TRAITEMENT ÉLECTROTIIÉRAPEUTIQUE DES NÉVRALGIES
tal,) les observations 36, 42, 43 et 47 (névralgies de l'extrémité supérieure) et l'observation 45 (sciatique).
Il résulte avec certitude de ces observations que beaucoup de névralgies sont guéries, d'une façon extraordinairement rapide, par le courant électrique, et que ce résultat peut être atteint à l'aide de méthodes très diverses ; mais il ne ressort en aucune façon de tout cela la supériorité de telle méthode sur telle autre et on ne peut tirer aucune opinion des données fournies par ceux qui ont mis en pratique, plus ou moins exclusivement, telle ou telle méthode. Dans certains cas, il semble cependant que lorsqu'une méthode a échoué, une autre a pu présenter de l'efficacité : mais le fait n'est nullement fréquent et j'ai aussi à ce sujet très souvent constaté que ces formes de maladie qui cèdent principalement au traitement électrique, sont heureusement influencées par chaque sorte de courant et par tout procédé d'application, même absurde.
Dans l'institution d'un traitement électrothérapeutique des névralgies, vous devez, dans bien des cas, considérer comme votre premier devoir, de vous occuper de la suppression de l affection causale. C'est à peine si j'ai encore, à cet égard, quelque chose à ajouter à mes indications des leçons précédentes f!6-21es leçons). En première ligne, il faut s'occuper du traitement électrique de ces maladies du cerveau, de la moelle épinière et des nerfs périphériques, qui font naître la névralgie ou les douleurs névralgiformes ; ce traitement s'opère suivant les principes et les méthodes ci-dessus indiquées, et c'est aussi celui qui, dans les névralgies dites symptomatiques (tabès, méningite, névrite, etc.), doit être tout d'abord employé ; dans la règle, il s'agira là d'une application convenable du courant galvanique, plus rarement d'une utilisation du courant faradique pour des actions réflexes à partir de la peau.
Mais comme un assez grand nombre de névralgies se développent aussi sur le terrain des névroses générales (hystérie, neurasthénie, irritation spinale, diabète, etc.) ou sur celui des anomalies constitutionnelles générales (anémie, chlorose, cachexies de tout genre), un traitement électrique, tout à fait en dehors du traitement curatif ordinaire, dont nous n'avons pas à nous occuper ici, peut à l'occasion être utile contre ces affections et ici peuvent trouver leur application, la « faradisation universelle » celle de Beard et Rockwell, qui est précisément très recommandée contre ce genre de névralgies, de même que la galvanisation générale ou centrale. Je reviendrai d'ailleurs là dessus dans les leçons ultérieures.
Mais la chose principale qui est de nature à rendre service, en toute circonstance, dans les névralgies idiopathiques et symptomatiques et qui peut même être tentée dans les maladies fondamentales basilaires
tout à fait incurables, et bien des fois s'employer avec profit comme palliatif, c'est la suppression de Tétat pathologique dans le nerf sensible lui-même, la suppression de la modification névralgique, c'est-à-dire l'introduction de l'action calmante, anlinévralgique du courant électrique. Cet effet peut être obtenu par voie directe ou indirecte.
La première, la voie directe, vient naturellement tout d'abord ; nous la rencontrons aussi en général la première, et nous pouvons, pour cela, nous servir aussi bien du courant galvanique que du faradique. Le but est toujours ici d'affaiblir l'excitabilité et d'agir, en la modifiant, sur les conditions de nutrition des nerfs sensibles et, dans un certain sens, d'une façon catalytique. Il faut essayer ici, avant toute chose, l'action active stable du courant galvanique et vous aurez à appliquer tout d'abord l'action stable de /'An, sur la partie malade, vu son action électrotonisante, notoirement calmante ; la Ka doit être appliquée sur le foyer propre de la maladie, en tout cas sur le tronc nerveux douloureux dans sa plus grande étendue possible, éventuellement, sur les places douloureuses et points de pression ; une application modérément forte, mais s'élevant peu à peu en intensité et quelque peu prolongée, est celle qu'il faut adopter; ici, toute excitation trop forte, particulièrement toute interruption de courant, doivent être soigneusement évitées et, dans beaucoup de cas, il paraît précisément indispensable et décisif pour le résultat, de faire sortir le courant par traînées à la fin de la durée de l'An, afin d'éluder l'excitation d'ouverture et la modification positive d'excitabilité qui lui succède ; cet effet se produit 1res facilement par une diminution graduelle du nombre des éléments ou au moyen d'un rhéostat convenable. L'application de la Ka peut être ici tout à fait indifférente et en tout cas, il faut la choisir de manière à ce que l'An, conformément aux lois de distribution de courant, ait une action aussi intense que possible et polylatérale ; la Ka peut éventuellement aussi être simultanément appliquée sur des points douloureux déterminés. — Ce procédé ne conduit pas toujours au but désiré et alors une tentative avec Yaction stable de la Ka n'est nullement défendue ; il est certes possible que les actions catalytiques de ce pôle aient une plus heureuse influence sur la transformation névralgique et par suite agissent dans le sens de la guérison ; en tout cas, une expérience multipliée nous apprend que l'action de la Ka sur les points douloureux (même alors que l'An n'est pas directement placée sur le tronc nerveux) peut avoir une action favorable contre les névralgies ; moi-même j'ai souvent vu les douleurs lancinantes du tabès s'évanouir d'une façon merveilleuse, surtout quand elles étaient liées à une hyperesthésie circonscrite de la peau, par le fait d'une application de la Ka sur ces places de la peau (l'An étant sur la colonne vertébrale).