‹ Traité d'électrothérapieChapitre 43 sur 290 · LOIS DE SECOUSSE DE PFLUGER · texte numérisé non relu

LOIS DE SECOUSSE DE PFLUGER

les deux directions du courant est plus forte que la secousse d'ouverture. Enfin don- les courants très forts, les résistances à la direction qui se manifestent aux pôles et qui ne disparaissent que lentement, entravent quand le courant est ascendant, la propagation de l'excitation de fermeture et, quand le courant est descendant, la propagation de la secousse d'ouverture vers le muscle, et déterminent ainsi la forme spéciale de ce troisième degré delà loi de secousse.

D'après ces faits, je recommande ù toute votre attention la conclusion, d'après laquelle les phénomènes de la loi des secousses ne repo sent à priori que sur les effets différents des deux pôles, que la secousse de fermeture est la conséquence exclusive de l'effet produit par la kathode, tandis que la secousse d'ouverture est l'effet de l'anode ; de plus que l'excitation de fermeture (par conséquent la kathode), est notablement plus forte que l'excitation d'ouverture (action de l'anode). Nous retrouverons ces faits chez l'homme vivant.

Mais avant de passer à cette question, j'ai encore à mentionner suecinctement, quelques points ; et d'abord, le fait que dans les courants très forts, la fermeture du courant n'est pas suivie d'une commotion courte et simple, mais se manifeste souvent sous la forme d'une contraction tonique prolongée ou tétanique, qui diminue ensuite peu à peu ; tonus de fermeture ou tétanos de fermeture (Fie). Les physiologistes se sont donné beaucoup de peine pour expliquer ce phénomène, qui contredit la proposition fondamentale de Dubois-Reymond, et qui nous force presque à admettre que le nerf moteur est excité par le courant galvanique suffisamment fort, même pendant son écoulement constant. En effet, on admettra aussi que précisément de faibles courants, de direction descendante ont une action tétanisante, quand l'espace à parcourir est long ; mais on n'a pas encore trouvé une explication satisfaisante de ce phénomène. J'ai pourtant dû mentionner le fait, parce que nous pouvons aisément produire, à chaque instant, sur un homme vivant, un pareil tétanos de fermeture.

Il existe quelque chose de comparable à l'égard du tétanos d'ouverture dont les physiologistes ont beaucoup parlé ; c'est une secousse d'ouverture ayant la forme d'une forte contraction tonique, d'assez longue durée. Ce phénomène est rare, quand les nerfs sont tout à fait trais et à l'état normal ; il ne se manifeste jamais que sur des nerfs déjà modifiés et dans les zones nerveuses dont l'excitabilité est très augmentée. On peut en trouver aisément l'explication dans les lois de Pfliiger, relatives à l'électrotonus. Contrairement au tétanos de fermeture, le tétanos d'ouverture ne se manifeste, chez l'homme vivant, que dans des cas extrêmement rares et, à ce qu'il parait, toujours dons des cas pathologiques.

Les lois de Pfliiger donnent aussi une explication satisfaisante d'un

7(1 ELECTR0PHYS10L0G1E

autre phénomène, connu d'abord soua le nom d'alternatives voltaïques ; si le couranl a étélongtemps fermé dans la même direction, son excitabilité est augmentée pour Y ouverture du courant dirigé dans le même sens ri pour la fermeture du courant dirigé en sens contraire. Des changements réitérés de la direction du courant (désignés généralement, en électrothérapie, sous la courte dénomination de commutations) provoquent donc une m. table augmentation de la force de la secousse, en d'autres termes, du tétanos de fermeture. Cette augmentation ne s'explique nullement d'une manière satisfaisante par la diminution de la résistance de conductibilité, produite vraisemblablement par le? commutations, elle s'explique bien plutôt par l'accumulation des effets de l'excitation de L'anode disparition de l'anélectrotonus) et de la Lcathode (naissance du katélectrotonus) sur un seul et même point des nerfs (variant à chaque commutation .

De plus, Rumpf a prouvé récemment par une série d'expériences physiologiques que, sur le nerf moteur encore relié à l'organe central, lacommolinu d'ouverture du courant ascendant ne se manifeste que longtemps après (par une force plus grande et un écoulement plus long du courant') que dans le nerf séparé de l'organe central. Nous retrouverons ce fait, à l'occasion de faits pathologiques. Biedermann s'est déclaré depuis peu l'adversaire de l'explication donnée par Rumpf de ces résultats d'expériences.

Valentin aussi affirmait, dès l'année 1863, que la seule secousse se manifestant constamment dans le nerf vivant normal, est la secousse de fermeture avec direction quelconque de courant.

Je dois encore ajouter que le nerf moteur est complètement inaccessible un couraW strictement transversal, que ce soit avec des coulants galvaniques ou faradiques ; je dirai enfin que ce nerf est aussi inaccessible pour des courants galvaniques de courte durée (de moins de 0,0015 sec), qualité qui appartient toutefois au muscle à un degré bien plus élevé.

Messieurs, pour le médecin praticien, dont le but de la vie est non la constation de faits physiologiques el la découverte des lois qui les relient, mais l'utilisation pratique de ces lois pour la guérison des naïades, s'élève La question de savoir si nous pourrons aussi démontrer

ru h nerf moteur d'un homme virant et parfaitement sain, la loi de la secousse dans ses traits fondamentaux ou du moins sous une forme peu différente et si nous pourrons trouver dans cette démonstration une certitude et une régularité telles que nous puissions l'utiliser dans un intérêt pratique et peut-être pour le diagnostic.

L'expérience nous apprend qu'une pareille démonstration est possible avec toute certitude, malgré les grandes difficultés qui paraissent - opposer à cette entreprise, si on se borne à la considérer au point de

Page 1