TRENTE-QUATRIÈME LEÇON
Sommaire : Affections de l'appareil auditif. — Introduction. — Sécheresse du conduit auditif; épaississcment de la membrane du tympan. — Affections de l'appareille nerveux de l'ouïe : Le bourdonnement d'oreille nerveux ; ses rapports avec la réaction galvanique ; électro-diagnostic. Indications thérapeutiques; établissement de la méthode de traitement. — Cas divers. — Bases du traitement. — Procédés spéciaux pour les cas particuliers. — Règles générales et remarques techniques. — Résultats. — Surdité incomplète d'origine nerveuse ; cas divers ; méthode de traitement. — Surdi-mutité. — Maladie de Menière.
Névroses des nerfs du goût : ageusis. — Névroses des nerfs de l'odorat : l'anosmie et son traitement.
J'arrive maintenant à l'appareil auditif. Depuis bien des années déjà, des tentatives multiples ont été instituées pour soulager ceux qui ont une affection de l'oreille par l'application de courants électriques. Beaucoup de ces essais ne sont évidemment pas restés infructueux, beaucoup des guérisons annoncées sont incontestablement dues à l'application du courant électrique. Mais l'état, tant de la clinique des affections auriculaires, que de l'électrothérapie n'autorisait pas, dans ce domaine, des progrès vraiment exacts et produits scientifiquement.
Ces progrès datent de l'époque des travaux de Brenner, qui ont conquis au courant galvanique, sur le terrain de la thérapeutique auriculaire, une place importante et désormais acquise. Il paraît toutefois que tous les médecins auristes n'en ont pas encore saisi toute l'importance.
Ce sont d'ailleurs essentiellement et presque exclusivement les affections nerveuses de l'oreille, que l'on a soumises jusqu'ici au traitement électrique ; mais les affections nerveuses de l'ouïe sont fréquentes.
Le limaçon et les nerfs acoustiques sont affectés assc/. souvent primitivement; des troubles de l'appareil nerveux acoustique s'associent plus fréquemment encore aux maladies de l'appareil conducteur du son. Mais tout particulièrement fréquent est le symptôme pénible et importun du bourdonnement d'oreille, qui, dans bien des cas, a une origine purement nerveuse, et dans d'autres, il est vrai, ne peut être en rien, ou que partiellement rattaché à des affections nerveuses. Tous Erb. — Électrothérapie. 37
les initiés savent combien il est souvent difficile de faire disparaître ce symptôme, combien sont impuissants contre lui les moyens curatifs et surtout les méthodes de traitement mécaniques si à la mode. C'est précisément contre ces formes fréquentes et pénibles, que le courant électrique et, en particulier, le courant galvanique, se montrent très fréquemment souverains ; ces courants diminuent bien souvent la surdité coexistante, tout en faisant disparaître les bruits subjectifs. Il n'est pas rare que, sur ce terrain, les résultats soient réellement brillants, lorsque tous les autres moyens de guérison sont restés inutiles. Ces résultats ne sont pas purement accidentels mais au contraire ils se produisent sur la base d'une exploration diagnostique méthodique, et sur une connaissance, basée sur elle, des indications thérapeutiques. C'est là ce que démontrent des faits nombreux incontestables.
C'est principalement à Brenner que revient le mérite d'avoir dégagé ces indications, en se basant sur ses propres travaux électrodiagnostiques, relatifs aux nerfs acoustiques, et ses nombreuses et soigneuses observations thérapeutiques, d'avoir fixé les méthodes thérapeutiques particulières, et d'avoir indiqué leur mode d'application ; ce mérite ne peut que paraître plus grand, si l'on tient compte de l'incrédulité et de l'opposition jalouse de certains spécialistes, qui tout coryphées qu'il sont, enterreraient volontiers, s'ils le pouvaient, les faits importants.
Outre les affections nerveuses de l'oreille, quelques autres états pathologiques de l'organe de l'ouïe pourraient être soumis avec succès à l'action des courants électriques ; je ne les mentionnerai que brièvevement.
i . Sécheresse anormale du conduit auditif externe, jointe à une sensation pénible de froid, de gène et d'insensibilité de l'oreille entière, et déterminée par une sécrétion défectueuse du cérumen ; cette affection se produit dans beaucoup d'affections anciennes de l'oreille.
L'action des courants galvaniques, surtout quand ceux-ci sont introduits au moyen d'une électrode convenable, dans le conduit auditif lui-même rempli d'eau, est propre à faire disparaître très vite et radicalement la maladie en question, s'il faut en croire les expériences de Brenner et Hagen ; cet effet se produit vraisemblablement par suite de l'action exercée sur les vaisseaux sanguins et les glandes sécrétoires. Le conduit auditif redevient souple et humide, la sécrétion provenant des follicules sébacées se rétablit et les sensations organiques sont, derechef normales.
2. Les épaississements delà membrane du tympan, tirs fréquents comme l'on sait, résultent toujours du dépôt sur elle de produits pathologiques, qui peuvent être de nature très diverse. L'observation fréquemment faite que l'action des courants galvaniques sur l'oreille pont déterminer un état congestif violent de la membrane du tympan, se manifestant par une forte injection dans la région du marteau, à donné à Brenner l'idée d'utiliser ce phéno -