TRAITEMENT ANT1NÉVRALG1QUE CAUSAL ET DIRECT Ï
Comme il s'agit fréquemment d'agir sur de grandes étendues de nerfs, par exemple sur les nerfs des extrémités, on peut aussi appliquer les deux pôles sur les nerfs et laisser ainsi traverser les nerfs par le courant, suivant une direction ascendante ou descendante ; d'ordinaire, à cet effet, on préfère la direction descendante du courant, à laquelle on attribue une action calmante plus grande; nous ne savons guère si c'est avec raison, toujours est-il que cette action tient vraisemblablement à ce que l'An se trouve sur le segment central des nerfs ; l'action stable est aussi ici la chose essentielle, en y ajoutant le fait d'éviter les actions excitatrices inutiles. L'An devra être appliquée le plus au centre possible sur le tronc nerveux ou la colonne vertébrale, la Ka à une place plus périphérique, spécialement sur les points douloureux isolés ; sur les nerfs très longs, on peut aussi faire plus d'applications semblables allant successivement du centre à la périphérie, avec une distance d'électrodes d'environ 20-25 centimètres (ainsi particulièrement dans le sciatique). — S'il s'agit de névralgies des nerfs mixtes, accompagnées de raideur, faiblesse et de mouvements douloureux, il peut alors être utile, à l'exemple de Remak, de produire, à la fin de la séance, des secousses musculaires par le moyen de quelques fermetures de courant ; ce procédé fait en général disparaître ces manifestations collatérales.
Une méthode efficace, dans le même sens, est finalement encore Y application continue de courants galvaniques faibles (voir p. 255), qui est recommandée de divers côtés. Je n'ai point d'informations particulières et nombreuses à ce sujet, mais je crois pouvoir à l'occasion recommander ce procédé, surtout pour des personnes très excitables, pour des névralgies plus fugitives ou réapparaissant souvent, soit en particulier pour l'irritation spinale et l'hystérie. Quant au choix des points d'application, il ne faut pas oublier ici que, dans les éléments galvaniques simples, la plaque de zinc est le pôle positif.
Mais le passage d'un assez fort courant faradique, au travers des nerfs malades (au moyen d'électrodes humides) peut servir au même but ; il est difficile de dire comment l'effet se produit, mais le fait de son efficacité est indubitable. Vous commencez tout d'abord de préférence avec des courants assez forts qui sont dirigés, durant 3-10 minutes, avec une force égale, à travers les nerfs ; cela amène tout d'abord un grand soulagement, et en recommençant plus fréquemment, cela amène même la guérison. Si le résultat ne se produit pas, il faut employer un courant plus fort, éventuellement sous la forme de courants dits grossissants.
On peut également, dans les névralgies, obtenir un succès d'une manière différente, parla voie indirecte. Tout d'abord par l'établissement d'une vive contre-excitation à l'aide du pinceau faradique. Cette mé- Erb. — Électrothérapie. 30
thode, surtout développée par Duehenne et Mor Meyer, est souvent appliquée avec un brillant succès, quoi qu'elle ne soit pas très agréable pour le patient, parce qu'il est très douloureux d'exciter la peau d'une façon très énergique au moyen du pinceau électrique (faradique ou galvanique). Suivant Duehenne, la flagellation de la peau est pratiquée de la manière ordinaire dans le voisinage de la place douloureuse, ou quand celle-ci n'est pas suffisamment sensible, à un autre endroit ; Mor Meyer prétend n'avoir ainsi obtenu de succès que quand, à côté de la névralgie, existait simultanément une anesthésie de la ;>eau ; d'après lui, l'action de ce qu'on appelle le moxa électrique (fixation du pinceau électrique sur une place déterminée delà peau, ou, d'une manière encore plus énergique, passage d'étincelles provenant du pinceau maintenu à une distance de 1 millimètre de la peau) sur les points douloureux principaux du nerf ou de son point d'émergence de l'organe central, est encore plus efficace ; cette application dure de quelques secondes à une minute. Si elle n'amène pas sans retard (après 2-5 séances) un résultat, on peut essayer d'appliquer cette violente contre-réaction à des places symétriques du cùté sain, ou dans le domaine des nerfs cutanés voisins ou à des places de la peau même tout à fait éloignées (hélice, ailes du nez, mamelon de la poitrine, cou, etc.). Mais pour cet effet, une excitation très forte et très douloureuse est toujours nécessaire.
Qu'il y ait également lieu d'utiliser le pinceau galvanique (Ka^, peutêtre encore plus douloureux, c'est ce que nous apprend un cas communiqué par Wiesner. Un collègue plus âgé que moi et que je connais, guérit une très sérieuse névralgie supraorbitale, vieille de plusieurs années, par l'application du pinceau galvanique sur le front, mais il sut, ici du moins, adoucir quelque peu le désagrément de cette application, à l'aide d'un papier brouillard humide interposé. Seeger a employé un procédé tout semblable dans une sciât ique ; il promène à volonté le pinceau négatif sur les grandes places de la peau, au-dessus des nerfs malades, jusqu'à ce que de la rougeur et des phlyetènes s'ensuivent, (on utilise ensuite ces dernières places rendues par là conductrices pour y appliquer du papier brouillard humecté et introduire le courant, par ce dernier au moyen des électrodes ordinaires.
On doit considérer le traitement galvanique des point douloureux de la colonne vertébrale, etc., comme un traitement indirect des névralgies. Mor Meyer, Seeger, Brenner y ont porté leur attention et l'ont trouvé tout à fait utile dans maintes graves névralgies (névralgies brachiales et intercostales, sciatique, etc.). La méthode consiste dans l'action stable de l'An d'un courant d'une force modérée.
En ce qui regarde l'intensité et la durée de toutes ces méthodes de traitement, les principes généraux et naturellement encore plus les