HYDROPISIE INTERMITTENTE DES ARTICULATIONS
résultats sont satisfaisants et que, particulièrement dans les cas les moins graves d'entre ces névroses, ils sont assez nombreux et complets.
Toutes sortes d'arguments militent en faveur de l'opinion d'après laquelle il faut ranger parmi les névroses vaso-motrices, une affection articulaire tout aussi rare que spéciale, connue sous le nom d'hydropisie intermittente des articulations. Ce jugement porté sur la maladie, implique naturellement un essai de traitement électrique. Cet essai a été fait récemment par Seeligmuller, mais sans succès ; par contre. Pierson prétend avoir exercé une influence satisfaisante dans un cas, en galvanisant la nuque. Au reste, comme Seeligmuller, je ne puis que recommander de nouvelles expériences. Si donc vous étiez chargé de traiter un cas semblable, je vous conseillerais, pour l'accès lui-même, la méthode de traitement de la paralysie vaso-motrice. Il faudrait agir sur le genou même, sur les troncs nerveux correspondants, et sur la moelle épinière. On peut aussi chercher à agir éventuellement d'une manière réflexe, à partir de l'autre jambe ou de la plante des pieds, du même côté (On emploiera, de préférence, des courants faibles). Je crois que, dans les intervalles, il conviendrait de traiter, de préférence, avec des courants galvaniques, la région lombaire, ainsi que les nerfs crural et sciatique. Quoi qu'il en soit, la question réclame des expériences ultérieures.
Toutes sortes d'affections de la peau sont, depuis quelque temps, rangées parmi les névroses trophiques et vaso-motrices, ou du moins mises en rapport avec des anomalies du système nerveux. Je citerai seulement toutes sortes de formes de Vérythème, Vurticaire, et tout spécialement l'herpès zoster. Ces questions sont encore, il est vrai, peu intéressantes pour l'électrothérapie ; mais elles pourront donner un champ fécond pour les recherches électrothérapiques de l'avenir. Assurément, ce qui est le moins douteux, c'est la nature névrotique des souffrances que produit l'herpès zoster. Celui-ci se manifeste tantôt isolé, tantôt en rapport avec les névralgies d'un siège analogue.
D'après tout ce que nous savons, il paraît se rattacher régulièrement à des phénomènes inflammatoires (névrite), ou bien dans les nerfs périphériques, ou plus souvent dans les ganglions spinaux, ou dans le ganglion de Casser. De là résulterait donc dans les cas appropriés, le traitement galvanique de la névrite (voir la 21e leçon). En thèse générale, ce traitement sera superflu, du moins contre le zoster, qui d'ailleurs disparaît spontanément au bout de quelques jours. Toutefois la présence du zoster indique toujours qu'une névralgie dé-
pend d'une névrite et que la thérapeutique doit être tout spécialement dirigée sur la région des ganglions spinaux ou mieux du ganglion de Gasser. Au reste, la présence d'un zoster ne doit nullement vous faire renoncer au traitement galvanique d'une névralgie.
Les anesthcsies cutanées circonscrites qui restent souvent à guérir après un grave herpès zoster sont traitées absolument comme les autres anesthésies.
On associa précédemment les anomalies de la sécrétion de la sueur aux névroses vaso-motrices; ces anomalies acquièrent quelquefois une certaine individualité, peuvent montrer d'étranges formes de localisations et en réalité, s'associer assez souvent à des névroses vasomotrices. Mais nous savons aujourd'hui que des nerfs spéciaux et des centres cérébro-spinaux président à la sécrétion delà sueur et que les névroses de la sécrétion de la sueur peuvent avoir aussi une certaine autonomie et une pathogénie et localisation qui leur est propre. En effet si, dans certaines névroses vaso-motrices (par exemple, dans l'angioparalysie), on trouve régulièrement une augmentation de la sécrétion de la sueur, cela peut s'expliquer par un plus grand afflux du sang et par l'élévation de la température qui agissent sur les glandes sudorifiques, en favorisent la sécrétion, mais probablement pas par une paralysie des nerfs d'arrêt concernant la sécrétion de la sueur. Au reste, ces névroses de la sueur peuvent être complètement indépendantes des névroses vaso-motrices.
Elles apparaissent sous la forme d' hyper idrose, quand il y a excès de sueur, et sous celle de l'anidrose, quand la sécrétion de la sueur diminue, est plus ou moins étendue ou localement limitée, et localisées fréquemment sur une moitié du visage, avec ou sans troubles vasomoteurs ou symptômes de la maladie du sympathique. Les anomalies de la sueur se manifestent nettement surtout lors d'états déterminés du corps tels qu'échauffement, mouvement, assimilation, action d'un acide sur la langue, etc.
On ne sait pas encore grand'chose sur leur traitement électrique . Si les anomalies de la sécrétion de la sueur ne sont que l'effet d'une névrose vaso-motrice ou d'une névrose du sympathique et de Ja circulation entravée de la sorte, il faudra traiter ces troubles de la manière qui leur convient. Si au contraire elles ont leur individualité, il faudra les traiter d'après leur analogie avec les névroses vaso-motrices, en surexcitant pour l'anidrose et en calmant pour l'hyperidrose. Il est vrai que vous tomberez bientôt dans un dilemme résullantdes effets vaso-moteurs contraires.
HÉMIATROPHIE FACIALE. — SCLÉRODEBMIE 527
Je vais citer encore ici une maladie qui mérite peut-être par excellence le titre de trophonévrose, je veux parler de Y hémiatrophie faciale progressive.
Cette destruction chronique d'une moitié du visage, envahissant les parties molles, la peau et les os, destruction qui aboutit finalement à une cruelle difformité du visage, ne peut évidemment avoir qu'une origine névrotique ; mais l'on ne possède encore aucune donnée positive sur l'essence et la localisation réelle du processus.
Je suis porté à croire que cette maladie est du ressort du nerf trijumeau ; j'approuve beaucoup moins l'opinion d'après laquelle elle pourrait dépendre du sympathique du cou ou serait produite par lui. Mais on ne sait pas du tout s'il s'agit ici de quelque lésion du ganglion de Gasser, d'une affection de voies plus centrales, ou peut-être d'un centre trophique qui serait en rapport avec les origines du trijumeau.
L'expérience nous apprend que cette affection, une fois développée, est incurable. Vous n'aurez donc qu'en le prenant à sa naissance, à ses débuts, quelque espoir d'obtenir de votre traitement un résultat plus ou moins précaire; les tentatives électrothérapiques faites jusqu'ici n'ont pas eu de résultats satisfaisants. Malgré cela, si l'on veut entreprendre cette cure, on fera bien d'employer en première ligne le courant électrique pour combattre ce mal qui défigure.
Je conseillerais comme la meilleure méthode la galvanisation du trijumeau, surtout de la région du ganglion de Gasser (eu opérant transversalement par le milieu de la région des tempes); il faudrait ensuite galvaniser aussi la moelle allongée (en traversant les processus mastoïdiens) et la moelle du cou, pour agir sur les noyaux du trijumeau ; puis il faudrait galvaniser le sympathique du cou, pour augmenter l'afflux du sang et exciter les phénomènes trophiques, enfin traiter directement le visage avec l'action stable et labile du pôle négatif pour amener le même effet. En tout cas, la cure doit être commencée de bonne heure et être continuée très longtemps.
Permettez-moi enfin d'ajouter un mot sur ce qu'on appelle la sclérodermie, affection singulière de la peau et des parties molles sous-cutanées. On se persuade de plus en plus que cette maladie est d'origine trophonévrotique et vaso-motrice ; aussi a-t-elle été souvent l'objet d'expériences électrothérapeutiques. Les troubles vaso-moteurs qui déterminent assez fréquemment la maladie, les processus qui se déroulent sous la forme d'une inflammation atrophique de la peau, l'atrophie, la roideur, l'état brillant de la peau, (rappelant les glossyfingers ou doigts lustrés des lésions nerveuses graves traumatiques), le ratatinement du tissu sous-cutané, l'atrophie des muscles, la pig-
mentation anormale, les anomalies de croissance des cheveux et des ongles, la marche symétrique et le caractère progressif de la maladie tout cela tend à prouver que cette affection est d'origine nerveuse, qu'elle est également une trophonévrose; pourtant c'est là ce qui ne me paraît encore en aucune façon positivement démontré. Il faudrait donc songer avant tout à une localisation du trouble dans la moelle épinière et ses centres trophiques, peut-être aussi dans le sympathique et ses ganglions ; il n'est possible de dire à ce sujet absolument rien de certain.
On a fait, pour cette maladie, de nombreuses tentatives, à l'aide du traitement électrique ; moi-même, j'ai traité toute une série de cas en prolongeant longtemps le traitement sans obtenir grand succès. Tout récemment pourtant, j'ai traité galvaniquement, chez une jeune femme, un cas déjà très avancé et existant depuis6-7 ans et j'ai ainsi obtenu une amélioration incontestable (à la vérité à l'aide d'un traitement arsenical et des onctions graisseuses).
La méthode employée à cet effet fut. galvanisation du renflement cervical et lombaire de la moelle épinière avec des courants stables et la permutation des pôles, puis galvanisation du sympathique du cou de la manière habituelle, enfin galvanisation périphérique labile. avec la Ka, de la peau sur toutes les parties atteintes visage, cou, poitrine, extrémités supérieures, particulièrement les mains) si longtemps et avec des courants si forts que la peau finit par se rubéfier. Le résultat fut non seulement subjectif, mais encore objectif avec une entière évidence, bien que naturellement il ne peut être question d'une guérison complète. Mais cette expérience m'a décidé à faire plus tard de nouvelles recherches thérapeutiques au sujet de cette maladie.
Fieber a traité avec succès un cas limité à l'extrémité supérieure gauche, avec une méthode tout à fait semblable. L'observation d'Armaingaud, qui fit aussi agir la Ka iabilemenl (l'An étant sur la colonne vertébrale), ne concernait probablement pas de véritable ficlérodermie, mais plutôt un cas de myxœdème.
IX. Névroses générales. Névroses fonctionnelles centrales et autres.
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