‹ Traité d'électrothérapieChapitre 22 sur 290 · DEUXIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

DEUXIÈME LEÇON

Sommaire : Les divers genres de courants. — Électricité de contact : courant quivanique.— Chaînes galvaniques. — Électricité d'induction : courant faradique. — Appareils les plus usités et appareils auxiliaires : appareils d'induction et batteries galvaniques.

Je puis sans doute supposer, Messieurs, que tous les points principaux de l'étude de l'électricité physique, vous sont familiers ; cette science constitue, en tout cas, laseule base sur laquelle on puisse s'appuyer en électrothérapie, et fournit les principes qui permettent le maniement de ce mode de traitement, que ce soit pour établir un diagnostic ou un traitement. Je ne puis donc vous recommander avec assez d'insistance de vous mettre à l'étude de cette matière et de la repasser fréquemment. Vous devez, si vous voulez devenir de bons électrothérapeutes, la posséder à fond, autant qu'elle se rapporte à notre but spécial. Cette tâche vous sera considérablement facilitée par les excellents petits ouvrages de G. Rosenthal, Fick, Zech, V. Beetz et de Wattcville.

Cependant, je ne puis ni ne veux éviter de vous entretenir ici des connaissances absolument indispensables à l'intelligence de ce qui suivra; ce ne saurait être, d'ailleurs, qu'un rapide aperçu, que vous compléterez à l'aide de vos études personnelles.

L'électricité se manifeste habituellement avec diverses modifications, qui dépendent de son mode de production et de la disposition accidentelle des instruments qui dégagent le courant.

Nous utilisons aujourd'hui presque exclusivement V électricité des courants ou ce qu'on appelle le courant électrique. On a bien aussi tenté depuis longtemps et encore aujourd'hui diverses expérience thérapeutiques, avec l'électricité de frottement dite électricité de tension ou statique et qu'on obtient au moyen des machines électriques à frottoirs et des machines dites par influence; mais ces essais, même les plus récents, entrepris à Paris, n'ont donné aucun résultat bien encourageant et l'électricité statique en est encore à conquérir une place assurée dans l'électrothérapie. Pour ce motif, nous laisserons de côté, dans l'exposition ci-dessous, cette forme d'électricité, qui du reste, en substance, obéit aux mêmes lois que les courants.

Les cou?-ants électriques peu\rent,comme vous savez, être engendrés par des objets très différents ; en électrothérapie, on emploie de nos jours presque exclusivement : 1° les courants galvaniques développés par contact (constants, continus, de batteries), et 2° les courants engendrés par induction (induits, interrompus, C. d'induction) dits faradiques. Les courants produits par les nouvelles et puissantes machines électriques employées surtout dans l'bdustrie cl qui sont peut-être destinés ,-i

PREAMBULE DE J'UYSlyLE

Figure 1.

Schéma d'un élément galvanique ?iui|il»' : le zinc et le cuivre sont plnn^é» dans un liquide acide ou solution saline).

jouer un grand rôle dans l'électrothérapie peuvent être actuellement laissés de côtés.

Électricité de contact. Le schéma, le plus simple pour la démonstration de courants de contact, sans tenir compte de la théorie, physique encore toujours contestée du galvanisme, sur laquelle nous n'avons pas besoin d'insister ici, est le suivant: si vous placez deux métaux différents (soit du cuivre et du zinc ou du charbon et du zinc), sous la forme de deux plaques parallèles mais ne se touchant pas, dans un liquide, une solution saline ou acide (comme dans la fig. 1), par suite du contact de ces métaux avec le liquide, il s'effectuera dans lesdits métaux une séparation de l'électricité, dételle sorte que toute l'électricité positive s'accumulera sur un métal et toute l'électricité négative sur l'autre, avec une certaine tension.

Cette tension est d'une valeur très différente, suivant la nature du métal et des liquides employés.

En outre on peut ranger les différents métaux en une rangée de tension; dans ce cas, le métal en contact, à une extrémité, avec un liquide déterminé possédera le maximum d'électricité positive ; le métal placé à l'autre extrémité', le maximum d'électricité négative.

On appelle celle disposition simple, — deux métaux placés dans un liquide, — une chaîne ouverte ou un élément ouvert simple. Mais si vous rattachez les extrémités libres des métaux, l'une à l'autre par un corps conducteur, soit un fil métallique (fig. 2), les tensions électriques produites sur les deux métaux se contrebalancent, par le moyen de ce fil que l'on nomme arc de fermeture et l'électricité court d'un métal à l'autre. Xous avons alors une chaîne fermée, dans laquelle se meut un courant électrique.

Toutefois, avec la fermeture de la chaîne, l'équilibration de la tension ne cesse pas, mais il se produit justement par le contact des métaux avec le liquide, c'est-adire, par leur action chimique réciproque, une incessante séparation nouvelle de l'électricité, une tension toujours renouvelée, par suite de laquelle, aussi longtemps qu'il subsiste des métaux et du liquide, il se produit un courant continuel d'électricité dans l'arc de fermeture et au travers de la chaîne entière.

Figuro 2.

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