MÉTHODES DE TRAITEMENT ÉLECTRIQUES
dant il résulte de l'observation de Grasset que l'on peut obtenir un effet semblable à partir d'autres régions de la moitié du corps anesthésié , et même du côté sain. Rumpf s'est également servi avec succès du pinceau faradique promené sur de plus grandes surfaces de la peau. Ces faits ont probablement des rapports avec les phénomènes métalloscopiques dans l'hémianesthésie hystérique, et sont encore aussi obscurs et aussi énigmatiques que ceux-ci. On ne sait pas encore au juste s'il s'agit ici d'irradiations centrales, de phénomènes d'excitation périphériques ou peut-être aussi d'effets catalytiques réflexes, tels que nous les avons précédemment signalés pour le traitement analogue des paralysies. En tout cas, cette méthode mérite d'être ultérieurement expérimentée et d'être largement employée dans des cas convenables.
Enfin l'on peut, dans bien des cas, se proposer de combattre les troubles trop/tiques secondaires dans les nerfs sensibles, soit les troubles nutritifs plus délicats, tels qu'ils sont causés par l'inaction, une atrophie dégénérative, ou enfin la séparation d'avec les centres trophiques, comme nous l'avons vu dans les paralysies. Les centres trophiques pour les voies de conductibilité sensibles périphériques sont situés dans les ganglions spinaux ; cette indication surgit donc en première ligne, dans les anesthésies périphériques et il faudra y faire droit, absolument comme pour les paralysies (voir page 391); mais les circonstances sont d'autant plus favorables aux nerfs sensibles que ceuxci sont d'ordinaire plus prompts à se régénérer que les moteurs et par conséquent entrent en activité plus tôt que ceux-ci. Nous avons déjà vu quelle importance a ce fait pour le traitement des paraysies. Mais on rencontre aussi dans les anesthésies spinales des ldégénérescences secondaires ; les centres trophiques, pour une portion des voies de conductibilité, dont il est ici question, paraissent aussi être situés dans les ganglions spinaux ; leur destruction détermine la dégénérescence secondaire ascendante des cordons postérieurs. Mais on ne peut encore savoir si leur traitement électrique, en cas d'anesthésie spinale, donne quelques résultats ou même s'il est nécessaire.
Les résultats de ce traitement des anesthésies varient extrêmement et sont naturellement déterminés par le caractère de l'affection principale. Ce qui confirme mon assertion, c'est que beaucoup de cas sont purement et simplement incurables. Mais il existe aussi de grandes différences entre les cas curables ; tantôt la guérison est prompte, se produit d'une manière merveilleuse en quelques minutes ou après un petit nombre de séances; ou bien le mieux se manifeste, mais ce n'est que pour peu de temps. Quelques heures ou quelques jours après, l'anesthésie est revenue et ce n'est que lentement que la guérison
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s'achève. C'est ce qu'on remarque surtout dans les différentes anesthésies hystériques, dans les anesthésies rhumatismales, dans les anesthésies légères par compression, etc. Dans d'autres cas, la guérison est très lente, comme pour les paralysies traumatiques, dans la névrite, le tabès et autres affections de la moelle épinière.
Je n'ai presque rien à ajouter, en ce qui concerne les diverses formes de l'anesthésie.
L'anesthésie du trijumeau est une des plus importantes et exige un traitement soigneux et prudent: le courant galvanique sur le tronc et les branches du trijumeau, Ka labile ou pinceau faradique sur la peau du visage, sur la muqueuse de la cavité buccale et sur la langue. Le courant électrique paraît aussi exercer une influence favorable sur l'hypérémie conjonctivale concomitante.
Uanesthésie de la gorge et du larynx suit fréquemment la diphtérite et réclame une attention particulière à cause du grand danger de la pneumonie alimentaire; elle est traitée comme la paralysie diphléritique : emploi intrapharyngien et percutané de courants faradiques ou galvaniques, principalement dans la région du laryngé supérieur. Jurasz recommande de faire agir alternativement les deux espèces de courants.
Dans V anesthésie vaso-motrice, il faut naturellement traiter les vasomoteurs avec des procédés qui élargissent les vaisseaux (A;oir la leçon suivante). Il faut pareillement traiter directement la peau avec des applications très excitantes et rougissant la peau (An stable et Ka labile, avec l'emploi du pinceau faradique); ordinairement, elles disparaissent vite.
Dans les anesthésies et hémianesthésies hystériques, on ne doit pas négliger le traitement des organes du centre, parallèlement à l'emploi périphérique de la faradisation cutanée; il faut aussi penser au traitement de l'ovarie éventuelle ou de points de pression de la colonne vertébrale. On peut essayer la méthode de Vulpian.
Contre Vanesthésie et l'analgésie tabigue, le traitement de la moelle épinière est tout indiqué en première ligne, et souvent même il conduit seul au but. On a aussi obtenu de très bons résultats avec l'application périphérique du pinceau faradique (Mor Meyer et plus récemment Rumpf).
Contre les anesthésies combinées avec les paralysies, sur les différentes parties du corps on peut, outre le traitement périphérique de l'anesthésie, mettre en œuvre le procédé spécialement applicable aux paralysies.
Je ferai plus tard quelques remarques sur l'anesthésie de la me m-