LOI DE SECOUSSE CHEZ L HOMME VIVANT
vue purement physiologique; mais ce point de vue n'a nullement besoin d'être examiné par nous.
En réalité, nos essais, ayant pour but d'établir la loi des secousses pour l'homme vivant ne peuvent être comparés, comme exactitude aux essais des physiologistes. Nous ne pouvons mettre à nu les nerfs qu'il s'agit d'examiner, ni les isoler sur de longs espaces ni les poser sur les électrodes conductrices ; nous avons au contraire affaire à des nerfs, qui sont entourés de couches épaisses de tissus plus ou moins bons conducteurs, que suit un grand nombre de traînées de courants ; nous ne pouvons donc, en aucune façon, établir partout, dans la partie du nerf parcourue, une égale densité de courant; toujours, à proximité des électrodes, la densité du courant sera plus grande que dans les sections avoisinantes du nerf ; même dans l'espace intrapolaire, si les électrodes ne sont pas très rapprochées l'une de l'autre, la densité sera bientôt si faible qu'un fragment du nerf peut être considéré comme non traversé par le courant, et il sera tout à fait impossible d'établir une seule direction déterminée de courant dans le nerf vivant, totalement entouré de parties molles. Si l'on jette un coup d'oeil sur la figure 16 ci-jointe, on verra ce qu'a déjà exprimé une pensée de Helmholtz, et ce que plus tard, Filehne a développé, que, dans les expériences percutanées ordinaires il y a jusqu'à trois, peut-être même quatre directions actives de courants qui existent nécessairement dans ce nerf. On trouve ensuite, dans le voisinage de l'anode aussi bien que dans celui de la kathode, chaque Pois un espace parcouru par un courant ascendant et descendant.
Nous sommes donc entièrement incapables d'établir, chez l'homme vivant, un mode d'expériences strictement « physiologique » ; et spécialement la direction de courant, à laquelle les physiologistes accordent une si grande valeur, à tort, comme je le pense, doit dan- nos expériences rester absolument hors de compte ; nous devons tendre à trouver une loi des secousses dans le nerf moteur vivant, d'un corps intact, quelle que soit la direction du courant1, i. Strickcr a, dans i<n travail publié tout récemment, cherché à prouver par des
Figure 16.
Grossier schéma des lils île courant actifs, dans l'application percutanée ordinaire des deux électrodes ^ui uu nerf (nerf cubital au bras). Les Bis inertes da courant sont ponctués. <>n constate dans le nerf 4 direction; différentes de courant
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Mais n'avons-nous donc pas vu que. pour les manifestation? de ia loi 'les secousses, l'influence seule et unique des actions des pôles, esl décisive? Et ne devions-nous pas conclure précisément des faits physiologiques que, du moins, pour les deux premiers alinéas de la loi des commotions, qui seuls nous intéressent, la direction du courant esl chose tout à fait indifférente, les actions décisives des pôles se manifestant sans aucun obstacle dans chaque direction de courant?
En fait, il n'y a pas de doute que notre tâche puisse se simplifier, tout en tenant compte de la physiologie, au point de ne soumettre à l'étude que les actions des deux pôles sur l'homme vivant. Il faut que nous nous assurions si ces actions peuvent se démontrer, si elles peuvent se démontrer régulièrement et si elles se produisent, d'une façon normale quand les forces des courants sont différentes. De la sorte notre tâche est considérablement allégée.
Car ce problème n'est en réalité pas ditlicile à résoudre ; quand on ne place qu'un pùle dans le voisinage immédiat du nerf qu'il s'agit d'examiner et l'autre pùle aussi loin que possible du premier, la densité du courant sera, en tout cas, sous le premier pùle, dans le nerf, si grande que l'action de ce pùle se fera seule presque exclusivement sentir. C'est ainsi que l'on peut examiner cette action isolée, lors de la fermeture et de l'ouverture d'un courant et quand ce courant est ascendant.
Cette méthode, en elle-même très simple et très facile à trouver, a été, à ce qu'il paraît, sciemment employée pour la première fois, en électrolhérapie, par Baierlacher. Cet auteur a déjà fixé la loi des commotions polaires sur le nerf péronier et cubital, d'une manière parfailemenl exacte et avec des méthodes de recherches contrùlantes ; mais il n'en a pas tiré toutes les conséquences possibles pour le diagnostic et la thérapeutique. C'est assurément le grand mérite de Brenner d'avoir étudié et développé systématiquement et avec originalité ce procédé et de l'avoir élevé à la hauteur d'un système bien détaillé, Ij'hii défini et applicable en premier lieu à l'homme vivant. C'est ce qu'on appelle la méthode de recherche polaire, au moyen de laquelle Brenner a coordonné, avec logique, une méthode polaire de thérapeutique.
Mais eeite méthode présente aussi ses difficultés et ses particularités, qu il faut connaître et se rappeler continuellement, pour en comprendre les résultats et pour procéder avec sûreté' dans son maniement. Grâce à une étude expérimentale, très habilement conduite par Fi-
expériences physiologiques 1res variées, que la loi des commotions est tout à fait indépendante delà direction des courants; nous sommes forcés de laissera la critique expérimentale des physiologistes, le soin de décider si les résultats de recherches communiqués par lui, constituent des preuves convaincantes.
MÉTHODE POLAIRE DEXAMIÎN 73
lehne, la connaissance de celte question a été notablement facilitée et, à ce qu'il me semble, les difficultés qui paraissaient s'opposera l'adop-
lion d'un accord complet entre la Loi « physiologique » et « polaire » des secousses, ont. été complètement surmontées.
En effet, nous ne pouvons d'aucune façon établir une action polaire tout à fait isolée dans aucun nerf; si le courant pénètre quelque part (si par conséquent l'anode se trouve sur un point du nerf;, il faut qu'il ressorte à quelque autre place et peut-être sur plusieurs points (il doit nécessairement avoir une kathode) et ce seront uniquement les différentes densités de ces fils du courant de sortie qui détermineront l'etlieacité et la forme de ce deuxième pôle virtuel. — Bien plus, un examen schématique plus exact et un regard jeté sur la figure 17 ci-jointe, mais apprennent que, vu les conditions de conductibilité existant dans un corps intact, chaque pôle placé isolément sur le nerf, doit avoir nécessairement non seulement un, mais encore deux pôles opposés dans son voisinage immédiat. Si le courant traverse l'anode avec une certaine densité, les fils du courant se répandront dans les deux directions du nerf avec une densité décroissante ; là où cette densité est devenue assez faible pour que le courant soit inerte (et tel est assurément le cas à une assez grande proximité de l'anode), nous pouvons y transporter l'espace d'où sortie courant, c'est-à-dire la kathode. Chaque anode est donc entourée de deux kathodes, dont la densité est bien moindre et, tout le contraire arrive, quand nous appliquons sur le nerf la kathode isolée. Nous devons donc nous attendre, dans toutes les circonstances, à trouver, dans cette méthode d'application, à côté de l'action du pôle directement appliqué, encore une autre action, — il est vrai très affaiblie, — du pôle opposé et c'est là effectivement ce qui se passe, comme vous allez l'entendre. Nous obtenons toujours encore, à côté de l'action de fermeture de la kathode employée pour l'expérimentation, une faible action d'ouverture des anodes virtuelles, et, à côté de l'action d'ouverture de l'anode, chaque fois aussi, une action de fermeture des kathodes virtuelles ; et ce seront uniquement les éventualités de la disposition anatomique et la densité des traînées du courant, dans le nerf en question qui détermineront, si je puis m'exprimer ainsi, l'apparition de cette action secondaire, d'une façon plus ou moins évidente. Eu fait, nous la voyons surgir aussi dans les nerfs distincts du corps, avec une netteté plus ou moins grande ; mais comme nous n avons jamais qu'a examiner les mêmes nerfs dans des conditions variables, cela ne présente pas de difficulté insurmontable.
La méthode de recherche polaire consiste donc en ce qu'une électrode, que l'on appelle « différente » soit mise en contact presque immédiat avec le segment des nerfs à examiner (par exemple sur les nerfs facial, cubital ou péronier) et, volontairement ou par nécessité, avec l'anode
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ou la kathodede La batterie, et L'on constatera ainsi l'action de l'anode ou de la kathode, à l'ouverture et à la fermeture de la chaîne et quand les forcée des courants varient.
L'autre électrode, appelée « indifférente » ou aussi électrode B, est placée sur une partie quelconque du corps, aussi éloignée que possible et indifférente (sur le sternum, la colonne vertébrale, l'épigastre, la rotule, etc. ; le mieux serait, pour unifier la technique et faciliter la comparaison des résultats, de choisir toujours la même place d'application indifférente; j'utilise pour cela exclusivement le sternum, où le patient peut lui-même fixer l'électrode avec une grande facilité.
La fermeture et l'ouverture nécessaires du cercle du courant s'effec-
Pigure 17.
Représentation ecbématiqne de l'action polaire, primaire et a ndaire (virtuelle), lors de Fapplieation
unipolaire de l'électrode sur an groupe de nerfs.
tuent le mieux avec un commutateur métallique de courant: si la kathode est sur le nerf et si l'on ferme le courant, on appelle cela « faire une fermeture de kathode », ou « examiner la fermeture des kathodes » ou bien encore» fermer avec la kathode » iKaF); si l'on ouvre la chaîne, on fa.il une ouverture de kathode (KaO) ; c'est dans le même sens que l'on comprend « fermeture des anodes » (AnP) et « ouverture des anodes » Au')). Les signes abrégés et ci-joints, entre parenthèses sont pratiquement très commodes et presque généralement adoptés.
La meilleure manière de procéder est d'abord, avec une force du courant déterminée, mais basse, de rechercher KaPavec environ trois fermeture- et, en même temps, de tenir compte de KaO ; on expérimenter;! ensuite, de la même manière. AnFel AnO.Pour découvrir les réactions d'ouverture, il esl bon de laisser, pendant quelque temps, le courant fermé, parce que, comme vous l'avez déjà entendu, cela
augmente L'excitafiflilé | r l'excitation de l'ouverture. Quand les
forces des courants s'accroissent, on examine alors à quel degré de forces, les différents moments d'excitation sont suivis de secousses S Te . On peut ensuite noter le tout, pour abréger et résumer com-