‹ Traité d'électrothérapieChapitre 194 sur 290 · PARALYSIE DE LA DEGLUTITION · texte numérisé non relu

PARALYSIE DE LA DEGLUTITION

ses auriculo-mastoïdiennes), et cela avec un courant stable, l'espace de quelques minutes.

Contre la paralysie du voile du palais, il faut faire usage de la faradisation directe ou de la galvanisation du voile, Figure 39

au moyen desquelles on produit une excitation directe des muscles paralysés ainsi qu'une excitation réflexe de ces derniers à une contraction. Vous vous servirez à cet effet d'une électrode convenable, en forme de cathéter, isolée jusqu'à la pointe, munie d'un petit bouton rond recouvert d'une fine éponge ou de toile cirée ; un interrupteur y sera convenablement adapté (électrode de la gorge et du pharynx, fig. 39). A l'aide de cette électrode, vous pouvez atteindre la luette, la concavité de la voûte palatine, la surface du voile, à des places isolées et, au moyen de l'interrupteur, faire à volonté des fermetures et des ouvertures de courant; la bouche doit être pour cela largement ouverte et la respiration buccale profonde ; que le courant soit assez fort pour déterminer, a la langue ou aux muscles labiaux (à partir de la muqueuse), des contractions nettes, s'il n'en produit pas jusque dans le voile du palais lui-même. En outre An à la nuque; durée d'application 1 — 3 minutes.

Contre la paralysie de la déglutition, vous pouvez aussi exciter directement et d'une façon réflexe avec la même électrode, la gorge et les muscles ; mais c'est là, le plus souvent, un procédé quelque peu désagréable ; il est plus commode et plus sûr. pour cette raison, de produire, d'après la méthode ci-dessus décrite (p. 117), à partir de l'extérieur du cou, des mouvements de déglutition réflexes. Vous avez le plus souvent besoin à cet effet, pour ces malades, de forces de courant un peu plus grandes que pour les personnes bien portantes et vous devez les élever, jusqu'à ce que chaque KaF ou action labile de la Ka soit suivie d'un mouvement de déglutition apparent pour la vue ou pour l'ouïe. Vous amenez ainsi, dans chaque séance, quelque chose comme dix mouvements de déglutition ; comme les muscles, dans la paralysie bulbaire, se fatiguent facilement, pour éviter de les surmener, on conseille de ne pas faire se succéder trop

Électrode de la gorge et du larynx, isolée jusqu'au bouton, avec un interrupteur.

vite les actes isolés de déglutition, mais de laisser toujours entre chacun d'eux quelques secondes de pause.

Les résultats de ce traitement s'adressent surtout à la cause fondamentale, et sont par conséquent dans les paralysies bulbaires, que très minimes, ou au plus palliatifs; dans d'autres formes, en revanche, surtout dans les paralysies diphtéritiques, ils sont des plus brillants ; pourtant il se présente ici aussi des cas très rebelles.

10° Paralysies des muscles du larynx. — Paralysies des cordes vocales. — Aphonie et dysphonie paralytique.

Les travaux les plus récents sur les maladies du larynx nous ont appris à connaître un grand nombre de variétés de paralysie des muscles du larynx qui peuvent se présenter isolément ou dans des combinaisons diverses et provenir de causes très variées. C'est sans doute là un domaine qui tombe presque exclusivement dans le domaine des spécialistes du larynx ; le nervopathologiste et l'électrothérapeute n'ont en général, pour cette raison, ordinairement qu'un petit nombre d'observations à leur disposition ; aussi me bornerai-je aux points essentiels et purement électrothérapeutiques, dans cette question.

Pour les besoins de la thérapeutique, il est en première ligne nécessaire de savoir où l'on doit réellement rechercher la lésion paralytique; est-ce dans les muscles du larynx ou dans leurs branches motrices les plus voisines, (dans les catarrhes, les ulcérations, les néoformations, les refroidissements, les efforts excessifs) ou dans les nerfs laryngés, qui peuvent être affectés de la manière la plus diverse (diphtérie, particulièrement pour le nerf lan-ngé supérieur, névrite, compression par des tumeurs, strumes, anévrysmes, traumatisme, opérations, formations de cicatrices, etc.), ou dans le tronc et dans les racines des pneumogastriques ou accessoires (maladies de la colonne vertébrale, tumeurs à la base du crâne et au cou), ou enfin dans l'organe central lui-même (paralysies bulbaires, hémorragies de la moelle allongée, ou de la protubérance et autres parties du cerveau, etc); il est souvent facile, mais aussi fréquemment très difficile de décider la question, même à l'aide de l'exploration la plus minutieuse. Dans beaucoup de cas, particulièrement dans les paralysies hystériques, très nombreuses et très favorables pour l'électrolhérapie, dans les paralysies rares, toxiques et intermittentes des cordes vocales, nous ne savons pas encore où nous devons rechercher celles-ci; mais c'est vraisemblablement, en général, dans l'organe central.

Sous le rapport symptomatologique, je dirai en peu de mots que la lésion du nerf laryngé supérieur se trahit par la paralysie des muscles de l'épiglotte. par une oblitération insuffisante du larynx, par la paralysie du cartilage crico-thyroïdien et l'anesthésie de la moitié supé-

Page 1