PARALYSIES D1PHTÉR1Ï1QUES ; OBSERVATIONS
toïdes, de la nuque aux yeux, galvanisation de la colonne vertébrale, traitement direct des extrémités et du voile du palais avec Ka labile. — Après six séances, amélioration de la parésie d'accomodation ; après vingt, paralvsie du droit interne et du voile du palais complètement disparue ; finalement la parésie et l'ataxie des extrémités sont combattues en un petit nombre de séances ultérieures. A la sortie, les réflexes des tendons de la rotule manquent encore.
85° Obs. personnelle. — Paralysie diphtéritique. — Paysanne, 22 ans ■ a eu sept semaines auparavant, une angine diphthéritique. — Bientôt après faiblesse accentuée de la voix, qui augmente de plus en plus ; ensuite difficultés de déglutition, régurgitation de liquides par ie nez; depuis quatre semaines faiblesse de la vue, surtout de près. — Depuis huit jours fourmillements dans les mains et les pieds, sans faiblesse particulière. — État: voix nasonnée, très faible, quelque peu enrouée ; parésie des cordes vocales gauches ; parésie d'accommodation, mouvements des pupilles; parésie à haut degré de la moitié gauche du voile du palais, plus faible à droite. Anesthésie et aréflexie de ces parties. — Aux extrémités, point de trouble objectif de la sensibilité et de la motilité. L'exploration électrique indique au voile du palais une DR manifeste. — Traitement galvanique : transversalement par les processus mastoïdes, le sympathique du cou et de la moelle cervicale, traitement direct du voile du palais avec Ka labile. Après quatre séances mouvements du voile du palais plus étendus. Après dix séances, le voile du palais va beaucoup mieux, la vue est un peu meilleure. — Progrès ultérieur de l'amélioration très lent, de telle sorte que ce n'est qu'après quarante séances (quotidiennes) que la patiente peut-être renvoyée dans un état satisfaisant. Ultérieurement guérison complète.
La méthode de traitement électrique des paralysies diphtéritiques ne présente absolument rien de spécifique, mais seulement une certaine diversité à cause des localisations multiples, auxquelles on a à faire ici. D'après les principes généraux, vous commencerez par déterminer dans quel endroit du système nerveux, vous devez placer la lésion proprement dite, dans les muscles et dans les nerfs périphériques, ou dans les racines spinales, ou dans la moelle épinière et le cerveau lui-même ; d'après cela vous ferez le choix des premières méthodes d'application. Du reste, procédez alors au traitement direct de la paralysie des muscles des yeux, de celle de la déglutition, de la paralysie du diaphragme et des extrémités, aussi exactement que je vous l'ai dit dans le temps.
Pour le traitement de la faiblesse du cœur, qui, comme il parait, peut provenir tantôt des voies excito-motrices, tantôt du pneumogastrique, vous pouvez essayer d'employer aussi l'électricité, en vous fondant peut-être en première ligne, sur les intéressantes observations deVonZiemssen récemment publiées. Ce savant trouva chez un malade, à laquelle par une opération, on avait soulevé la paroi antérieure de de la poitrine et mis à nu le cœur, sur une grande étendue (cet organe
était seulement recouvert parla peau), il trouva, dis-je, qu'il était possible d'obtenir, par de forts courants galvaniques, une action directe et décisive sur l'énergie et la force des contractions, ainsi que sur la fréquence et le rythme des pulsations du cœur, c'est-à-dire d'agir directement, en les excitant, sur les appareils ganglionnaires moteurs du cœur. Il reconnut que la commutation régulière et réitérée de forts courants, pouvait élever le nombre normal des pulsations du cœur jusqu'à un degré quelconque, proportionnel au nombre des commutations des courants ; il reconnut aussi que par un courant fort et continu, on pouvait obtenir l'accélération des pulsations du cœur, en partant de points déterminés de la surface des ventricules; par contre, on ne pouvait provoquer, avec la même certitude et régularité, un ralentissement de l'action du cœur. Même sur une poitrine absolument intacte, on peut obtenir de semblables résultats mais nous espérons voir surgir sur ce point des travaux ultérieurs. On pourrait donc aussi essayer éventuellement ce procédé, surtout si le fonctionnement du cœur se ralentissait d'une manière anormale. Voici la méthode : grandes électrodes appliquées, l'une sur la région du cœur, l'autre sur la colonne dorsale et ensuite un courant d'une intensité extrême ; avec commutations (de 70 à 80 par minute).
Mais en outre vous recommanderiez dans la faiblesse du cœur diphtéri tique, la galvanisation de la moelle cervicale et allongée, ainsi que l'excitation des pneumogastriques et des sympathiques au cou, à peu près comme je l'ai dit pour le traitement du larynx.
Les résultats du traitement électrique, dans les paralysies diphtéritiques, sont généralement très favorables ; mais bien des fois, malgré les plus grands efforts, on ne parvient pas à entraver la marche de la paralysie et à empêcher un dénouement fatal. Mais, dans toutes les circonstances, on doit s'attendre à un traitement de plusieurs semaines, souvent même de plusieurs mois, si l'on veut arriver à une guérison complète.
C'est tout à fait d'après les mêmes principes, qu'il faut aussi traiter d'autres paralysies survenues après des maladies aiguës (typhus, choléra, dyssenterie, exanthèmes aigus, variole surtout, fièvre puerpuérale, intermittente, etc.). Pour ces maladies, il s'agit aussi d'une pathogénie très différente et d'un siège variant bien des fois ; tantôt de lésions périphériques, tantôt de lésions spinales ou cérébrales, graves ou légères avec toutes leurs conséquences et symptômes. C'est d'après cela que, dans les cas isolés, il faudra diriger le traitement électrique ; ceci n'a pas besoin ici d'autres développements.
13° Paralysies du plomb et autres paralysies toxiques.
Les paralysies succédant à l'intoxication chronique du plomb, se présentent bien souvent aux électrothérapeutes et les intéressent sous