ACTIONS DE COURANT UTILISABLES DANS LES NÉVRALGIES
nerveuses identiques, soit dans les voies symétriques ou celles qui sont éloignées : maintenant que cela ait lieu par suite de transformations moléculaires ou par suite de surexcitation et d'épuisement, ou par la voie d'actions d'arrêt centrales (peut-être aussi par la voie de variations réflexes de circulation et autres analogues), nous ne savons encore à cet égard rien de positif; mais en tout cas le courant électrique est un des modes les plus sûrs et les plus énergiques, et en outre un moyen tout à fait inoffensif, de produire une forte contre-irritation.
Maintenant les actions du courant, sont elles seules utilisables contre les névralgies ou bien d'autres actions du courant encore inconnues à notre époque,, jouent-elles un certain rôle ; quoi qu'il en soit, il n'en reste pas moins certain que la littérature médicale, tout aussi bien que l'expérience personnelle de chaque électrothérapeute, nous présentent de nombreux exemples des excellents résultats curatifs de l'électrothérapie, contre les névralgies, exemples auxquels il faut d'ailleurs opposer les assez nombreux insuccès obtenus en pareil cas.
Je vais vous exposer de la façon la plus brève quelques cas, afin de vous faire connaître les résultats curatifs que l'on peut obtenir à l'aide de différentes méthodes.
89° Observ. de Weise (Hitzig). — Névralgie sus-orbitaire droite typique. — Fin décembre 1866, à la suite d'un rhume de cerveau, névralgie supra orbitale, qui prit le caractère typique et reparut par accès aigus, quotidiens, très violents, lesquels se terminaient par une abondante transpiration. Quinine et arsenic, sans action. Le 17 janvier 1867, traitement galvanique : An sur les fosses sus-orbitaires, Ka à la nuque, stable, 8 éléments, 3 minutes. — Aussitôt, notable soulagement ; après la terminaison de la séance, lanévralgiea disparu d'une manière durable. — Douze ans plus tard, nouvelle atteinte de névralgie, qui derechef ne céda pas à la quinine et cette fois fut également guérie par une seule application de l'An stable.
90° 06s. personnelle. — Névralgie sus-orbitaire droite typique. — Voiturier, 50 ans ; malade depuis quatorze jours, localisation sus-orbitaire bien nette, point de rhume de cerveau, point de fièvre intermittente supposable. Douleur violente de 8 heures du matin à o heures de l'après-midi, ensuite rémission, durant la nuit repos. — Point douloureux violent. 17 février 1882. Traitement galvanique avec An stable. A la suite, trois jours sans accès. Le 20 février, de nouveau douleurs: Deux traitements : douleur de nouveau passée, ne réapparaît ensuite encore que sous forme de légères atteintes. Guérison durable par le fait de deux séances ultérieures.
91° 06s. personnelle. — Névralgie du nerf trijumeau droit (ram. III.) — Femme de 40 ans, a eu dix ans auparavant une semblable affection à gauche, pendant un an. — Depuis deux mois, douleur dans la zone du nerf sous-maxillaire droit et auriculo-temporal, se produisant avec une grande intensité, spécialement vers le soir et dans la nuit. Points douloureux au trou mentonnier et devant l'oreille. 16 février 1866: courant galvanique stable, descendant à travers le nerf auriculo-temporal et le long de la mâchoire infé-
rieure, pendant environ deux à trois minutes. — La nuit suivante, pour la première fois depuis bien des semaines, pas de douleur. Cinq traitements semblables ultérieurs amènent une guérison durable.
92° 06s. personnelle. — Névralgie du nerf trijumeau droit (Tic douloureux) — Paysanne mariée, 47 ans, affectée depuis quatre ans d'une violente névralgie de la face qui va en augmentant et est principalement localisée dans le nerf sous-orbi taire, mais atteint aussi l'os malaire, la mâchoire supérieure, le nez et les dents d'en haut et au moment des paroxysmes de l'accès elle rayonne fort bien aussi dans la mâchoire et les dents inférieures. A chaque accès, vive secousse spasmodique à la commissure buccale. — Cas très pur, d'ailleurs point de manifestations plus étendues. Cause inconnue ; pas de points douloureux manifestes. — Tout d'abord, traitement galvanique : PP. stable, avec entrées et sorties de traînées de courant, aux mâchoires supérieure et inférieure et devant l'oreille, 3 et 4 minutes. Après cinq séances, nulle trace d'amélioration. — Ensuite : 8 élém. du front à la nuque, galvanisation stable du sympathique et An stable devant l'oreille ; trois séances n'amènent aucune amélioration. — Ultérieurement : Faradisation transversalement par la tête, Ka adroite, avec courants grossissants. — Il se produit aussitôt une amélioration, qui fait durant les quatorze jours suivants des progrès tout à fait notables, de sorte que la patiente repose tranquillement pendant la nuit, que la crampe réflexe a disparu etjque, durant le jour, il ne se produit plus que de rares et légers accès. La patiente est obligée d'interrompre sa cure.
93° Obs. de Mor Meye-r. — Névralgie du nerf trijumeau. — Dame de 35 ans, souffre depuis environ trois mois d'une violente névralgie du trijumeau gauche, principalement dans ses trois branches et qui se manifeste par de violents accès, cinq et six fois par jour. La quinine, l'arsenic, la pommade de vératrine restent sans effet. — Le pinceau faradique à la nuque (avec moxa électrique) amène tout d'abord une notable augmentation de la douleur, durant une demie-journée ; mais ensuite atténuation surprenante. Après deux applications ultérieures guérison durable.
94° 06s. de Wiesner. — Névralgie du nerf trijumeau (Tic douloureux) . — Homme de 64 ans, souffrant depuis quatre ans d'une névralgie du trijumeau au côté droit (os malaire et profondeur du crâne) ; des opérations diverses n'ont toujours amené qu'un soulagement momentané ; finalement nouvel accès d'une violence effroyable, 20 et 30 fois par jour; emploi quotidien de 50 centig. de morphine. Le Traitement galvanique (Introduction des points spécialement douloureux entre les électrodes éponges, deux fois par jour, durant 5 minutes), amène déjà, après trois jours une amélioration qui fait de lents progrès ; après deux mois il ne se produit pour ainsi dire plus de tics; le patient est renvoyé comme étant provisoirement guéri.
95° 06s. de Mor Meyer. — Névralgie occipitale droite. — Officier, 32 ans, souffre depuis deux mois (comme aussi précédemment à plusieurs reprises déjà) de violentes douleurs dans la partie postérieure droite de la tête et à la nuque, qui paraissent être sous la dépendance d'une névralgie occipitale. — Pinceau faradique énergiqaement promené sur la nuque ; aussitôt, rémission des douleurs; après deux séances ultérieures, guérison complète.
96° 065. personnelle.— Névralgie du nerf médian. — Femme de 28 ans, souffrant depuis six semaines de violentes douleurs névralgiques, dans la région du nerf médian droit, du coude jusqu'aux doigts. Exacerbation nocturne de la douleur. — Traitement galvanique, stable descendant à travers le médian, 3 et 4 minutes durant. Sur ce nerf beaucoup moins de douleur pendant la nuit. — Après la deuxième application, guérison.
97° Obs. personnelle. — Névralgie du nerf radial. — Petite fille de 8 ans, affectée depuis neuf semaines d'une vive douleur et d'une hyperesthésie violente du pouce droit ; la douleur s'étend le long du bord radial du pouce etdel'avant-bras, surlaface extérieure de l'avant-bras jusqu'à l'épaule; points douloureux très caractérisés, en plusieurs endroits. Le pouce lui-même est extraordinairement sensible au contact le plus léger ; incapacité complète de la main; point de gonflement ni d'inflammation ou autres états. Traitement galvanique ; 8 et 12 éléments stables, descendant depuis le nerf radial au bras jusqu'au pouce et à l'articulation de la main ; 8 éléments An, stable sur le plexus. — Après deux séances amélioration déjà notable; après sept séances, guérison complète, sensibilité du pouce complètement disparue, main est derechef utilisable.
98° 065. de Seeligmùller. — Névralgie du nerf cutané brachial interne. — Femme de 43 ans, affectée depuis huit ans de douleurs névralgiques dans le bras gauche, qui persistent, depuis quelque temps, avec une intensité plus ou moins grande ; l'exploration indique qu'il s'agit d'une névralgie localisée sur le nerf cutané brachial interne petit. Point douloureux, près de la colonne vertébrale. — Traitement galvanique : Ka sur le point douloureux, An sur les nerfs du bras, stable, avec entrées et sorties de traînées de courant, durant six à dix minutes. Après la première séance, le patient, pour la première fois depuis huit ans, n'a absolument ressenti aucune douleur pendant vingt-quatre heures. — Après un petit nombre de séances interrompues par un érésypèle à la face, le patient put revenir guéri à son domicile.
99° 06s. personnelle. — Névralgie intercostale. — Herpès zoster. — Jeune fille de il) ans, souffre depuis quatre jours d'un zoster intercostal, embrassant quatre ou sept nerfs intercostaux (du dos aux glandes mammaires, face postérieure du bras), avec douleurs névralgiques dans la même région. — Ces douleurs persistent encore, même après quatre jours de traitement par la morphine. — Traitement galvanique : Après cinq jours, les douleurs sont absolument calmées. Suspension du traitement; au bout de cinq jours, réapparition des douleurs. La reprise du traitement galvanique amène, dix jours après, la guérison.
100° 06s. personnelle. — Névralgie intercostale. Mastody mie. — Servante, 26 ans ; depuis huit ou neuf mois environ, atteinte de douleurs lancinantes aux seins, avec sécrétion lactée ; les douleurs apparaissent sous forme de fréquents accès, maintes fois très violentes, avec de fortes rémissions; elles rayonnent aussi dans le dos et la paroi interne du bras. Sensibilité de la plupart des apophyses dorsales. Anémie. Traitement galvanique ; An sur les vertèbres dorsales, Kasur le sternum, 14-20 électrodes, stables, traînées de courant. Au bout de peu de jours, amélioration prononcée, mais qui dès lors ne progresse plus. A la suite, traitement faradique (forts courants, avec grandes électrode?
humides) ; sur ce également, amélioration notable, les douleurs sont réduites à deux faibles accès par jour. Une guérison complète n'a pas été obtenue.
101° 06s. personnelle. — Névralgie sciatique. — Homme de 23 ans, atteint depuis deux jours de douleurs névralgiques dans les deux jambes, depuis la hanche jusqu'aux pieds. Exacerbation durant la nuit, de manière que le patient ne peut dormir. Paresthésies des pieds. Traitement galvanique : descendant de six en six pouces à travers les nerfs sciatiques ; quelques interruptions. Sur ce, douleur moindre, le patient dort assez bien, sa jambe est assez indolore. Après le deuxième traitement, pendant la nuit, point de douleur. Après le quatrième traitement, guérison.
102° Obs. personnelle. — Névralgie sciatique. Homme de 55 ans, souffre depuis trois mois d'une sciatique du côté droit ; localisation caractéristique des douleurs, avec plusieurs points douloureux; violents accès, surtout la nuit ; sommeil très troublé ; la jambe gauche quelque peu amaigrie ; marche très difficile. Des injections sous-cutanées de morphine n'ont aucun succès. Traitement galvanique: Descendant, stable à travers les nerfs; pour terminer, quelques interruptions de courant. Déjà, après te premier traitement, amélioration essentielle, qui progresse de jour en jour, de façon qu'après neuf séances, le patient put être renvoyé complètement guéri.
103° Obs. de Mor Meyer. — Névralgie sciatique. — Négociant, 44 ans, souffre depuis six mois d'une sciatique du côté droit, à la suite d'un accident de chemin de fer, très vives douleurs. Points de douleurs à l'émergence du nerf sciatique. Pinceau faradique promené dans cette région -, la douleur disparaît aussitôt ; le jour suivant elle est plus faible. — Après deux séances ultérieures, guérison.
104° 06s. de Brenner. — Névralgie du sciatique. — Le malade, garçon de café, souffre depuis quatre mois d'une sciatique très violente. A l'origine, il a dû garder le lit pendant un mois. Un traitement électrique périphérique soulage les douleurs de la jambe, mais point celles de la partie supérieure du sciatique et duN. iléo-hypogastrique. L'exploration provoque, lors du contact avec la Ka, une douleur insupportable des reins et des vertèbres lombaires insensibles à la pression. — Le traitement de cette place avec la Ka a pour résultat immédiat un allégement notable et, après huit séances ultérieures, le patient est presque débarrassé des douleurs névralgiques ; le point douloureux galvanique a disparu.
lui)0 06s. personnelle de Brenner lui-même. Douleurs névralgiques dans le pied, à la suite de rhumatisme articulaire. — A l'occasion d'une polyarthrite rhumatismale aiguë, dont les deux articulations du pied furent ainsi atteintes, Brenner souffrit de douleurs violentes, rayonnant dans le pied, paroxystiques, qui résistèrent à tous les remèdes et rendirent absolument impossible le sommeil durant trois semaines. Une seule application de courants faradiques modérément forts, dirigés à travers les articulations des pieds à l'aide de larges électrodes humides, fit disparaître aussitôt et d'une manière durable ces terribles douleurs.
Consulter en outre les observations 2;>, 26, 29 et 31 (névralgies dans le tabès); les observations 44, 46 et 48 (névralgies du trijumeau et de l'occipi-