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IMPUISSANCE, POLLUTIONS

Dans la grande majorité cfes cas, il s'agit d'exciter et de tonifier les fonctions nerveuses en question, afin de faire disparaître les états de parésie de la moelle lombaire et des nerfs génitaux, et il est bien plus rare d'avoir à combattre des états d'irritation, d'excitation ou d'excitabilité anormales. Suivant qu'il y a lieu d'admettre tel ou tel de ces états, il faut introduire, dans le traitement certaines modifications, tout indiquées par les principes généraux. Comme le trajet el la distribution des nerfs génitaux, en tant qu'ils prennent part à l'érection et à l'éjaculation, comme leur dépendance de certains centres de la moelle lombaire, les rapports de ces centres ainsi que des centres génitaux avec certains segments du système nerveux central placés plus haut (jusqu'au cerveau, au siège de l'instinct sexuel, de l'imagination, etc.,) présentent les plus grandes analogies avec les phénomènes d'innervation de la vessie, il va sans dire que les méthodes de traitement électrique des troubles fonctionnels génitaux sont en somme la reproduction exacte de celles mises en pratique lors des troubles vésicaux. C'est là ce qui ressort également de l'examen des méthodes employées par les divers observateurs.

En général, dans ce but, on préférera le courant galvanique. La méthode que je tiens pour la plus convenable est la suivante : l'An (grande électrode) sur la moelle lombaire ; la Ka (électrode moyenne) stable et labile, le long du cordon spermatique, du pli de l'aine en arrière, de chaque côté durant 1-2 minutes ; courant assez fort, produisant sur la peau une cuisson accentuée (30-iO d. de déviât de l'aig.); ensuite Ka labile sur la face supérieure et inférieure du pénis jusqu'au gland, avec traînées énergiques, durant 1 minute environ ; ensuite, Ka aussi, stable et labile, au périnée, en haut le scrotum, jusqu'à la naissance du pénis, durant 1-2 minutes ; on peut ajouter à tout cela quelques interruptions et interversions afin de déterminer une excitation plus énergique. — S'il existe un peu d'anesthésie du pénis, particulièrement du gland, vous pouvez y faire agir un peu plus longtemps la Ka. — Si les testicules sont atrophiés, flasques, le scrotum froid, faites passer directement le courant au travers de leur masse.

Tel est le procédé qu'il y a lieu d'employer en particulier contre l'impuissance. S'il existe principalement des pollutions ou même de la spermatorrhée, il est préférable délaisser de côté les procédés les plus excitants, d'appliquer d'une façon prépondérant des courants stables, éventuellement aussi l'An au périnée. — Si vous avez une raison de penser que la spermatorrhée dépend d'états d'excitation ou de relâchement dans la région des conduits éjaculateurs, ou bien est entretenue par le dit état, il y a lieu de recommander une action directe exercée sur ces parties, au moyen de l'électrode du canal de l'urèthre ; cette électrode sera introduite jusqu'à la partie prostatique et, lors

d'états d'irritation, on fait passer au travers le courant venant de l'An, Lors d'états de relâchement, celui qui vient de la Ka ; courant de force modérée (mesuré au galvanomètre) et durée toujours excessivement courte, dans la crainte des escharres !

Toutefois un traitement faradique de l'impuissance et de la spermatorrhée n'est nullement exclu ; pour l'effectuer, vous appliquez les électrodes à peu près aux mêmes places et durant le même temps ; on emploie d'ordinaire des courants passablements forts. — La faradisation directe des testicules est aussi indiquée lors d'une mauvaise nutrition et d'une faible turgescence de ces organes ; Gunther prétend l'avoir pratiquée avec succès, dans l'azoospermie. — S'il existe une anesthésie de la peau (au moyen de l'examen farado-cutané on peut bien des fois démontrer l'obtusion de la sensibilité de quelques endroits de la peau), ou une frigidité remarquable du pénis, une flaccidité du scrotum etc., on peut appliquer utilement le pinceaufaradique aux organes génitaux (également1 sur le périnée et la région anale d'où on peut dégager une contraction réflexe énergique du scrotum). L'application intra-uréthrale du courant faradique peut aussi être pratiquée, toutefois il faut éviter en ce cas une trop forte excitation. — L'application d'une électrode dans l'intérieur du rectum a aussi été proposée par Mobius, afin de faire mouvoir de plus près les conduits éjaculateurs et la prostate. Mobius place l'autre électrode sur le périnée et emploie des courants faradiques grossissants, durant 2-3 minutes, et y ajoute ensuite un court traitement galvanique, Ka dans le rectum, An sur le sacrum. Il prone les résultats d'un tel traitement. Je n'ai encore jamais fait usage de ce procédé.

Dans tous les cas graves ou rebelles possibles, je n'hésite jamais à instituer un traitement galvanique régulier de la moelle lombaire, dans lequel sont compris les centres les plus importants pour les fonctions génitales. Dans les cas d'affection anatomique probable j'y ajoute aussi le traitement galvanique de la queue de cheval inférieure, l'étendant le plus souvent en haut jusqu'à la moelle cervicale, spécialement pour les malades chez lesquels une atonie plus ou moins diffuse de l'ensemble du système nerveux génital jusqu'au cerveau, est probable.

Le traitement doit toujours être longtemps continué ; au minimum, sa durée est de 6 à 8 semaines, souvent bien plus longtemps, avec séances quotidiennes. On doit ajouter le plus souvent d'autres modes de traitement, toniques, bains, hydrothérapie, etc.

Les résultats que j'ai obtenus à l'aide de cette méthode furent souvent très satisfaisants, spécialement lors des formes purement fonctionnelles. Mais je me suis aussi heurté à des cas, présentant en apparence un fort bon pronostic et qui pourtant restaient absolument

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