HÉMIAN0P1E. — MALADIES DES MUSCLES DES YEUX
loi0 06s. de Secondi (dans Boucheron). Anesthésie traumatique de la rétine. Jeune fille de 16 ans ; contusion de l'œil par un corps dur ; à part une ecchymose de la conjonctive oculaire, on ne trouve pas de lésion dans l'œil ; vue = 1/4 ; la vue avait diminué aussitôt après l'accident ; la pupille est moins mobile que la pupille saine. Traitement galvanique : Ka labile sur les paupières, An à 3a nuque. A partir de la première séance, amélioration ; au bout de trois séances, guérison.
Arcoléo signale des résultats curatifs très favorables dans Vhémèralopie ; il distingue deux formes: une organique, avec modifications anatomiques apparentes, et une fonctionnelle ; c'est surtout pour cette dernière forme que le courant électrique serait utile ; les résultats en seraient très brillants, pour ainsi dire infaillibles ; mais, pour maintes formes organiques aussi, l'amélioration serait notable. Arcoleo utilise exclusivement le courant faradique, Ka sur les paupières fermées, An à la nuque, 5-10 minutes durant ; maintes fois la guérison a lieu déjà après une seule séance, mais le plus souvent, après 2-4 séances, il y a amélioration.
Il existe donc aussi, pour ces formes d'affections, abstraction faite de toutes considérations théoriques, un stock suffisant d'expériences pour justifier des tentatives ultérieures. Pour la plupart des formes, on pourrait donner la préférence au traitement galvanique dirigé selon les méthodes décrites précédemment ; les expériences d'Arcoléo, dans rhéméralopie, prouvent d'ailleurs avec beaucoup d'évidence, l'importance du courant faradique dans ces formes de maladie.
Lhémianopie, qui a été tout récemment l'objet d'intéressantes discussions pathologiques et physiologiques, peut également devenir l'objet d'un traitement électrique. J'observe en ce moment un cas qui s'est produit à la suite d'une apoplexie conjointement avec une hémiplégie du côté gauche, cas dans lequel l'exploration électrique donne, pour les deux yeux, une image de lumière qui ne représente que la moitié d'un disque circulaire répondant exactement à la forme du champ visuel subsistant. — Comme pour l'hémianopie, du moins pour la forme homonyme latérale, il ne s'agit jamais d'une maladie de l'œil, mais seulement d'une affection du tractus optique ou du cerveau lui-même, vous laisserez aussi de côté, en règle générale, le traitement électrique direct de l'œil et vous vous bornerez à celui de la maladie fondamentale, suivant les méthodes que vous connaissez.
Il me reste encore à dire quelques mots des maladies des muscles des yeux et de leurs nerfs. Les plus importantes et les plus fréquentes d'entre elles, les paralysies, ont été examinées explicitement dans une précédente leçon (23e leçon, p. 396). Je ne veux dire ici que quelques mots sur des états de faiblesse de quelques muscles et appareils musculaires qui sont presque exclusivement du domaine des oculistes.
Avant tout, nous parlerons de Yasthénopic musculaire, si fréquente, déterminée par une insuffisance du droit interne et contre laquelle Landsberg et Driver ainsi que Seely ont obtenu de très favorables résultats, au moyen du courant électrique. Il s'agit ici d'une méthode de traitement convenable de la parésie des internes, pour laquelle je recommande la méthode ci-dessus indiquée (p. 399) ; mes expériences personnelles, relatives à cette affection, ne sont pas particulièrement favorables, mais il est vrai de dire qu'elles sont peu nombreuses.
Contre Yasthénopie accommodative, l'électricité est également recommandée de divers côtés (Arcoléo, Driver;, de même que contre la mydriase; toutefois les guérisons se font souvent ici attendre fort longtemps (Erb).
Les troubles dans les réflexes pupillaires (raideur pupillaire d'origine réflexe. Erb), ont été, comme je l'ai déjà dit ci-dessus, jusqu'ici, toujours traités sans succès par la galvanisation.
Il n'y a pas beaucoup à dire ici des affections spasmodtques qui atteignent les yeux ; j'ai déjà indiqué plus haut le nécessaire au >ujet du blépharospasme (p. 503). — Contre les nystagmus acquis, Soetlin et Nieden ont appliqué avec succès le courant galvanique (stable depuis l'apophyse mastoïde jusqu'à l'œil, 1-2 minutes quotidiennement). — Contre le nystagmus congénital, de même que contre celui de la sclérose multiple, de l'ataxie héréditaire, etc., il n'y a pas grand'chose à faire.
Il ressort de l'ensemble de cette exposition. Messieurs, que le courant électrique peut être considéré comme un moyen curatif important et certainement d'un grand avenir pour toute- les affections des yeux; des recherches ultérieures dans ce sens ne seraient pas faites uniquement dans l'intérêt de l'ophtalmologie, mais elles sont tout particulièrement désirables dans l'intérêt aussi de l'électrothérapie, parce que non- avons ici l'heureuse possibilité de constater ainsi directement et d'une façon immédiate les modifications an atomiques et leurs anstrformations par le moyen curatif, d'établir les troubles fonctionnels de la manière la plus exacte, de contrôler très rigoureusement leur amélioration et de rassembler ainsi des expériences électrothérapeutiques, dont l'exactitude ne pourrait guère être atteinte sur aucun autre terrain de la pathologie. Il serait certainement désirable que, dan- les grandes cliniques de maladies des yeux qui maintenant existent partout, sont abondamment fournies de matériel et disposent de puissantes - lûrces, de jeunes chercheurs entreprissent une étude systématique de l'électrothérapie dans les maladies des yeux. A côté de l'élaboration de l'électro-diagnostic, dont j'ai précédemment déjà indiqué l'importance, ce -raient surtout, à mon avis, les formes diverses de névrite