TRAITEMENT DIC L OCCLUSION
habituelle, et comme terminaison, galvanisation identique (Ka dan? le rectum) avec nombreuses interruptions; on recommence plusieurs fois ce cycle, dans une même séance. Suivant de Watleville, on pourrait aussi essayer ici la galvano-faradisation.
Les séances peuvent être reprises 2 et3 fois parjour, jusqu'à ce qu'un mieux se produise. Ce mieux se manifeste par une évacuation et de gaz et de selles plus ou moins abondantes, souvent très copieuses, qui apparaît assez souvent immédiatement après la faradisation, mais le plus souvent quelques heures après. En tout cas ce procédé, qui a été en Allemagne presque complètement négligé, est digne d'un emploi plus étendu.
En terminant, je signalerai encore que Bucquoy a traité avec succès parla faradisation, d'après une méthode absolument identique, Vinvaginalion de l'intestin, telle qu'on l'observe si souvent chez les enfants ; il en attend des mouvements péristaltiques, produit ainsi la rétrogradation de l'invagination, mais il conseille d'employer l'électricité à temps et avant toute complication inflammatoire. L'électricité est bien supportée même par de tout petits enfants ; 2-3 séances de 10 minutes suffisent le plus souvent à déterminer une évacuation et faire disparaître l'invagination. Naturellement il ne faut pas néanmoins négliger ici les autres méthodes de traitement.
2. La constipation chronique par atonie de l'intestin est une manifestation très fréquente et journalière. On l'observe très fréquemment dans toutes les maladies nerveuses possibles, chez les hystériques et les hypocondriaques, spécialement aussi chez les névrosthéniques conjointement avec la dyspepsie nerveuse, ou même sans elle ; en outre dans presque toutes les affections spinales chroniques (myélite, tabès, etc.), maintes affections cérébrales, l'épilepsie, etc. Cette affection est surtout fréquente chez les femmes, souvent par suite d'une façon mal comprise de vivre ou de se nourrir, d'un manque de mouvement, de mets trop fortement épicés, assez fréquemment aussi à haut degré chez de toutes jeunes filles, à l'époque où s'établit la puberté ; elle se présente encore à la suite de catarrhes intestinaux chroniques, d'hémorroïdes, de péritonite chronique, etc., etc. ; enfin une cause importante et habituelle de l'affection qui nous occupe, est l'abus si fréquent ou l'usage trop longtemps prolongé des purgatifs, surtout des drastiques.
Tout pathologiste ayant une certaine expérience, et cerlainemenl tout spécialiste des maladies nerveuses doil savoir combien cette affeo lion est pénible, combien elle sait braver tous les efforts thérapeutiques, combien elle aggrave toute une série de symptômes, particulièrement ceux des névroses fonctionnelles. Avec- cela, ton- les symptômes d'une maladie intestinale peuvent faire défaut ; c'est une' simple
Cr2~2 MALADIES DES ORGANES DU MOUVEMENT, ETC.
lenteur dans les garde-robes, déterminée par un processus périslallique défectueux, par une atonie des parois intestinales. A vrai dire, il est aussi possible qu'une sécrétion défectueuse des sucs intestinaux puisse exercer une influence funeste sur la maladie.
Or, contre ce phénomène, l'électricité est une excellente médication et je puis confirmer d'après ma propre expérience, qui est assez riche sur cette question, les résultats favorables obtenus du traitement électrique de la constipation atonique, par Bénédikt, Scarpari, Gunther, Th. Stein, etc.. etc.
106. Obs. personnelle. Epilepsie, constipation à haut degré. — Étudiant de 22 ans, souffrant d'une epilepsie modérément intense et en outre d'une constipation si forte que, depuis plusieurs années, il n'allait plus à la selle qu'en employant des purgatifs variés, énergiques ; par le fait d'une faradisatinn régulière de l'intestin d'une durée de plusieurs semaines, les garderobes furent si parfaitement réglées que cet état subsista durant plusieurs années sans qu'il fut obligé d'user de purgatifs et tout au plus accidentellement de clyslères.
167° 06s. personnelle. Céphalée nerveuse ; constipation habituelle. — Une jeune fille de 19 ans, qui souffrait d'un violent mai de tête nerveux et d'autres douleurs névrosthéniques ainsi que d'une constipation habituelle fort tenace, fut délivrée, en grande partie, de cette dernière affection par la farad isati on régulière de l'intestin ; ici le courant faradiquese montra de beaucoup plus efticace que les autres laxatifs si souvent employés en vain.
168° Obs. personnelle. —Blessure par armé à feu de Vabdomen et d home; constipation opiniâtre. Un officier du génie âgé de 26 ans, reçut, le 30 août 1870, dans l'abdomen, une balle qui pénétra à droite, dans l'hypocûondre et sortit à gauche, par derrière, près de la quatrième vertèbre lombaire. Il s'ensuivit une paraplégie complète, y compris les sphincters. Dans le courant de l'hiver se manifesta une amélioration lente et presque insensible. Le malade pouvait se servir de sa jambe gauche ; mais à droile la jambe était encore complètement paralysée et atrophiée, avec réaction de la dégénérescence. Beaucoup de douleurs névralgiques, insomnie-, rétention d'urine. Pendant tout ce temps, le malade n'a pas eu une seule selle spontanée, à moins qu'une cause quelconque ne provoquât la diarrhée; à part cela, il fallait toujours employer l'huile de ricin ou un lavement: En juin 1877, commencement du traitement galvanique (à cause de la paralysie). Le patient se plaint de ce que l'huile de ricin perd pou à peu son efficacité; le 5 juillet, nouvelle constipation. Première faradisation percutanée de l'intestin; dans la nuit, évacuation abondante sans purgatif. Le 6 juillet, pas de faradisation. Le 7 juillet, garde-robe faible : deuxième faradisation. Le 8 juillet, selle ordinaire, faradisation. Le 9 juillet, selle, le matin. Dans l'après-midi, faradisation assez forte, bientôt après, selle abondante. 10 juillet, pas de selle, le matin ; dans l'après-midi, faradisation, puis selle. 1 1 juillet, selle le matin, faradisation. Le soir selle abondante. Pendant la nuit, refroidissement, et sur ce. Je 12 juillet, diarrhée spontanée, le 13 juillet, pas de selle. Faradisation. Le 14 juillet, novelle et abondante évacuation et
CONSTIPATION. — OBSERVATIONS (li.{
ainsi de suite. Le 23 juillet, le patient part pour Wildbad ; il raconte, à son retour, que les évacuations ont été bien meilleures et que les laxatifs ont été rarement nécessaires, malgré les fortes closes de morphine, employées régulièrement.
169° Obs. personnelle. Constipation rebelle à la suite du péritonite. — Étu diant, 23 ans, a eu, l'hiver précédent, une grave pérityphlite de longue durée, avec péricystite, etc. Il souffre depuis ce temps-là continuellement de constipation, combattue par des pilules viscérales et des clystères; fréquemment douleurs dans tout le corps et légères irritations inflammatoires. Jamais de selle spontanée, en dehors de la diarrhée existante. — A. partir du 9 juillet, traitement faradique ( farad isat ion percutanée de l'intestin). — Les pilules sont laissées de côté ; dès le premier jour, des selles spontanées, régulières, se manifestent, à peu d'exceptions près, soit l'après-midi, aussitôt après la faradisation, ou bien le lendemain matin. Le traitement fut continué jusqu'au 23 août, avec un égal succès; ce ne fut qu'accidentellement ■e' par hasard que les clystères furent encore utiles. La dyspepsie et les douleurs dans l'intérieur du corps sont considérablement diminuées. L'amélioration se maintint pendant beaucoup de mois et fut confirmée plus tard par des traitements analogues souvent répétés.
170° Obs. de Th. Stein. Constipation habituelle. — Anglaise, 18 ans, jamais malade auparavant : a depuis 4 ans des menstrues régulières, mais depuis le même temps, elle souffre d'une constipation si opiniâtre qu'elle n'a pas pu aller une seule fois à la garde-robe sans avoir pris préalablement lin purgatif. Inappétence, humeur maussade et" très variable. On faradisa modérément et transversalement l'abdomen pendant 10 minutes. D'abord les selles devinrent spontanées, à des intervalles de 2 et 3 jours ; à partir de la dix-neuvième séance, elles se produisirent régulièrement tous les jours. Au bout de vingt-huit séances, ayant lieu à la fin. à de plus longs intervalles, la guérison fut complète ; depuis ce temps bon appétit, mine florissante, gaîté habituelle.
Voir les autres observations de Stein et l'observation 11 1, p. 484 (colique de plomb ).
Les méthodes électrothérapeutiques, qu'on peut employer contre cette constipation habituelle, se prêtent à une graduation qui s'adapte à la gravité et à l'opiniâtreté du cas.
D'ordinaire, je commence par l'emploi percutané du courant faradique ', recommandé aussi par Bénédikl. L'An (grande électrode) est placée sur les vertèbre- supérieures Lombaires ; avec la Ka (électrode moyenne), on frotte lentement toute la face antérieure du ventre. Dans la région du cœcum, l'électrode est enfoncée plus profondément et y reste stable pendant quelque temps ; ensuite on continue le long du colon, vers la région iliaque gauche et ici on enfonce également plu-; profondément pour atteindre en particulier l'S iliaque : ensuite on
1 L'essai physiologique fait récemment par Fabini, est aussi en faveur du courant faradique.
trace circulaire ment tout au tour du nombril des spirales ou cW cercles sur tout l'abdomen ; que le courant soit le plus fort possible, afin que partout naissent d'énergiques contractions des muscles abdominaux. Pourtant il paraît tout à fait opportun d'éviter môme ces contractions, parce qu'elles rendent difficile l'introduction du courant dans la profondeur; il vaut mieux' introduire profondément les électrodes dans la paroi abdominale, loin des points moteurs, spécialement dans les aines. Durée de l'application complète : 3-10 minutes. A cela, j'ajoute bien des fois encore un courant transversal d'un hypochondre à l'autre, procédé dans lequel les électrodes sont introduites le plus profondément possible dans les aines avec direction changeante du courant.
Dans le but d'exercer une action plus énergique, f ajoute à cela, /'application intrarectale d'une électrode, tandis qu'avec l'autre on procède sur l'abdomen, comme on l'a décrit précédemment ; une électrode métallique isolée jusqu'au bouton, en forme d'olive est introduite à 6-8 centimètres de profondeur ou même plus dans le rectum ; on ne sent rien, ou tout au plus, quand la Ka se trouve dans le rectum, un picotement et nue cuisson légère. Il convient ici de changer plusieurs fois la direction du courant pour faire aussi agir occasionnellement sur le rectum, la Ka dont l'action excitatrice est plus puissante. Les contractions énergiques des muscles abdominaux servent ici aussi à mesurer les forces de courant. Durée :3-i0 minutes. — (Si l'on veut user de ce procédé, pour le courant galvanique, on doit se mettre à l'abri d'une fermeture trop prolongée du circuit, afin de ne pas déterminer des escarres; il est donc préférable d'effectuer des interversions répétées avec très courte durée de fermeture, chaque fois).
Si cette méthode aussi ne suffit point, j'y ajoute une action directe du courant galvanique sur le ventre (An au dos. Ka stable et labile, fermetures répétées, éventuellement aussi interversions effectuées dans toute l'étendue de l'intestin) et ultérieurement dans la région des splanchniques au sympathique de la poitrine (An au sacrum, Ka stable etlabile, des deux cùtésdes apophyses vertébrales, de la cinquième à la douzième), action devant habituellement durer quelques minutes; seulement de cette manière l'efficacité du courant faradique est vraisemblablement accrue.
Je considère encore comme probablement plus efficace dans notre but, la galvano-faradisalion proposée par de Watteville ; ici les deux électrodes chargées de courant sont disposées et employées de la même façon (An au dos, Ka à l'abdomen) qu'il a été ci-dessus indiqué pour le traitement faradique simple. On doit s'attendre avoir ce procédé l'emporter notablement en efficacité sur la faradisation simple.
PROLAPSUS ANAL ; PARÉS1E DU SPINCTER 625
Sous l'influence de ces divers procédés, on constate le plus souvent très vite une amélioration de l'atonie de l'intestin et de la constipation : les purgatifs, nécessaires encore au début, deviennent plus efficaces, bientôt leurs doses peuvent être diminuées, après quoi une selle spontanée survient de-ci et de-là, enfin peu à peu on peut se passer complètement desdits laxatifs ou tout au moins les ramener à un minimum ; c'est ainsi que la guérison complète se produit finalement. Le plus souvent tout cela exerce aussi une très favorable influence sur l'humeur et l'état général du malade. J'ai à peine besoin de dire qu'il existe aussi des formes de constipation chronique qui résistent à tout traitement électrique.
3. Comme dernière affection de même nature, on peut encore signaler le prolapsus anal et la parésie du sphincter de l'anus tels qu'on les observe spécialement chez les petits enfants à la suite de selles difficiles, et de faiblesse, chez les adultes par le fait d'affections hémorroïdales et de constipation rebelle, par suite des violents efforts effectués pendant la garde-robe et plus d'une fois aussi à la suite d'états paralytiques spinaux et périphériques. Ici aussi on peut obtenir des succès au moyen du courant électrique, spécialement dans les formes déterminées par l'atonie du sphincter (Duchenne), tandis que le pronostic des paralysies du sphincter résultant d'affections spinales dépend naturellement de la cause principale.
Ici la faradisation du rectum avec électrode rectale est tout d'abord indiquée ; on doit l'introduire directement dans l'orifice anal, afin d'exciter le sphincter, ce qui cause une douleur assez notablement accentuée. Ultérieurement vous pourrez aussi exciter l'intestin et le sphincter, au moyen du courant galvanique (commutations de courants), soit également avec l'électrode rectale ou d'une manière percutanée, du sacrum au périnée ; enfin il faut exciter aussi les nerfs du plexus sacré, de la manière usitée. Naturellement encore la question du traitement électrique de l'affection fondamentale peut se présenter.
En guise d'appendice je mentionnerai en outre que l'ascite a été aussi, à diverses reprises, l'objet de tentatives électrothérapeutiques, et cela à la vérité infructueusement. Solfanelli, Alvarenga, Glax, Sigrist etPopow ont trailé des cas de ce genre et fourni des observations à ce sujet ; il s'agissait d'ascile provenant d'une part d'une cirrhose du foie, d'autre part de cachexie malarienne, d'une mauvaise conformation cardiaque, d'emphysème, d'anémie générale, etc. La méthode consistait, dans tous les cas, en une faradisation énergique, durant 10-15 minutes, des parois du ventre (exactement suivant le mode que j'ai indiqué pour l'atonie de l'intestin) ; ce à quoi Glax, de même que Sigrist, Erb. — Élcclrothérapie. 10
ajoutent comme ayant une importance toute particulière, l'excitation souvent répétée des divers points moteurs des muscles abdominaux, à l'aide de laquelle on peut, dans une même séance, déterminer 50 à 100 fois une contraction rapide de ces muscles. Les résultats furent, dans la plupart des cas, surprenants : sous l'influence de l'augmentation de la sécrétion urinaire, le volume de l'ascite décroît et on peut, au bout de peu de temps, obtenir sa complète disparition, mais naturellement la persistance de la guérison dépend exclusivement de l'affection fondamentale. Toutefois, pour l'interprétation de ces succès, on ne saurait se contenter de cette hypothèse de Glax, que l'action mécanique des contractions musculaires abdominales est ici seule efficace ; il est certain aussi qu'il faut penser aux actions vaso-motrices et catalytiques du courant, à une action heureuse sur la résorption dans les vaisseaux péritonéaux, à un accroissement de la pression du sang et une excitation des sécrétions rénales. Des expériences ultérieures et des explorations exactes sur ce point, seraient très désirables, dans l'intérêt des questions électrothérapeu tiques en général.
génération.
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