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ASPHYXIE. RESPIRATION ARTIFICIELLE

ment dans le larynx ; par ce procédé, Meyer obtint souvent la guérison à la suite d'une seule séance.

En ce qui concerne les résultats thérapeutiques dans ces paralysies, les plus frappants sont d'ordinaire ceux de l'aphonie hystérique ; il ne faut souvent que quelques minutes pour rétablir la voix, disparue depuis des semaines et des mois. Mais ce succès est généralement de peu de durée. J'ai traité pendant des années une femme hystérique, qui se faisait rétablir la voix tous les 8 ou 10 jours, à l'aide de l'électricité (faradisation ou galvanisation) pour un temps d'égale durée ; mais d'autres fois la guérison est durable. Dans les paralysies catarrhales et rhumatismales, dans celles qui ont été produites par un effort excessif, l'issue du traitement est généralement très satisfaisante, particulièrement dans les cas où il n'existe pas de paralysie proprement dite, mais seulement des « atonies des cordes vocales » (Gerhardt). Dans les autres formes, le succès dépend du mode, de la nature, ainsi que de l'intensité de l'affection primitive.

11° Paralysies de la respiration. — Asphyxie. — Respiration artificielle.

Pour être complet, je citerai ici encore quelques cas de paralysies de l'activité respiratoire ; ces cas reposent, pour la plupart, sur une inexcitabilité des centres respiratoires et sont connus sous le nom de mort apparente et d'asphyxie. En pareil cas, le courant électrique peut souvent se montrer très efficace.

Je fais abstraction des actions possibles du courant électrique sur ces centres eux-mêmes, par conséquent directement contre l'asphyxie, par exemple dans l'empoisonnement par le chloroforme sur lequel eut lieu en France, il y a quelques années (1869 ; une polémique assez vive entre MM. Onimus et Legros d'une part et Liégeois d'autre part ; du reste cette polémique n'eut pas de résultat positif.

Je veux plutôt m'occuper ici de la respiration artificielle mise en action par le courant électrique ; cette opération est destinée à conserver la vie jusqu'à ce que les centres de respiration reprennent leur fonctionnement indépendant, automatique, et que la respiration reprenne spontanément son cours habituel. Von Ziemssen a eu le mérite de reprendre ces idées déjà énoncées par Hufeland, Marschall Hall, Duchenne qui les formulèrent avec plus ou moins de clarté, de les avoir mises en pratique, et d'en avoir indiqué le procédé avec assez de précision pour qu'il puisse aujourd'hui être employé partout avec facilité et certitude. Ce procédé ne parait cependant pas avoir reçu un emploi général, probablement parce que les méthodes mécaniques de la respiration artificielle, introduites depuis lors, qui peuvent immédiatement et sans aucun appareil, être mises en pratique, et qui suffisent .i ce que l'on attend d'elles, font regarder à bien des personnes la

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respiration artificielle électrique comme un procédé superflu. Toutefois le procédé électrique fonctionne aisément ; il peut être continué, sans inconvénient, longtemps, jusqu'à vingt-quatre heures et il répond parfaitement aux désirs de ceux qui l'emploient. Il faut, à vrai dire, à cet effet, un appareil d'induction en bon état, une certaine habileté dans l'excitation électrique des phréniques et des assistants en nombre suffisant.

Dans toutes les formes possibles d'asphyxie, pour lesquelles on réclame en général la respiration artificielle, celle-ci peut être constamment obtenue par la faradisation rythmique des nerfs phréniques et de leurs congénères ; ainsi dans l'asphyxie causée par l'oxyde de carbone, parle gaz d'éclairage, par le chloroforme ou par l'opium, dans la mort apparente par submersion, congélation, ou ivresse, enfin dans la mort apparente des nouveau-nés. Les succès obtenus par Von Ziemssen prouvent l'efficacité du procédé suivi en pareil cas.

J'ai déjà (p. 263) décrit brièvement le maniement de ce procédé; j'ajouterai seulement qu'il ne faut pas appliquer l'An trop bas, sur le ventre, et qu'il ne faut pas la choisir aussi grande que possible, de peur que la contraction des muscles du ventre ne s'oppose à la descente inspiratoire du diaphragme. Quand vous aurez produit l'excitation pendant quelque temps et rendu à la respiration son cours ordinaire, arrêtez-vous un instant pour voir si déjà la respiration artificielle n'aurait pas recommencé spontanément. Si, cela n'est pas le cas, il faudra provoquer immédiatement la respiration artificielle et de la sorte, on pourra pendant plusieurs heures et même pendant un jour ou plus, maintenir le cours de la respiration artificielle.

Ne serait-il pas utile de faire parfois alterner l'excitation faradique avec l'excitation galvanique, en d'autres termes, de diriger pendant quelque temps un courant galvanique intense à travers la moelle cervicale et la moelle allongée, pour augmenter l'excitabilité des centres de respiration ? C'est la une question à laquelle je ne répondrai pas pour le moment, d'autant plus que je ne dispose pas de données à cet égard.

12° Paralysies diphiéritiques.

A la suite delà diphthérie, aussi bien de la gorge que d'autres parties du corps, se développent assez souvent des paralysies qui se localisent en différentes parties du corps et qui sont caractérisées, d'une façon très remarquable parles particularités de leur localisation, et parles combinaisons qui en résultent. Ce- paralysies disparaissent une ou plusieurs semaines après la guérison de la diphtérie, elles s'étendent peu à peu et ont même parfois une issue fatale.

Au début, et le plus généralement ce sont le voile du palais et les tissus de la gorge, qui sont affectés, ce qui se manifeste par un langage

PARALYSIES DIPHTÉRITIQUES ; OBSERVATIONS -443

nasillard, des troubles de la déglutition, la régurgitation à travers le nez, une oblitération défectueuse du larynx, l'anesthésie et l'aréflexie des parties. Ajoutez-y quelquefois des parésies et des paralysies des muscles externes et internes des yeux (mydrïasie, paralysie d'accommodation, mais aussi parésies des muscles externes des yeux) ; plus tard et assez souvent, des troubles de la fonction du cœur, un pouls extrêmement ralenti ou accéléré ; faiblesse du cœur allant jusqu'à la paralysie cardiaque ; et de plus, des parésies et paralysies de toutes les régions musculaires possibles sur le tronc et aux extrémités, avec ou sans trouble de la sensibilité, parfois avec atrophie et différentes anomalies de l'excitabilité électrique, parfois aussi faiblesse des sphincters ; enfin une forme d'ataxie qui reproduit un tableau plus ou moins complet du tabès dorsalis (avec anesthésies, paresthésies, absence des réflexes tendineux, etc.), mais ordinairement est accompagnée de parésies plus ou moins accentuées, surtout des extrémités inférieures.

Une série de recherches anatomiques toutes récentes vient de fournir des données sur l'espèce et sur le siège de ces nombreux phénomènes de paralysie. On a trouvé diverses modifications, hémorragies, inflammations et dégénérescences sur toutes les parties possibles du système nerveux, tant central que périphérique, après la cessation de la diphtérie (névrite interstitielle et parenchymateuse de tous les nerfs possibles périphériques et des racines spinales, transformations méningitiques et myélitiques, surtout polyomyélite antérieure, épanchements dans le cerveau, la moelle épinière et les nerfs périphériques, etc.) — processus qui, suivant leur localisation et leur intensité prennent une marche favorable ou défavorable et dont la présence jette un jour sur le tableau symptomatique changeant de la paralysie diphtéritique.

Par suite de cela, les résultats de l'exploration électrique sont très différents: souvent on trouve normale l'excitabilité des nerfs et muscles paralysés ; d'autre fois cette excitabilité est simplement diminuée; on rencontre assez souvent la DR ; la présence de cette dernière a été constatée d'abord et le plus souvent sur les muscles paralysés du palais ; mais elle survient aussi dans les paralysies diphtéritiques du visage et des extrémités. Gela dépend naturellement et seulement de la gravité et aussi en partie du siège de la lésion.

Je vais donner quelques exemples (voir les observ. 80 et 81).

82° Observation personnelle. — Paralysie diphtéritique. — Ataxie. — Etudiant, 22 ans, a eu une diphtérie en août 1879 ; quelques semaines après difficultés de déglutition, ensuite faiblesse et incertitude des extrémités, paresthésies et anesthésies des mains, ralentissement de l'action du cœur. État, fin octobre 1879: difficultés de déglutition, par parésie du voile du palais ; pupilles assez larges, de réaction assez bonne ; légère insuffisance

du droit interne ; ralentissement cardiaque, pouls 60 ; dans les bras, ataxie prononcée, un peu d'anesthésie des mains, de sorte qu'il ne pouvait se boutonner; démarche incertaine, ataxie légère et faiblesse accentuée dans la région du péroné, ne peut pas soulever la pointe des pieds durant la station ; excitabilité électrique notablement affaiblie, sensibilité des jambes bonne, réflexes de la peau normaux, les réflexes rotuliens manquent. — Le traitement galv . du sympathique, delà moelle épinière et des nerfs et muscles périphériques a un très bon résultat ; au commencement de décembre 1879, le patient était assez bien rétabli : il marche des heures entières sans difficulté : plus de faiblesse dans la région du péroné ; réflexes des tendons de la rotule derechef très vifs ; les mains ne sont plus engourdies et peuvent de nouveau très bien jouer du piano, etc.

83° Observation personnelle (Rumpf). — Paralysie diphtéritique. — Ataxie. Jeune fille de 9 ans, a été affectée, au commencement d'octobre d'une grave diphtérie. — Fin octobre, on constate : Parésie d'accommodation, insuffisance du droit interne; pupilles normales. — Paralysie du voile du palais, lequel n'a pas de réflexes ; extrémités encore libres. Traitement galvanique : par et à travers les processus mastoïdes, de la nuque aux yeux. Le 7 novembre, l'insuffisance des internes a presque disparu. A partir de cet instant, faiblesse et incertitude des jambes. Ataxie de plus en plus accentuée de toutes les extrémités, dans lesquelles il y a des paresthésies. Absence complète des réflexes tendineux de la rotule. Malgré la galvanisation commencée de la colonne vertébrale et du sympathique, la maladie fait des progrès et il se produit aussi une parésie motrice, particulièrement dans les extrémités supérieures, mais aussi dans le facial gauche et les jambes. Aucune perturbation objective de la sensibilité de la peau ou des muscles ; affaiblissement seulement de la sensation du chatouillement. — Fin novembre 1876, la maladie a atteint son point culminant ; relle-ci s'améliore dès lors lentement ; tout d'abord la motilité du voile du palais se rétablit ; ensuite la marche s'amé. lore, et l'ataxie des jambes disparait ; ultérieurement la sensation du chatouillement reparait ; enfin l'ataxie des mains reparait et disparait. Le 1CI' février 1877, la malade peut être renvoyée comme à peu près guérie ; pourtant les réflexes des tendons manquent encore et ne reparaissent que quatre semaines plus tard. Guérison complète .

84° Observation de Rich. Schulz. — Paralysie diphtéritique; ataxie. — Ecolier, 18 ans, atteint à la Pentecôte de 1877 d'une diphtérie. Quatorze jours après la guérison de cette affection, il eut des troubles de la vue, un langage nasillard et des difficultés de déglution, ensuite une faiblesse croissante dans lés bras et les jambes, engourdissement de la plante des pieds. — Mi-juillet 1877 : Pupilles normales ; vision mauvaise de loin et de près ; parésie du droit interne. Langage fortement nasillard, bégayemenl. — Paralysie du voile du palais. — Parésie prononcée des extrémité, surtout à droite. — Sensibilité cutanée et musculaire intacte. Ataxie nette mais faible dans les bras et les jambes. Réflexes du tendon rotulien absents. Les grands troncs nerveux et le sympathique douloureux à la pression. — L'exploration électrique indique un affaiblissement modéré dans les troncs nerveux isolés, point de DR. — Traitement galvanique: transversalement par les processus mas-

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