‹ Traité d'électrothérapieChapitre 195 sur 290 · PARALYSIES DES MUSCLES DU LARYNX ; SYMPTÔMES · texte numérisé non relu

PARALYSIES DES MUSCLES DU LARYNX ; SYMPTÔMES

rieure du larynx, tandis que la lésion du nerf laryngé inférieur détermine la paralysie de tous les autres muscles du larynx et l'anesthésie de la cavité inférieure du larynx. Cette paralysie peut être simple ou double ; elle peut comprendre tout le nerf récurrent ou seulement quelques-unes de ses branches, quelques muscles ; il résulte ensuite de là un tableau laryngoseopique et symptomatique très varié. La plus fréquente et la plus importante est la paralysie du récurrent, totale, unilatérale et parmi les paralysies musculaires isolées, la paralysie bilatérale des constricteurs, et la paralysie si fréquente des thyroarythénoïdiens internes, des muscles propres des cordes vocales. Vous trouverez de plus amples détails dans les traités des maladies du larynx, particulièrement chez Von Ziemssen.

V exploration électrique des muscles et des nerfs du larynx est impraticable dans la plupart des cas. Même Von Ziemssen, qui possède la plus grande expérience sur ce sujet, a déclaré qu'il n'a réussi que dans un très petit nombre de cas, à évaluer l'excitabilité électrique et qu'il y a constaté l'excitabilité, normale ou bien diminuée, ainsi que la DR. Moi-même j'ai, dans certains cas, constaté la diminution de l'excitabilité, en excitant le récurrent paralysé.

Pour la méthode de traitement à choisir, le siège propre de la lésion est tout d'abord décisif et c'est d'après lui qu'il faut choisir les premiers points d'application (transversalement par les apophyses mastoïdiennes, le cerveau, la moelle cervicale, etc., application d'un ou des deux pôles sur les places probables de compression, les cicatrices, la névrite, etc. dans le trajet nerveux périphérique); cela résulte du diagnostic, d'après les principes généraux. Mais le plus souvent ceci ne suffira pas, d'autant plus que, dans beaucoup de cas, nous sommes dans une obscurité absolue au sujet du siège de la lésion. Et alors il y a lieu d'utiliser l'action directe antiparalytique du courant électrique sur tout l'appareil nerveux et musculaire du larynx. Il semble ici, on ne peut plus utile, de provoquer tout aussi bien dans les muscles que dans les nerfs du larynx, les laryngés et le vague accessoire, sur toute leur étendue accessible, de l'excitation électrique, précisément eu égard à notre ignorance de la localisation exacte de la lésion. On n'accepte pas à vrai dire partout cette opinion ; il est par contre le plus souvent nuisible de laisser agir le courant directement sur le larynx seul, soit qu'on l'applique d'une façon percutanée, transversale par ce larynx ou qu'au moyen d'une électrode laryngienne simple ou double, placée même en plein larynx, on fasse agir le courant directement sur les muscles paralysés. Cette dernière méthode bien qu'elle limite l'excitation aux muscles mêmes et à leurs rameaux nerveux les plus rapprochés, est également considérée comme très rationnelle. Je doute, Messieurs, qu'après nos développements généraux antérieurs vous te-

niez pour très rationnel, lors d'une paralysie dans la zone du nerf cubital et dont le siège exact ne vous est pas connu, de vous bornera la faradïsation des petits muscles de la main ; en tous cas ce procédé ne me paraît point rationnel. Il en est exactement de même quand il s'agit de l'électrisation endolaryngienne, dans les paralysies du larynx ; le procédé dont il s'agit ne sera pas plus opportun que dans les cas où la lésion est située soit dans le muscle même ou dans ses nerfs les plus proches, mais dans la plupart des autres cas, il manque son but. Si pourtant, même dans de tels cas, il ne reste pas sans effet, il le doit, suivant toute vraisemblance, bien plus aux excitations réflexes à haut degré que ce cruel procédé a pour inévitable conséquence, qu'à l'excitation locale des muscles isolés.

Comme méthode à essayer tout d'abord dans tous les cas, je crois devoir vous recommander l'excitation percutanée du larynx et de l'ensemble de ses nerfs. Elle peut être pratiquée galvaniquement et faradiquement. Avec le courant galvanique, vous vous y prenez de façon à placer l'An bien haut à la nuque (vers l'origine du vague accessoire; le plus près possible) tandis que vous faites passer et repasser la Ka labile (petite ou moyenne) à partir de l'angle de la mâchoire inférieure, avec de fortes pressions, tout le long du larynx et de la trachée tout près d'eux, respectant toutes les places dénommées, par conséquentsur le larynx, latéralement et en avant, et vous ferez des KaFF répétées; cela, des deux côtés, une ou deux minutes ; de cette façon le vague, le laryngé supérieur et inférieur tomhent dans la zone des traînées de courant les plus denses, mais que ces dernières pénètrent aussi dans le larynx et ses muscles, c'est tout à fait douteux ; les sensations de goût très intenses et les mouvements de déglutition produits d'une façon réflexe, à partir du laryngé supérieur en témoignent suffisamment ! Voulez-vous ensuite exciter le larynx lui-même directement et très énergiquement, placez les deux électrodes moyennes sur ses deux parois latérales et effectuez des fermetures et des commutations répétées. Ordinairement, 8, 10, 12 éléments suffiront complètement à cet effet.

Faradiquement, faites exactement la même application, l'An à la nuque, Ka (petite ou fine électrode) à l'angle de la mâchoire inférieure, sur la paroi du larynx, au-dessous de la corne de l'os hyoïde daryngé supérieur) et plus bas sur le côté de la trachée, profondément enfoncée (laryngé inférieur), enfin sur le larynx lui-même directement, et aussi transversalement, avec des courants très forts.

Il n'est pas douteux que, de cette manière, une énergique excitation des nerfs afférents, soit possible ; Gerhardt déjà l'a prouvé pour le nerf laryngé supérieur, et rendu tout au moins vraisemblable pour le nerf laryngé inférieur; moi-même, de son temps, j'ai, à plusieurs reprises, démontré (quand je m'occupais, il y a de longue> années, assez

Page 1