PARALYSIES DU VOILE DU PALAIS ET DE LA GORGE
du trijumeau, ou la conséquence de diphtérie, ou une manifestation partielle des paralysies bulbaires, parfois aussi d'hémiplégies cérébrales.
Les paralysies de la déglutition, provoquées par la parésie et la paralysie des piliers du pharynx, sont bien des fois une manifestation partielle d'une paralysie cérébrale, mais le plus souvent ou bien la conséquence d'une diphtérie de la gorge ou un symptôme de paralysie bulbaire; elles se trahissent par une difficulté ou par une impossibilité d'avaler, par des désordres de la déglutition et par l'absence de contractions réflexes vigoureuses, quand on excite mécaniquement les parois du gosier.
En général, ces troubles ne sont pas difficiles à reconnaître, mais il est souvent malaisé ou impossible d'apprécier ou de déterminer plus exactement la part que prennent à la paralysie les divers muscles et nerfs isolés.
L'exploration électrique aussi, qui, dans ces parties, a naturellement à lutter contre maintes difficultés, mais qui est considérablement aidée, dans différents cas de cette nature, par l'anesthésie simultanée et par l'absence des réflexes, ne fournit, sous ce rapport, guère d'éclaircissements, attendu que l'excitation isolée de tel ou tel muscle, n'est praticable que d'une manière très imparfaite. Dans beaucoup de cas, on n'a rien trouvé d'anormal ; dans d'autres, on ne peut constater qu'une simple diminution de l'excitabilité (paralysie bulbaire) ; dans d'autres, on retrouve de la DR (par exemple, dans la diphtérie où Ziemssen la découvrit le premier). On n'a, sans doute, pas essayé souvent d'explorer directement, par l'électricité, les muscles de la gorge; par contre, on peut provoquer, d'une manière réflexe, des mouvements de déglutition (voir page 117) ; mais, dans la paralysie de déglutition, la production réflexe de mouvements de déglutition, peut être difficile ou impossible, de telle sorte qu'il faut des courants bien plus forts pour la rétablir (dans la paralysie bulbaire progressive).
Certaines observations pourront servir d'exemple pour le traitement et ses conséquences :
79° Obs. personnelle. — Parésie du voile du palais. — Jeune fille de 7 ans, qui, dès son enfance, a offert des symptômes de cette maladie; elle nasille fortement enparlant et ne peut prononcer certaines lettres, particulièrement s. c, a;, etc., parce que l'air lui passe par le nez et qu'ainsi le son de l's devient n. L'exploration ne donne qu'une faible parésie du voile du palais; parfois, dit-on, quand elle boit du liquide, il lui sort par le nez. Elle n'a jamais eu la diphtérie. A part cela, l'enfant est bien portante. Traitement: d'abord par le courant galvanique, en travers de la région antérieure de l'oreille et en longueur depuis la nuque jusqu'aux joues et au plancher de la cavité buccale. Amélioration lente ; plus tard, faradisation directe du voile du palais ; Erb, — Électrolhérapie. 28
finalement, exercice systématique de la prononciation des sons qui s'améliore beaucoup. Guérison au bout de cinquante séances.
80° 06s. de M. Rosenthal. Paralysie diphtéritique du voile du palais, du tenseur de la choroïde et du sphincter pupillaire. — Domestique de 22 ans, ayant été atteinte de diphtérie pharyngienne. Elle avale difficilement et rend fréquemment les liquides qu'elle a absorbés ; elle parle en nasillant d'une manière inintelligible. La moitié droite du voile du palais est parèsique. Parésie d'accommodation; pupille droite élargie, et réagit mal. Réflexes du voile du palais et du pharynx considérablement diminués. L'exploration électrique donne la DR. Le traitement galvanique local da voile du palais et la production de mouvements de déglutition ont fait disparaître, dans l'espace d'une semaine, le langage nasillard et les troubles de la déglutition.
81° 06s. personnelle. Paralysie diphtéritique . — Cordonnier, âgé de 2b ans, a été atteint d'une angine diphtéritique, du 29 juin au 12 juillet 1867. Quelques jours après, recrudescence des difficultés de déglutition, mais sans douleur. Simple difficulté d'avaler. Régurgitation des liquides par le nez. En outre, une certaine faiblesse et un tremblement dans les membres; diminution de la faculté visuelle.
La parole est difficile, le ton est quelque peu nasillard. État au 18 juillet: ni ulcération ni formation de cicatrice dans le gosier. Motilité du voile du palais encore assez bonne pendant la phonation ; seule, la moitié de droite reste un peu en arrière. La sensibilité est considérablement diminuée (même contre le courant faradique). L'excitabilité réflexe fait complètement défaut. L'excitabilité faradique et galvanique des muscles du voile du palais est fort diminuée. Quand le malade boit, le liquide pénètre dans le nez; la déglutition est pénible. Le patient voit moins bien qu'auparavant, surtout de loin ; dans l'accommodation pour la proximité, il ne paraît point y avoir d'anomalie. Les pupilles diffèrent un peu et réagissent avec lenteur. Traitement galvanique : transversalement à travers les joues, le sympathique du cou et traitement direct du voile du palais avec le pôle négatif. Après la quatrième séance, amélioration sensible. Les liquides ne passent plus aussi souvent par le nez; la vision est plus satisfaisante; les extrémités sont plus fortes. Après la sixième séance, plus aucune régurgitation par le nez; la déglutition est meilleure. Faible recrudescence, la semaine suivante; apparition d'un enrouement et faiblesse de la voix, puis nouvelle amélioration. Traitement fort irrégulier. Le 2 septembre (après dix-huit séances), le patient est renvoyé en assez bon état. Plus tard survint encore un peu de faiblesse dans les extrémités. Finalement, guérison complète.
(Voir, de plus, les observations 10 et 17). (Difficulté de déglutition à la suite d'affections bulbaires].
La méthode de traitement de ces paralysies doit a priori être choisie d'après la nature de la lésion: ainsi les applications appropriées aux affections bulbaires et cérébrales, la paralysie faciale, etc.; dans les paralysi es diphtéri tiques, vous pouvez galvaniser obliquement à travers la région voisine du voile du palais et du gosier (également transversalement au travers des joues, au-devant de l'oreille ou à travers les fos-