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NÉVROSES DE COORDINATION

fonctionnelles) qui ont ceci de commun, que, dans certaines manipulations compliquées et délicates, et seulement dans celles-ci , il se produit des troubles de mouvement, qui entravent ou rendent tout à t'ait impossible l'acte correspondant. Le type de ces névroses, celle qui se manifeste le plus souvent est ce qu'on appelle la crampe des écrivains ; mais on sait que des troubles tout à fait analogues se produisent dans tous les autres métiers possibles: dessinateurs, couturières, pianistes, violonistes, laitières, télégraphistes, cigariers, etc.

Il s'agit indubitablement dans ces névroses, non d'un tableau unique de maladie, de forme constante de troubles, mais de maladies plus ou moins hétérogènes, qui toutes ne produisent que le désordre de certaines fonctions. Sans doute, ce n'est que dans des cas très isolés que l'on trouve des crampes et des paralysies nettement localisées, que l'on peut constater rigoureusement des affections périphériques des nerfs et des muscles ; ce sont encore là les formes les plus favorables, mais dans lesquelles la thérapeutique trouve un point d'appui déterminé et palpable.

Mais dans les formes purement fonctionnelles et typiques, l'affection peut se présenter sous des faces diverses ; ainsi en écrivant, il surgira un spasme d'un caractère déterminé (forme spastique) ou un tremblement ou enfin une lassitude et une faiblesse croissante de la main et des bras (forme paralytique). Mais ce qui caractérise toutes ces formes, ce qui est péremptoire pour leur élucidation, c'est que l'examen ne fait nullement constater d'autres troubles delà motilité et de la sensibilité, En général, l'examen électrique ne révèle pas de changements notables; moi, du moins, dans de nombreux cas, soigneusement étudiés, je n'ai pas pu constater la présence de perturbations considérables quantitatives ou qualitatives de l'excitabilité faradique et galvanique et certainement les modifications constatées par-ci par-là par d'autres observateurs ne contribuent nullement à éclairer le diagnostic.

Nous sommes encore dans l'incertitude au sujet de la nature de ces formes morbides ; elles ont certainement des rapports intimes avec la névrosthénie et au fond de ces maladies, on trouve sans doute une faiblesse irritable, localisée par des efforts excessifs sur des parties déterminées du système nerveux. Il est vraisemblable qu'il faut localiser cette faiblesse surtout dans le système nerveux central; mais nous ne savons pas si c'est dans la moelle épinière, dans le pédoncule et ses appendices ou dans l'écoree du cerveau et il n'est nullement impossible que les appareils périphériques, nerfs et muscles, y participent ; il paraît au contraire vraisemblable que, dans certains cas, nous aurons à faire à des localisations et à des troubles divers.

Naturellement cette incertitude réagit sur les méthodes électrothérapeutiques ; on peut affirmer, sans erreur, que différentes applications

sont efficaces ; il s'agit, dans tel ou tel cas, de trouver l'application nécessaire. Si vous rencontrez des troubles périphériques (parésie, atrophie de certains muscles, névrite, anesthésie, etc.), vous traiterez ces affections en premier lieu ; mais s'il existe une névrosthénie caractérisée, c'est elle que vous devez commencer par traiter.

Pour le reste, vous devrez vous borner au traitement direct ; alors, ce qui est le plus indiqué est une action sur tout l'appareil moteur, depuis l'écorce du cerveau jusqu'aux muscles, si ce n'est en une seule fois, du moins successivement et méthodiquement. Ainsi d'abord, traitement galvanique de la tête (transversalement, longitudinalement et obliquement avec les méthodes connues et de forts courants) ; viendra ensuite le traitement du sympathique du cou et tout particulièrement de la moelle cervicale, d'après différentes méthodes, chaque fois suivantlanature du cas (soit stablement, de façonàce quelaKa agisse d'une façon prépondérante sur la moelle cervicale, soit encore un traitement par l'An, comme nous l'avons recommandé pour d'autres formes de crampes (voir p. 498). Enfin à cela vient s'ajouter encore la galvanisation périphérique des nerfs et des muscles (soit surtout labile, dans la forme avec tremblement, et paralytique, ou de préférence avec des courants stables, dans la forme spastique). En tout cas, il faut toujours préférer des courants relativement faibles et éviter tout excès d'excitation de l'appareil moteur.

Mor Meyer a obtenu de très beaux résultats par le traitement des points de pression de la colonne vertébrale, du plexus brachial, etc. ; il est seulement regrettable que ces points de pression ne s'observent que dans le plus petit nombre des cas ; de toute façon recherchez-les avec zèle, pour ne pas échapper cette chance d'un traitement heureux ? — Le fait de porter de simples éléments galvaniques, au bras et à la nuque, suivant divers modes d'application, s'est montré, pour moi, dans ces cas particuliers du moins, comme un utile palliatif.

Maints cas peuvent aussi être propres au traitement faradique, surtout lors d'affections locales périphériques des nerfs et des muscles. Le plus souvent la faradisation locale doit être faite, dans ces cas, avec des courants de force modérée ; le badigeonnage farado-cutané l'est seulement dans des cas très particuliers. Pour les diverses formes de ces névroses professionnelles (crampes des écrivains, des couturières, des pianistes, des violonistes, etc.), ces applications doivent naturellement être modifiées d'une façon adéquate à chaque cas.

Les succès sont en somme très minimes. On voit à la vérité se produire, durant la galvanisai ion et après, une amélioration de la crampe de l'écrivain et pour un temps plus ou moins long ; mais cette amélioration ne persiste pas, et ce n'est que dans la minorité des cas qu'une amélioration progressive et une guérison définitive sont obtenues. Et,

GRANDE CIIO-RÉE

même alors, un traitement de très longue durée el rigoureux est toujours nécessaire et doit être accompagné, de la pari du malade, d'une obéissance stricte aux autres prescriptions et, particulièrement, dune abstention aussi absolue cpie possible de l'occupation nuisible.

I». La grande chorée est une névrose très spéciale qui offre, à la vérité, une certaine parenté avec l'hystérie el les psychoses, mais qui, cependant, peut indubitablement revendiquer une individualité propre et qui présente un tableau symptomatique bien caractéristique. C'est une affection, à tout prendre, très rare et qui devient très rarement l'objet du traitement électrique. Elle se manifeste par des accès de perte de connaissance, unis à de l'extase, à des mouvements intenses et rythmiques et des spasmes (cris, danses, chants, sauts, tournoiements, etc.) qui prennent des formes très variables et peuvent présenter une durée et une ténacité surprenantes.

L'essence de cette névrose, qui se manifeste surtout à l'âge de la puberté et sous l'influence d'un état névropathique, est encore tout à fait obscure pour nous ; mais, en tout cas, il s'agit d'un trouble fonctionnel du cerveau.

La première tâche de l'électrothérapie est d'agir sur le système nerveux en le tonifiant dans son ensemble et d'empêcher ainsi le retour des accès par une faradisation ou par une galvanisation générales, par des bains électriques, etc.); l'action de l'électrothérapie doit être généralement tonifiante. Ultérieurement, on serait justifié d'essayer un traitement galvanique et prudent de la tète ou la galvanisation centrale, de façon à calmer le système nerveux central excitable et par conséquent à guérir directement la maladie ; c'est ce que vous pourrez bien essayer dans des cas particulièrement opiniâtres et invétérés.

Peut-on, par des méthodes convenables de galvanisation, abréger directement les accès eux-mêmes, comme on fait pour les grands accès hystéro-épileptiques? Je n'en sais rien ; mais on pourrait en faire l'essai.

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