ANESTHÉSIE
davantage, même des commutations de courant; une excitation très intense est aussi produite par le pinceau métallique armé de la Ka ; mais pour cela il faut de grandes forces de courants et l'on doit éviter de tenir le pinceau trop longtemps sur le même point de la peau, sans quoi il y naît rapidement de fortes écorchures.
Mais, dans ce cas, on se sert, le plus souvent et avec prédilection, du courant faradique qui, à l'aide du pinceau et des moxas, produit, avec des courants secondaires prompts et vigoureux, une énorme excitation de la peau, pouvant être graduée aisément et délicatement à chaque instant et cette excitation de la peau ne laisse jamais après elle de fâcheuses conséquences. Ainsi: emploi farado-cutané du pinceau, voilà la principale méthode : on peut préalablement sécher la peau en la poudrant. Vous pouvez d'ailleurs aussi exciter les troncs nerveux avec des électrodes humides ou faire agir, au moyen de celles-ci, des courants excitants sur des articulations, des muscles, des membranes muqueuses et sur d'autres parties plus profondément situées. Le courant peut d'abord être choisi assez fort pour provoquer une faible sensation qui, en général, s'accroît ensuite rapidement, de telle sorte qu'on est obligé de repousser le rouleau en arrière; à mesure que l'amélioration fait des progrès, des courants plus faibles pourront suffire.
Mais en traitant l'anesthésie de la sorte, on a rencontré bien des fois un fait surprenant, c'est que non seulement les régions de la peau et les troncs nerveux directement excités recouvrent leur sensibilité, mais qu'encore des régions de la peau, voisines et même éloignées redeviennent sensibles d'une manière passagère ou même durable. Bien plus, des aneslhésies simultanées de membranes muqueuses et d'articulations, même d'organes cérébraux, sont dissipées par une simple faradisation locale d'une portion circonscrite de la peau. Spécialement dans les hémianesthésies cérébrales, provoquées par des lésions organiques ou par des modifications impalpables, et non moins dans d'autres formes, principalement dans les hémianesthésies hystériques, il suffit souvent de traiter avec le pinceau une petite région de la peau, pour rétablir complètement la sensibilité sur toute la moitié du corps et même encore au delà. Ce fait, qui a été l'objet d'une observation attentive de la part de Mor Meyer, dans son traité (3° édition, p. 288), a été rappelé avec insistance, dans ces derniers temps, par Vulpian. Il trouva que particulièrement l'emploi du pinceau faradique sur une faible partie de la peau, à l'extrémité supérieure (face externe de Favant-bras), tous les jours, pendant 8 ou 10 minutes, avec des courants très forts, a cette action favorable, souvent même plus favorable que la faradisation de toutes les parties anesthésiques de la peau et il donne la préférence à cette localisation de l'action excitante ; cepen-