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VINGT-NEUVIÈME LEÇON

Sommaire : Notion et pathogénèse de l'anesthésie. — Exploration électrique. — Tâche de i 'électrothérapie . — Cas d'affection. — Méthodes de traitement électrique. Traitement causal. — Traitement direct de l'anesthésie ; méthodes avec les courants faradique et galvanique. — Suppressions de troubles secondaires trophiques. — Résultats. — Formes isolées: Anesthésie du trijumeau, de la gorge et du larynx ; anesthésie vaso-motrice ; anesthésie hystérique ; anesthésie tabétique.

De même que les spasmes et leur traitement présentent certaines analogies avec les névralgies, de même l'anesthésie a les relations les plus étroites avec la paralysie. Elle doit son origine fades lésions toutes semblables et, très fréquemment, absolument identiques à celles de la paralysie, et son traitement électrique se fonde exactement sur les mêmes principes et se sert des mêmes méthodes que celui de la paralysie. Mais les conditions anatomiques et physiologiques des voies de conductibilité centripètes font que nous avons eu affaire à des données thérapeutiques plus simples et bien moins compliquées que pour les paralysies, dételle sorte que les méthodes de traitement se présentent aussi sous une forme relativement plus simple et plus uniforme. Ceci me permet aussi une exposition relativement courte.

Sous le nom d'anesthésie, on comprend, comme on sait, la diminution ou l'abolition des sensations transmises à la conscience par les nerfs sensibles et les sens ; j'ai ici en vue principalement les anesthésies cutanées et musculaires (les anesthésies sensibles ou viscérales

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seront en temps et lieu signalées plus tard). Ce trouble fonctionnel peut ôtre amené soit par l' affaiblissement de l'excitabilité de l'appareil terminal sensible, périphérique ou central, soit par un arrêt et une interruption des voies conductrices sur les trajets nerveux sensibles (anesthésies de conductibilité). Ces dernières sont, en tout cas, de beaucoup les formes les plus fréquentes et les plus importantes de l'anesthésie ; elles sont aussi presque exclusivement l'objet du traitement électrique.

L'existence d'une anestbésie provenant simplement d'une affection de l'appareil terminal sensible périphérique (de la peau, des tendons, des muscles, des articulations, etc.), ne semble pas encore suffisamment confirmée, parce qu'on ne peut ordinairement démontrer l'intégrité des voies conductrices délicates et sensibles, qui leur font immédiatement suite. 11 en est de même des anesthésies d'un degré peu élevé, provoquées par le froid (en anglais, actherspray), par la chaleur, par un sel caustique (lessive, acide carbonique, etc.), par l'ischémie (névroses vaso-motrices, etc.).

Les anesthésies, par affection exclusive des appareils de réception centraux, ne sont pas non plus suffisamment établies ; nous supposons, il est vrai, que ces appareils doivent être cherchés dans certains départements de l'écorce cérébrale (régions sensorielles de l'écorce) et nous pouvons aussi nous figurer qu'ils sont susceptibles d'être atteints assez isolément ; mais il sera difficile de décider jusqu'à quel point il faut comprendre avec les maladies de la présente catégorie (encéphalite corticale, ramollissement, épanchement sanguin, méningite, intoxication, etc.), celles des voies conductrices sensibles qui en sont très rapprochées dans le cerveau. Mais cela n'a pas d'importance spéciale pour l'électrothérapie, pourvu qu'on puisse fixer dans l'écorce cérébrale ou dans le cerveau le siège de la maladie.

En tout cas, les anesthésies par arrêt de la conductibilité sensible sur un point quelconque de leur parcours, sont de beaucoup les plus fréquentes et les plus nombreuses, et leur pathogénie est bien plus claire. Cet arrêt de conductibilité peut être de même que pour les paralysies, ou bien situé dans les voies de conductibilité périphériques, par suite des lésions les plus diverses, ou bien il peut siéger dans la conductibilité spinale (par toutes les espèces possibles de maladies de la moelle épinière) ou enfin provoquées par une affection des voies conductrices cérébrales (hémorrhagie, ramollissement, tumeurs, scléroses, etc.) Il est vrai que nous ne connaissons que d'une manière très incomplète ces voies conductrices et leur situation dans la moelle épinière (cordons postérieurs, colonnes grises postérieures) et, dans le cerveau (calotte du pédoncule cérébral, partie postérieure de la capsule interne, fibres de la couronne rayonnante). Il est aussi possible et même très vraisemblable que l'anesthésie peut se produire dans toutes les

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