hors de doute sa grande valeur, dans certaines formes d'affections

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