HYSTÉRIE
arrêter plus d'une fois subitement le traitement pour ne pas provoquer une trop grande excitation; ce n'est que sur quelques symptômes particuliers que vous pouvez agir énergiquement.
Le traitement symptomatique, quand on soigne les hystériques^ embrasse précisément un champ d'action très étendu. Il ne présente assurément rien de spécifique, mais s'effectue absolument d'après les méthodes jusqu'ici indiquées, qui doivent à la vérité subir certaines modifications, eu égard à l'état général de la malade, à la nature hystérique de l'affection fondamentale, mais qui, dans l'espèce, ne varient pas beaucoup.
Contre les névralgies et hyperesthésies, vous emploierez le procédé ordinaire avec toutes les précautions énoncées; l'ovarie exige, dans les cas graves, des précautions toutes particulières.
Contre les paralysies hystériques, on doit également employer le traitement généralement usité pour les paralysies, et avec ses modifications diverses. Au point de vue électrodiagnostic, je ferai seulement observer que l'excitabilité des nerfs moteurs et des muscles n'est habituellement alors changée en aucune façon et que cette idée de Duchenne, d'après laquelle la sensibilité serait généralement éteinte en pareil cas, n'est nullement valable pour tous les cas de paralysie hystérique, de telle sorte que cet état ne peut pas être considéré comme ayant une valeur diagnostique ou pathognostique ; il existe du reste aussi dans d'autres paralysies. Les résultats thérapeutiques de la paralysie hystérique sont maintes fois (par exemple dans la paralysie hystérique des cordes vocales ') extrêmement prompts et, à la lettre, merveilleux, d'autres fois, tout au contraire, lents et hésitants, dételle sorte qu'un traitement très longtemps continué est nécessaire à la guérison ; ceci est vrai surtout pour les paralysies se présentant sous la forme de paraplégies.
Contre l'anesthésie, vous utiliserez les moyens de traitement indiqués dans la 29e leçon ; le traitement préconisé par Vulpian, de badigeonnage local faradique d'une place circonscrite de la peau, est souvent d'un effet brillant contre les hémianesthésies des hystériques, lesquelles ne sont pas rares dans les cas graves.
Contre les spasmes hystériques, le traitement électrique est fréquemment fructueux, en dépit de toutes les méthodes possible-;. Contre les contractures, le courant galvanique (descendant stable) se montre maintes fois utile, ainsi que le faradique ; il en est de même de l'application continue d'un courant galvanique faible (Leloir). — Les fortes attaques hystéro-épileptiques doivent bien des fois être abréger- et
1. Pour l'aphonie hystérique, Emminghaus a aussi trouvé utile la galvanisation transverbale par les processus mastoïdes mais il ne se permet pas de décider si c'es là un effet physique ou psychique.
adoucies, à l'aide d'un courant galvanique stable allant du front à n'importe quel point du corps, suivant une direction différente (10 et 15 éléments1) (Richet, Roux). La communication subite d'un courant galvanique appliqué de la même manière, mais très énergique (40-50 éléments Trouvé) termine aussitôt une semblable attaque, mais ne garantit pas contre son retour ' ; contre toutes les manifestations hystériques, de même que contre l'ensemble de la maladie elle-même, on a tout récemment employé à Paris, non sans succès, l'électricité statique (Charcot, Vigoureux).
Contre la boule, vous pouvez essayer de la galvanisation ou de la faradisation du cou et du pharynx, éventuellement aussi de la nuque jusqu'à l'épigastre ; on recommande le même traitement contre les vomissements nerveux, conjointement avec l'emploi du pinceau faradocutané dans la fosse épigastrique. Contre la constipation et contre la tympanite hystérique, faradisez l'intestin. Contre les troubles vasomoteurs, les insomnies, les frayeurs, etc., vous pouvez aussi essayer de l'électricité d'après les méthodes connues.
Comme je l'ai dit en commençant, les succès de l'électricité contre l'hystérie ne sont pas précisément brillants , mais on ne peut les escompter à l'avance et ils sont très variables. C'est surtout dans l'hystérie que se manifestent le plus tôt les cures merveilleuses, la suppression, en quelque sorte magique, de troubles graves en apparence, de la paralysie, etc. ; mais c'est précisément ici que vous rencontrerez les mécomptes les plus inattendus et vous ferez bien de ne pas attribuer exclusivement au remède employé tous les succès que vous obtiendrez. Ce qu'il y a de certain, c'est que, dans beaucoup de cas, le traitement devra être dirigé avec beaucoup de constance et de circonspection, si l'on veut agir avec efficacité. Mais ici encore, on ne peut pas formuler d'indications plus exactes.
4° Ëpilepsie. Cette névrose grave et mystérieuse a été rarement jusqu'ici l'objet d'un traitement électrique, bien que toute une série de faits et de considérations semble le conseiller ; d'ailleurs des expériences systématiques seraient très faciles à exécuter dans les hôpitaux d'épileptiques, et il est certain que de semblables expériences, faites avec une grande échelle, seraient les bienvenues.
La nature intime de l'épilepsie est jusqu'ici très peu connue, malgré tous les travaux de clinique et d'expériences, faits jusqu'ici, malgré toutes les explications plus au moins ingénieuses de ses modes de
1. Contre toutes les manifestations hystériques, de même que contre l'ensemble de la maladie elle-même, on a tout récemment employé a Paris, non sans succès, 'électricité statique, (Cliarcot, Yigouroux).
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manifestation et de ses formes. Même la localisation du mal que, jusque dans ces derniers temps, on croyait, avec une assez grande assurance, pouvoir fixer dans la région de la prolubérance et de la moelle allongée, commence à devenir douteuse et nous avons devant nous la perspective d'une révolution de nos idées sur ce point.
Les dernières expériences sur l'épilepsie corticale font supposer en effet que l'origine des spasmes épileptiques doit être cherchée dans les parties motrices de l'écorce cérébrale. Cette pensée a été plusieurs fois défendue avec plus ou moins d'énergie. Cependant nous sommes encore loin d'une opinion définitive à cet égard.
Mais ce qui parait certain, c'est que le véritable siège de l'épilepsie est dans le cerveau et que l'essence de cette affection se trouve, en premier lieu, dans un trouble particulier du tissu cérébral, qui, de temps à autre, se manifeste par une espèce d'explosion, c'est-à-dire, par un accès d'épilepsie. Ce trouble, appelé modification épileptique, ne repose très probablement pas sur des modifications anatomiques grossières, mais seulement sur des phénomènes plus délicats, nutritifs et moléculaires, mais dont nous ne connaissons encore ni l'essence réelle ni le siège précis.
On a fait, en différents points, des expériences électrothérapiques pour combattre l'épilepsie. Déjà R. Remak a déclaré que certaines formes de l'épilepsie qui, d'après lui, proviennent de la partie cervicale de ht moelle ou du sympathique, étaient aptes à être traitées galvaniquement. Plus tard Althaus a publié une série de succès et Benedick s'est prononcé en faveur du traitement électrique de l'épilepsie. Mais, à ce qu'il paraît, ils n'ont pas trouvé beaucoup d'imitateurs.
Contre les accès eux-mêmes, il n'y a naturellement rien à faire avec le courant électrique. Tous vos efforts devront tendre, en première ligne, à supprimer la modification épileptique du cerveau. Cela peut se faire par la voie directe comme par la voie indirecte (par l'élimination de ses causes ou par une action réflexe).
Pour l'action directe, on ne peut naturellement utiliser que l'influence catalytique et vaso-motrice du courant, c'est-à-dire, le traitement direct de la tête, du sympathique du cou et de la moelle cervicale. Althaus recommande la galvanisation transversale par les processus mastoïdes et la galvanisation du sympathique. J'ai employé la méthode suivante dans mes recherches les plus récentes en tenant compte de la possibilité de l'origine corticale de l'épilepsie: d'abord traitement oblique à travers la tête, depuis la région des tempes et la région supérieure du front, d'une part (pôle positif, grande électrode céphalique) jusqu'au côté opposé de la nuque (pôle négatif, grande électrode), courant stable, très faible (o à 15° de déclinaison de
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l'aiguille, de ï à 6 éléments), des deux côtés, chaque fois une demiminute, une minute au plus; ensuite longitudinalement du front (An) à à la nuque, également une demi à une minute ; de la sorte, on agit aussi bien sur les hémisphères cérébraux que sur les régions motrices et la moelle allongée d'une manière suffisante. Dans bien des cas, particulièrement quand les phénomènes vaso-moteurs pendant l'accès, comme en dehors de l'accès, sont fort accentués, j'ajoute encore la galvanisation du sympathique du cou. 11 faut absolument des courants très faibles, de la prudence dans l'acte d'appliquer et de retirer les électrodes, un traitement longtemps prolongé.
Des essais prudents avec le courant faradique à travers la tête, me paraissent aussi justifiables, à peu près comme dans le traitement de la migraine.
Pour l'action indirecte sur le cerveau, on peut essayer une faradisation générale. Allhaus recommande vivement le traitement galvanique de la région nerveuse périphérique, qui peut être le siège de l'aura. S'il existe quelque part des points douloureux à la pression ou galvaniques, vous pourrez diriger le traitement sur eux : vous ferez de même si par hasard une névralgie ou une lésion nerveuse périphérique, une cicatrice, etc., peuvent être soupçonnées d'avoir fait naître l'épilepsie, même quand celle-ci n'est pas le siège d'une aura.
On n'a encore obtenu que peu de succès ; cependant Althaus nous fait connaître quelques résultats frappants. J'ai moi-même, dans ces dernières années, traité quelques cas par l'électricité ; il est vrai que j'ai associé d'autres remèdes ; le résultat a été très satisfaisant, ce qui pourrait bien me déterminer à d'autres expériences. Spécialement, deux cas très invétérés et sérieux ont été améliorés d'une manière étonnante par un traitement combiné (électricité et bromure de potassium, plus tard de l'eau froide) si bien que je suis disposé à voir, dans le traitement électrique, un excellent remède auxiliaire du traitement par le brome qui est le remède souverain.
Ce qui est certain, c'est qu'il est excessivement désirable que l'on se dispose à faire, dans ce but, des expériences plus larges, qui pourraient, en première ligne, concerner la galvanisation du cerveau, en deuxième ligne, celle du sympathique et de la moelle cervicale, en troisième ligne, la faradisation générale. C'est seulement après un grand nombre d'observations isolées que nous serons à même de formuler des indications plus exactes pour le choix des cas réclamant un traitement électrique et pour celui de la méthode à suivre.
.')" Sous le nom de néoroses de coordination, on a aujourd'hui l'habitude de comprendre toutes les névroses (presque toujours purement