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CINQUIÈME LEÇON

Sommaire : Actions des courants électriques sur un corps sain et vivant. — Électrophysiologie des nerfs moteurs et des muscles. — Action d'irritation. Loi de secousse de Pfliiger. Actions polaires. — Loi de secousse des nerfs moteurs chez l'homme vivant — Méthode polaire d'examen. — Loi de secousse polaire avec ses différents degrés.— Réaction faradique et galvanique des muscles. — Phénomènes électrotoniques, L'élcctrotonus sur l'homme vivant. — Effets modifiants et rafraîchissants.

Dans les leçons précédentes, nous nous sommes occupés exclusivement de questions physiques, des moyens et appareils avec lesquels on peut produire l'électricité, des lois, auxquelles celle-ci obéit et des conclusions techniques et pratiques qui en découlent. Aujourd'hui je passe aux actions physiologiques de l'électricité sur le corps vivant. Nous voulons d'abord examiner de quelle façon le courant électrique agit sur les différentes parties du corps humain dans des conditions physiologiques et quelles sont les suites de son application sur ces parties. Nous pourrons alors en déduire différentes conclusions importantes pour la diagnose et le traitement des états morbides.

Plus que pour tout autre médicament physique, nous jouissons ici de l'avantage de pouvoir nous appuyer sur des travaux antérieurs grandioses. Pour ce qui regarde les effets physiologiques des courants électriques, nous nous trouvons ici en face de matériaux d'une richesse extraordinaire ; car il existe à peine un autre problème auquel la physiologie moderne ait consacré et consacre encore autant de temps et d'activité qu'à celui-ci. Et si la connaissance exacte des effets physiolologiques d'un médicament quelconque est incontestablement une des conditions préparatoires les plus nécessaires pour son véritable emploit nous nous trouvons, en fait d'électricité, dans une situation exceptionnellement favorable. L'électrophysiologie du système nerveux et des muscles nous fait connaître quantité de faits importants et intéressants : elle a amené, sous bien des rapports, une profondeur et une exactitude Ekb. — Électrothérapie. % 5

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telles dans nos connaissances que nous ne pouvons guère en trouver autant dans aucune autre branche de la physiologie.

Toutefois un examen plus attentif et un coup d*œil aiguisé par la connaissance exacte de nos besoins spéciaux et pratiques ne tardent pas à nous apprendre combien la science des physiologistes présente encore de lacunes sur ce point et combien il est pénible de prendre l'électrophysiologie comme base certaine et suffisante pour l'électrothérapie. Elle constitue une base encore chancelante et incertaine qui ne peut nullement encore soutenir l'édifice des audacieuses hypothèses thérapeutiques que l'on a construites sur elle. Il nous semble même presque, que précisément les actions des courants électriques étudiées avec prédilection par la physiologie, ne sont pas celles de la part desquelles on puisse espérer la guérison thérapeutique.

Ce que l'on connaît le mieux, ce que l'on a le plus savamment approfondi, ce sont les actions des courants électriques sur les nerfs moteurs et sur les muscles. Ce sont aussi pour notre but les plus importantes, soit parce qu'elles fournissent au diagnostic des bases indispensables, soit parce que les maladies des appareils moteurs constituent l'objet le plus important de l'électrothérapie.

Je vais m'occuper d'abord des nerfs moteurs et vous mettre devant les yeux les actions excitantes que produisent sur eux les courants électriques.

Un fait, que l'on peut constater, à chaque instant, c'est que les nerfs moteurs, mis à nu ou qui sont à notre portée, de l'homme ou de n'importequel animal vertébré, peuvent être excités par l'application de courants électriques, faradiques ou galvaniques et que cette excitation se manifeste par la production d'une contraction musculaire — naturellement rien que dans le muscle, dont les fibres motrices ont été atteintes par l'excitation électrique.

Cette excitation est interprétée par Dubois-Reymond dans la formule que voici : « Ce qui excite le nerf moteur, ce n'est pas la valeur absolue de la densité du courant à un moment donné, mais rien que le changement de cette valeur, d'un instant à l'autre, c'est-à-dire rien que [es fluctuations de densité et celles-ci agissent d'une manière d'autant plus intense qu'elles sont plus .mandes dans l'unité de temps, ou qu'elles se produisent plus promplement à égalité de grandeur ; par conséquent de la manière la plus forte, lors de la fermeture et de l'ouverture du courant ».

Il résulte de là, dès l'abord, que des courants galvaniques coulant d'une manière continue, n'agissent pas d'une manière générale, par excitation, pendant leur durée ; que, de plus, la hausse ou la baisse du courant s'opéranl d'une manière très lentement progressive, rinsinuai.iou ou l'évasion de ce courant reste sans action excitante visible.

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