DIVERS MODES D' APPLICATION DU COUHANT
des c'est-à-dire dans la zone du cylindre esquissé page 5G figure 12, de la densité de courant relativement la plus grande ; cette méthode est bonne surtout pour le traitement d'affections cérébrales existant à une grande profondeur comme l'indique la figure 15 ci-jointe ; mais on peut aussi l'utiliser pour combattre des foyers pathologiques circonscrits dans la moelle épinière, pour le traitement de processus pathologiques ayant leur siège profondément dans les cavités du corps, etc.
En tout cas, vous pourrez vous tirer d'embarras avec ces trois méthodes d'application, dans toutes les occurrences ; seulement il faudra toujours vous rendre compte de laquelle de ces méthodes est la meilleure pour un cas isolé et pour le but que vous vous proposez.
Ajoutons, en peu de mots, que les conditions de distribution ici mentionnées, des courants électriques, dans le corps humain, concernent, à ce qu'il paraît, principalement les courants galvaniques, du moins en tant qu'il s'agit d'opérer sur de très grandes profondeurs. Le courant faradique paraît, sur ce point, comme l'a démontré Helmholtz, se comporter un peu autrementet ne pas pénétrer dans les profondeurs aussi rapidement et aussi facilement que le courant galvani- ' Fi^Ti.'i.
que. Ainsi s'expliqueraient différents phé- i^SSS^^SS^^^
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très le lait que des nerts places dans la pins denses et les plus aetife. profondeur ainsi que des muscles peuvent être bien plus facilement récités par le courant galvanique que par le courant électrique, que le courant faradique ne présente pas l'efticacité, qu'on attend de lui. sur la moelle épinière, dans le cerveau, dans les cavités du corps, etc. C'est à quoi il faut bien faire attention dans la pratique.
Avant d'en finir avec ce chapitre, je dois encore mentionner brièvement deux effets physiques du courant, qui ne sont peut-être pas d'une médiocre importance pour l'électrothérapie et qui du moins se -mit prêtés bien des fois à l'élaboration d'hypothèses sur les effeis thérapeutiques de l'électricité.
Le premier de ces effets est l'action électrolytique des courants électriques. Vous en connaissez tous les détails et je puis me borner à cette courte réminiscence que, lorsque le courant traverse certains conducteurs composés (électrolytes), ceux-ci sont eux-mêmes décomposés dans leurs molécules et ces molécules se séparent vers les deux pôles, savoir à l'anode, les éléments dits électronégatifs, l'oxygène, l'iode, le chlore etc., ainsi que les acides ; par contre, à la kathode les éléments dits électropositifs, tels que l'hydrogène, le potassium,
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le sodium, le cuivre, etc., les alcalis et les bases. C'est ainsi que l'eau est décomposée en ses deux éléments, l'hydrogène se rend au pôle négatif; l'oxygène, au pôle positif; le chlorure de sodium, de telle façon que le chlore apparaît à l'anode ; l'iodure de potassium de telle façon que l'iode apparaît à l'anode, le potassium apparaît à la kàthode, etc.
Lu fait tout semblable peut se reproduire dans les liquides et tissus animaux; les phénomènes électrolytiques, comme l'ont démontré Duboïs-Reymond, Hermann et d'autres, se manifestent partout où un courant, provenant d'un autre moteur, entre dans un électrolyte, ainsi que là où deux électrolytes confinent l'un à l'autre, comme aussi au sein des masses -olidcs, qui sont imbibées par un électrolyte et traversées par un courant. Or c'est dans ce cas que se trouve l'organisme animal traversé par un courant électrique ; des effets électrolytiques se développeront donc aussi dans l'intérieur de cet organisme.
Mais on trouve aussi dans les chaînes, servant à la production des courants galvaniques, des liquides décomposables, des électrolytes. qui, ensuite, même pendant la fermeture de la chaîne, sont réellement sujets à l'électrolyse.' Ensuite, sur les deux plaques de métal, on sépare chaque fois les ions, sous la forme gazeuse ou solide ; mais par là naissent de nouveaux courants électriques dans la chaîne, qui affaiblissent le principal courant primitif. On appelle ce phénomène la polarisation du courant. C'est là la cause que les chaînes simples et ordinaires sont inconstantes, c'est-à-dire que leur force électromotrice décroit graduellement pendant la durée de la fermeture. Vous connaissez tous les expériences, que l'on a faites — et avec beaucoup de succès — pour empêcher la polarisation par la structure des éléments et pour créer ce qu'on appelle des éléments constants. Ce résultat a été obtenu d'une manière très ingénieuse et rependant très simple, par Daniell, Bunsen, Grove, Pincus, Leclanché et autres, dans les éléments qu'ils ont construits. Ce sont là des choses que vous connaissez tous et qui offrent le plus grand intérêt pour la physique et pour certaines opérations techniques.
On s'est aussi donné beaucoup de peine pour utiliser ces éléments dan- un intérêt électrothérapeutique et souvent on les a déclarés indispensables pour la construction de nos batteries. Je vous l'ai déjà dit une foi- et je vous le répète aujourd'hui pour ce que nous nous proposons de réaliser, les éléments réellement constants sont un luxe tout à fait superflu ; car, d'une part, pour la courte durée d'application des courants, nous réussissons, tout aussi bien avec des chaînes inconstantes; d'autre part, notre expérience nous apprend, par des faits journaliers que nous ne pourrons /o/na/s établir dans le corps humain,
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avec les éléments les plus constants, un courant d'une constance même approximative.
Naturellement cela n'empêche pas que certains éléments constants méritent à cause de la stabilité et de l'uniformité du courant qu'ils fournissent, à cause de la facilité avec laquelle on les manie et on les utilise, à cause des avantages et commodités qu'ils offrent, d'être préférés à tous les autres pour la construction de nos appareils. Toutefois, pour les applications thérapeutiques seules, il importe peu que les éléments aient une constance complète ou incomplète.
Les différentes espèces de courants produisent des actions électrolytiques très variées ; de beaucoup la plus grande est celle du courant galvanique; le courant d'induction magnéto-électrique en a déjà une bien moindre, et le courant d'induction volta-électrique, notre courant faradique en a une plus petite encore. L'on met ceci en rapport avec les durées diverses de ces courants et l'on a, de plus, voulu déduire de leurs valeurs électrolytiques leurs valeurs thérapeutiques, ce sur quoi je reviendrai plus tard.
L'autre action physique, que je veux encore mentionner, est l'action dite mécanique ou calaphorique du courant électrique. Elle peut être très utile à la thérapie et consiste en ce fait que, lors de l'écoulement du courant à travers un électrolyte contenu dans des corps poreux |(argile plastique ou brûlée, tissus animaux ou végétaux), un liquide se meut d'un pôle à l'autre, dans la direction du courant positif, c'est-à-dire de l'anode à la kathode. La quantité de liquide, mue, dans l'unité de temps, à travers le corps poreux, est d'autant plus grande que le courant est plus fort et que le liquide est un moins bon conducteur. Les molécules solides, suspendues dans le liquide, doivent se mouvoir en sens inverse du liquide. Il est évident que la structure des tissus animaux est de nature à favoriser la production de ces effets cataphoriques.