IMPUISSANCE, POLLUTION
rebelles au traitement électrique ; il est donc prudent de ne pas promettre trop, à l'avance, naturellement à l'exception des cas où il s'agit d'une sorte d'impuissance psychique et où l'on électrise les malades, plutôt pour des raisons psychologiques qu'en vue d'une affection quelconque contre laquelle on doit lutter.
On a publié, de divers côtés, des observations isolées et même de grands travaux (en particulier récemment un ouvrage excellent de Dixon Mann) sur les AFFECTIONS DES ORGANES SEXUELS DE LA FEMME et sur leur traitement électrique, et cependant, du moins chez nous, en Allemagne, ils ne semblent pas avoir captivé l'attention des gynécologues ; du moins je n'en ai, pour ma part, nulle connaissance. Quant à moi, je n'ai, sur ce sujet, pour ainsi dire, aucune expérience personnelle, par suite, je ne puis porter, sur cette question, aucun jugement raisonné. Pourtant, les observations publiées d'autre part sont si dignes d'attention qu'elles pourraient bien justifier un peu plus d'égards delà part des gynécologues qui auraient à utiliser également, >ur ce terrain thérapeutique se rattachant par des liens si nombreux à la pathologie nerveuse, les effets curatifs puissants du courant électrique. Ce qui devrait y pousser, d'une manière toute particulière, c'est que l'utérus est un organe musculeux, très riche en vaisseaux et ayant de nombreuses connexions nerveuses. Il paraît cependant s'ouvrir ici une large et féconde carrière pour les effets vasomoteurs et catalytiques, excitants et calmants, du courant électrique ; il est vrai que de pareilles expériences, abondantes et fructueuses au point de vue scientifique, ne peuvent être faites que par les spécialistes gynécologues.
Il faut donc que je me borne ici à rapporter brièvement les observations les plus importantes publiées sur ce sujet ; je les livre à l'examen scrupuleux et au contrôle d'autres savants.
En ce qui concerne Yovarie, cette hyperesthésie des ovaires à la pression, si fréquente chez les femmes nerveuses et Irrstériques, qui est dans les relations les plus étroites avec maints phénomènes nerveux, j'ai déjà fait (27e leçon, p. 468) quelques remarques. Elle vaut certes la peine de poursuivre plus loin les indications que j'y ai données sur les résultats du traitement électrique.
Sur le traitement électrique des troubles de la menstruation, il existe quantité d'observations (Rockwell, Raker, Althaus, Taylor, Fieber, Good, Dixon Mann).
Contre l'aménorrhée, soit qu'à l'époque de la puberté, elle persiste d'une manière étonnante, soit que plus tard elle se développe par toute sorte de causes, maladie, nervosisme, anémie, etc., le courant Erb. — Électrothérapie. 41
électrique se montre souvent très efficace, d'une façon tout à fait frappante. Bien des fois les électrothérapeutes ont déjà eu l'occasion d'observer que, durant un traitement électrique, particulièrement lors de la galvanisation du dos et des jambes, ou lors d'une faradisation générale, les menstrues coulaient avec une abondance extraordinaire ou bien se montraient d'une manière prématurée, phénomènes qui devaient inviter à un traitement de l'aménorrhée effectué au moyen de l'électricité. De plus, les effets énergiques connus des courants électriques sur les vaisseaux et sur les nerfs vaso-moteurs, sur l'excitation des contractions utérines, etc., pourraient à priori faire espérer un effet favorable sur le processus de la menstruation.
Si vous voulez traiter directement, par l'électricité, une pareille aménorrhée, vous pourrez employer à cet effet les méthodes suivantes :
Avec le courant faradique, passez le pinceau sur la plante des pieds ou sur les faces internes des cuisses, ou bien faradisez depuis la nuque jusqu'à l'utérus, méthode que d'abord Althaus déclara seule efficace ; mais plus tard il s'est converti au courant galvanique. — Dixon Mann emploie, outre le traitement galvanique, aussi la faradisation directe depuis les reins jusqu'au col de l'utérus, à l'époque où l'on s'attend à ce que la menstruation ait lieu.
Les observateurs ont cependant, pour la plupart, préféré le courant, galvanique. Ici vous pourrez employer : la galvanisation du sympathique du cou (Fieber, Good) ; de plus, la galvanisation de la colonne vertébrale, particulièrement de ses sections inférieures (démens, Good), en outre la galvanisation depuis la région lombaire (An) jusqu'aux ovaires (Good, Althaus) et enfin la galvanisation intra-utérine (Dixon Mann, Althaus), soit en introduisant, comme Dixon Mann, la Ka dans l'utérus, en plaçant l'An sur la moelle lombaire ou sur les ovaires, soit en appliquant avec Althaus l'An à l'entrée de l'utérus, IaKa successivement aux deux ovaires. Gomme électrode utérine, vousemploirez un instrument de forme cathétérienne ou une petite électrode-éponge, ou une petite électrode en forme de plaque spéciale pour le col. Il faudra employer un courant passablement énergique (de 7 à 9 milliwebers, d'après Dixon Mann), durant 10 à 15 minutes, deux ou trois fois par semaine. Les résultats doivent être souvent tout à fait surprenants.
J'ai déjà signalé ci-dessus que les courants électriques peuvent donner de bons résultats contre la dysménorrhée. Je vous rappellerai les observations de Neftel relatives à des états de ce genre qui furent diagnostiqués par lui comme étant des névralgies viscérales (27e leçon, p. 4GS). Dans de tels cas de menstruation douloureuse, spasmodique, vous pourrez donc tout d'abord essayer la méthode de Neftel (An sur la colonne dorsale et lombaire, Ka sur l'hypogastre, les ovaires, etc.) ; ultérieurement vous appliquerez encore aussi les méthodes suivante* :
DYSMÉNORRHÉE. — MÉTRlïE 043
d'après Schwanda, un traitement alternativement faradique et galvanique de l'utérus ; ou, d'après Taylor, l'application de courants galvaniques faibles, continus, An au sacrum, Ka sous forme d'un bâtonnet métallique convenable dans l'orifice de la matrice ; de préférence, la méthode de Dixon Mann : l'An dans l'utérus (électrode utérine), Kasur la moelle lombaire, stable, dix minutes durant, trois fois par semaine pendant la période d'intervalle des menstrues. Les résultats sont prônés comme excellents.
Il fallait s'attendre a priori à ce que, dans certaines circonstances, il y eût quelque chose à faire, à l'aide du courant électrique, contre les ménorrhagies (et dans un sens plus large, les métrorrhagies), spécialement en raison de l'action vivement excitatrice des contractions utérines du courant. En fait, des résultats favorables ont été annoncés par divers auteurs. Ainsi Makintosh vit vin épanchement sanguin grave, dans la période qui suivit l'accouchement, arrêté immédiatement, grâce aux contractions utérines, par l'application du courant faradique sur le col de l'utérus et sur l'abdomen. Par contre, Dixon Mann a traité et guéri cette affection en galvanisant l'utérus (Ka dans l'utérus, An sur les reins) 15 minutes, deux fois par pemaine, avec un courant assez fort, dans les intervalles qui s'écoulèrent chaque fois entre deux menstruations.
Parmi les variations de l'utérus lui-même, c'est particulièrement la métrite chronique qui est devenue l'objet d'expériences électrothérapeutiques; ici c'étaient les actions catalytiques et vaso-motrices du courant qui devaient surtout se montrer favorables. Beau et Tripier se servent, dans ce dernier but, du courant faradique. Le premier porte une électrode-éponge humide à l'orifice de l'utérus, et pose l'autre électrode sur le ventre ; Tripier conduit l'une des électrodes dans l'utérus, et place l'autre qui est partagée, simultanément sur le rectum et sur les parois antérieures du ventre ou bien il faradise (chez des jeunes filles), d'une façon absolument percutanée, depuis l'abdomen jusqu'à l'os sacrum. — D'autre part, Bartholow a atteint son but à l'aide du courant galvanique ; il a placé l'An (au moyen du spéculum) à l'entrée de l'utérus, la Ka, sur l'hypogaslre, stable, l'espace de 5 à 10 minutes, deux à trois fois par semaine. — Dixon Mann introduit la Ka dans l'utérus et pose l'An sur la région lombaire ; courant assez fort et finalement quelques interruptions.
On a aussi cherché à obvier, par le traitement électrique, aux déplacements de l'utérus et ce procédé n'est pas sans présenter quelques avantages dans les cas où ces déplacements sont réellement produits par un affaiblissement des parois utérines et où l'on peut espérer combattre ces déplacements, en excitant des contractions et relevant la
tonicité des muscles. Mais dans beaucoup d'autre cas, il n'y aura mure d'espoir de réussite.
Les méthodes à employer dans ce but peuvent être très diverses. Déjà Simpson a recommandé une espèce de pessaire intra-utérin contre les déplacements, ainsi que contre la métrite chronique. Et depuis ce temps-là différents observateurs ont obtenu des résultats favorables du traitement électrique, aussi bien dans de-< inversions que dans des flexions. Tandis que Bartholow appliqua exclusivement le courant galvanique (suivant sa méthode ci-dessus indiquée;, E.Mann a employé un traitement alternativement faradique et galvanique; toutefois la plupart des autres praticiens ont employé seulement le courant faradique (Beuvain, Fano, Elleaume, Zannini, Tripier, etc.) afin d'ex citer, par ce moyen, des contractions énergiques de l'utérus et de supprimer ainsi le déplacement. Le plus souvent, on a faradisé simplement depuis l'orifice utérin jusqu'à la paroi abdominale. Zannini conduit une électrode dans le rectum, l'autre dans l'utérus et faradisé ainsi avec un courant qui augmente progressivement pendant 5 et 6 secondes. Tripier a exposé les méthodes ad /tocde la façon la plus concluante : dans les versions et flexions en avant il faradisé la paroi postérieure de l'utérus, avec une électrode appropriée, à partir du rectum, lors de déplacements analogues en arrière ; il faradisé, au contraire, la face antérieure de l'utérus à partir de la vessie ou de l'abdomen ; dans les deux cas, une électrode (la négative) se trouve dans l'utérus luimême. — Pour les chutes de l'utérus, il prétend avoir observé de bons résultats d'une faradisation bi-inguino- utérine ou mguino-vaginale .
En tout cas les observations publiées et leurs résultats rendent nécessaires des essais ultérieurs relatifs à ces accidents d'ailleurs certes très rebelles.
Je mentionnerai enfin encore les tentatives faites pour exciter, au moyen du courant électrique, la sécrétion lactée languissante. Qu'en fait, cette opération ait réussi dans une série de cas, c'est ce qui ressort des communications faites par Aubert, Becquerel, Lardeur, Estachy. Divers modes de procéder sont aussi possibles ici. Presque tous les praticiens ont utilisé l'application directe du courant sur la poitrine, au moyen d'électrodes humides placées sur divers points des glandes mammaires : ils ont employé des courants de force modérée et, au bout de deux à trois séances de 10 à 20 minutes, ils ont vu reparaître la sécrétion Lactée disparue. Quelques-uns ont atteint ce but au moyen de l'appareil de rotation, d'autres à l'aide du courant faradique ; tout récemment on a aussi d'autre part recommandé l'électricité statique comme très efficace à cet égard.