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PARALYSIE SATURNINE ; TRAITEMENT ÉLECTRIQUE

ment des colonnes antérieures grises et de leurs cellules ganglionnaires ne peut cependant pas être considérablement troublé par le plomb, sans que nous puissions le démontrer par le microscope ! Et ce trouble fonctionnel peut tout aussi bien provoquer l'atrophie dé°-énérative des nerfs périphériques que peut le faire une maladie primaire de ces voies.

L'importance des raisons cliniques, qu'une fois déjà j'ai rassemblées avec d'amples détails (Maladie des nerfs périphériques, 2e édition, p. 516), me paraît cependant, vis-à-vis de cela, encore si prépondérante que je m'en tiens provisoirement à l'origine spinale de la paralysie saturnine, c'est-à-dire à l'hypothèse d'une modification primaire des colonnes antérieures grises (il n'est pas nécessaire que ce soit précisément une inflammation ! ) ; en tout cas, c'est à mes yeux une nécessité absolue de tenir compte de cette possibilité dans le choix de la méthode de traitement.

Je renonce à publier ici quelques cas de paralysie saturnine ; on en rencontre assez dans les publications médicales et elles ne sont pas rares dans la pratique.

Le traitement électrique doit d'abord attaquer le siège de la lésion (on suppose naturellement la mise en œuvre du traitement nécessaire de l'intoxication du plomb) ; comme la polémique sur cette question dure encore, je crois que le mieux est de traiter, en première ligne, la moelle et le renflement cervical, pour deux raisons : d'abord parce que je le regarde comme le siège le plus probable de la lésion ; ensuite, parce que j'admets qu'une action électrique sur les centres trophiques, qui y sont situés, ne saurait être sans influence favorable sur la dégénérescence des nerfs périphériques (et des muscles), même alors que ceux-ci seraient le siège primitif de la lésion. Ainsi donc appliquez d'abord, une large (grande) électrode, qui recouvre tout le renflement cervical, sur la vertèbre inférieure du cou et la vertèbre supérieure de la poitrine (particulièrement sur la partie supérieure du renflement cervical où se trouvent les centres de la région radiale) ; l'autre électrode sur le sternum et laissez agir stablement d'abord l'An, puis la Ka, chacune pendant une ou deux minutes avec un courant énergique (par 30-50 degrés de déclinaison de l'aiguille). On peut ajouter à cela la galvanisation du sympathique, recommandée par Hemak père, quoique vraisemblement elle ne soit efficace que par l'action simultanée, subie par la moelle cervicale. Procédez ensuite au traitement périphérique ordinaire de la région du radial (c'est-à-dire des autres régions névro-musculaires qui peuvent avoir '(teintes), dans toute son étendue, d'après les méthodes usuelles, en plaçant le pôle positif sur le renflement cervical. Quelques minutes d'une excitation labile énergique suffiront pour cela; quand l'excita- Eats. — Électrolhérapie. 29

bilité des muscles, est fort diminuée on peut aussi procéder à l'application directe des deux électrodes sur ces mêmes muscles et à des commutations de courants. En procédant de la sorte, on produit aussi l'action réflexe possible.

Le courant galvanique, est indiqué naturellement en première ligne, à cause de l'atrophie dégénérative ; cependant les nombreuses expériences de Duchenne, Mor Meyer, etc., nous apprennent que même le courant faradique n'est pas inerte dans cette occasion, peutêtre surtout par voie réflexe.

Les résultats de ce traitement sont, pour la plupart, tout à fait satisfaisants ; mais ils se manifestent très lentement. Il faut continuer le traitement pendant plusieurs semaines, plusieurs mois ; la plupart des cas aboutissent à une guérison ; mais beaucoup d'autres, graves et invétérés, surtout les paralysies saturnines généralisées, peuvent braver le traitement et rester incurables.

Vous aurez rarement d'autres paralysies toxiques ; on en a vu de semblables après un empoisonnement causé par le cuivre, le mercure, le zinc, et, le plus souvent, à la suite d'un empoisonnement chronique par l'arsenic. La paralysie arsenicale apparaît comme une paralysie plus ou moins étendue, bien des fois généralisée, des extrémités, avec une atrophie faisant de rapides progrès et une simple diminution de l'excitabilité électrique, sans DR (Seeligmûller). On ne sait rien de plus précis sur leur véritable siège. Leur traitement électrique s'opère d'après les principes généraux.

14° Atrophies et hypertrophies musculaires.

Il ne me reste plus qu'à dire quelques mots sur le traitement électrique de différentes atrophies et hypertrophies musculaires.

Assurément, j'ai déjà parlé assez souvent des atrophies qui constituent des phénomènes partiels et consécutifs aux différentes paralysies centrales et périphériques. Leur traitement électrique s'effectue tout à fait d'après les principes généraux exposés page 390. Ce traitement constitue donc une partie du traitement des formes poliomyélitiques de la sclérose latérale amyotrophique, de l'atrophie musculaire progressive, de la paralysie bulbaire, des paralysies périphériques rhumatismales, traumaliques. neuritiques, saturnines, etc.

Mais il existe encore d'autres atrophies, pour ainsi dire, idiopathiques ou purement musculaires. Je compte dans ce nombre les atropines, causées par le non-usage, par le long decubitus et l'inactivité, parla pression des liens et bandages, par les ankyloses des articulations, etc.; peut-être faut-il aussi ranger dans cette catégorie une partie de ce qui est jeté dans la grande marmite de l'atrophie musculaire progressive, particulièrement peut-être la forme juvénile de cette atrophie; mais tout particulièrement les atrophies musculaires si fréquentes, qui se

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produisent à la suite d'inflammations aiguës et chroniques des articulations. Leur pathogénèse n'est encore que très peu connue ; ce n'est assurément que dans une très petite partie de ces cas qu'il s'agit d'une myosite provenant d'une inflammation articulaire ; dans quelques cas, il s'agit aussi peut-être d'une névrite, qui a conduit à la paralysie des muscles en question et à leur atrophie subséquente ; mais le plus souvent on n'en peut rien démontrer, et l'on se trouve en face d'une simple atrophie, se développant rapidement avec une faiblesse corrélative et une parésie des muscles, pour laquelle, peut-être, on peut incriminer des actions spinales, provenant de l'excitation articulaire, réflexes qui auraient entravé la nutrition (Valtat, Gharcot) ; mais tout cela n'est pas encore absolument clair.

Particulièrement fréquentes et importantes sont ces atrophies musculaires dans les affections articulaires de l'épaule et du genou. Ici elles atteignent, en première ligne, le deltoïde et le quadriceps, plus rarement la région du péroné ; j'ai aussi vu cela plusieurs fois dans des affections de l'articulation de la hanche sur les muscles de la hanche, delà fesse et de la cuisse. Cette atrophie peut devenir très intense avec une paralysie plus ou moins accentuée ; elle se combine éventuellement avec une paralysie complète et elle est quelquefois accompagnée de douleurs.

Mais ce qui est caractéristique, c'est que clans cette atrophie on ne rencontre jamais la DR (à moins que l'on n'ait précisément à faire à une paralysie neuritique) et que l'excitabilité électrique ne montre qu'une diminution simple, plus ou moins intense, jamais de modification qualitative. Grâce à cela, l'espèce particulière de cette atrophie, par rapport aux paralysies névrotiques et dégénératives, est assez nettement caractérisée.

86° Observation personnelle. — Paralysie et atrophie du quadriceps à la suite d'inflammation de l'articulation du genou. — Jeune paysanne, 25 ans ; fut atteinte, un an auparavant, d'une inflammation violente et extrêmement rebelle de l'articulation du genou; ce n'est que depuis quatre semaines que la patiente ne souffre plus; elle remarque dès lors que sa jambe est lourde et peu mobile, et qu'elle ne peut, pendant la marche, être portée en avant. — État : l'articulation du genou droit est encore un peu engorgée, mais indolore. Les mouvements y sont libres. Il existe une paralysie complète des muscles antérieurs de la cuisse. La jambe ne peut sortir de la position verticale et le membre ne peut être fléchi à l'articulation de la hanche. — Atrophie considérable -des muscles. L'excitabilité électrique eH simplement diminuée, sans modifications qualitatives. La région du sciatique est entièrement libre. Traitement galvanique : direct sur les muscles, commutations, une électrode à l'aine. Immédiatement après, la jambe peut s'étendre de manière à former un angle de 4o degrés. Deuxième séance : pareillement, mais en outre, courants depuis la colonne vertébrale jusqu'au nerf crural ; revirements de courants ;

ensuite extension jusqu'à 70 degrés. Après la quatrième séance, la jambe peut être élevée presque au niveau de la ligne horizontale. L'excitabilité électrique est considérablement améliorée. Après la seizième séance, la guérison est presque complète, seulement la marche est encore un peu empêchée par le gontlement du genou.

87° Observation de Beneiikt. — Paralysie et atrophie du quadriceps à la suite d'une arthrite. — Jeune fille de 14 ans, atteinte, il va trois ans, d'une inflammation de l'articulation du irenou. L'ankylose avec flexion qui lui en est restée, est combattue par l'extension. On trouva alors une atrophie totale et une paralysie du quadriceps, inexcitabilité électrique. Galvanisation et faradisation locales. Rétablissement complet du muscle après un traitement ayant duré plusieurs mois.

88° Observation de Le fort (Valtot). Hydarthrose du genou, traumatique. — Atrophie du quadriceps. — Homme de 35 ans eut, à la suite d'une chute (mars 1874) un fort gonflement du genou et des douleurs pendant la marche. Traitement ordinaire : dérivation, fortes compresses, etc. L'épanchement disparut, mais la difficulté de marcher persista. En juillet 1874, on constata une forte atrophie des muscles antérieurs de la cuisse. Ces muscles paraissaient complètement inertes. Traitement: faradisation quotidienne des muscles atrophiés pendant quelques minutes. Chaque nuit, application d'un courant galvanique continu (4 éléments Morin), An à l'aine, Ka au mollet. Après quatorze jours, amélioration notable; le malade peut un peu marcher ; au bout d'un mois, la yuérison était complète.

La méthode de traitement de ces simples atrophies est à peu près la même que celle des atrophies névrotiques. Par une excitation régulière, galvanique et faradique, des muscles, on cherche à améliorer leur nutrition, à rétablir leur volume, à augmenter leur vigueur. Il faut, en cela, éviter, surtout au commencement, d'employer des courants trop forts, ou d'une action trop prolongée, pour ne pas surexciter ; mais on peut augmenter l'action graduellement. Il est certainement aussi utile d'agir, sur la nutrition des muscles, en excitant les troncs nerveux et par conséquent aussi les appareils trophiques du centre.

D'après les indications de quelques auteurs français (Le Fort, Valtat), il paraîtrait que l'emploi de courants galvaniques, faibles et continus (Voir plus haut, page 255) peut avoir son utilité particulière, surtout dans les atrophies causées par des maladies des articulations. Je vous ai décrit antérieurement la méthode Valtat (page 257) ; sa combinaisou avec une faradisation régulière des muscles atrophiés, parait devoir donner de bons résultats.

Les succès dus au traitement de toutes ces atrophies dépendent naturellement et à un haut degré, de leurs causes. Vous verrez des résultats tantôt rapides, tantôt tardifs; mais il faudra recourir le plus souvent à un traitement systématique et de longue durée.

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La pseudo-hypertrophie et la véritable hypertrophie des muscles ont une pathogénie encore peu connue. On n'a pas encore confirmé l'opinion d'après laquelle il s'agirait ici de troubles névrotiques et particulièrement spinaux. Formulez donc un traitement électrique tout à fait d'après votre jugement logique et d'après vos conceptions théoriques. Quant à moi, dans toutes les circonstances, je ne négligerais pas d'ajouter à un traitement systématique périphérique, un traitement galvanique des centres tropiques spinaux (galvanisation de la colonne vertébrale et du sympathique). Quant aux succès obtenus jusqu'ici, dans ces maladies, par l'électrothérapie, c'est à peine s'ils méritent d'être mentionnés.

On peut en dire autant d'une autre forme de maladie, rare et étrange, les spasmes toniques des muscles de la vie de relation, ce qu'on appelle la myotonie congénitale (Striimpell), dont on peut dire quelques mots ici. Les différentes expériences, faites pour arriver à bout de cette forme spéciale de maladie par un traitement électrique, ont toutes été infructueuses jusqu'ici.

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