BOURDONNEMENTS NERVEUX D'OREILLE
mène pour résorber certains épaississements de la membrane du tympan. L'expérience a absolument confirmé cette présomption ; Hagen, d'autre part, a publié une série d'observations analogues. — Le procédé employé consiste aussi ici dans l'introduction d'une électrode de conduit auditif dans ledit conduit externe rempli d'eau, ainsi que dans remploi stable de courants galvaniques avec direction alternante de telle sorte que les deux pôles agissent successivement. Naturellement, le plus souvent, la durée du traitement est forcément longue, surtout lorsqu'il s'agit d'épaississements très invétérés. Toutefois, Hagen a vu, dans bien des cas, l'oblitération disparaître après 12-20 séances ou du moins diminuer très notablement ; Hedinger a constaté des résultats analogues.
Ces résultats font naître la pensée, à laquelle on n'a pas donné suite à ma connaissance, de recbereber s'il ne serait également pas possible, par ce moyen, d'agir favorablement sur des concrétions pathologiques dans la caisse du tympan, sur les modifications sclérotiques de sa muqueuse, etc. 11 est certain que l'électrothérapeute ne dispose d'aucunes données à ce sujet.
3. Affections de l'appareil nerveux acoustique lui-même. Les plus importantes de ces dernières, et de beaucoup, au point de vue pratique, sont les bruissements d'oreilles subjectifs, pathologiques, bourdonnements nerveux d'oreille.
Ces affections très communes sont extrêmement pénibles et fatigantes pour les malades, elles troublent le sommeil, et le moral, sont accompagnées de sensations désagréables dans la tète et amoindrissent l'ardeur et l'énergie pour le travail ; la plupart du temps elles incommodent le malade bien plus que la demi-surdité ou la surdité qui les accompagnent d'ordinaire. En outre ces états sont souvent inaccessibles à tout traitement auriculaire : douches d'air, cathétérisme, dérivatifs, narcotiques et antispasmodiques, cures par l'air ou les bains, etc., tout cela est vainement employé durant des mois ou des années. Leur grande importance pratique est indubitable et, par suite, nous saluerons, avec une double satisfaction, dans le courant galvanique, un remède très réel contre cette affection rebelle et grave.
J'ai déjà fait suffisamment ressortir la grande importance du courant galvanique pour faire le diagnostic exact de ces sensations subjectives d'audition (12e leçon, p. 208 et suiv.). Il a été reconnu que, dans les cas de bourdonnements d'oreille subjectifs, l'exploration galvanique pouvait mettre en lumière des résultats très différents : le plus fréquemment on constate une simple hyperesthésie galvanique, qu'il n'est pas rare de voir aller jusqu'au degré dit de réaction paradoxale ; on observe aussi une hyperesthésie avec anomalies variées de la formule normale allant jusqu'au renversement complet de cette dernière, ou bien de simples anomalies de la forme normale sans hyperesthésie, etc. ^lai- il y a aussi des cas nombreux, dans lesquels l'exploration galvanique ne décèle nulle anomalie de la réaction du nerf acoustique et
reste par suite, dans ce sens, absolument sans résultat. — En revanche il est ultérieurement apparu que. plus d'une fois, le courant galvanique exerce une influence modificatrice directe sur lesifflement, sur les bruits subjectifs; que, dans une série de cas, le sifflement s'amoindrit sous l'influence du courant ou même disparait complètement, du moins par le fait de certains agents d'excitation tandis qu'il s'accroît par d'autres; ce sont d'ordinaire, les AnF et les AnD, à un degré beaucoup moindre les KaO, qui possèdent, cette action directe modératrice sur le sifflement (il en est de même dans presque tous les cas d'hyperesthésie galvanique simple); mais bien des fois aussi, il arrive que les KaF et KaD agissent sur les bruits d'une manière calmante, surtout par exemple dans les hyperesthésies avec renversement de la formule normale qualitative. D'autre part, il existe une série de cas, dans lesquels le sifflement n'est en aucune manière influencé par le courant et ni augmenté ni diminué ; enfin il n'est pas rare de voir aussi certaines formes mixtes avec deux bourdonnements différents et plus, dans lesquels l'un ou l'autre de ces bruits est amorti ou supprimé par le courant ordinaire, l'AnD, tandis que l'autre ne subit absolument aucune influence. Ce fait témoigne en faveur d'une différence, d'ailleurs depuis longtemps déjà indubitable pour d'autres motifs, dans le mode d'apparition de ces bourdonnements.
Dans la pratique, il est naturellement de la plus grande importance de discerner si ces effets doivent leur origine à une participation de l'appareil nerveux de l'ouïe à l'affection, ou s'ils sont causés d'une autre façon, c'est-à-dire s'ils sont d'origine nerveuse ou non. Malheureusement les documents dont nous disposons jusqu'ici pour la solution des difticiles problèmes qui s'imposent ici, ne sont pas encore nombreux. On peut déjà du moins poser quelques principes qui, provisoirement peuvent servir de fil conducteur et de points de repère pour des investigations ultérieures.
Il peut arriver qu'à cùté des bourdonnements d'oreille subjectifs, il existe des anomalies prononcées de l'excitabilité galvanique de l'appareil auditif (hyperesthésie ou variations qualitatives, etc.), avec ou sans modifications plus grossières de l'appareil conducteur du son, on peut alors au moins supposer que le bourdonnement a quelque relation avec la maladie du nerf, qu'il en émane, en tout ou en partie. — Cette prévision deviendra on ne peut plus vraisemblable, s'il se produit un action franchement modifiante du courant galvanique sur le sifflement, si ce dernier s'accroît, ou au contraire s'amortit ou s'arrête complètement par le fait de certains agents excitants surtout quand ceci s'effectue par l'AnD ; res mêmes cas présentent donc aussi quelques chances pour l'action thérapeutique.
Or d'autre part, la nature nerveuse d'un bruit subjectif deviendra
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très incertaine, lorsqu'on ne constatera aucune anomalie de l'excitation galvanique de l'appareil auditif ou lorsque, par le courant galvanique, on ne pourra d'aucune façon provoquer de modification du sifflement. En ce cas l'origine nerveuse n'est pas encore absolument exclue et bien que de tels cas n'offrent qu'une très faible chance de succès thérapeutique, l'essai thérapeutique seul est, en fin de compte, capable de trancher la question de leur curabilité ou incurabilité par le courant galvanique. C'est là une chose qui n'est pas sans importance pratique.
Ici, comme partout ailleurs, les résultats de l'exploration gulvanodiagnostique ne sont pas décisifs pour la thérapeutique de ces affections et ce n'est pas uniquement dans la clarté et l'exactitude avec lesquelles les indications thérapeutiques et les résultats de l'exploration apparaissent qu'on trouve un stimulant particulier, car ce sont surtout les faits constatés qui sont ici d'un intérêt théorique très considérable pour l'éleclrothérapie ; et c'est là principalement que se trouve la grande valeur des recherches de Brenner.
La méthode de traitement s'établit ici tout d'abord et en tout cas, uniquement et simplement sur la base de la formule de réaction galvanique obtenue par l'investigation, en tenant compte des actions calmantes du courant sur le sifflement, que l'on pourrait avoir conjointement observées. Celte proposition concerne en tout cas les cas simples et incomplexes d'hyperesthésie pure avec sifflement d'oreille, presque sans restrictions. — Il est peut-être prématuré de viser, comme but du traitement, le rétablissement de la formule normale, et de choisir nos procédés thérapeutiques et moyens d'attaque dans ce sens: modérer les agents d'excitation trop faciles à mettre en œuvre, accroître l'action excitante de ceux qui sont amoindris, rétablir ceux qui sont complètement anéantis, faire disparaître ceux qui se produisent à nouveau; si séduisant que tout cela paraisse, si pleins de promesses que se soient montrés les commencements de ce procédé, jusqu'ici cette méthode, dans son ensemble, présente encore pourtant trop peu de certitude, pour qu'on puisse en tirer les principes fondamentaux et exclusifs d'une pratique thérapeutique. Ici l'expérience, le résultat obtenu sur les bourdonnements, doit toujours entrer en ligne de compte et concorder avec la disposition de la méthode.
L'expérience s'est montrée d'ailleurs jusqu'ici très favorable à tous les principes posés par Brenner ; les données diagnostiques, les indications thérapeutiques et les résultats concordent avec une exactitude merveilleuse, dans beaucoup de cas, mais pas dans tous ! Que, dans les formes d'affections si graves, si rebelles, et le plus souvent aussi très invétérées il se produise de nombreux insuccès, cela n'étonnera, aucun de ceux qui connaissent la matière, etsurtout les insuccès encore plus nombreux des autres méthodes de traitement.
(Jiioi qu'il en soit, la science est déjà maintenant si riche en résultat s indubitables et merveilleux, que la haute valeur pratique de l'électrothérapeutique est incontestable. Permettez-moi de vous en donner de <uite quelques preuves.
152° Obs. de Br entier. — Hyperesthésie simple galvanique avec sifflement d'oreille. — Étudiant, 23 ans, est atteint, à la suite d'un catarrhe prolongé de l'oreille moyenne, de dureté d'oreille et d'un sifflement incessant dans les deux oreilles. Par suite, mauvaise humeur très grande, interruption de travail. — Une montre entendue à gauche seulement à un pouce, à droite à deux -, membrane du tympan engorgée, fortement épaissie, opaque ; cône lumineux à droite très petit, à gauche, n'existe pas ; conduit auditif libre des deux côtés; traitement otiatrique répété sans succès.
Il y a déjà quelques mois que le bourdonnement fut traité avec succès par l'électricité ; maintenant il s'est produit une récidive à la suite de grands efforts intellectuels et de fortes émotions. L'investigation électrique donna, sur les deux côtés, avec une force de courant très faible :
KaFB" bruit violent.
KaUB oo.
KaO : le sifflement se fait pendant un temps très court, pour redevenir peu à peu plus fort.
AnF : le sifflement disparaît subitement et complètement.
AnD : le sifflement ne revient pas.
AnOB'>, le sifflement reprend à un degré plus fort.
Pour le traitement, chaque oreille est armée de l'An (Ka dans la main) ; par le fait de l'An avec des forces de courant relativement grandes, le sifflement est amené à disparaître; ensuite, à l'aide du rhéostat, la force de courant est peu à peu diminuée (sorties de traînées de courant) et finalement le circuit est ouvert en éloignant lentement la Ka, de la main ; après cela le sifflement a complètement disparu. — après deux séances ultérieures, suppression durable du sifflement; montre entendue à gauche à 4, à droite à 6 pouces.
153° Obs. de Brenner. — Sifflement d'oreilles à la suite d'emploi de la quinine; hyperesthésie galvanique simple; guérison, — Religieuse, 33 ans, a absorbé, durant plusieurs semaines, de fortes doses de quinine, pour une fièvre tierce rebelle et elle est par suite atteinte d'un sifflement d'oreilles ncessant, extrêmement gênant, persistant depuis 3 mois sans atténuation ; affaiblissement modéré de l'acuité de l'ouïe des deux oreilles. — L'exploration otiatrique donne nn résultai absolument négatif; les douches d'air plusieurs fois répétées sont restées sans résultat.
L'investigation galvanique indique une hyperesthésie simple d'un degré modéré et une cessation complète du sifflement lors de l'AnF et de l'AnD. Le pronostic ayant été, après cela, considéré comme favorable, le traitement fut entrepris avec l'AnD et des sorties prudentes de traînées. — A la suite delà première séance, le sifflement disparut pendant deux heures ; à la suite de la seconde, jusqu'au soir ; après la sixième, il ne reprit pas, même après 24 heures, son amplitude antérieure et ^a tonalité fut changée; après
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la i:;c, la malade fut complètement guérie, \a. tête était libre, l'humeur bonne» l'obstruction de l'ouïe avait disparu.
154° 06s. personnelle. — Ouïe dure et sifflements d'oreille; hyperesthésie bilatérale du nerf acoustique. — Parésie de Pabducteur droit. — Cordonnier, .'i9 ans ; depuis ,'i mois, dureté d'oreille et sifflement, persistant jour et nuit, assez semblables des deux côtés ; tintement ou bruit d'eau qui bout. Depuis 4 semaines, vertiges augmentant; la tète est prise et éprouvejune sensationde tension ; depuis trois semaines, diplopie. Résultat de l'examen, 7 janvier 1870 : parésie de l'abducteur droit. — Résultat de l'examen de l'oreille (professeur Moos) : catarrhe chronique de l'oreille médiane ; épaississement dilfus de la membrane du tympan des deux côtés avec altération de la tache lumineuse ; ratatinement périphérique de la membrane. Conduits non oblitérés. Conductibilité des osselets faible, meilleure à droite qu'à gauche. Horloge pouvant être (à iiO pieds de distance) entendue à droite à 8, à gauche à I» pouces; après le cathétérisme, à droite à 12, à gauche à 9 pouces.
L'investigation galvanique indique, aux deux oreilles, la formule typique d' hyperesthésie simple. Pendant l'AnD, le sifflement disparaît complètement. Le traitement (en dehors de celui de la paralysie de l'abducteur) consiste en une action énergique de l'AnD sur chaque oreille, avec sortie de traînées de courant graduelle. Aussitôt après la première séance, le sifflement a tout à fait disparu, la tête est libre et dégagée, le vertige a disparu ; le jour suivant, le sifflement est moindre. — Après dix séances, la parésie de l'abducteur est améliorée : le sifflement d'oreilles a décidément diminué et ne se représente que passagèrement. — Après 19 séances, le sifflement des oreilles est très faible ; le patient se plaint encore seulement du vertige. Lors de l'action de la Ka le sifflement apparaît pour disparaître en un instant par la KaO et être ensuite radicalement supprimé par l'AnD avec sortie de traînées de courant.
Progression lente de l'amélioration ; le 31 mars (après 44 séances), le patient est congédié et le résultat de l'examen est le suivant: diplopie presque complètement disparue. — Sifflement d'oreilles a pour ainsi dire absolument disparu et ne réapparaît à gauche que passagèrement ; l'amplitude de l'ouïe est quelque peu améliorée ; à l'oreille gauche persiste encore un degré modéré d'hyperesthésie ; à l'oreille droite plus d'hyperesthésie prononcée.
l»o° 06s. de Hagen. — Sifflements d'oreille et dureté de l'ouïe ; hyperesthésie simple des deux acoustiques. — Domestique, 42 ans, a été atteint, il y a six ans, a la suite d'un refroidissement, d'un sifflement d'oreilles bilatéral eldela dureté de l'ouïe à gauche, puis, il y a 4 ans, à droite également. Depuis, aggravation croissante. Oreille droite : membrane du tympan épaissie et opaque, cône lumineux fait défaut ; à distance de l'oreille de 20 pieds, une pendule n'est entendue qu'à 9 pouces. — Oreille gauche : membrane du tympan striée de rayons gris blanchâtres, cône lumineux fait défaut, etc. — Un diapason placé sur le vertex est entendu, des deux côtés, avec une égale force, catarrhe pharyngé. — Conduits non oblitérés, l'air pénètre des deux côtés pu mince filet. — Un traitement otialrique prolongé porte, à droite,
àl pied, à gauche, à 1 pied 7 pouces, l'ampiitude de l'ouïe, mais on ne parvient pas à abaisser les sensations subjectives de l'ouïe.
L'investigation galvanique indique, aux deux oreilles, la formule de {'hyperesthésie simple. — Le traitement avec AnD et sortie de traînées de courant a fait disparaître aussitôt les bourdonnements bilatéraux. Après cinq séances déjà, le sifflement était durablement adouci ; après seize séances il avait complètement et durablement disparu. L'amplitude de l'audition était élevée à droite à 4, à gauche à 2 pieds. Les épaississements de la membrane du tympan avaient disparu, le cône de lumière était nettement visible.
li>6° Obs. de Hagen. — Sifflements d'oreille. — Hyperesthésie simple de l'acoustique. — Femme o9 ans, est atteinte de triples sensations auditives subjectives, à l'oreille droite ; ce sont des voix chantantes, des sifflements et des bourdonnements. — A droite très dure d'oreille ; membrane du tympan d'une coloration jaune intense, opaque, sans cône de lumière ; gargouillement modéré de mucosités, lors de la douche d'air. — Insuccès. Le cathétérisme, la douche d'air et les injections de strychnine ne donnent pas de résultat. — A l'examen galvanique on observe la formule de l'hypcreslhésie simple. — Dans l'AnD, le bourdonnement et le sifflement disparaissent, le tintement persiste, en revanche, d'une façon invariable en face de toutes les forces de courant. — Au bout d'un petit nombre de séance (AnD avec sortie de traînées), le bourdonnement et le sifflement disparaissent durablement, le tintement reste invariable ; il n'y a donc eu que deuxbruits subjectifs d'éliminés ici. — L'emploi métbodique de l'An est resté absolument sans action.
lo7° Obs. de Hagen. — Sifflement d'oreille et dureté de l'ouïe des deux côtés ; hyperesthésie simple; guérison très prompte. — Cordonnier, 34 ans, affecté à droite depuis 3 ans, à gauche depuis dix-huit mois de bruissement et de dureté de Vouie. Constatation : à droite épaississement très modéré de la membrane du tympan, cône lumineux terne, la longue branche du marteau n'est pas visible. — A gauche, dans le quart postérieur, la membrane du tympan présente un épaississement de couleur gris blanchâtre, cône lumineux terne, le manubrium est très raccourci. — Une montre n'est pas entendue des deux côtés ; la voix très forte l'est à 1 pied. — La conductibilité des os de la tête à partir du pariétal est meilleure à droite qu'à gauche. — Conduits non oblitérés. Le cathétérisme n'influe ni sur la surdité ni sur le sifflement. — A l'examen galvanique, des deux côtés, hyperesthésie simple à assez haut degré. — Par l'action de l'AnD et la sortie avec traînées, on réussit à faire disparaître tout de suite lesifflemeîit dans les deux oreilles, et cela si complètement qu'un deuxième traitement no fut point nécessaire ; cette guérison du sifflement persistait encore au bout de quelques semaines.
138° O65. de Brenner. — Bourdonnement ancien de In tête et sifflements d'oreille avec dureté de l'ouïe; hyperesthésie à formule paradoxale. — Médecin, 50 ans, souffre depuis son enfance d'une surdité a haut degré et de sensations subjectives de l'ouïe. Une montre est entendue à droite, quand on la place tout contre l'oreille ; à gauche elle ne l'est pas du tout; la conductibilité des os, le passage des conduits est libre. Les deux membranes sont fortement épaissies, etc. — Le malade distingue à côté du bruissement d'oreilles un