NÉVRALGIES DU TRIJUMEAU ET DE SES BRANCHES
anévrismes de la carotide). Une simple observation nous montre à première vue qu'il n'est d'aucune façon facile d'atteindre à l'aide du courant galvanique le tronc du nerf situé dans la profondeur de la fosse moyenne delà cavité crânienne, le ganglion de Gasser et les trois rameaux principaux et la même réflexion s'impose pour une partie du trajet de ses branches profondément enfoncées et placées à la base de la cavité orbitaire et dans la fosse ptérygoïde. 11 n'est pas facile ici de développer une action polaire énergique et à plus forte raison on devra renoncer à établir dans le nerf une direction de courant déterminée et efficace. Pour obtenir des actions polaires, ce qu'il y aura de plus conforme au but sera toujours d'imprimer au courant une direction oblique ou transversale à partir du milieu de la région temporale immédiatement au-dessus de l'os malaire jusqu'à l'autre côté ou derrière l'oreille vers le côté opposé de la nuque ; or pour produire une direction de courant déterminée dans les troncs principaux, le trajet du courant, de la nuque aux divers points d'émergence de ces nerfs, est réellement à peine suffisant. On doit sous ce rapport se comporter du mieux que l'on peut et je crois qu'il est préférable, d'amener la partie du nerf que l'on suppose malade dans la sphère d'action des traînées de courant les plus denses, par conséquent directement entre les deux électrodes ou le plus près possible de l'une d'entre elles. Quelques branches périphériques du trijumeau, particulièrement le susorbitaire,l'auriculo-temporal et aussi le maxillaire inférieur, sont beaucoup plus favorablement placées ; elles peuvent être facilement et sûrement atteintes aussi bien par les actions polaires que baignées par un courant descendant; la chose est toutefois moins facile pour le sous-orbitaire dont la branche terminale la plus extrême peut seule être énergiquement touchée ; et justement ce nerf est le siège de prédilection de la névralgie épileptiforme qui est le véritable tic douloureux.
Tout d'abord le mieux sera de commencer le traitement de ces névralgies par l'action stable de l'An sur les branches isolées et les points d'émergence, éventuellement dans le voisinage du tronc nerveux. La Ka peut être alors placée au sternum, sur la main du côté opposé, éventuellement aussi à la nuque, en arrière ou latéralement ; forces de courant, d'abord modérées, ensuite plus élevées ; supposez-vous que le siège de l'affection soit à la base du crâne, vous devrez monter à des forces de courant assez élevées ; à l'aide de cette méthode, 0. Berger a obtenu de très bons résultats ; elle suffit à la plupart des cas légers. — Si elle ne suffit pas, vous pouvez essayer, tandis que l'An est fixée à la nuque de traiter à l'aide de la Ka stable, chaque point d'émergence (le courant prétendu descendant de maints auteurs!) ou d'envoyer un courant descendant au travers des rameaux périphériques isolés, ce qui est pos-
sible d'après quelques auteurs ci-dessus nommés ; ou bien vous pratiquez cette même application à l'aide de courants faradiques faibles, qui augmentent peu à peu ; à cet effet Bruzélius recommande des séances de très longue durée (10-30 minutes). Finalement reste encore à essayer avec le pinceau faradique ou le moxa faradique (éventuellement aussi avec le pinceau galvanique). Ces points d'émergence sont d'ailleurs, au visage, à peine accessibles; pourtant je l'ai essayé à plusieurs reprises. Il est par suite plus convenable d'entreprendre la faradisation de la nuque par le pinceau. M. Meyer prend, à cet effet, deux pinceaux, dont l'un est fixé à la nuque tandis que l'autre, placé dans le voisinage et le plus près possible du premier, est maintenu à un éloignement de la peau d'environ 1 millimètre; afin de permettre aux étincelles de jaillir, on peut aussi dans le même but, promener le pinceau faradique sur l'hélix.
Mais il ne sera pas rare que vous rencontriez des cas, dans lesquels toutes ces méthodes de traitement manquent leur effet ; particulièrement les tics peuvent, sous ce rapport, désespérer le praticien ; là un succès durable est très rare et je reconnais franchement que pour ces névralgies graves, vieilles de plusieurs années, quelque méthodiquement et longuement que je les aie traitées, je ne puis me vanter d'un seul succès brillant et durable ; ce que j'ai obtenu de mieux, a été une rémission temporaire des accès ou un soulagement d'une durée plus ou moins grande ; d'ailleurs ilpeut aussi se produire des améliorations dans quelques cas. Pour cela, je laisse à votre perspicacité, après que vous aurez essayé les méthodes indiquées, le soin de tenter encore quelque chose de nouveau, de découvrir de nouveaux points d'appui pour la méthode électrothérapeutique ; je rappellerai seulement à ce sujet que, dans l'espèce, un traitement dirigé le long et à travers ledit cerveau, le traitement du sympathique, la galvanisation centrale, aussi la faradisation générale, le traitement des points de pression douloureux, de même que l'application de courants faibles continus sont des moyens à votre disposition. — Je ferai encore observer que, dans bien des cas, deux séances et plus, en un seul jour, m'ont semblé utiles.
2° Le traitement électrique de la névralgie cervico-occipitale ne présente pas la moindre difficulté, parce qu'il s'agit ici de troncs nerveux situés à la surface, et assez longs, qui, jusqu'à leur entrée dans l'organe central, sont faciles à atteindre et dont les points les plus fréquemment affectés sont habituellement aussi faciles à traiter. Les méthodes sont par suite très simples à fixer: en première ligne, An stable sur les points d'émergence, par conséquent les vertèbres cervicales les plus hautes, Ka sur le sternum , ou courant descendant stable tandis que l'on place la Ka sur le vertex bien humecté ; de la même façon, emploi