TRAITEMENT ANTINÉVRALGIQUE DIRECT ET INDIRECT
particularités des cas spéciaux, serviront de mesure. En toutes circonstances, il convient de commencer avec de faibles courants et par de courtes séances, d'éviter toute action excitante inutile, les brusques fermetures et ouvertures de courant et autres choses analogues, de ne pas oublier de faire sortir Je courant en glissant et de n'augmenter que peu à peu l'intensité et la durée de l'action. Plus de 3-5 minutes d'action galvanique et 5-10 minutes de faradique sont à peine nécessaires ; plusieurs séances quotidiennes sont quelquefois utiles.
En ce qui concerne le plan général de traitement, il y a lieu de recommander tout d'abord de commencer par des procédés plus doux, surtout quand il s'agit de personnes encore inconnues et peut-être très excitables. Ainsi tout d'abord, à côté du traitement causal, s'il y a lieu, application stable de l'An ou de courants galvaniques faibles, descendants, éventuellement de courants faradiques faibles qui, surtout pour des personnes particulièrement sensibles, peuvent fort bien être introduits au moyen de la main électrique. Mais quand ces moyens sont infructueux, alors on emploie des courants plus forts, le pinceau faradique ou le moxa.
Les résultats de ces divers modes de traitement sont souvent très brillants et en général on peut dire que les névralgies de la nature la plus diverse et de n'importe quelle région font partie des états les plus favorables pour l'électrothérapie. Souvent, et presque dans tous les cas, un succès momentané est obtenu ; pendant la sortie du courant, les malades ressentent un soulagement et, après la fin de l'application la douleur est sinon complètement évanouie, du moins réellement adoucie. Pourtant tel n'est pas toujours le cas. En effet, il y a des formes dans lesquelles on n'obtient pas même un soulagement momentané, où les douleurs font rage avec une invariable violence, même après que le courant électrique a été augmenté. Il est rare qu'une telle exagération des douleurs soit ultérieurement suivie d'un soulagement durable (Obs. 93). On ne devra donc pas, en de tels cas, poursuivre longtemps le traitement.
Dans les cas favorables, cette amélioration momentanée peut se maintenir durablement, et la maladie être guérie par une ou deux applications ; après un temps plus ou moins long la douleur reparaît, bien qu'avec moins de force ; chaque séance nouvelle ramène toujours un soulagement, jusqu'à ce qu'enfin, au bout de peu ou de beaucoup de temps, tantôt après un petit, tantôt après un grand nombre de séances, la guérison soit obtenue. Vous ne pouvez pas, en de tels cas, regretter la peine que vous donne un traitement longtemps prolongé, ou que l'on doit reprendre à plusieurs reprises. Mais, dans les cas défavorables, l'amélioration momentanée disparaît de nouveau, aucun progrès n'est réalisé et la névralgie reste incurable ; ordinairement les
causes en sont clans la nature et Fincurabilité de la maladie principale elle-même : mais nous ne sommes pas toujours en état de reconnaître rigoureusement cette affection et des névralgies, qui, en apparence, semblent icliopathiques et favorables, peuvent opposer au traitement électrique une résistance tout à fait inattendue.
Il n'est pas facile de prédire si une névralgie est curable par l'électricité ou si elle sera sûrement guérie. A cet égard, nous sommes d'abord souvent trop peu sûrs de notre diagnostic ; mais l'expérience nous enseigne que les probabilités sont relativement favorables en faveur des névralgies purement idiopathiques, des formes rhumatismales ou névritiques, dans les cas provenant d'anémie, de neurasthénie et d'hystérie; peut-être aussi dans maintes névralgies provenant de fièvre intermittente ; elles sont défavorables en revanche et laissent tout au plus entrevoir des résultais palliatifs, et ces derniers encore très douteux et inconstants, dans la plupart des névralgies symptomatiques, qui accompagnent les affections cérébrales et de la moelle épinière, les graves lésions nerveuses périphériques, l'hystérie très invétérée, la neurasthénie et ensuite surtout les graves névralgies faciales que l'on désigne du nom de tic douloureux invétéré ; pour ces dernières, vous pouvez bien tenter un essai de traitement électrique, mais vous ne devez ni vous, ni le malade, en concevoir de trop grandes espérances.